Le Tour de France 1949 est la édition du Tour de France, course cycliste qui s'est déroulée du jeudi au dimanche sur 21 étapes pour un total de . La course est remportée par l'Italien Fausto Coppi, qui signe son premier succès dans l'épreuve et devient le premier coureur de l'histoire à réaliser le doublé Tour d'Italie-Tour de France la même année.

Malgré un retard important en début de course, il s'impose grâce à ses victoires dans les deux étapes de contre-la-montre individuel et ses performances dans les Alpes, devançant son compatriote Gino Bartali de 10 min 55 s au classement général final.

Fausto Coppi s'adjuge également le classement de la montagne, tandis que l'Italie gagne le classement par équipes. Cette édition emprunte les routes de cinq pays (France, Belgique, Suisse, Italie et Espagne), marquant notamment le premier passage de l'histoire du Tour en territoire espagnol lors de l'étape de Saint-Sébastien.

Parcours Le Tour de France s'élance de Paris et effectue le tour de l'Hexagone dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Trois villes accueillent l'épreuve pour la première fois en début de parcours : Boulogne-sur-Mer, Rouen et Saint-Malo . La course s’arrête aussi pour la première fois en Espagne, à Saint-SébastienLe Tour de France 1906 était déjà passé à Irun en Espagne mais sans s’y arrêter, la ville-étape étant alors Bayonne., et traverse la Belgique, la Suisse, ainsi que l'Italie. Dans les Alpes, quatre cols sont empruntés pour la toute première fois par les coureurs : le col du Grand-Saint-Bernard, le col du Mont-Cenis, le col de Montgenèvre et le col du Petit-Saint-Bernard.

Organisation L’organisation du Tour de France est assurée par la Société du Parc des Princes, à laquelle elle a été attribuée en juin 1947.

Jacques Goddet, directeur général du journal L’Équipe, et Émilien Amaury, cofondateur du Parisien libéré, en sont les principaux actionnaires. Jacques Goddet demeure directeur général du Tour de France jusqu’en 1987, assisté de Félix Lévitan, journaliste au Parisien libéré, qui joue un rôle croissant dans l’organisation de l’épreuve.

Selon Goddet, l'organisation du Tour de France 1949 a coûté 70 millions de francs français.

Participation vignette|L'équipe belge à Paris (collection KOERS. Musée de la Course Cycliste) Le Tour de France est disputé par des équipes nationales et régionales. Sur les 120 coureurs qui prennent le départ, 55 rallient l'arrivée à Paris. Le plateau se compose de sept équipes nationales : la France, la Belgique et l'Italie (12 coureurs chacune), ainsi que la Suisse, le Luxembourg, les Pays-Bas et l'Espagne (6 coureurs chacune). S'y ajoutent deux formations de jeunes (cadets italiens et aiglons belges) et quatre équipes régionales françaises de 12 coureurs.

Vainqueur du Tour d'Italie, Fausto Coppi participe à son premier Tour de France. Sa présence a été incertaine en raison de sa rivalité avec Gino Bartali, les deux champions exigeant le statut de leader unique. Un accord sur leurs « droits et devoirs » respectifs est finalement signé à Chiavari sous l'égide du sélectionneur Alfredo Binda.

Au sein de l'équipe de France, Georges Cuvelier remplace Maurice Archambaud comme directeur technique. La sélection nationale écarte Jean Robic, vainqueur de l'édition 1947, qui est intégré à l'équipe régionale Ouest-Nord en raison de tensions internes avec les autres membres de la formation tricolore.

Déroulement de la course Cette édition est marquée par le premier doublé historique Giro d'Italia (Tour d'Italie) - Tour de France réalisé par Fausto Coppi. Après un début de course catastrophique qui faillit le pousser à l'abandon, l'Italien survole la fin de l'épreuve, notamment lors des contre-la-montre et des étapes alpestres. La domination italienne est totale : les douze coureurs de la Squadra terminent l'épreuve à Paris, tandis que les sélections française et belge perdent respectivement cinq et six coureurs. La rivalité entre Coppi et Gino Bartali, vainqueur sortant, tourne à l'avantage du « Campionissimo ».

Les étapes marquantes témoignent de ce renversement de situation entre la révélation de Jacques Marinelli, la crise de Coppi et l'irrésistible remontée des Italiens.thumb|Roger Lambrecht battant Jacques Marinelli à l'arrivée de l'étape Reims-Bruxelles.

