Aimé Jacquet, né le à Sail-sous-Couzan (Loire), est un joueur et entraîneur international français de football. Il est notamment connu pour avoir remporté la Coupe du monde de football 1998 en tant que sélectionneur de l'équipe de France.
Enfant, Aimé Jacquet joue dans le club de son village natal, l'US Couzan, avant de rejoindre l'AS Saint-Étienne. Il fait partie de la dernière génération des footballeurs travailleurs : il alterne avec son métier d'ouvrier à l'usine et de footballeur. Devenu professionnel, il est titulaire au milieu de terrain avec les « Verts » sous la houlette de Jean Snella puis d'Albert Batteux qui vont marquer sa carrière de joueur. Disciple consciencieux et appliqué de ces deux entraîneurs charismatiques du championnat de France, Aimé Jacquet joue un rôle de régulateur sur le terrain et se porte garant du bon équilibre de l'équipe stéphanoise, qui remporte de nombreux trophées. Avec l'équipe de France, il ne connaît que deux brèves sélections en 1968 sous l'ère Louis Dugauguez. En 1973, il part jouer chez le rival voisin : l’Olympique lyonnais. Après deux saisons, il raccroche les crampons en 1975.
Un an après avoir mis fin à sa carrière de joueur, Aimé Jacquet s'engage dans celle d'entraîneur. Il prend la tête de l'Olympique lyonnais durant quatre ans, puis, répondant à l'appel du président Claude Bez, il devient l'entraîneur des Girondins de Bordeaux qu'il mène aux plus grands succès nationaux. Après neuf saisons, il est remercié et traverse une période délicate, où il est accueilli tour à tour par le Montpellier HSC avec lequel il gagne la coupe de France 1990 et l'AS Nancy-Lorraine, sans parvenir à s'acclimater.
Son intégration à la Direction technique nationale (DTN) lui permet de relancer sa carrière et de se mettre à nouveau au service du football français. Adjoint de Gérard Houllier, sélectionneur de l'équipe de France lors des éliminatoires pour la coupe du monde 1994, il accepte le de prendre les commandes d'une sélection en crise qui n'est pas arrivée à se qualifier pour le mondial 1994À la suite du dernier match traumatique France-Bulgarie de 1993.. Il réussit une campagne de qualifications pour l'Euro 1996 marquée par une série d'invincibilité de trente matchs sans défaite (accompagnée du record 10 à 0 contre l’Azerbaïdjan). Les « Bleus » échouent aux tirs au but de la demi-finale de l'Euro 1996 et entament la préparation pour la Coupe du monde 1998 qu'ils disputeront à domicile. Aimé Jacquet assume son jeu défensif, sujet de vives critiques, avant qu'il ne porte l'équipe de France au sommet de sa gloire à la suite de la victoire en finale le 12 juillet 1998 contre le Brésil.
Il devient directeur technique national jusqu'en , l’année où la France revient en finale de la coupe du Monde, cette fois perdue, contre l’Italie, durant lequel il opte pour une politique de repérage des jeunes précoces. Entraîneur de l'équipe de prestige France 98, il devient consultant et commente certaines soirées de football sur Canal+.
Biographie Carrière de joueur Jeunesse thumb|left|upright|Aimé Jacquet vit sa jeunesse dans son village natal, Sail-sous-Couzan.
Fils de Claudius et Bénédicte Jacquet, Aimé Étienne Jacquet naît le à Sail-sous-Couzan, petite commune du Forez dans le département de la Loire. Enfant, il aide ses parents qui tiennent la boucherie du village.. Il vit au contact du monde agricole et véhicule les valeurs du travail, de la générosité et du respect des autres que lui a inculquées son père.. Passionné de football, il signe rapidement sa première licence au club amateur de son village, l’US Couzan dirigé par son instituteur d'école.. L'Union sportive de Couzan (USC), club de district de la Loire, connaît ses heures de gloire dans les années 1958-1960 : il remporte pour la première fois la Coupe de la Loire en 1958, termine finaliste la saison suivante, année où il est aussi champion de Promotion en 1960.. Voulant déjà prendre les choses en main sur le terrain, Aimé Jacquet joue souvent au poste de gardien de but mais redevient attaquant pour marquer des buts.
thumb|upright=1.3|Aimé Jacquet effectue un CAP métallurgie au Centre apprentissage de Thiers, surnommé la « Nat ».
À l'âge de 13 ans, son père malade, la famille Jacquet est contrainte de quitter leur commerce de boucherie et de déménager à Boën-sur-Lignon, à de là. Aimé Jacquet lui, reste vivre chez sa tante à Sail afin de pouvoir passer son certificat d'études.. Un an plus tard, l'examen obtenu, il rejoint ses parents à Boën mais n'obtient pas de bons résultats à l'école. Ses parents décident donc de le rediriger vers le Centre Apprentissage de Thiers (École nationale professionnelle de Thiers, surnommée la « Nat », aujourd'hui devenu lycée Jean-Zay). Il y effectue un CAP de métallurgie.. Durant toute la durée de son apprentissage à Thiers, il dispute le championnat scolaire-universitaire (USSOUnion du Sport Scolaire et Universitaire) avec l'équipe du Centre avec laquelle il remporte le championnat scolaire junior de l'académie en 1958. Il ne revient que les week-end à Sail pour jouer avec son club, l'US Couzan. À la fin de son apprentissage, il rate malheureusement l'examen final et n'obtient pas son Certificat d'aptitude professionnelle (CAP). Heureusement, ayant une bonne réputation, il parvient à trouver du travail en à Saint-Chamond aux aciéries de la marine (futur Creusot-Loire) sous l'engagement de repasser son CAP en candidat libre. Ce qui est fait l’année suivante.. Il gagne sa vie en travaillant à l'usine et joue en amateur dans le club de l'US Couzan. Faisant alors partie des cadets, il est surclassé en équipe première lors de la saison 1958-1959 et dispute la finale de la Coupe de la Loire en 1959. La saison suivante, par son jeu il aide son club à monter d’une division. Ses qualités techniques, athlétiques et mentales lui permettent d’obtenir une réputation grandissante dans la régionBiographie d'Aimé Jacquet sur le site sail-sous-couzan.com, consulté le 27 juillet 2012.. Après avoir été supervisé plusieurs fois par Pierre Garonnaire et Claude Abbes, ancien gardien de but — recruteurs de l'AS Saint-Étienne —, qui n'ont pas été convaincus des qualités de Jacquet, il est repéré cette fois par M. Hernandez, responsable de la réserve professionnelle du club. À la fin de la saison 1959-1960, il quitte l'US Couzan pour signer à l'ASSE..
