Nivelles (en néerlandais Nijvel, en wallon Nivèle ou Nuvèle) est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province du Brabant wallon, chef-lieu de l'arrondissement administratif et judiciaire de Nivelles.
Nivelles est la capitale du Roman Païs de Brabant. Le , elle comptait https://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fstatbel.fgov.be%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Ffiles%2Fdocuments%2Fbevolking%2F5.1%2520Structuur%2520van%2520de%2520bevolking%2FPopulation_par_commune.xlsx&wdOrigin=BROWSELINK, appelés Nivellois ou parfois AclotsAclot serait strictement réservé aux natifs intra-enceinte des anciens remparts de la ville. Il est d’usage pour désigner le dialecte nivellois...
Sa latitude est de 35' N, pour une longitude de 19' E et une altitude de 65 à . Une superficie de lui confère une densité de au kilomètre carré. Elle est située en aval par rapport aux campagnes environnantes.
Toponymie
Géographie Composition La commune de Nivelles est constituée, depuis la fusion des communes, des anciennes communes de Nivelles, Baulers, Monstreux, Bornival et Thines..
Sections de la commune
# Nom Superf.(km²). Habitants(2025) Habitantspar km² Code INS 1 Nivelles 34,85 26.392 757 25072A 2 Baulers 10,80 1.786 165 25072B 3 Thines 7,44 584 78 25072C 4 Monstreux 3,15 323 102 25072D 5 Bornival 4,59 344 75 25072E
Communes limitrophes
Géographie physique Nivelles se présente comme une entité du Brabant wallon inscrite dans le plateau brabançon, dont elle épouse les ondulations régulières. La ville occupe une position légèrement en aval par rapport aux campagnes environnantes, ce qui lui confère un relief doux mais perceptible, marqué par une alternance de crêtes et de dépressions. Son altitude varie entre 65 et , avec une moyenne avoisinant , témoignant d’un paysage sans brusques ruptures mais animé de légers dénivelés qui structurent l’espace urbain et rural.
Située à 50°35′ N et 4°19′ E, la ville s’inscrit dans une zone de sols limoneux typiques du centre de la Belgique, favorables à l’agriculture et façonnés par une longue histoire de mise en culture. Le territoire communal, d’une superficie d’environ , s’étend sur un ensemble de plateaux faiblement inclinés où les altitudes les plus basses se rencontrent dans les vallons humides, tandis que les hauteurs atteignent jusqu’à dans les secteurs périphériques.thumb|Nivelles est la ville marraine de la frégate belge Léopold . À Nivelles, il y a un filon d'eurite, une roche d'origine magmatique acide. Ce filon forme une étroite bande à Nivelles du lieu-dit Campagne de la Rose jusque dans le centre de la ville. L'eurite est présente dans les murs de la collégiale Sainte-Gertrude de Nivelles. Cette roche de couleur claire est constituée de cristaux de quartz et de feldspath.
La désagrégation de l'eurite donne du kaolin, une argile blanche friable et réfractaire. Celle-ci est une matière première utilisée pour la fabrication de la faïence, de la porcelaine, et du papier.
Hydrographie L’hydrographie de Nivelles, en Brabant wallon, s’organise autour d’un réseau de petits cours d’eau appartenant au bassin de la Senne, dont les vallées ont façonné le relief local. La ville est traversée principalement par le Thines, ruisseau qui prend naissance au sud de l’entité et s’écoule vers le nord en direction de Baulers avant de rejoindre la Senne. Son cours, étroit et sinueux, a longtemps alimenté des zones humides et des prairies inondables, aujourd’hui partiellement urbanisées.
À l’est, le Ry de Fenffe et le Ry des Gouttes drainent les plateaux agricoles, convergeant vers des vallons encaissés qui marquent la transition entre les quartiers périphériques et les espaces ruraux. À l’ouest, le Ruisseau du Sépulcre, identifié comme élément hydrographique notable dans les inventaires locaux , s’inscrit dans un ensemble de petits affluents qui rejoignent le Thines après avoir traversé des zones boisées et des parcs urbains.
