Federica Montseny Mañé, née à Madrid le et morte à Toulouse le , est une intellectuelle et femme politique anarchiste espagnole. Membre notable de la CNT, elle est ministre de la Santé et des Affaires sociales en 1936 et 1937, sous la Seconde République espagnole, pendant la guerre civile.
Elle est également active dans l'organisation anarcha-féministe Mujeres Libres.. Elle parvient à fuir l'Espagne après la défaite des forces anarchistes pendant la guerre civile, poursuivant son militantisme depuis l'étranger. Elle est l'une des principales déléguées au congrès de Carrare (1968), l'un des congrès anarchistes majeurs du siècle, où elle représente la Fédération anarchiste ibérique (FAI).
Elle est également connue comme romancière et essayiste. Elle publie une cinquantaine de courts romans à teneur sentimentale et sociale, destinés spécifiquement aux femmes prolétaires, ainsi que des écrits politiques, éthiques, biographiques et autobiographiques.
Biographie Origines et relations Ses parents, Joan Montseny et Teresa Mañé, sont déjà des militants, écrivains et propagandistes anarchistes, sous les pseudonymes de Federico Urales et Soledad Gustavo. Elle comptait parmi les principaux cadres du syndicat anarcho-syndicaliste Confederación Nacional del Trabajo (CNT).
Elle est une amie de Buenaventura Durruti, Francisco Ascaso et Gregorio Jover depuis un long moment lorsqu'éclate la guerre.
Premières années vignette|290px|droite|La Revista Blanca en 1934.
Elle commence à écrire et, en 1921, à , elle publie sa première nouvelle intitulée Horas Trágicas (Heures tragiques). En 1923, elle commence à collaborer à Solidaridad Obrera (« Solidarité ouvrière », journal de la CNT) et à La Revista Blanca jusqu'en 1936. Son premier roman, La Victoria (La Victoire) est publié en 1925.
Aux côtés de son père, elle publie également de la littérature populaire anarchiste : plusieurs centaines de titres vendus en moyenne à . Elle contribue à la création de deux collections littéraires : La Novela Ideal (Le roman idéal), parlant d'antimilitarisme, d'entraide, d'amour libreAugustin Redondo, Les discours des groupes dominés, domaine ibérique et latino-américain, Colloque, 23-25 janvier 1986, Presses Sorbonne Nouvelle, 19995, page 101. (1925-1937) et La Novela Libre (1929-1937)Andrew H. Lee, La Novela Ideal and La Novela Libre, Institut international d'histoire sociale (Amsterdam), 2001, résumé en ligne..
Selon l'historien Jacques Maurice : « Trois militants libertaires de renom, Federico Urales, Soledad Gustavo et leur fille Federica Montseny, mettent leur plume et leur sens commercial au service de l'idéal qu'ils professent en créant la collection de romans « brefs » (32 p.), La Novela Ideal : plus de six cents titres entre 1925 et 1935. Le père et la fille, qui figurent parmi les huit collaborateurs permanents, en écriront 136 à eux deux. La collection a aussi bénéficié de occasionnels »Rose Duroux, Jacques Maurice, El anarquismo andaluz, una vez más, Cahiers de civilisation espagnole contemporaine, 2|2008, texte intégral..
En 1930, elle épouse Germinal Esgleas, anarcho-syndicaliste lui aussi. Ils ont trois enfants : Vida (1933), Germinal (1938) et Blanca (1942).
Engagement anarcho-syndicaliste En 1931, elle rejoint la Confederación Nacional del Trabajo (CNT) au sein de laquelle elle acquiert de grandes responsabilités, notamment grâce à ses talents d'oratrice. En 1932, elle mène à bien un tour propagandiste à travers l'Andalousie, qui se prolonge à travers toute l'Espagne et, l'année suivante, elle participe à Paris à un meeting contre le massacre de Casas Viejas.
En 1936, elle intervient au congrès de la CNT à Saragosse, en collaborant à la commission sur le communisme libertaire et en participant au discours de clôture. Avec l'éclatement de la guerre, elle intègre le comité péninsulaire de la Federación Anarquista Ibérica (FAI) et le comité national de la CNT. Elle arrive à Barcelone le , en plein milieu de la tentative de coup d'État d'une partie des officiers généraux de l'armée, qui provoque la guerre civile espagnole, mais aussi une révolution sociale. Elle écrira plus tard . En novembre de la même année, elle est nommée ministre de la Santé et de l'Assistance Sociale au sein du gouvernement républicain de Largo Caballero, charge qu'elle accepte en contradiction avec ses déclarations anti-gouvernementales et ses doutes initiaux. Elle devient ainsi la première femme ministre d'Espagne. Ses autres collègues de la CNT entrés au gouvernement sont Juan García Oliver (Justice), Joan Peiró (Industrie) et Juan López Sánchez (Commerce) Octavio Ruiz Manjón-Cabeza, Historia general de España y América, volume 17, Ediciones Rialp, 1986, page 403.. Le choix de ces quatre anarchistes est critiqué par de nombreux militants.