Débuts difficiles puis cadre à l'Ass Fresnes (1960-1973) Aimé Jacquet rejoint les Verts en 1960 et signe comme joueur « amateur chez les pros » car à l'époque, un joueur passe très rarement du statut d’amateur dans un petit club à celui de professionnel dans un grand club. Il dispute son premier match professionnel le lors d'un match nul contre le Limoges FC à l'AS Saint-Étienne (1-1) sous la houlette de l'entraîneur François Wicart.. Très vite, il est en butte à des problèmes d'emploi du temps et d'horaires dû à sa double vie de joueur et d'ouvrier.. De plus, il est victime d’une myélite virale, une maladie infectieuse de la moelle épinière (qui entraîne notamment une paralysie motrice transitoire), qui l'oblige à être écarté des terrains pendant plusieurs semaines. Il signe son premier contrat professionnel en 1961 et marque son premier but le 28 mai contre le FC Toulouse avant d'être convoqué au service militaire au de chasseurs alpins de Nice en juin pour effectuer ses classes, le tout pendant la guerre d'Algérie. Soucieux de devoir partir en direction d'Alger ou Constantine, il est finalement nommé entraîneur de l’équipe de football de son régiment avec laquelle il est champion de la région à Marseille. Courtisé pendant un temps par l'OGC Nice, il signe une licence à l’ASPTT Nice Football, un club de division d'honneur afin de garder la forme.. Malgré les propositions des dirigeants pour le garder, il souhaite rejouer avec l'AS Saint-Étienne.
thumb|left|upright=1.2|L'équipe stéphanoise en 1968. Jacquet est debout, deuxième en partant de la gauche.
À son retour en , il reprend sa double vie d'ouvrier fraiseur-footballeur. Alors que l'ASSE est descendu en deuxième division, il ne joue que deux matchs de championnat mais participe à la remontée des siens dans l'élite et remporte le championnat de France de division 2 en 1963. La saison suivante n'est pas très heureuse pour Jacquet qui ne dispute que six matchs sur l'ensemble de la saison. Pour autant, il décroche son premier titre de champion de France en 1964. Après une nouvelle saison mitigée (seulement trois matchs sur la saison), il prend une nouvelle dimension au sein l'équipe stéphanoise. La saison 1965-1966 marque le début des grandes années des Verts et de la carrière d'Aimé Jacquet. En effet, il devient un cadre de l'équipe et s'impose aux côtés de Robert Herbin. Son envolée s'explique aussi par la confiance que lui donne son entraîneur Jean Snella, arrivé en 1963. Paradoxalement, les Verts ne terminent que cinquième au classement final. Il s'ensuit, plusieurs années de gloire pour l'AS Saint-Étienne qui remporte quatre championnats de France consécutifs, deux coupes de France en 1968 et 1970, réalisant le doublé ces deux années-là. Aimé Jacquet est au sommet de sa carrière.
Rayonnant sur la scène nationale avec Saint-Étienne, il est donc logiquement convoqué en équipe de France par Louis Dugauguez en 1968. Il obtient sa première sélection le lors d'un match amical contre l'Allemagne de l'Ouest au stade Vélodrome de Marseille. La rencontre se termine par un match nul, 1-1. Jacquet est de nouveau sélectionné un mois plus tard contre l'Espagne au stade de Gerland à Lyon. Titulaire aux côtés de Robert Herbin, son coéquipier en club, l'équipe de France s'incline trois buts à un. Cette période où les Bleus ne brillent pas et ne se qualifient pour aucune phase finale ne permet pas à Aimé Jacquet de poursuivre l'aventure en bleu. Il ne sera plus rappelé en équipe de France..
thumb|upright|Aimé Jacquet en 1970.
En 1970, à la suite d'une saison ponctuée de succès, Aimé Jacquet se blesse gravement. À la suite d'une tendinite contractée pendant la saison, il se rompt le tendon d'Achille. Soigné par le professeur Trillat, il se fait greffer le court péroné latéral de façon à doubler en quelque sorte le tendon d'Achille. C'est une réussite et après presque deux ans d'absence, il refoule les terrains. Pendant sa blessure, Robert Herbin est devenu entraîneur et a remplacé Jean Snella. Il ne joue donc que deux matchs lors de la saison 1971-1972. Depuis son retour de blessure, Aimé Jacquet a vu arriver une nouvelle génération de jeunes joueurs. Parmi eux, Christian Synaeghel, jeune milieu de terrain lancé par Robert Herbin qui petit à petit, a fait son trou au sein de l'équipe stéphanoise. La montée en puissance du jeune Synaeghel provoque la mise sur le banc de touche d'Aimé Jacquet. À 31 ans, en manque de temps de jeu, Aimé Jacquet est contacté par Jean-Pierre Cappon, directeur sportif de l’Olympique lyonnais.
Fin de carrière à l'Olympique lyonnais (1973-1975)