L’ensemble de ces cours d’eau, modestes mais réguliers, structure un maillage hydrographique typique du Brabant wallon, où les ruisseaux jouent un rôle essentiel dans l’écoulement des eaux pluviales, la biodiversité locale et la configuration historique des implantations humaines.
Démographie
Démographie: Avant la fusion des communes
Source (avant 1830): Charles-Yvan ElissecheCharles-Yvan Elisseche, Les contrats de mariages dans les greffes scabinaux de la ville de Nivelles (1473-1611) : archivistique et histoire de pratiques administratives, 2021, . Lire en ligne.. Source (après 1830): DGS recensements population.
Démographie : commune fusionnée
En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1977, on peut dresser l'évolution suivante :
Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées. Source: DGS , de 1831 à 1981=recensements population; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque 1 janvier
+ Évolution démographiqueAnnéePopulationÉvolution 1992=index 1001992100,01993100,71994100,31995101,31996101,31997101,41998100,91999101,52000101,72001102,32002102,52003102,82004103,22005103,92006104,02007105,42008107,22009109,62010111,52011113,12012114,82013116,12014117,72015118,62016120,02017121,52018122,12019123,02020123,72021124,32022124,52023124,32024124,52025126,02026127,7
Histoire
Les origines Préhistoire Au Paléolithique (environ ), on trouve déjà dans la région des matériaux lithiques.
Au Mésolithique ( ), la région est alors recouverte de forêts. La présence de chasseurs est attestée par la découverte de matériel de culture tardénoisienne.
Au Néolithique, on trouve la présence d'agriculteurs sans doute des peuples originaires du Danube. L'Homme se sédentarise au sein de villages aux maisons de bois et de torchis.
À l'Âge du bronze et du fer : les fouilles de Thines et de Baudémont montrent que la population reste principalement agricole.
Époque romaine À l'époque romaine : la conquête par les armées de César n'apporte pas de changement, la région est toujours vouée à l'agriculture. Il faut attendre la fin du pour une réelle romanisation. Tant dans les grands domaines comme le complexe de la Tournette que dans les petites métairies comme celle de la Vieille Cour à Thines, l'influence de Rome et les bienfaits de techniques nouvelles se font alors sentir : céramique, métallurgie, construction en dur et produits de luxe... La région est favorisée par la proximité de la grande chaussée Bavay-Cologne.
Vers 275, l'invasion barbare traverse le pays et modifie l'aspect des campagnes qui seront désertées. La plupart des villae (ou fermes) sont détruites par incendie.
Moyen Âge Au milieu du , le territoire de la ville actuelle de Nivelles se situe au cœur de l'Austrasie franque. Les maires du palais de la dynastie des Mérovingiens deviennent peu à peu propriétaires de vastes domaines agricoles sur lesquels ils règnent en maîtres. Ainsi, le maire du palais, Pépin de Landen, possède une immense villa de quelque hectares sur le territoire de l'actuelle ville de Nivelles et des villages environnants. Il meurt en 640, laissant une veuve, Itte Idoberge (ou Itte de Nivelles), originaire d'Aquitaine, et quatre enfants : Grimoald , Begge d'Andenne, Bavon de Gand et Gertrude de Nivelles.
Entre 647 et 650, l'évêque de Maastricht, Amand, lui aussi originaire d'Aquitaine, persuade Itte de fonder un monastère double, c'est-à-dire une communauté d'hommes et de femmes qui trouve un abri dans les murs de la villa de Pépin. Gertrude, la fille de Itte, devient la première abbesse de l'abbaye de Nivelles. Le premier oratoire, dont on a découvert les restes sous la collégiale, était dédié à saint Pierre. C'est là que l'on enterre les membres de la communauté (l'abbesse sainte Gertrude en 659, Ermentrude, vers l'an 1000, petite-fille du roi des Francs Hugues Capet). Le second oratoire, dédié à saint Paul, est réservé à la communauté masculine. Quant à l'oratoire dédié à Notre-Dame, il est réservé à la communauté féminine.
