thumb|Sceau de l’abbaye Saint-Clément en 1300. Saint Clément devant l’amphithéâtre de Metz. L’amphithéâtre de Metz, dit « le grand amphithéâtre », est construit vers la fin du ou dans la première moitié du  dans le quartier des basiliques de Divodurum Mediomatricorum en Gaule belgique, aujourd’hui quartier du Sablon de Metz (et futur nouveau quartier de l'Amphithéâtre). Il était l'un des plus grands amphithéâtres édifiés en Gaule romaine, l’un des dix plus grands amphithéâtres construits par les Romains, et si l’on se réfère à la seule longueur de son grand axe (158 m), le troisième plus grand du monde romain, après le Colisée et celui de Capoue.

L’édifice de jeux s’étendait de l'ancienne gare de Metz-Marchandises jusqu’à l’actuel passage de l’Amphithéâtre..

Description L’édifice mesurait de long pour de large et de hauteur. L’arène est semblable aux arènes de Vérone dans sa construction ; elle avait de grand axe et de petit axe. D’après les restes de l’enceinte et les murs retrouvés en 1902, l’édifice possédait 76 arcades et une série de 50 gradins. Il avait trois étages d’arcades superposées, soit une hauteur approximative de trente mètres de haut pour la façade. On estime qu’il possédait quelque Roland Hanen, Le grand amphithéâtre de Metz.

Les fouilles allemandes de 1902-1903 ont montré son élévation encore conservée jusqu’à au centre de l’arène.

Histoire de l’amphithéâtre et de son quartier antique La légende attribue l’honneur de sa construction à un chevalier Troyen nommé Arenus. Jean le Châtelain attribue sa fondation et son inauguration à l’empereur Auguste lui-même mais des indices laissent penser que ce fut sous le règne de l’empereur Vespasien par des éléments de la .

Sous les ordres de Végésonius, un magistrat médiomatrice qui a obtenu l’autorisation de latiniser son nom, on peut estimer à hommes de cette légion, le nombre de centurions, soldats, vexillaires et auxiliaires qui furent affectés à l’extraction des pierres, dites « grandes oolithes blanches » des carrières de Norroy, près de Pont-à-Mousson, qui servirent d’ailleurs également à la construction de l’aqueduc de Gorze à Metz.

L’édifice est utilisé pour les jeux jusqu’au . Puis la tradition raconte que l’occupation du secteur se maintient : le premier évêque de Metz, saint Clément, y édifie un oratoire dédié à saint Pierre : Saint-Pierre-aux-Arènes. Cette tradition serait confortée par Paul Diacre, moine et historien du et par les découvertes lors des fouilles allemandes de 1902 d’épitaphes paléochrétiennes du .

À une quinzaine de mètres au sud de l’amphithéâtre a été découvert un très large et profond fossé, vraisemblablement défensif, qui épouse la courbe de l’édifice et dont la datation reste encore imprécise. Son comblement a livré de nombreux blocs calcaires sculptés provenant de l’amphithéâtre et une importante quantité de mobilier archéologiqueInrap — Dépliant du site archéologique du quartier de l’Amphithéâtre 2007 .

Un faubourg s’est développé autour de l’amphithéâtre du . Les fouilles du parking de la gare, en 1995, ont montré la continuité au nord entre le centre-ville et l’amphithéâtre. Au sud, le Sablon était parcouru par deux grands axes routiers, dont la voie de la Meurthe qui longe la rive gauche de la Seille jusqu’à l’amphithéâtre, probablement sur le tracé de l’actuelle avenue André-Malraux. Cet axe se poursuit jusqu’à la rue Vauban où il a été reconnu en 1995.

L’amphithéâtre fut progressivement ruiné par le pillage des pierres qui servirent sans doute à la construction de la muraille romaine et de divers autres édifices de la ville. L’édification de la première enceinte de remparts de la ville à la fin du laisse l’amphithéâtre extra-muros, sans marquer pour autant l’abandon du quartier : des vestiges du sont mis en évidence à l’intérieur et à l’extérieur de l’édifice.

Le quartier change d’aspect à la fin du . La voie reste en fonction mais les bâtiments sont démontés et les matériaux de construction récupérés. Quelques sépultures sont installées sans former de véritable nécropole. Le quartier de l’amphithéâtre revêt une importante fonction funéraire à l’image d’une grande partie du Sablon.

