La Gendarmerie roumaine (, prononciation ) est le corps de gendarmerie nationale de la Roumanie, une force de police à statut militaire. Elle constitue l'une des deux forces de police du pays, aux côtés de la police roumaine, qui, elle, est à statut civil. Toutes deux relèvent du Ministère de l'Administration et de l'Intérieur.

Dates clés : création de l'institution sous la dénomination de « Légion pour la réforme du corps des serviteurs gendarmes ». La gendarmerie roumaine a été réorganisée à plusieurs reprises. : promulgation de la loi sur la gendarmerie rurale lui conférant, selon le modèle français, une personnalité distincte au sein des institutions étatiques. Dissoute lors de l'occupation soviétique en 1949, la gendarmerie avait jusque-là trois compétences principales : la police rurale, la protection des points sensibles, le maintien de l'ordre public. : inspirée des textes de la gendarmerie française, une première loi d'organisation lui donne pour mission de protéger les personnes et les biens. Recréée officiellement le suivant l'exemple français, la gendarmerie voit son organisation définie par une loi propre votée par le Parlement le .

Cette loi lui attribue de nouvelles compétences, renforce sa position, et doit à l'avenir lui conférer des missions supplémentaires, lui permettant ainsi de conforter sa place dans le système de sécurité et retrouver l'ensemble des missions qu'elle exerçait jusqu'en 1949. La gendarmerie roumaine fait désormais partie des forces de sécurité, au même titre que la Police, le SRI (Service roumain de renseignements, les services secrets roumains) et le SPP (Service de protection et de garde des hautes personnalités). C'est la plus importante force de sécurité.

La gendarmerie roumaine est membre de l'Association internationale de gendarmeries et forces de police à statut militaire, association qui regroupe les forces de police à statut militaire de l’espace euro-méditerranéen et dont les gendarmeries (ou forces assimilées) de France, d'Italie, d'Espagne et du Portugal sont les premiers membres.

Missions vignette|Gendarmerie roumaine à Sinaia Elle assure notamment :

la garde et la défense des points sensibles d'importance nationale, des missions diplomatiques et des représentations étrangères ; la protection des tribunaux ; la garde des transports de valeur et de produits spéciaux (explosifs, matières radioactives, substances toxiques) ; la sécurité des aéroports internationaux en remplaçant l'armée de terre (formation en France à la GTA) ; l'ordre public depuis le autour des écoles sensibles ; avec la police, la prévention et la répression des infractions.

En temps de guerre, elle est une composante des forces armées. À terme, la gendarmerie roumaine sera la principale force de sécurité du pays, tant par ses effectifs que par l'étendue de ses compétences.

Historique vignette|Gendarmes roumains en pause à Bucarest Création de l'institution et période soviétique (1850-1989) La Gendarmerie voit le jour en Moldavie le , quand le Prince de Moldavie Grigore Alexandru Ghica signe son acte de naissance « La loi pour la réforme des serviteurs en gendarmerie ».

La première réunion roumaine (Principautés unies de Moldavie et de Valachie) le , la Guerre d’Indépendance (1877-1878), la Première Guerre mondiale (1916-1919) suivie par la grande réunion de 1918, et la Deuxième Guerre mondiale (1941-1945) sont quelques moments forts de l’histoire moderne roumaine auxquels la Gendarmerie a apporté une contribution notable.

.

La fin de la Deuxième Guerre mondiale crée un contexte défavorable à la Gendarmerie, marqué par l’occupation militaire soviétique de la Roumanie.

Dans ce contexte commence en 1945, le processus d’affaiblissement et de « transformation révolutionnaire » de la Gendarmerie. Il continue avec plus de force les années suivantes avec comme but l'asservissement complet de cette institution au nouveau régime communiste appuyé par les Soviétiques. Des purges successives et sélectives sont organisées, l’endoctrinement et le contrôle politique de toutes les activités sont imposés, le personnel professionnalisé est en partie remplacé par des conscrits sélectionnés sur des « critères de classe ». Quoique la criminalité connut des taux élevés dans la période d’après-guerre, certaines procédures normatives soviétiques sont adoptées et généralisées dans l’activité courante.

La modification essentielle du rôle de cette institution est réalisée par la Loi n°59 du qui prévoit que la Gendarmerie soit rattachée au Ministère de L’Intérieur. Cette loi limite l’action de la Gendarmerie qui devient un « corps auxiliaire » de la Police.

Les réformes se poursuivent ensuite. En effet, le Décret n°2199 du , concernant la création des Troupes du Ministère des Affaires intérieures, le Décret n°25 du concernant la création de la Milice et le Décret n°163 du concernant la création des Troupes de Sécurité réorganisent complètement l'ensemble du système d’ordre public roumain.

La Gendarmerie n’existe plus comme institution, ses tâches de police générale et judiciaire et ses effectifs qui en étaient chargés sont englobés dans la Milice populaire, créée sur le modèle soviétique. Les effectifs mobiles et de garde constituent quant à eux les Troupes de Sécurité.

La période communiste (1948 à 1989) fut clairement une période de régression pour l'institution. Elle perdait sa dénomination, ses missions étaient réduites ou transférées vers d’autres organismes. Les purges effectuées contre le personnel professionnel, remplacé à 90 % par des conscrits, achevaient le déclin.

Rétablissement de la gendarmerie après 1989

Le processus de rétablissement de la Gendarmerie après la révolution de décembre 1989 a été difficile, long, complexe et inachevé. On peut distinguer quatre phases successives : celle de la crise identitaire suivie d’une phase de transition, puis d’une période de développement pour atteindre l’étape de modernisation qui marque le présent.

