La gibbsite est une espèce minérale de formule chimique Al(OH) avec des traces de Fe et Ga. C'est un important minerai d'aluminium et l'un des trois minéraux qui constituent la bauxite avec la boehmite AlO(OH) et le diaspore AlO(OH). Les rares cristaux pseudohexagonaux peuvent atteindre .
Inventeur et étymologie Initialement décrite par Dewey en 1820 sous le nom de wavellite, c'est la description faite par le minéralogiste américain Torrey en 1822 qui fait référence ; il l'a dédiée à George Gibbs (1776-1833), collectionneur américain de minéraux, dont la collection a été rachetée au cours du par l'université YaleTorrey (1822), New York. Med. Phys. Journal: 1, no. 1: 68..
Topotype Richmond, Comté de Berkshire, Massachusetts, États-Unis.
Cristallographie La gibbsite est le plus commun des quatre polymorphes connus de l'hydroxyde d'aluminium, les trois autres étant la bayérite, la doyleite et la nordstrandite. La gibbsite et la bayérite sont monocliniques (groupe d'espace P 2/m), tandis que la doyleite et la nordstrandite sont tricliniques.
Paramètres de la maille conventionnelle : = , = , = ; Z = 8 ; V = Densité calculée =
La structure de la gibbsite est analogue à la structure de base des micas. Elle est formée d'empilements de feuillets d'octaèdres d'hydroxyde d'aluminium. Les octaèdres sont constitués d'un ion central aluminium au degré d'oxydation +III lié en coordination octaédrique à six ions hydroxydes de charge formelle -I. Chaque hydroxyde n'est lié qu'à deux ions aluminium et un tiers des octaèdres ne possède pas d'ion aluminium en leur centre. Le feuillet qui en résulte est neutre électriquement +3/6 + -1/2 = 0 (charge +III pour les atomes d'aluminium qui se répartissent sur trois liaisons avec les hydroxydes, charge -I pour les hydroxydes liés à deux aluminium). L'absence de charge sur les feuillets fait qu'il n'y a pas d'ions entre eux pour faire office de « glu » et les maintenir liés par des liaisons ioniques. Ils ne sont liés que par des liaisons faibles ce qui fait que la gibbsite est un minéral très facilement clivable.
La structure de la gibbsite est proche de celle de la brucite Mg(OH). Cependant, les ions magnésium sont dans un état d'oxydation +II, plus faible que celui des ions aluminium dans la gibbsite, et l'électroneutralité des feuillets n'implique plus la présence de sites vacants au centre des octaèdres. La différence de structure et de symétrie entre la gibbsite et la brucite provient de différences dans l'empilement des feuillets.
La couche de type gibbsite constitue également le « plan de base » de la structure du corindon Al2O3. La structure de base est la même, les ions hydroxydes étant remplacés par des oxygènes. L'oxygène portant une charge +II, les feuillets ne remplissent plus la condition d'électroneutralité, ce qui induit la présence d'ions aluminium entre eux comme compensateurs de charge.
Enfin, la gibbsite est intéressante parce qu'elle est souvent rencontrée comme sous-partie de la structure d'autres minéraux. Ainsi les feuillets neutres d'hydroxyde d'aluminium se rencontrent entre des feuillets de silice dans des minéraux argileux comme l'illite, la kaolinite, la montmorillonite. Ils sont identiques aux feuillets rencontrés dans la gibbsite.
Synonymie beta-kliachite; claussénite (Dufrénoy 1845Armand , Traité de minéralogie, tome ii, 1845, p. 349) probablement en l’honneur du collectionneur et naturaliste danois Peter Albert Huntington , A Dictionary of the Names of Minerals, John Wiley and Sons, New York (NY), 1896, p. 60; gibbsitogelite (Tučan 1913Fran , Centralblatt für Mineralogie, Geologie und Paleontologie, Stuttgart, 1913, p. 768); hydrargyllite (G. Rose 1839Gustav , Annalen der Physik, vol. 48, Halle, Leipzig, 1839, p. 564); wavellite (Dewey 1820Chester , American Journal of Science, vol. 2, 1820, p. 249) : il existe bien une espèce minérale à ce nom qui est un phosphate; zirlite (Pichler 1871Adolf , "Beiträge zur Mineralogie Tirols", in Neues Jahrbuch für Mineralogie, Geologie und Paläontologie, Stuttgart, 1871, p. 52–57) : le nom provient du gisement topotype Zirl, dans le Tyrol autrichien.
Gîtologie En altération des minéraux alumineux, commun dans les sols latéritiques et de la bauxite. Formée à basse température dans les environnements hydrothermaux et métamorphiques.
Minéraux associés boehmite, corindon, diaspore, goethite, kaolinite.
Gisements remarquables Autriche Zirler Klamm, Zirl, Innsbruck, Inntal, Nord TyrolR. Exel: Die Mineralien und Erzlagerstätten Österreichs (1993). Canada Carrière Francon, Montréal, QuébecMineralogical Record (2006): 37: 5-60.. France Mas Rouge, Les Baux-de-Provence, Bouches-du-Rhône, Provence-Alpes-Côte d'Azur Simone Caillère and Th. Pobeguin : "Quelques Aspects Microscopiques de la Gibbsite dans les Bauxites du Mas Rouge (Région des Baux)", Bull. Soc. Fr. Minéral. Cristallogr., 1967, XC, , 414-416.
Notes et références
Catégorie:Aluminium (minéral) Catégorie:Hydroxyde (minéral) Catégorie:Minéral monoclinique Catégorie:Minéral nommé d'après une personne