Professeurs de désespoir est un essai écrit en français par la romancière canadienne Nancy Huston, publié le aux éditions Actes Sud.

Résumé Dans cet essai, Nancy Huston tente de dresser un tableau, une évolution chronologique du nihilisme en littérature depuis ses origines au jusqu'à la littérature contemporaine. Elle détaille, au travers de ses lectures personnelles d'une partie de la littérature occidentale et française en particulier, certains fondamentaux pouvant pousser les auteurs vers une négation du sens de la vie comme force créatrice de leur œuvre, et de leur vie intime. Elle s'interroge également sur l'appétence actuelle de notre société pour ces auteurs. Nancy Huston alterne commentaires et démonstrations grâce à des chapitres consacrés à Arthur Schopenhauer, Samuel Beckett, Emil Cioran, Jean Améry, Charlotte Delbo, Imre Kertész, Thomas Bernhard, Milan Kundera, Elfriede Jelinek, Michel Houellebecq, Sarah Kane, Christine Angot, et Linda Lê.

Analyse Nancy Huston définit les postulats et les facteurs d'émergence du nihilisme ou du "néantisme": en réaction à l'ébranlement de la place et du pouvoir de l'être humain dans l'univers (avec le modernisme) et de l'Homme dans la société et la culture (avec l'émancipation des femmes), en réaction enfin au traumatisme de la Seconde Guerre mondiale, le nihilisme élabore une vision du monde fondée sur les principes d'élitisme et de solipsisme (individualisme misanthrope), de dégoût du féminin (le féminin étant identifié au corps et à la nature) et de mépris pour la vie terrestre.

Comme souvent chez Nancy Huston, la théorie est inextricablement liée, dans sa pratique même, à la fiction et la légèreté contrebalance la part sombre des propos. Ainsi ses lectures d'œuvre sont ponctuées de dialogues imaginaires avec une figure empruntée à Thomas Bernhard : Déesse Suzy, figure d'un dieu féminin que Bernhard ridiculise et nie dans un même geste et que Nancy Huston, au contraire, invoque et prend à témoin.

Critique La professeure d'allemand Aline Vennemann reproche à Nancy Huston de confondre l’œuvre de la prix Nobel Elfriede Jelinek avec sa vie personnelle et de diffuser des informations erronées à son sujet.

L'on a souligné que Nancy Huston attribue à tort une citation du roman Vu du ciel de Christine Angot à la pièce de théâtre Manque de Sarah Kane. À propos de Christine Angot, Nancy Huston affirme : « En 1984, âgée de vingt-cinq ans, Christine épouse un Anglais du nom de Claude. L’inceste reprend un peu, à son initiative cette fois » alors que dans son documentaire Une famille, Angot nie toute forme d'inceste auquel elle aurait consenti.

Linda Lê, critiquée dans l’ouvrage de Nancy Huston, publie en 2014 Par ailleurs (exils), essai dans lequel elle rend hommage à plusieurs auteurs exilés également critiqués dans l’essai de Huston, dont Thomas Bernhard, Emil Cioran et Imre Kertész, mais aussi à Tzvetan Todorov, ancien compagnon de Nancy Huston.

Éditions Actes Sud, 2004 Actes Sud, coll.« Babel » 715, 2005 .

Références

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