Le Sablon est une ancienne commune du département de la Moselle. Par rattachement, elle devient un quartier de Metz le . Son territoire est entouré de ponts car le quartier est précisément délimité à l'est par la rivière Seille et à l'ouest par les emprises du chemin de ferà l'exception du chemin de la Horgne, compris entre la voie ferrée et Montigny-lès-Metz. Au nord se trouve la gare de Metz-Ville, et au sud le quartier de Magny. Ses habitants sont nommés les Sablonnais.
Géographie
L'est du quartier est marqué par la vallée de la Seille avec un relief plat et bas, de ce fait cette zone peut être facilement inondable en cas de crue. La zone ouest est située sur une colline, dont le sommet semble être au niveau de la jonction de la Sente a My avec le pont de la Horgne. Ce secteur est difficilement inondable, la plupart des commerces et des institutions y sont bâtis.
Le lit de la Seille a été profondément modifié au début du ; l'entrée de la rivière dans Metz se faisait à plus d'une dizaine de mètres à l'ouest du lieu actuel ; le décalage du lit a permis la création du parc de la Seille. Le cours d'eau coulait avant sur la zone du parc actuel et formait plusieurs courbes sur son parcours.
Il est impossible d'entrer dans le quartier sans passer par un pont, du fait de son encerclement complet par les voies de chemin de fer et la Seille.
Toponymie À l'époque gallo-romaine, le territoire de l'actuel quartier est désigné par Arenas (sable en latin), faisant allusion à la texture de son sol. Au , un nom plus proche du toponyme actuel apparaît, il s'agit de Savelon, toujours en référence à ce sol sableux. Anciennes mentions : Savelo (880), Harenas (1130), Le Savelon (1365), Le Savellon (), La Greive (1404). Lo Saibion en lorrain romanErnest de Bouteiller, Dictionnaire topographique de l'ancien département de la Moselle, rédigé en 1868..
Lo Savlon est le nom en patois des habitants.
Histoire Antiquité Pendant l'Antiquité, alors que la commune du Sablon n'est pas encore constituée, c'est sur son territoire que se situait l'amphithéâtre gallo-romain de Metz ainsi qu'une grande nécropole romaine.
Si c'est au qu'est écrite la légende du Graoully, c'est au qu'elle prend place. Saint Clément, évêque ayant évangélisé Metz et ses environs, après avoir vaincu le dragon habitant l'amphithéâtre, le jeta dans la Seille. La légende, impactant la commune, en inspira le blason..
La première paroisse du Sablon fut basée au cœur de l'Amphithéâtre, dans un oratoire nommé Saint-Pierre-aux-Arènes. Dès l'Antiquité et ce jusqu'à la fin du Moyen Âge, le Sablon était réputé pour ses nombreuses sources, telle la source Saint-André qui alimentait le lavoir municipal ainsi que l'ancienne fontaine de la place Saint-Simplice à Metz.
En 2012, des travaux de construction ont mis au jour une nécropole d'une centaine de sépultures des et deux lieux d'habitation datant des le long de la rue Mazarin, près du pont de l'Argonne.. Puis en 2018, de nouvelles sépultures médiévales sont découvertes, lors de travaux place Saint-Livier..
Moyen Âge et Temps modernes Jusqu’en 1552, le Sablon est surnommé quartier des Basiliques en raison du nombre d’édifices religieux bâtis sur son territoire. Ces derniers sont tous détruits lors du siège de Metz, en particulier l’abbaye Saint-Clément, reconstruite au Pontiffroy, ou la chapelle Saint-Fiacre. Il ne reste que quelques fermes éparses durant le reste du Moyen Âge, jusqu'à la création officielle de la commune en 1790. La congrégation des sœurs de Sainte-Chrétienne fonde son couvent dans le quartier à la fin du .
thumb|left|Chapelle, unique vestige du couvent Sainte-Chrétienne, détruit en 1944
C'est pendant l'annexion allemande de 1871 à 1918 qu'il s'urbanise, dans le prolongement de la Nouvelle Ville allemande, construite en dehors de remparts. La partie nord est alors bâtie d'immeubles de style allemand typique de l'époque, et la partie sud, de petites maisons ou immeubles, dont la plupart sont détruits peu à peu pour laisser place à des programmes immobiliers plus importants et modernes.
