Georges Ohnet, également connu sous le pseudonyme de Georges Hénot, né le à Passy, et mort le en son domicile du 14 avenue Trudaine à Paris Archives de Paris , acte de décès , année 1918 (page 25/31), est un journaliste, dramaturge et écrivain de romans populaires français.

Biographie Petit-fils du docteur Blanche., fils de l'architecte Léon Ohnet, enrichi par les travaux d’Haussmann, et ne voulant pas prendre la suite de son père, a commencé, après ses études au collège Sainte Barbe, puis au lycée Bonaparte, des études de droit.. Devenu avocat après son doctorat en droit, il délaisse très vite le barreau. Attiré par le journalisme et la littérature, il n’était pas difficile pour lui, en tant qu’avocat, de rejoindre, peu après la guerre de 1870, la rédaction du Pays, puis du ConstitutionnelIl y a rédigé le « Bulletin politique » pendant cinq ans., où sa polémique alerte et ses chroniques l’ont fait remarquer..

Ohnet est entré en littérature avec des pièces de théâtre : en , Regina Sarpi, drame en cinq actes, écrit en collaboration avec Louis Denayrouze, qui a eu un brillant succès.. Deux ans plus tard, il a donné Marthe, comédie en quatre actes, au Gymnase. Il a ensuite publié de nombreux romans d’abord insérés dans le Figaro, l'Illustration, la Revue des Deux Mondes. Il est entre autres l'auteur de la série intitulée Les Batailles de la vie dont les titres les plus connus sont Serge Panine, Le Maître de forges, histoire sentimentale utilisant les codes du mélodrame et du feuilleton dans un contexte bourgeois, La Grande Marnière, La Comtesse Sarah.

Il a connu un très grand succès auprès du public et les tirages de ses romans ont été extrêmement importants. Cela concerne aussi ses drames, certaines de ses œuvres rencontrant un succès populaire rarement étendu à un auteur. Plusieurs de ses romans ont été adaptés au théâtre et, par la suite, au cinéma. Le Maitre des Forges a été joué une année entière au Gymnase (1883), suivi par Serge Panine (1884) ; La Comtesse Sarah (1887). La Grande Marnière a également connu un franc succès qui s’est prolongé (1888) et une adaptation cinématographique par Jean de Marguenat en 1943. Dernier Amour au Gymnase, en 1890 et Colonel Roquebrune à la Porte-Saint-Martin, en 1897.

Il n’a pas trouvé, avec les critiques, la même faveur qu’auprès du public. Apparaissant sur la scène littéraire à une époque où le naturalisme triomphait., il a paru rétablir un moment l’idéalisme à la manière de George Sand.. Les critiques l’ont souvent attaqué avec une violence passionnée et une sévérité peu commune. Victor Cherbuliez l’a défendu en écrivant que si on ne peut détecter un flux de pensées philosophiques élevées dans ses écrits, tout du moins les personnages et les sujets dont il traite sont brillamment esquissés et clairement développés, et ils sont en outre d’une moralité et d’une honnêteté parfaites. Son exposé est étonnamment net, le développement de ses intrigues absolument logique, et le monde a salué l’ingéniosité de sa construction dramatique.

Son œuvre montre comment la plus haute forme de romantisme fermentait encore sous le vernis du naturalisme, auquel elle s’est opposée, dans la forme et le choix des thèmes. Il fut l’« historiographe de la bourgeoisie française » du . Ainsi, son œuvre la plus populaire, le Maître de forges est une histoire sentimentale se déroulant dans un cadre bourgeois, utilisant les recettes du mélodrame et du feuilleton. En 1896, le guide Paris-Parisien le considère comme ..

Ce succès lui valut d'être nommé chevalier de la Légion d’honneur le et les insignes lui furent remis le par l’écrivain Camille Doucet, secrétaire perpétuel de l’Académie françaiseDossier personnel de Légion d'honneur conservé aux archives nationales (site de Paris) sous la cote LH/2012/44..

En 1903, Georges Ohnet a acquis le château du Bois-la-CroixAujourd'hui sur la commune de Pontault-Combault.. Un négociant en vins parisien avait entrepris sa construction, mais la mort ne lui permit pas de terminer et sa veuve vendit à l'écrivain qui finit les travaux..

