La diaspora chinoise ou Chinois d'outre-mer désigne les populations ayant des ancêtres chinois résidant dans d'autres pays que la Chine continentale ou Taïwan.

La diaspora chinoise est sans doute l'une des plus dynamiques au monde. Nourrie d'une tradition très ancienne d'émigration, elle s'est progressivement implantée dans plusieurs régions plus ou moins éloignées de la Chine.

Elle a donné naissance à un véritable système de relations et de flux qui participe aujourd'hui pleinement au renforcement de la puissance chinoise, à toutes les échelles et dans tous les domaines.

Terminologie En langue chinoise, on distingue plusieurs termes :

Huáqiáo (chinois simplifié : ; chinois traditionnel : ; « Chinois vivant à l'étranger »), émigrés vivant hors de la république populaire de Chine mais conservant la nationalité chinoise Huáyì (chinois simplifié : ; chinois traditionnel : ; « descendant chinois »), émigrés d'origine ethnique chinoise mais ayant pris la nationalité du pays d'accueil Explication terminologique sur le site d'Harvard. Hǎiwài huárén (, « Chinois d'outre-mer ») reste couramment utilisé par les autorités de la Chine pour désigner l'ensemble des Chinois d'outre-mer, quelle que soit leur nationalitéC'est le terme hǎiwài huárén qui donne son titre à l'article en langue chinoise de Wikipédia, car il traite de la diaspora chinoise dans sa dimension ethnique et culturelle, au-delà de la nationalité des migrants..

Histoire

L'émigration de Chinois débute avec la Route de la soie il y a plus de et concerne principalement l'Asie du Sud-Est..

C'est à la fin du que débute l'émigration à grande échelle.

Au début du , il y a environ en Asie du Sud-Est et 20 à au Japon principalement des commerçants et artisans.

Au milieu du , leur nombre est de 1,5 million, majoritairement en Asie du Sud-Est.

Après les guerres de l'opium À la suite des deux guerres de l'opium, les puissances occidentales forcent la Chine des Qing à autoriser l'envoi de travailleurs dans les colonies, les coolies, où ils remplacent les esclaves noirs. C'est le début de l'émigration massive des Chinois dans le monde.

À la suite du traité de Burlingame (1868) entre la Chine et les États-Unis, la Chine accepte de lever les restrictions à l'émigration, favorisant ainsi l'installation d'une diaspora en Californie. Avec les poussées de xénophobie (le « péril jaune »), la loi d'exclusion des Chinois de 1882 tend à limiter cette émigration. Le Canada promulgua en 1885 une loi similaire mais moins rigide, obligeant les immigrants chinois à s'acquitter d'une taxe d'entrée. Il faut attendre la loi de l'immigration chinoise de 1923 pour que le Canada ferme complètement ses portes aux Chinois.

Entre la Première et la Deuxième Guerre mondiale, la prospérité économique des pays d'Asie du Sud-Est attire de nombreux travailleurs chinois. Au début des années 1940, il y a de Chinois expatriés, plus de 90 % en Asie du Sud-Est.

De 1949 avec la fondation de la république populaire de Chine à l'ouverture de la fin des années 1970, l'émigration massive n'est plus permise.

Une nouvelle vague d'émigration débute dans les années 1980, dans un contexte global de hausse des migrations.

Principaux foyers de départ Près de 90 % des émigrés chinois sont originaires des trois provinces méridionales : le Fujian, le Guangdong et l'île de Hainan, qui ne réunissent que 10 % de la population totale de la Chine. Les émigrants partent de six foyers principaux dont cinq en Chine, identifiables par leurs dialectes particuliers.