Les maraîchers sont très répandu au Sablon, principalement autour de l'axe de l'actuelle Sente A My. Les activités se diversifient peu à peu, et l'industrie s'implante avec des usines telles la brasserie Amos en 1874. De nombreux restaurants et bars ouvrirent et attirèrent des messins.
En 1903, l'empereur Guillaume II vient en visite au Sablon sur les fouilles de l'amphithéâtre gallo-romain situé dans le nord de la commune, fouilles qu'il avait lui-même ordonnées. Elles sont interrompues par simple précaution pour causes financières, préférant économiser sur la région messine dans laquelle il a financé quelques années après sa visite la construction de la nouvelle gare et de l’hôtel des Postes. Pour permettre à ses successeurs de les reprendre facilement, il fait recouvrir l'amphithéâtre de sable. Sera redécouvert à cette époque également la Redoute de La Seille, fort bastionné construit au , bâti au-dessus des Arènes.
Durant la permière moitié du , le chemin de fer arrive à Metz, aboutissant à l'époque à l'ancienne gare de Metz, il passait uniquement sur la limite ouest du quartier actuel du Sablon, or cette voie ferrée marqua nettement la séparation du Sablon-Est par rapport au Sablon-Ouest (qui n'étaient jusqu'alors reliés que par des chemins vicinaux), ce dernier se retrouvant isolé du reste de la commune et susceptible d'être annexé de ce fait par celle de Montigny-lès-Metz, la municipalité décida donc de construire un pont, qui porta le nom de pont Saint-Clément, reconstruit entre 1906 et 1908, par le pont actuel qui prit la dénomination de pont Amos en 2009, en référence aux anciennes brasseries situées au Sablon-Ouest, après le pont.
Avec la construction de la nouvelle gare, les lignes de train ont été modifiées et prolongées vers le nord-est du quartier (avec entre autres la ligne encore en activité de Metz à Zoufftgen), ce qui nécessita, en 1904, la déviation du cours de la Seille qui coulait alors sous le pont aux Arènes datant du Moyen Âge, qui fut détruit pour faire place à l'actuel pont de la Seille. De plus, jusqu'à la fin des travaux en 1908, trois passages sous les voies de chemin de fer ont été creusés (passages du Sablon, de l'Amphithéâtre et de Plantières).
Le , le Sablon, qui compte alors habitants, est officiellement intégré au district urbain de Metz. On note qu'à son intégration la commune du Sablon a perdu une partie de son territoire, le Sablon-Ouest, correspondant actuellement au secteur sud du quartier de Nouvelle Ville, comprenant les anciens bâtiments des brasseries AmosExpo photo de 2010 retraçant l'histoire du Sablon au XXe siècle..
Pendant l'entre-deux-guerres, le quartier est considéré comme un « foyer rouge » par les autorités, qui surveillent de près les cheminots alors fortement syndiqués, (p. 380)..
Au cours des bombardements du printemps 1944, de nombreux bâtiments du village furent détruits ou fortement endommagés, on compte l'ancienne mairie, place Saint-Livier, la partie française du collège F.-Rabelais, étant à l'époque l'école Saint-Bernard, reconstruite ensuite, et le couvent Sainte-Chrétienne, dont ne continuait à tenir debout que la chapelle. D'autres bâtiments furent moins atteints comme l'église.
La plupart des édifices témoins de l'histoire du village sont placés dans l'ouest de ce dernier, comme le collège par exemple. De nombreux bâtiments plus récents y sont également centralisés, tels la mairie de quartier. Le parc Sainte-Chrétienne se trouve dans la même zone, ainsi que plusieurs terrains de sports et de pétanque.