Premières étapes

1re à 3e étape : les premiers jours voient une valse du maillot jaune entre Marcel Dussault (Reims), Roger Lambrecht (Bruxelles) et Norbert Callens (Boulogne-sur-Mer) ; 4e étape : Lucien Teisseire l'emporte entre Boulogne-sur-Mer et Rouen. Deuxième de l'étape, le jeune Français Jacques Marinelli s'empare du maillot jaune. Il crée la surprise en conservant la tête du classement général pendant une semaine, jusqu'à la 10e étape arrivant à Pau ;

Marinelli maillot jaune, Coppi retardé

5e étape : entre Rouen et Saint-Malo, Marinelli est déséquilibré en essayant de saisir une canette et entraîne Fausto Coppi dans sa chute. Il est alors retardé par un changement de vélo laborieux (il doit attendre sept minutes pour être dépanné). Bien qu'attendu dans un premier temps par ses équipiers, dont Bartali, Coppi perd encore du temps et concède plus de 18 minutes. Ce dernier accuse désormais un retard de près de 37 minutes au classement général. Désabusé, il songe à l'abandon avant d'être remobilisé par son directeur technique Alfredo Binda. Marinelli, arrivé quatrième à Saint-Malo, dans le même temps que le vainqueur Ferdi Kübler, compte désormais une demi-heure d'avance au classement général;

7e étape : lors du premier contre-la-montre entre Les Sables-d'Olonne et La Rochelle, Coppi signe son retour en l'emportant devant Ferdi Kübler. Marinelli conserve toutefois son maillot jaune ; 9e étape : le Tour fait sa première incursion historique en Espagne. À Saint-Sébastien, Louis Caput s'impose devant Stan Ockers.

thumb|gauche|Passage du peloton dans une ville du Guipuscoa.

Magni passe les Pyrénées en jaune

10e étape : de Saint-Sébastien à Pau, une échappée de quatre coureurs prend 20 minutes d'avance sur le peloton. Fiorenzo Magni (équipe des cadets italiens) remporte l'étape et dépossède Marinelli du maillot jaune. L'équipe de France est décimée par les abandons, dont celui de Louison Bobet. 11e étape : La grande étape pyrénéenne entre Pau et Luchon est marquée par une succession d'attaques et d'incidents mécaniques. Coppi s'échappe dans l'Aubisque, mais une crevaison dans la descente permet à Bartali, Robic et aux frères Lazaridès de revenir. Malgré son passage en tête au Tourmalet et à l'Aspin, Coppi est freiné par une nouvelle crevaison dans le col de Peyresourde. Jean Robic en profite pour s'imposer à Luchon, en devançant au sprint Lucien Lazaridès. Bien que le plan de collaboration entre Coppi et Bartali ait échoué, la démonstration de force du « Campionissimo » impressionne les observateurs. Fiorenzo Magni, bien que distancé de 16 minutes, conserve son maillot jaune.

thumb|upright|Apo Lazarides et Lucien Teisseire lors de la journée de repos à Toulouse.

Coppi et Bartali dominent dans les Alpes

16e étape : lors de la première étape alpestre entre Cannes et Briançon, le duo Coppi-Bartali passe à l'offensive. Les deux champions collaborent et Coppi laisse la victoire d'étape à Bartali le jour de ses 35 ans. . Ce dernier s'empare du maillot jaune. 17e étape : dans l'ascension du col du Petit-Saint-Bernard vers Aoste, Coppi et Bartali s'échappent à nouveau. Après une crevaison de Bartali dans la descente, Coppi file vers la victoire et s'empare définitivement du maillot jaune.

Dernières étapes

20e étape : le contre-la-montre individuel entre Colmar et Nancy (137 km) tourne à la démonstration. Coppi écrase la concurrence, reléguant Bartali à 7 minutes et mettant hors délais 20 coureurs (qui seront finalement repêchés). 21e étape : Rik Van Steenbergen remporte le sprint final au Parc des Princes. Fausto Coppi triomphe au classement général avec 10 min 55 s d'avance sur Gino Bartali et 25 min 13 s sur Jacques Marinelli, qui parvient à conserver sa place sur le podium.

La vitesse moyenne de ce Tour est de .