Guangdong Le Guangdong historique (les actuelles provinces du Guangdong et du Hainan) présente une grande diversité culturelle et linguistique qui a formé des populations très distinctes :

Les Cantonais sont à l’origine des plus grandes communautés chinoises des autres pays neufs, où les quartiers chinois constituent en général de vraies communautés cantonaises. Ils sont spécialisés dans l’artisanat et le commerce. Ils viennent de l’essentiel du Guangdong et de l’arrière-pays de Beihai (Guangxi). Les principaux foyers de départ sont situés à l’ouest de Guangzhou (notamment Taishan) et au nord du delta des Perles. Ils représentent environ 25 % de la diaspora chinoise. Les principaux foyers d’accueil sont : l'Asie du Sud-Est (Malaisie, Singapour, Viêt Nam), les États-Unis. Les Chaozhou (ou Teochew) proviennent de la région Chaoshan (Chaozhou et Shantou). Bien que faisant également de la province du Guangdong, ils se distinguent des Cantonais par leur culture et langue : leur dialecte n’est pas le cantonais, mais le teochew (ou chaozhou), dialecte minnan, nom sous lequel ils sont connus en France. Ils sont spécialisés dans la banque et le commerce agroalimentaire. Avec les Cantonais, les Chaozhou représentent presque 50 % de la diaspora chinoise mondiale. Une grande partie a vécu en Asie du Sud-Est jusque dans les années 1970 et ont fui la guerre du Viêt Nam et Pol Pot, notamment sur les Boat-people.. Ils représentent 20 % de la diaspora, et sont installés en Asie du Sud-Est : Thaïlande (majoritaire parmi la diaspora chinoise) ; Cambodge (idem) ; Singapour (idem) ; Philippines, ainsi qu'en Europe et Amérique du Nord. Ils forment la majorité des Chinois du de Paris. Les Hakkas, originellement du nord de la Chine (Henan), ils ont terminé leur migration dans le Sud du pays à la suite de quatre épisodes migratoires engendrés par la guerre, expliquant ainsi leur particularité culturelle et leur dialecte qui les différencie des Cantonais. Ils composent environ 10 % de la diaspora chinoise. Ils sont nombreux en Asie du Sud-Est, Malaisie, Indonésie, à Taïwan, mais aussi dans les archipels du Pacifique (Micronésie, Polynésie) et de l’océan Indien (Seychelles, Maldives) et en France. On note deux foyers principaux : dans les montagnes aux confins du Fujian et Jiangxi, la région de Meixi dans la province de Guangdong. Péninsule de Leizhou et l’île de Hainan : Les migrants originaires de ces régions sont mais ne représentent que 2 à 3 % de la diaspora chinoise. Cependant le pourcentage des départs par rapport à la population locale est important. Ces émigrés ont essaimé en Asie du Sud-Est, Thaïlande, à Singapour, mais aussi dans les pays neufs (Canada, États-Unis, Australie).

Fujian Les Hokkiens habitent la province du Fujian, et leur nom vient tout juste de la prononciation dialectale de la province. Le foyer d’immigration principal est le Minbei (Nord) en particulier dans l’arrière-pays de Fuzhou. Les ports traditionnels de départ se situent en fond d’estuaire : Fuzhou sur le Min (Hokkiens du Minbei) ; Xiamen et Zhangzhou (Juilong du Minnan) ; Quanzhou (Jin du Minnan).

Les Hokkiens représentent environ un quart de la diaspora chinoise. Ils forment le fondement du peuplement chinois de Taïwan. Ce sont aussi les Chinois à la tradition maritime la plus ancienne et ceux qui ont formé les premiers éléments de la diaspora chinoise de l’Asie du Sud-Est.

Ils sont surtout présents dans l’Asie du Sud-Est, l'Indonésie, la Malaisie, Singapour, et aux Philippines. Très actifs dans le commerce et la banque dans des cadres transnationaux. Par ailleurs, du fait de leur ancienneté dans leurs pays d’accueil, le métissage est important.

Foyers hors de Chine continentale Ils ne constituent pas les foyers originels de départ mais des lieux de transit plus ou moins long pour les populations en migration qui ont pu s'y installer sur plusieurs générations. C’est avant tout le cas de Taïwan qui a servi de tremplin pour l’émigration vers les États-Unis dans les années d’après-guerre. De plus, Macao comme Hong Kong, de façon plus modeste, ont joué un rôle très similaire. Le dernier rebond de cette immigration fut lié à la rétrocession du territoire en 1997-1998, et s'est dirigé vers les États-Unis et l’Europe (en particulier vers le Royaume-Uni).

Principaux foyers d’accueil vignette|Un mariage Hakka au Timor oriental.