300px|thumb|Palais omnisports Les Arènes de Metz, apparenté au projet ZAC de l'Amphithéâtre. Sur les restes du couvent Saint-Chrétienne a été construit le nouveau complexe municipal du Sablon, de même que dans sa prolongation on bâtit la nouvelle maison de retraite.
Depuis 2006, une bande de terrain au nord-est de ce quartier, qu'occupait la gare de marchandises, est requalifiée, et reçoit les premiers travaux d'un vaste projet de quartier d'affaires dénommé quartier de l'Amphithéâtre, ainsi que du centre d'art contemporain centre Pompidou-Metz, quasiment à l'emplacement de l'ancien amphithéâtre gallo-romain, dont les ruines sont enfouies sous le croisement de la rue aux Arènes, du passage et de l'avenue de l'Amphithéâtre.
Entre cette bande de terrain et la Seille, se situe depuis mai 2002 un nouveau parc public, le parc de la Seille, qui fait appel aux nouvelles techniques paysagères (pelouses fleuries, zones non fauchées, etc.)..
Héraldique
Vie de quartier Basée au complexe municipal, l'école de musique de l'union philharmonique du Sablon propose chaque année des cours sur plusieurs instruments, ainsi que des cours de danse et de solfège.. Siégeant également dans le complexe la SHS (Société d'Histoire du Sablon) a pour but de sensibiliser la population à la riche histoire de la commune, et organise chaque année une exposition d'anciennes photographies et cartes postales d'époque dans les bâtiments de la mairie de quartier..
Tous les mercredis a lieu place Saint-Livier le marché du Sablon.
Début octobre, se déroule la grande brocante braderie du quartier, elle condamne l'intégralité de la rue et de la place Saint-Livier. Ainsi qu'à la mi-juin, a lieu pendant une semaine la fête de la Germaine, fête traditionnelle du quartier. Il s'agit d'une série d'animations organisées par le centre social de la maison des associations Le Quai, l'union philharmonique, ou encore la SHS..
Démographie
Lieux et monuments Lieux de culte
thumb|230px|Église Saint-Fiacre, avec le collège François-Rabelais, en retrait à droite. Église Saint-Fiacre, 87, rue de la Chapelle, style gothique, début du .. Église Saint-Vincent-de-Paul, place Bouchotte., style contemporain, . Chapelle Sainte-Chrétienne, rue Saint-Bernard, seule partie du couvent n'ayant pas été détruite à la suite des bombardements de 1944, style néo-roman, fin du .
Cimetières et mémoriaux Cimetière du Sablon, enclavé dans la commune de Montigny-lès-Metz, à proximité de la route de Blory, et de la rue de la Horgne. Monument aux victimes des guerres, place de l'Église. Plusieurs mémoriaux disséminés dans le quartier, se référant, en général, aux anciens lieux de cultes du village, d'avant 1552, comme le mémorial Saint-Fiacre, Saint-André, Sainte-Agathe, etc.
Lieux d'enseignement Lycée Lycée professionnel Alain-Fournier, 13, rue Émile-Boilvin.
Collège Collège François-Rabelais, 39, rue Saint-Bernard, style néo-renaissance avec influence néoclassique, début du .
Historique 300px|thumb|left|Aile nord-est du collège François-Rabelais, avec gymnase à droite, et aile sud-est avec entrée principale, en retrait à gauche. La construction de l'école Saint-Bernard et de son gymnase se termine en 1912. Elle est bâtie à partir des plans de l'architecte Fröhlich, en pierre de Jaumont à l'instar des monuments messins, et de nombreux autres édifices sablonnais. Cet édifice correspond à l'actuelle aile nord-est du collège. Cette école primaire est équipée de douches, d'une infirmerie et d'électricité. Elle surprend les Français ne disposant pas encore de tous ces équipements. Elle accueille uniquement les filles, les garçons étant scolarisés à l'école du Graoully. Lors de la Première Guerre mondiale, le gymnase sert d'hôpital pour les blessés. Un projet de prolongement de l'école débute, mais est vite abandonné.