Camille Huysmans, né Jean Joseph Camille Hansen, le à Bilzen, et mort le à Anvers, est un homme politique belge, de tendance socialiste. Figure importante du mouvement flamand, il exerce les fonctions de bourgmestre d'Anvers, de président de la Chambre des représentants de 1936 à 1939 et de Premier ministre d' à .

Biographie

Enfance Camille Huysmans est né dans la maison achetée quelques années plus tôt par son grand-père nommé David Hansen, géomètre du cadastre. À sa naissanceBilzen, acte de naissance n° 39 du 27 mai 1871. La déclaration de naissance est effectuée par le grand-père de l'enfant, David Hansen, âgé de 47 ans, géomètre du cadastre, domicilié à Bilzen. Il déclare la naissance de son petit-enfant, né de Joanna Catharina Hansen, fille célibataire, âgée de 23 ans, le 26 mai 1871 à deux heures de l'après-midi., il fut inscrit au registre d’état civil sous le nom de Jean Joseph Camille Hansen. C’est seulement en 1881, lorsque sa mère se marie avec Auguste Godefroid Huysmans que Camille se voit attribuer le nom de famille « Huysmans ».. Son père biologique était un pharmacien nommé Odomar Francken. Ce dernier s’occupa de Camille financièrement mais ne le reconnut pas. Il fut donc élevé dans un entourage où l’emprise religieuse et anticléricale étaient fort mêlées. Son grand-père était très imprégné d'anticléricalisme d’origine libérale et ne cachait pas son désaccord avec ce qui concerne l’ingérence du clergé dans les affaires civiles . Catharina Hansen, mère de Camille et son époux Godefroid tenaient un magasin de tissus qui sera par la suite conservé par sa sœur Joséphine jusqu'à sa mort en 1955 . L'illégitimité de sa naissance marquera fort Camille Huysmans comme l'écrira bien plus tard sa fille Sara dans son journal Sara Huysmans, dans son journal , écrit plus d’un mois après le décès de son père : « 30-3-68. Et maintenant tout est sur-consommé. Le père qui s’est aimé (narcisse) et qui a bâti sa gloire sur une blessure d’enfant (absence du père-absence de légitimité). Et, chose curieuse, qui au lieu d’en tirer la leçon pour les siens, répète les faits blessants qui ont été à l’origine de son traumatisme affectif »..

Études A l'âge de 8 ans, Camille est le seul élève de son école, les autres enfants étant à l’école catholique. Malgré cela, il ne s’est pas laissé vaincre par l’anticléricalisme et s’est toujours montré conciliant. Il commença ses études secondaires en 1882 à l'athénée royal de Tongres et à , il poursuivit sa scolarité à l’École normale de Liège.. En première secondaire, c’était un élève plutôt médiocre mais déjà très indépendant malgré son jeune âge. C’est seulement à partir de la troisième secondaire qu’il deviendra un excellent étudiant. En rhétorique, il devient membre avec Joseph Cuvelier et Lambrecht Lambrechts du de Kluchtvrienden qui deviendra par la suite un véritable cercle littéraire. Camille ne s’intéressait pas du tout à la politique quand il était encore étudiant.. Il était plutôt intéressé par la musique et le chant et faisait partie d’une chorale « Les disciples de Grétry ». Ensuite, il entreprit d’étudier les langues germaniques à l'École Normale à Liège où il obtint le diplôme de « professeur agrégé de l'enseignement moyen du degré inférieur ». communément appelé le régendat.