Gertrude meurt en 659 et est enterrée dans la chapelle funéraire dédiée à saint Pierre. La présence de cette tombe abbatiale va conditionner toute l'évolution architecturale de l'église : l'afflux des pèlerins entraîne des adaptations et des agrandissements continuels. Le prestigieux édifice roman, consacré en 1046 par l'évêque de Liège Wazon en présence de l'empereur Henri II du Saint-Empire, n'est que l'ultime étape de cette évolution.thumb|upright|La collégiale Sainte-Gertrude de Nivelles, vue depuis la fontaine-perron.Quant à l'abbaye, fondée par des membres de la famille des maires du palais, elle devient abbaye impériale par l'accession au trône de leurs descendants.
Le constitue l'apogée de l'abbaye. Le domaine étend ses possessions en Frise, en Zélande, dans la vallée de la Moselle et jusqu'au Rhin. À Nivelles, une ville se forme autour du noyau que constitue l'abbaye : un vicus (agglomération marchande) sous Charles II le Chauve (), un burgus vel villa (), un oppidum ( - avant 1182) avec un rempart long de près de deux kilomètres, percé de sept portes et flanqué de onze tours.
Au , la ville est sous la protection des ducs de Brabant.
L'axe commercial principal de la région est à l'origine un axe nord-sud s'étendant jusqu'en Angleterre. Il se déplace sur l'axe est-ouest, soit la voie Cologne-Bruges. La ville atteint alors, en un très court délai, un niveau de prospérité tel qu'elle ne pourra pas le maintenir, se voyant supplantée par les autres communes du Brabant.
À Nivelles, les véritables représentants de l'autorité communale sont les jurés, les rentiers et les maîtres des métiers qui apparaissent au ; ils s'occupent tant des finances que des fortifications et des travaux publics. Les échevins auront de l'importance plus tard.
En 1262, le soulèvement de la « commune » de Nivelles les habitants affrontent l'autorité abbatiale, jusqu'en 1265 ; chartes et traités conclus avec d'autres villes ainsi que le sceau communal créés pour la circonstance sont finalement détruits.
Le règne de la duchesse Jeanne de Brabant marque la période de la plus grande puissance de la commune nivelloise. Les concessions qu'elle obtient, tant de la souveraine du Brabant que des abbesses, assurent le renforcement définitif de ses libertés.
Époque moderne Période espagnole (1555-1713) En 1578, la ville est assiégée et prise par les troupes espagnoles de Charles de Mansfeld. En 1647, l'émeute provoquée par les fabricants de fil, suivis aussitôt par leurs ouvriers, va inciter un grand nombre d'artisans à gagner les régions de Cambrai et de Valenciennes, exil qui va coûter très cher aux activités économiques de la ville. Les guerres transforment les Pays-Bas espagnols en un immense champ de bataille et Nivelles n'échappe pas aux occupations militaires successives.
Période autrichienne (1713-1795) Le régime autrichien apporte des réformes d'ordre administratif, ecclésiastique, institutionnel et judiciaire. Ainsi, le règlement de 1778 supprime le corps des jurés et restitue aux échevins leurs prérogatives. Le nouveau magistrat ne résiste cependant pas aux réformes voulues par Joseph II ainsi qu'à la tourmente révolutionnaire. Le réseau des voies de communication routière s'améliore. Durant la révolution brabançonne, le parti de Henri van der Noot triomphe à Nivelles où l'on s'efforce d'anéantir toutes les réformes introduites par Joseph II.
Époque contemporaine Période française (1795-1815) La période française se traduit par la rupture définitive avec l'Ancien Régime et la naissance d'une démocratie moderne. Les remparts sont détruits par les Français entre 1810 et 1812, ne laissant subsister que des fragments du mur d'enceinte et la Tour Simone (ou tour du Diable), encore visitable de nos jours. Belgique indépendante vignette| La collégiale Sainte-Gertrude avec l'ancienne flèche détruite en 1940. Carte postale du début du .