La Compagnie des îles d'Amérique était une compagnie à charte française créée en 1635 et dissoute en 1651, pour prendre en charge, à la suite de la Compagnie de Saint-Christophe, l'administration de la partie française de l'île de Saint-Christophe, qui était alors le seul établissement français dans les Caraïbes, et a été chargée de coloniser activement d'autres îles des petites Antilles qui sont ensuite administrées pour la France sous la direction de la Compagnie avant sa dissolution en 1651.

Histoire Prémices Alors que le capitaine Cousin et son compagnon de voyage Vincent Pinçon avaient touché le Brésil quelques années avant Cristophe Colomb"La Martinique au premier siècle de la colonisation : 1635-1742 " par Maurice de Lavigne Sainte Suzanne, en 1935 aux Editions Chantreau , suivi de près en 1504 par Binot Paulmier de Gonneville, et qu'en 1506 il existait déjà des indigènes brésiliens à Rouen, un siècle plus tard Henri IV créa en 1599 la Compagnie du Canada et de l'Acadie, chargée d'y porter la religion catholique, tandis que Raoul de La Touche de La Ravardière, Alphonse du Plessis et le père Claude d'Abberville, capucin, s'embarquèrent à Cancale en 1612 pour « l'inspection du royaume de Guyane, de l'Amérique péruvienne, au-delà des Amazones ». Ensuite, le commerce français et l'évangélisation furent liés au début du 17e siècle. Dès 1619, un Jésuit d'Avignon, le père Alexandre de Rhodes, fut le premier français en Annam avec vingt autres missionnaires comme lui, espagnols, portugais et italiens. Le capitaine Urbain de Roissey de Chardouville reçut lui en 1624 le mandat de pourchasser les pirates qui empêchaient les marchands français au-delà du tropique du Cancer. La Compagnie des seigneurs de Saint Christophe fondée en 1626 Au cours de l’année 1626, le cardinal de Richelieu soutient le projet de deux marins, de Roissy (ou Roissey) et Pierre Belain d'Esnambuc : la création de la « Compagnie des seigneurs de Saint Christophe » du nom d'une des plus petites îles des Antilles, partagée avec les Anglais. Ceux-ci ont aussi fondé une Compagnie de l'île de la Providence dont le parlementaire contestataire John Pym sera nommé trésorier en 1630, et qui accueille les dissidents religieux, ce qui inquiète Richelieu.

L'installation de minorités religieuses au Nouveau Monde enquière aussi les Anglais : l'île de la Barbade est concédée par la couronne anglaise au comte de Carlisle en 1627, puis au comte Malborough, et Sainte-Lucie au comte de Montague, en 1632.

Le nom exact est "Compagnie des îles de Saint-Christophe, de la Barbade et autres îles à l'entrée du Pérou (1626)", pure société en commandite par actions, établie au Havre devant deux notaires, maîtres de Beaufort et de Beauvais, le , quelques mois avant la création de la Compagnie des Cent associés du Canada. Par « île de la Barbade » il fallait comprendre l'île Barbude qui constitue avec Saint-Martin, Saint-Barthélemy, les Anguilles, une des dépendances de Saint-Christophe.

Le capital social, 45000 livres pour l'achat de trois vaisseaux, est réparti ainsi: 10.000 livres pour Richelieu; 10.000 pour Sçavoir, dont 2.000 en argent et 8.000 en un vaisseau; 2.000 pour Ruzé d'Effiat, intendant général de la marine, 2.000 pour Marion, 2.000 pour Flécelles, président des Comptes, 2.000 pour Mcrand, 2.000 pour Guinegaud, conseiller d'Etat, 2.000 pour Bardin Royer, 1.000 pour Ladurcat, 1.000 pour Ferrier et 4.000 pour Cavelet, dont 2.000 pour Camille Cavelet et 2.000 pour Jean.

La Société de Saint-Christophe n'a pas rapporté aux actionnaires. Mais ils pouvaient, par actes séparés, passer des contrats avec des "engagés" pour une période de trois ans, pendant lesquels ils devaient payer annuellement et par tête, chacun 125 livres de petun, avec un dixième du coton et autres marchandises exportées.