Vie privée À l'âge de , à SchaerbeekActe de mariage de la commune de Schaerbeek, n° 274 du 29 mai 1897. Mariage entre Joseph Camille Huysmans, professeur, né à Bilzen le 26 mai 1871 et y résidant, les parents consentant au mariage par acte, fils d'Auguste Godefroid Huysmans, négociant à Bilzen, et de Jeanne Catherine Hansen, sans profession à Bilzen, et de Marthe Marie Catherine Espagne, née à Schaerbeek le 18 janvier 1875 et y résidant rue de la Consolation 79, sans profession, les parents consentant au mariage par acte, fille de Louis Lambert Espagne, horticulteur à Schaerbeek, et de Elisabeth Schoups, résidant à Schaerbeek, sans profession, les témoins étant Amédée Maurissen, cousin de Joseph Camille Huysmans, 25 ans, employé à Saint-Gilles, Gaston Vandermeeren, 28 ans, étudiant en droit à Ixelles, Adolphe Saint-Maux, 46 ans, employé à Ixelles, et Octave Dony, 22 ans, professeur à Ixelles. Louis Lambert Espagne est mort à Schaerbeek le 7 avril 1911. le , il épouse Marthe Espagne., une Schaerbeekoise dont les parents étaient originaires du LimbourgMarthe Marie Catherine Espagne était née à Schaerbeek, au n° 78 de la rue de la Consolation, le 18 janvier 1875. Son acte de naissance, n° 67, daté du 21 janvier 1875, précise que ses parents sont Louis Lambert Espagne - celui-ci signe l'acte Louis Espagne - , 32 ans, jardinier, né à Gors-op-Leeuw, domicilié à Schaerbeek, et Elisabeth Schoups, 21 ans, ménagère, née à Eygenbilsen. Louis Lambert Espagne était lui-même né à Opleeuw le 8 février 1842 (acte de naissance n° 6 de Gors-Opleeuw pour l'année 1842) comme fils de Louis Albert Espagne - il signe l'acte Louis Espagne - , jardinier, âgé de 50 ans, mort à Gors-Opleeuw le 19 mai 1866 et de Marthe Stregnars, son épouse, morte à Gors-Opleeuw le 15 avril 1863. Louis Lambert Espagne avait épousé à Eigenbilsen le 22 avril 1874 Elisabeth Schoups, née à Eigenbilsen le 20 mai 1853, comme fille de Joannes Schoups et de Catharina Gregoir, cultivateurs à Eigenbilsen. Cet ace de mariage cite comme témoin Henricus Espagne, âgé de 30 ans, jardinier à Schaerbeek et frère de Louis Lambert Espagne., à la suite de quoi, il s'installa à Bruxelles. Ils eurent trois enfants : * Sara Betsy (Saint-Josse-ten-Noode Saint-Josse-ten-Noode, acte de naissance n° 579 du 19 décembre 1897, le père est qualifié de professeur, l'enfant est né au domicile de ses parents, rue des Moissons n° 35, à six heures et demie du soir le 17 décembre 1897. - Woluwe-Saint-Pierre ) Malou Haine, notice sur Sara Huysmans, dans Éliane Gubin, Catherine Jacques, Valérie Piette et Jean Puissant (dir.), Dictionnaire des femmes belges, , 2006, Bruxelles, Racine, pp. 325 et 326., conseillère aux Beaux-arts en 1965, elle a créé l’Orchestre national de Belgique, les Concerts de Midi, des Midis de la Poésie, les Midis de la Danse et le CeBeDeM, le Centre Belge de Documentation pour la Musique. * Marthe Camille (1900-1988)Notice sur Marthe Huysmans (1900-1988) dans le Dictionnaire des femmes belges, , d’Éliane Gubin, Catherine Jacques, Valérie Piette et Jean Puissant (dir.), 2006, Bruxelles, Racine, pp. 323 à 325., figure belge de la IIIe Internationale, communiste et qui fut à partir de 1955 présidente de l’Association Belgique-Chine. Elle s'était engagée auprès des Républicains durant la guerre civile espagnole et était journaliste au journal Le Peuple. C'est elle qui avait organisé le voyage de son père en République populaire chinoise en 1958 ainsi qu'en 1961, celui de la reine Élisabeth. Elle avait épousé à Londres le Jean Deguent (Berchem (Anvers)Berchem (Anvers), acte de naissance n° 20, du 12 janvier 1907, de Jean Charles Emile Joseph Deguent, à la Vredestraat (rue de la Paix), n° 180. Ses parents, Charles Jean Joseph Deguent, sous-lieutenant au 7ème de Régiment de Ligne, 25 ans, né à Hollain, en Hainaut, et Emilie Adèle Joséphine Colard, 24 ans, née à Eeckeren, s'étaient mariés à Anvers en 1905 (acte 1832). - Ixelles ), avocat au Cabinet d'Eugène Soudan, professeur de droit et d'économie politique, membre du Parti communiste de Belgique (PCB)Centre des Archives communistes en Belgique ASBL, Inventaire Jean Deguent ainsi que le lien ., dont elle divorça dans les années 1950. * Paul Auguste Louis Adolphe Camille né à BruxellesActe de naissance de la ville de Bruxelles, n° 1763 du 20 juin 1905. L'enfant est né au n° 10 de la rue de la Besace, au domicile de ses parents, le père est qualifié de journaliste, et l'un des témoins est le journaliste Joseph Hiroux, âgé de 27 ans. le , qui épousa en 1928 Madeleine Ceulemans. Le couple eut trois enfants: Margaretha (décédée à l'âge de huit mois), David et Helena Huysmans. Camille Huysmans n'avait pas trop la fibre paternelle d'après sa fille SaraSara Huysmans note dans son journal au 17 mai 1964 : « […] Le coup terrible, non révélateur mais dur à entendre. C(amille). H(uysmans). à J. Rosbaeck à la veille de son remariage. « Mes enfants, je m’en fous ». Évidemment, nous le savions. Mais la confirmation est dure. […].