Les Troupes de Sécurité La révolution de 1989 a surpris la société et les institutions de l’État roumain socialiste, entraînant une confusion qui a eu un effet direct sur les trois conditions essentielles au bon fonctionnement des institutions de l’État : la stabilité, la continuité et l’autorité.

Pour les Troupes de Sécurité, chargées de ces 3 missions, la situation a généré une crise identitaire sur leur place et leur rôle.

Traditionnellement sous les ordres du Ministère de l’Intérieur qui fut presque entièrement démantelé par le courant révolutionnaire et par l’action de l’armée qui venait de prendre le contrôle de la situation, les Troupes de Sécurité sont confrontées à un contexte politique et social caractérisé par l’instabilité et une isolation relative de la Roumanie.

Une des mesures prises en urgence a été l’incorporation des Troupes de Sécurité dans l’Armée roumaine. Cette mesure, qui a assuré la stabilité et aussi la continuité de l'institution, était en cohérence avec la volonté de l'armée d’élargir son contrôle sur la sociétéD’ailleurs la révolution a commencé avec une révolte populaire, suivi d’un coup d’état militaire et a continué avec la généralisation de la révolte et le processus de réforme/démocratisation de la société roumaine –idée qui est présente et soutenue avec des dates et informations concrètes par Alex Mihai Stoenescu en Histoire des coupes d’État en Roumanie, Édition Rao Books, Bucarest, 2006 en ayant non seulement le monopole des actions de défense, mais également celui de l'ordre public.

Les missions des Troupes de Sécurité sont diverses : garde des points sensibles, maintien d’ordre public avec la PoliceL’ancienne Direction Générale de la Milice, appui aux nouvelles autorités qui venaient de s’installer à la suite de la révolution, etc. La nécessité et la continuité de ce rôle ont constitué la base de sa légitimité et, implicitement, ont assuré la préservation de son autorité.

D’ailleurs, l’autorité des Troupes a surtout été mise en cause par un mot qui se trouvait dans la dénomination de l’institution –Sécurité - et par le degré d’implication de l’institution dans la répression de la révolte populaire du 17-.

Le terme « sécurité » faisait référence à la police politique du régime communiste. La Sécurité avait été responsable de la dure répression des années 1950-1964 et du contrôle politique et informatif qu’exerçait le Parti Communiste Roumain contre toute dissidence. Assimilé au mot « répression » dans cette période agitée alors que la société cherchait des responsables tout en commençant de se réformer, ce mot « sécurité » a produit beaucoup de dégâts pour l’autorité de la nouvelle institution.

Le problème n’était pas ce qu'elle avait faitLes Troupes de Sécurité ont été peu implique dans la répression, n.a., mais ce qu’elle représentait par sa dénomination. C’était la deuxième fois, en 50 ans, que cette institution se trouvait confrontée au même problèmeDans les années 1950, le mot Gendarmerie a été banni par le régime socialiste, car associé avec le régime bourgeois..

Crise identitaire : décembre 89 à septembre 90 La complexité et la dynamique de cette étape de la crise identitaire peuvent être relevées dans les changements produits dans la dénomination et l’organisation des Troupes dans les neuf mois qui suivirent la révolte populaire :

au cours de la nuit du 22 au , le commandant des Troupes de Sécurité rapportait à son SuperiorLe général Iulian VLAD, le chef du Département de la Sécurité de l’État, n.a . que « par ordre du général MilitaruLe général Militaru était le nouveau ministre de la défense, issue la révolution et l’ordre était verbal, n.a. , les Troupes étaient passées dans la subordination de l’Armée comme institution, et lui personnellement dans la subordination directe du général Militaru »Virgil Magureanu, Alex Mihai Stoenescu, Du régime communiste au régime Iliescu, Editura Rao Books, Bucarest, 2008 ; le à la suite de la décision du Front de Salut NationalDécret no.4 de 26 décembre 1989 concernant le transfert au Ministère de la Défense Nationale du Département de sécurité de l’État et des autres organes subordonne au Ministère de l’Intérieur. « À partir de la date mentionnée, le Commandement des Troupes de Sécurité passe dans la subordination du Ministère de la Défense nationale, en devenant le Commandement des Troupes d’Infanterie, et les grandes unités et unités de sécurité sont de grandes unités et unités d’infanterie » ; quelques jours plus tard, la dénomination était changée en « Commandement des Troupes d’Infanterie Moto », pour éviter des confusions avec les catégories des troupes qui existaient déjà au Ministère de la Défense nationale ; le , la dénomination « Commandement des Troupes d’Infanterie Moto » se rechangeait en « Commandement des Troupes de Défense Territoriale » ; le , le « Protocole entre le Ministère de la Défense nationale et le Ministère de l’Intérieur pour le transfert du Commandement des Troupes de Défense Territoriale avec ses grandes unités et unités au Ministère de l’Intérieur » prévoyait le transfert des et de tous les éléments logistiques et financiers nécessaires pour le bon fonctionnement des unités, au ministère de l’Intérieur ; le , la dénomination des Troupes de Défense Territoriale, qui venaient d’être transférées au Ministère de l’Intérieur, se changeait encore une fois en « Troupes de Garde et Ordre » ; le – L'arrêté du Gouvernement no.0749 qui statue la création du Commandement des Troupes des Gendarmes fut complété par l’Ordre du Ministre de l’Intérieur qui décidait « Art. 1- À partir de la date de , le Commandement des Troupes de Garde et Ordre se transforme en Commandement des Troupes des Gendarmes » ; le est approuvée la nouvelle structure organisationnelle du Commandement des Troupes de Gendarmes, des grandes unités et des unités.