Un second voyage débarque le à Saint-Christophe : de 70 hommes qui étaient avec de Roissey il ne restait que 16, la plupart à demi-morts. Ils rencontrèrent le capitaine anglais contrôlant l'île avec 400 hommes. Roissey rentra en France, en laissant d'Esnambuc dans l'île.

Richelieu apprend ensuite que le roi d'Espagne a chargé l'amiral Tolède de se rendre au Brésil, via Saint-Christophe, avec ordre d'expulser les Français. Une nouvelle expédition française avec Cusac comme chef d'escadre part alors en . Dyel Duparquet subit 18 blessures. Les colons durent se réfugier dans les montagnes et des îles voisines, à Antigua et à Saint-Martin. Certains ont déjà quatre ans de service et refusent désormais les dîmes à payer, pour devenir contrebandiers. La Compagnie, peu avant d'être déclarée « comme abandonnée », obtint du roi une déclaration, le , demandant à tout capitaine de navire naviguant vers l'Amérique de traiter avec l'île, devenue simple étape.

Mention des esclaves dans les textes de 1626 et 1627 Les esclaves sont mentionnés dès une lettre secrète d', où les actionnaires parisiens acceptent de racheter à Pierre Belain d'Esnambuc ses biens cachés depuis 1625 sur la petite île de Saint-Christophe (colonie française): fortin, munitions, marchandises et « aussi des esclaves jusqu'au nombre de 40 ou environ ». Puis une charte rédigé, quatre mois plus tard, le à l'occasion du départ de la première expédition mentionne que s'il: « se faict traite de quelque naigre, sauvages ou esclaves qui soient employés au travail et manufacture des dictes marchandises» les membres de cette expédition recevront la moitié de leur production «seulement la première année»"Archéologie de l'esclavage à la Martinique (1635-1660) " par Jacques Petitjean-Roget dans la revue Dialogues d'histoire ancienne en 1985 .

Nouveau nom et nouvelle vocation en 1635 : accueillir 4000 engagés Actionnaire de la Compagnie, le Cardinal la juge trop peu dynamique et demande au directeur François IV Fouquet de la revitaliser. Elle est rebaptisée en 1635, « Compagnie des Îles d’Amérique ».

Jean Duplessis Charles Liènard de l'Olive, et cinq autres marchands de Dieppe, vont à Paris, négocier le contrat prévoyant que la Compagnie leur verserait 2000 livres en argent et 3000 en armes contre le commandement de ces îles et le tiers de ses droits sur les mines et prélèverait sur les habitants 60 livres de tabac .

La charte du prévoit l'envoi en 20 ans de 4000 engagés blancs de religion catholique"Histoire de l'esclavage dans les colonies françaises" par le professeur Gaston Martin, aux Presses universitaires de France, en 1948 , l'édification d'église, l'évangélisation des Caraïbes, présentés comme égaux en droitsElle stipule que « les descendants des Français habitués aux îles et les sauvages convertis à la foi seraient censés et réputés naturels Français, capables de toutes charges, honneurs, ainsi que les originaires et régnicoles ». Sa mission est cultiver les terres et creuser des mines pour des métaux, moyennant un dixième de tout ce qui proviendra se retirer.

La même année, le Pape est mobilisé: dans une bulle il précise le partage des futurs prêtres entre les trois principales îles visées: capucins à Saint-Christophe, dominicains à Guadeloupe, jésuites à la Martinique. Le cardinal Richelieu est l’un des souscripteurs avec d’autres proches, Razilly, Effiat, Lauzon, et Fouquet, directeur de la compagnie, qui deviendra l’un de ses proches collaborateurs.

Le , Pierre Belain d'Esnambuc et Jean du Plessis d'Ossonville quittent Dieppe, sur deux navires, avec 400 colons engagés par contrat pour trois ans et les Pères dominicains Pierre Pélican, Raymond Breton, Nicolas Bréchet et Pierre Gryphon. Le , ils accostent du côté de la Pointe Allègrehttps://www.linternaute.com/histoire/motcle/5961/a/1/1/jean_du_plessis_d_ossonville.shtml, proche de l'actuelle Sainte-Rose (Guadeloupe) puis vont à Saint-Christophe.

En , c'est le Père capucin Hyacinthe, qui part de Saint-Christophe avec cent hommes, le dominicain Dutertre et Pierre Belain d'Esnambuc. Ils font escale en Martinique le quelques jours, pour aller de préférence à la Guadeloupe, où le relief avait été estimé plus favorable aux cultures. Mais rapidement, les vivres y manquent, obligeant à réduire les rations à 5 livres de pâte par jour, puis à 5 onces.