L’amphithéâtre reste un noyau de vie en dehors des murs de la cité. À partir du  sont creusées de nombreuses et imposantes fosses dépotoirs particulièrement riches en matériel divers : verre décoré, outils de tissage, pots en céramique présentant parfois des motifs chrétiens, déchets de métallurgie (scories et fragments de four), rejets de boucherie, cornes de cervidés travaillées et peignes en os finement décorés (tabletterie), objets en métal. Ces différents éléments laissent supposer la proximité d’un quartier artisanal diversifié.

Les seules traces d’occupation visibles après le correspondent à une mise en culture de l’ensemble du site se traduisant par un apport de compost et le développement sur quelque d’épaisseur de couches sombres, les « terres noires ». Qui plus est, la densité des vestiges semble diminuer au fur et à mesure que l’on s’éloigne de l’amphithéâtre. Aux siècles suivants, les limites urbaines de Metz s’étendent en intégrant parfois des champs cultivés. Les remparts médiévaux reprennent ces limites en densifiant l’habitat intra-muros.

En 1300, l’amphithéâtre figure sur le sceau de l’abbaye Saint-ClémentJean-François Huguenin, Philippe de Vigneulles, Jean Aubrion, St. Thiébault et Praillon, Les Chroniques de la ville de Metz : 900-1552, Typ. de S. Lamort, 1838, 896 p., p. 36. En 1610, les ruines comptent encore plus de 50 colonnesAutour des Arènes de Metz Sablon — L’amphithéâtre. Consulté le 18 août 2010. Une gravure de Chastillon de 1614 montre l’édifice en ruine ainsi qu’un plan de 1736Jean-François Huguenin, Philippe de Vigneulles, Jean Aubrion, St. Thiébault et Praillon, Les Chroniques de la ville de Metz : 900-1552, Typ. de S. Lamort, 1838, 896 p., p. iv..

De jusqu’en 2007, une opération de fouille, réalisée durant la construction d’un parking sous le parvis du centre Pompidou-Metz et menée par l’InrapUn chantier prescrit par l’État de près de a été commandé par l’aménageur en 2005 à la suite de sondages archéologiques menés dès 1999., met au jour l’histoire d’un quartier antique inédit contigu à l’amphithéâtre. Auparavant, l’amphithéâtre a toujours été présenté comme étant isolé entre l’enceinte de la ville et les nécropoles du Sablon. Les résultats des fouilles ne permettent pas d’établir de lien entre ces vestiges et la réoccupation hypothétique de l’amphithéâtre par saint Clément. Saint-Pierre-aux-Arènes apparaît dans les textes à partir du . Le bourg alentour ne semble pas avoir laissé de traces archéologiques durant tout le haut Moyen Âge — du Inrap — Dépliant du site archéologique du quartier de l’Amphithéâtre 2006  — et la présence d’une église et d’une nécropole n’est attestée qu'au . Ces faubourgs, extérieurs aux fortifications de la ville, sont détruits lors du siège de Metz de 1444.

Le quartier est voué aux fonctions militaires après le siège de 1552, et ce, jusqu’au début du . En 1737, Cormontaigne fait édifier la redoute de la Seille, un fort bastionné en avant des fortifications de la cité, sur le site de l’amphithéâtre qui fait alors l’objet d’un premier repérage marquant l’attention des aménageurs du . La vocation du quartier restera militaire jusqu’à l’édification de la gare de marchandises dans les années 1900. Les fondations de l’amphithéâtre sont à nouveau mises au jour lors des fouilles de 1902-1903 à l’occasion des travaux de construction de la nouvelle gare de Metz et de la gare de Metz-Marchandises. Quelques éléments alors exhumés sont exposés aux musées de Metz.

Au début du , l’urbanisation du « nouveau » quartier de l’Amphithéâtre et l’un des grands projets de la communauté d’agglomération de Metz-Métropole.

Bibliographie

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Notes et références

Voir aussi Articles connexes Liste des amphithéâtres romains Liste des plus grands amphithéâtres romains

Liens externes

Metz Catégorie:Patrimoine architectural et culturel à Metz