Marthe Espagne, première épouse de Camille Huysmans, est décédée en 1955.

Le , à l'âge de 86 ans, Camille Huysmans épouse à Watermael-Boitsfort, sa seconde femme, Ida Smissen, âgée de 35 ans, née à Budingen le et morte à la maison de repos Notre-Dame de Lourdes à Léau le , et qui était enseignante de formation, puis directrice d'une école de fillesJournal De Morgen, Camille Huysmans' groene blaadje, 7 juillet 2001..

Parcours professionnel

Philologue Au cours de toute sa vie, il porte beaucoup d’intérêt à la production littéraire de la province du Limbourg. Pendant ses études, il est membre du cercle universitaire « Onze Taal » . Afin de compléter certains manquements de connaissances pour ce qui concerne la région de Bilzen, il crée, en collaboration avec d'autres personnes, la Société limbourgeoise des sciences et lettres (Limburgsche Maatschappij voor Letterkunde en Wetenschappen). Ensuite, il rejoint le Limburgsch Jaarboek où il publiera des articles, poèmes et divers comptes-rendus. À l’âge de , il publie son premier poème : Een vastenavond in 1483..

Journaliste Camille Huysmans devient un journaliste socialiste. Au , il sera une figure emblématique du Parti ouvrier belge.. En 1896, commence sa carrière journalistique en tant que rédacteur parlementaire au journal Petit Bleu. Ses articles portent essentiellement sur la politique, la musique et le théâtre . Son premier article sera publié dans Le Peuple sous le nom de « Spiridio » . Cet article aborde la question de la concentration du sol capitaliste au Limbourg. Il publie également des articles dans Le Soir et La Réforme sous le pseudonyme d’« Erasme ». Camille trouvait qu’il était important d’instruire la classe ouvrière et c’est pour cette raison qu’il crée quelques périodiques tels que la Gazet van Brussel (1898), De Ploeg (1900), Het Goede Zaad (1907), et enfin La semaine politique (1912) qui défendait, en français, la cause flamande et ce, en collaboration avec Max Hallet.

Enseignant En 1893, il accepte le poste de professeur au Collège de l’Union à Ypres. La même année, il crée, en collaboration avec un de ses collègues une revue progressiste qui s’appelait La Lutte - De Strijd. Pendant ce temps, il continue à collaborer avec le « Limburgsch Jaarboek » . Trois ans plus tard, il devient professeur d’anglais pendant un an à l’Athénée Royal d’Ixelles afin de remplacer . Cependant, il est révoqué par François Schollaert, Ministre catholique de l’Instruction publique, à cause de ses opinions politiques . Son amitié avec Louis de Brouckère lui permet, cependant, de continuer à enseigner à «L’école des petites études» ainsi qu’à l'Institut des hautes études de Belgique. Il enseigna également les institutions politiques de l’Antiquité et la littérature française, grecque et latine à l’Université nouvelle.

Camille Huysmans fonde en 1926, l’École supérieure de la Cambre qui eut comme premier directeur Henry van de Velde (1863-1957). Cette institution vouée aux arts plastiques a contribué à un nouvel épanouissement, en Belgique, de la peinture, de la sculpture et de l'architecture. Plus tard, elle s'adjoindra le décor de théâtre et le cinéma d'animation. Dénommée, au début du , École supérieure des arts visuels, cette école a compté, parmi les enseignants et les étudiants, les peintres Paul Delvaux, Jean-Michel Folon et Serge Creuz, les architectes Léon Stijnen et Victor Bourgeois.

Politicien

Secrétaire de la Deuxième Internationale