Travail au gouvernement Son travail au gouvernement est limité par la courte durée de son mandat, qui ne dure qu'un semestre ( — mi-). Mais pendant ce court laps de temps, elle instaure des lieux d'accueil pour orphelins, des liberatorios (maisons de reconversion) pour les prostituées, des cantines pour femmes enceintes, une liste de professions ouvertes aux handicapés, et demande au docteur Félix Martí Ibáñez de rédiger le premier projet de loi en faveur de l'avortement. Ce décret intitulé Réforme eugénique de l’avortement, rend l’avortement légal en Catalogne. Elle initie la rédaction de la première loi pour l'avortement en Espagne et en Europe. Son projet n'est finalisé que plus tard en Espagne, rendant l'avortement légal.
Elle tente d'instaurer des liberatorio, où les prostituées pouvaient avoir accès à une alimentation complète, recevoir des soins et apprendre un métier et initie un projet de loi en faveur de l'avortement, auquel plusieurs ministres du gouvernement s'opposèrent, et qui est abandonné après qu'elle quitte le gouvernement à la suite des événements de .
Exil vignette|350x350px|Federica Montseny parle au meeting historique de la CNT à Barcelone en 1977, le premier après de dictature en Espagne. Comme des milliers d'autres Espagnols, elle fuit en France à la fin de la guerre. Elle vit en liberté surveillée jusqu'à la Libération de la France en 1944. Installée à Toulouse, elle continue de travailler pour ses idées, publiant et dirigeant des périodiques anarchistes comme CNT et Espoir, ainsi que des livres (plus de politiques et ) et voyageant en Suisse, au Mexique, au Canada, en Angleterre et en Italie.
En 1968, elle est l'une des principales déléguées au congrès de Carrare, l'un des congrès anarchistes principaux du siècle – elle y défend la fondation de l'Internationale des fédérations anarchistes (IFA).
Avec le rétablissement de la démocratie en Espagne en 1977, elle rentre dans son pays et continue son activisme pour la CNT et l'anarchisme, où elle garde un grand prestige jusqu'à sa mort. Dans les dernières années de sa vie, elle s'oppose au pacte de la Moncloa qui, en échange du rétablissement de la démocratie, d'une amnistie et d'élections, instaure la monarchie.
Federica Montseny repose au cimetière de Rapas, à Toulouse.
Ouvrages
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Articles . .
Postérité vignette|gauche|Plaque de l'une des entrées du jardin Federica Montseny à Paris, côté rue Jeanne d'Arc et rue Esquirol. Son nom a été donné à des rues de plusieurs villes espagnoles, telles que La Corogne, Bonrepòs i Mirambell, Barcelone (où un jardin public porte aussi son nom.), L'Hospitalet de Llobregat, Andújar, Salou, Puçol, Fuenlabrada (qui a aussi donné son nom à l'équivalent local d'un lycée professionnel), Leganés, Getafe et Gijón, à un lycée à Burjassot et au centre de santé de Vallecas, où une plaque célèbre sa mémoire en tant que première femme ministre de l'histoire de l'Espagne.
Le , à l'occasion des célébrations du de la Libération de Paris et du de la Retirada, la Ville de Paris a inauguré. le jardin Federica-Montseny, dans le ., en présence de la maire de Paris, Anne Hidalgo, et de la ministre espagnole de la Justice, Dolores Delgado.
Annexes
Bibliographie . . . . . . . .
Filmographie .. Le film Libertarias, réalisé par Vicente Aranda en 1996, traite des femmes qui ont milité au sein de l'organisation des Mujeres Libres. Les personnages sont joués par les actrices espagnoles Ana Belén, Victoria Abril et Ariadna Gil. . .
Notices . . . . . .
Articles connexes
Confederación Nacional del Trabajo (CNT) Liste des premières femmes ministres par pays Liste des ministres espagnoles Liberté sexuelle et anarchisme Soledad Gustavo Radio CNT-FAI ECN1 Mujeres Libres Dolors Prat Coll, surnommée La Petite Montseny.
Notes et références
Liens externes
Federica Montseny's works and biography Témoignage d’une militante libertaire de la Révolution espagnole : Entretien avec Fédérica Montsény. Federica Montseny sur Espana36.
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