Le , Pierre Belain d'Esnambuc s'installe aussi à la Dominique mais en est chassé par les indiens caraïbes et meurt prématurément début 1636 à son retour sur l'île de Saint-Christophe, confiée plus tard à son neveu, Jacques Dyel du Parquet.

Deux semaines après c'est son bras droit Jean du Plessis d'Ossonville qui décède le 1635. Du coup, Charles Liènard de l'Olive retourne à la Guadeloupe, pour y devenir gouverneur de l'île. Il fit très vite la guerre à outrance aux indigènes, suscitant leur haine et c'est seulement fin 1636 qu'une paix très provisoire est trouvée.

Arrivé sur le sol martiniquais, il fait face attaques des indigènes de la Dominique, de Saint-Vincent et de la Guadeloupe, au nombre de 1500.

La colonisation est lente les deux premières années. De cent hommes au premier jour, la colonie en atteint 200 en cours d'année 1638. Duparquet consolide alors les palissades d'un fortsur une presqu'île de la baie de Fort-Royal futur Fort Saint-Louis. Début 1639, l'interdiction de la culture du tabac à Saint-Christophe, pour favoriser le sucre, rassure aussi les candidats au départ vers les îles.

Arrivée de Philippe de Longvilliers de Poincy Nommé en 1638 lieutenant-général des îles d'Amériques pour succéder à M. d'Esnambuc, Philippe de Longvilliers de Poincy quitte la France le Sidney Daney : Histoire de la Martinique, indique la date du 15 février 1638. D'autres sources citent le 20 février. pour Saint-Christophe, où il arrive en .

Philippe de Longvilliers de Poincy fut selon les historiens avec près de à son service dès le début des années 1650"Le général de Poincy, premier capitaliste sucrier des Antilles", article de Michel-Christian Camus dans la revue Outre-Mers en 1997 "Relation des missions des pères de la Compagnie de Jésus dans les îles et dans la terre ferme de l'Amérique méridionale", par Pierre Pelleprat en 1655 et une fortune évaluée en 1654 à plus d'un million de livres. Il a ainsi précédé et dépassé ses deux rivaux de l'époque, l'Anglais James Drax, qui possédait à la Barbade en 1654 et le français Jacques Dyel du Parquet, gouverneur de la Martinique, qui avait à la même époque 150 esclaves Richard S. Dunn, Sugar and Slaves, the Rise of the Planter Class in the English West Indies, London, 1973, p. 69 ; Petit Jean Roget, op. cit., p. 1160 ; Cultru, art. cit., p. 345.

Les centaines d'esclaves travaillant pour Philippe de Longvilliers de Poincy n'ont pas été achetés directement en Afrique. Une partie d'entre eux a été volée sur des navires portugais ou espagnols, et l'autre achetée à des corsaires d'autres pays, probablement des Anglais, avec qui les Français sont associés à Saint-Christophe. Des raids anglais ont eu lieu en 1644-1646 sur la côte des esclaves du Bénin, et.

Les esclaves capturés sur des négriers étrangers par les corsaires de la compagnie revenaient de droit au gouverneur de Saint-Christophe, qui avait récupéré dans ce domaine les droits de son prédécesseur Pierre Belain d'Esnambuc.

L'un des neveux de ce dernier, Jacques Dyel du Parquet, promu gouverneur de la Martinique à sa mort en 1636, avait d'importantes propriétés à Saint-Christophe: trois plantations, dont deux au hameau de la "Grande Montagne", ancienne habitation Esnambuc, situées à seulement quelques kilomètres du port de Basseterre.

Trois mois après être arrivé de France, le général de Poincy les lui a rachetées en , pour 110 000 livres pesant de tabac, matière qui servait de en 1639 dans les îles.

Le même mois que le rachat de ces plantations, un spécialiste français de la transformation de canne à sucre fait à l'acquéreur une offre de services. C'est le sieur Raye, frère d'Adam Raye, de Rouen, qui « dès son enfance, a fait profession de cet art » et qui a , au Brésil. Raye s'engage à acheminer d', sur un petit navire et jusqu'à Saint-Christophe, .