Asie du Sud-Est Elle constitue de loin le plus ancien et le plus important foyer d’accueil de la diaspora chinoise. Elle compte environ de membres, soit 80 % de la diaspora totale. Toutefois sa répartition est très inégale d’un état à l’autre, de même que son poids démographique par rapport à la population totale du pays considéré.

Singapour C’est un cas limite puisque la population d’origine chinoise est d’environ , ce qui représente 75 % de la population totale, et les Malais et les Tamouls y sont minoritaires. Depuis 1965, année de l'indépendance, à la suite de désaccords avec le gouvernement fédéral malaisien, le gouvernement conduit une politique qui tend à gommer les particularismes géo-dialectaux. En effet, cette diaspora chinoise est disparate : Hokkiens : 35 % ; Chaozhou : 25 % ; Cantonais : 20 % ; Hainanais : moins de 10 %.

Désormais, l’école impose l’anglais comme première langue et le putonghua comme seconde langue pour les Chinois. Cette règle s’applique aussi à tous les médias. Par ailleurs, le gouvernement propage les « valeurs asiatiques », mélange d’autoritarisme et de confucianisme.

L’objectif du gouvernement est de faire disparaître non seulement des différences linguistiques mais aussi des différenciations claniques, voire lignagères.

Singapour, sous l'empire britannique, a bénéficié à partir de 1830 comme les deux autres « établissements » (comptoirs) du détroit, d’une politique d’immigration fondée sur des bureaux de recrutements à chaque foyer de départ. Il s’agit donc pour les autorités de fondre dans un même creuset linguistique et culturel ces communautés longtemps séparées.

Pays bouddhistes Les pays bouddhistes présentent une origine ancienne des diasporas chinoises. Les colonies chinoises marchandes se sont multipliées du grâce à un essor marchand remarquable, dont la marine chinoise, développée sous les Song et les Yuan, fut un puissant vecteur, grâce notamment aux grandes découvertes techniques : boussole, Gouvernail d'étambot, compartiments étanches, cartes de plus en plus détaillées. Puis enrichissement grâce à l’arrivée de loyalistes Ming, réfugiés après la victoire mandchoue.

La diaspora présente dans les autres pays asiatiques a une origine plus récente. L’essentiel se compose de coolies, recrutés par les Occidentaux après le traité de Nankin et le dépècement de la Chine dans le cadre de la mise en valeur de leurs possessions. Les ports ouvert à la suite des traités inégaux ont alors drainé différentes communautés (Hokkien, Hakka et Cantonais).

En Thaïlande se trouve la diaspora chinoise la plus importante : sur , soit 10 % de la population du pays. 80 % sont d’origine Chaozhou. Le reste est Hakka et Hokkien. Cette diaspora est surtout citadine, principaux centres : Bangkok et Thonburi. Au Laos, diaspora modeste : sur d'habitants, soit 4 % de la population, majoritairement Chaozhou (70 %), le reste Hainanais et Yunnanais. Cette communauté est pour l'essentiel citadine (comme à Luang Prabang et Paksé). Au Cambodge, traits communs avec le Laos. Les Chinois du Cambodge ont naguère été estimés à , soit plus de 7 % de la population. Mais beaucoup sont morts pendant les guerres des années 1970 ou ont trouvé refuge dans d'autres pays (France, Canada, États-Unis, Australie). Le gouvernement cambodgien estime en 2013 leur nombre à Cambodia Socio-Economic Survey 2013, publication du gouvernement du Cambodge, mais le calcul exact des effectifs de cette minorité est difficile. Majorité de Chaozhou (70 %), le reste est composé de Cantonais (15 %) et de Hainanais (15 %). Surtout citadine, notamment dans la ville de Phnom Penh. Au Viêt Nam, la diaspora est plus nombreuse : sur , soit 1,2 % de la population. Essentiellement Cantonais puis Chaozhou. Ils ont formé une véritable ville dans la ville, à Cholon (Hô Chi Minh-Ville). Ailleurs, ils sont disséminés à Hanoï, Haïphong, Lạng Sơn. En Birmanie, sur , soit 4 % de la population, avec une majorité de Hokkiens, concentrés à Rangoun et à Mandalay.

Pays non bouddhistes