Particularités

Doublé Giro-Tour : Fausto Coppi est le premier coureur de l'histoire à réaliser le doublé Tour d'Italie-Tour de France la même année. Cette performance a été réitérée par sept autres coureurs depuis : Jacques Anquetil en 1964, Eddy Merckx en 1970, 1972 et 1974, Bernard Hinault en 1982 et 1985, Stephen Roche en 1987, Miguel Indurain en 1992 et 1993, Marco Pantani en 1998 et Tadej Pogačar en 2024. Domination italienne : pour la première fois, une équipe complète (Italie) termine l'épreuve avec ses douze coureurs à Paris. À l'inverse, les sélections française et belge perdent respectivement cinq et six coureurs. Abandons par nation : aucun coureur espagnol ne participe à l'étape arrivant à Saint-Sébastien, le dernier coureur espagnol en course ayant abandonné dès la 6e étape. De même, aucun coureur néerlandais ne rallie l'arrivée finale. Hécatombe chez les tricolores : lors de la 10e étape, l'équipe de France est lourdement affaiblie par l'abandon simultané de cinq coureurs, dont les leaders Louison Bobet et Guy Lapébie. Prophétie de Speicher et Magne : à la suite de la démonstration de force de Fausto Coppi lors de la 11e étape (Pau-Luchon), les anciens vainqueurs Georges Speicher et Antonin Magne déclarent : Accident d'Apo Lazaridès : lors de l'ascension du col de Peyresourde (11e étape), Apo Lazaridès, alors en tête avec son frère Lucien et Jean Robic, est renversé par une voiture de presse du journal Miroir-Sprint. Malgré un vélo brisé et un retard de six minutes à l'arrivée, il parvient à terminer l'étape en 7e position. Première de Van Steenbergen. il s'agit de la première participation au Tour de France de Rik Van Steenbergen. À 24 ans, le futur triple champion du monde signe une entrée remarquée en remportant deux étapes, dont la prestigieuse arrivée finale au Parc des Princes. Il s'agit de la première participation au Tour de France de Rik Van Steenbergen. À 24 ans, le futur triple champion du monde signe une entrée remarquée en remportant deux étapes, dont la prestigieuse arrivée finale au Parc des Princes Identité et longévité de Cerami : le Belge d'origine sicilienne Pino Cerami dispute ici son premier Tour sous licence italienne. Il devra attendre 1956 pour être naturalisé belge et 1963 pour devenir, à 41 ans, le vainqueur d'étape le plus âgé de l'histoire de l'épreuve.

Étapes

| || jeu. || Paris - Livry-Gargan – Reims || || align=center|182 || Marcel Dussault || Marcel Dussault |- | || ven. || Reims – Bruxelles (BEL) || || align=center|273 || Roger Lambrecht || Roger Lambrecht |- | || sam. || Bruxelles (BEL) – Boulogne-sur-Mer || || align=center|211 || Norbert Callens || Norbert Callens |- | || dim. || Boulogne-sur-Mer – Rouen || || align=center|185 || Lucien Teisseire || Jacques Marinelli |- | || lun. || Rouen – Saint-Malo || || align=center|293 || Ferdi Kübler || Jacques Marinelli |- | || mar. || Saint-Malo – Les Sables-d'Olonne || || align=center|305 || Adolphe Deledda || Jacques Marinelli |- | || mer. 6 juillet || Les Sables-d'Olonne || || colspan="3" align=center|Journée de repos |- | || jeu. || Les Sables-d'Olonne – La Rochelle || || align=center|92 || Fausto Coppi || Jacques Marinelli |- | || ven. || La Rochelle – Bordeaux || || align=center|262 || Guy Lapébie || Jacques Marinelli |- | || sam. || Bordeaux – Saint-Sébastien (ESP) || || align=center|228 || Louis Caput || Jacques Marinelli |- | || dim. || Saint-Sébastien (ESP) – Pau || || align=center|192 || Fiorenzo Magni || Fiorenzo Magni |- | || lun. 11 juillet || Pau || || colspan="3" align=center|Journée de repos |- | || mar. || Pau – Luchon || || align=center|193 || Jean Robic || Fiorenzo Magni |- | || mer. || Luchon – Toulouse || || align=center|134 || Rik Van Steenbergen || Fiorenzo Magni |- | || jeu. || Toulouse – Nîmes || || align=center|289 || Émile Idée || Fiorenzo Magni |-