Il a eu deux enfants : Léon Ohnet, mort accidentellement le à dans la cité balnéaire d’Amélie-les-Bains ; et Claire Ohnet, qui épousa en 1901 Lucien Morane (1871-1930), ingénieur des Arts et Manufactures, gérant de la société Morane jeune & , nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1900 pour avoir obtenu un grand prix à l’exposition universelle. Ses frères Léon (1885-1918) et Robert (1886-1968) Morane fondèrent avec Raymond Saulnier (1881-1964) en 1910 la société aéronautique Morane-Saulnier.

Réception vignette|Caricature par José Roy vers 1889. vignette|Hôtel Ohnet, 14 avenue Trudaine. vignette|Illustration d’A. de Parys dans Pour tuer Bonaparte. vignette|Illustration A. de Parys pour Mariage américain. vignette|Illustration de Sahib pour Le Maitre de forges.

Ohnet a été l’objet de très vives critiques et de nombreuses jalousies dans le monde littéraire. Seul romancier français dont les livres aient eu un tirage approchant les œuvres de Daudet et de Zola, la popularité de cet écrivain est aussi intéressante que ses histoires, parce qu’elle explique, sans l’excuser, le mépris que les Goncourt avaient pour la faveur du grand public français. Jules Lemaître s’en est violemment pris à lui dans un article des Contemporains., qui est un modèle du genre, et montre tout ce qu’il y avait, selon lui, de faux et de convenu dans son idéalisme, ainsi que l’extrême médiocrité du style et des moyens de son œuvre :

Et à propos des personnages :

Léon Bloy fera dire au narrateur du Désespéré :

Quant à Anatole France, il ne se montre pas plus tendre à son endroit, dans le Temps lors de sa critique du roman Volonté :

Le succès de Georges Ohnet se reflète dans cette anecdote rapporté dans la Gazette anecdotique, littéraire, artistique et bibliographique :

Œuvres vignette|redresse|Lise Fleuron (édition hongroise, 1886) vignette|redresse|La Serre de l’aigle (édition hongroise, 1913)

Romans

Cycle Les Batailles de la Vie

Cycle La légende et l'histoire Le Partisan, Paris, Paul Ollendorff, 1910. Pour tuer Bonaparte, Paris, Paul Ollendorff, 1911. La Serre de l’aigle, Paris, Paul Ollendorff, 1911.

Théâtre Regina Sarpi (avec Louis Denayrouze), drame en cinq actes, Calmann-Lévy éditeur, 1875. Marthe, comédie en cinq actes, Calmann-Lévy éditeur, 1877. Serge Panine, pièce en cinq actes, Albin Michel éditeur, 1882. Le Maître de forges, pièce en quatre actes et cinq actes, Paris, Paul Ollendorff, 1884. La Comtesse Sarah, pièce en cinq actes, Paris, Paul Ollendorff, 1887 (jouée à Paris, Gymnase-dramatique, ). La Grande Marnière, drame en huit tableaux, Paris, Paul Ollendorff, 1888 (jouée à Paris, Porte-Saint-Martin, ). Dernier amour, pièce en quatre actes, Paris, Paul Ollendorff, 1894. Le Colonel Roquebrune, drame en cinq actes et six tableaux, Paris, Paul Ollendorff, 1897 (joué au théâtre de la Porte-Saint-Martin le ). Les Rouges et les Blancs, drame en cinq actes, Paris, Paul Ollendorff, 1901 (joué au théâtre de la Porte-Saint-Martin le )

Autre oeuvre . (paru en fascicules)

Adaptations cinématographiques vignette|thumbtime=39|Il padrone delle ferriere Mauvais sentier (1916) par Ubaldo Pittei.. Vie pour vie (Jizn za Jizn) (1916) d’après Serge Panine, par Evgueny Bauer. Il padrone delle ferriere (1919) d’après Le Maître des forges, par Eugenio Perego. L'Âme de Pierre (1929), par Gaston Roudès. Serge Panine (1939), par Charles Méré et Paul Schiller. La Grande Marnière (1943), par Jean de Marguenat. Le Maître des Forges (1948), par Fernand Rivers. Dernier Amour (1949), par Jean Stelli.

Notes et références Notes

Références

Iconographie

Dornac, Portrait du romancier Georges Ohnet (1834-1899), assis dans un fauteuil, dans son intérieur'', entre 1885 et 1895, photographie, Paris, musée Carnavalet (notice en ligne).

Bibliographie . . .

Liens externes

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