Solomon Krakovsky, dit Steven Hill, est un acteur américain, né le à Seattle et mort le à Monsey dans l'État de New York. Il est aussi un adaptateur de pièces de théâtre à l’Actors Studio et à quelques reprises un auteur de théâtre durant les années 1940 et 1950.
Il obtient ses premiers contrats d'acteur à l'après-guerre dans les stations de radios à New York, au théâtre à Broadway ainsi que dans les productions de l', dont il est l'un des membres fondateurs, sur scènes et à la télévision de la fin des années 1940.
Acteur établi au théâtre et reconnu pour son talent, les studios d' l'engagent à la télévision et à quelques reprises au cinéma dans les années 1950 et 1960. Il joue son premier film dans La Dame sans passeport (1950) de Joseph H. Lewis et ses premiers rôles importants dans les films dramatiques La Déesse (1958) de John Cromwell et Kiss Her Goodbye (1959) d'Albert Lipton. Dans les années 1960, John Cassavetes l'engage dans le drame social Un enfant attend (1962) et Sydney Pollack dans le Trente minutes de sursis (1965).
Souvent engagé pour des téléfilms, il y joue le plus souvent des premiers rôles, entre autres pour des metteurs en scène de renom comme Sidney Lumet, John Frankenheimer, Sydney Pollack, Arthur Penn ou Alfred Hitchcock, pour ce dernier en tant que producteur exécutif dAlfred Hitchcock présente, durant l'âge d'or de la télévision américaine.
En 1966-1967, il connaît la notoriété mondiale à travers le rôle emblématique de Daniel Briggs dans la première saison de Mission impossible avant son éviction de la série et son retrait d'Hollywood pendant dix ans. À son retour, il débute à l'âge de cinquante-cinq ans une deuxième carrière au cinéma et à la télévision, avec une filmographie de seize longs métrages de 1980 à 1993. À la fin de sa carrière, il se distingue dans le rôle du procureur général Adam Schiff dans la série télévisée New York, police judiciaire de 1990 à 2000.
Il remporte un pour le rôle dramatique de l'année 1954, dans la série jouée en direct à la télévision, le Philco Television Playhouse dans l'épisode du metteur en scène Arthur Penn.
Biographie Jeunesse, de Seattle à New York vignette|gauche|alt=Un grand bâtiment en briques grises entouré d'arbres. |West Seattle High School, université de la ville de Seattle, État de Washington, États-Unis.
Solomon Krakovsky naît à Seattle, sur la côte nord-ouest des États-Unis, sous le nom de Solomon Krakovsky, de parents d'origine russe. Dans sa ville natale, il découvre le théâtre pendant son enfance lorsque sa sœur participe à un concours. Plus tard, il se remémore cet épisode : C'est par son intermédiaire qu'il fait ses débuts au théâtre.
Il étudie à la , l'université de l'État de Washington, dont il sort diplômé en 1940. Il part ensuite travailler à Chicago pendant huit mois puis reste à New York pendant deux ans. À New York, il connaît une période de difficultés. Il frappe à toutes les portes pour décrocher une pige dans un théâtre ou un petit contrat d'acteur. De ses années de galère, il dit :
Il intègre l'armée en 1942 et sert durant quatre ans dans l' (USNR), la réserve des volontaires de la Marine des États-Unis. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, le jeune homme se destine toujours à devenir acteur, un métier qu'il pratique à partir de 1946 dans les stations de radios new-yorkaises puis sur les planches des théâtres de Broadway à New York.
Période Broadway vignette|droite|alt=Grand boulevard de nuit avec des personnes et des voitures. |Broadway à Times Square, quartier des théâtres de New York.
Le jeune acteur fait sa première apparition sur une scène de Broadway, en 1946, dans le rôle du premier soldat dans (littéralement « La naissance d'un drapeau »), pièce mise en scène par Ben Hecht, aux côtés de Paul Muni et du prometteur jeune acteur Marlon Brando. En 1947, le metteur en scène américain Elia Kazan l'invite à rejoindre Marlon Brando, Montgomery Clift, Julie Harris, Cloris Leachman et d'autres acteurs en tant que membre fondateur de l'.
Le premier tournant de sa carrière se situe en 1948, lorsqu'il tient le rôle de Stefanowski dans la pièce de théâtre avec Henry Fonda dans le rôle principal et Joshua Logan comme metteur en scène. Cette pièce est reprise au cinéma en 1955, sous le même titre (distribué en France sous le titre Permission jusqu'à l'aube) ; le film est dirigé par un trio de réalisateurs réputés, John Ford, Mervyn LeRoy et, de nouveau, Joshua Logan. La distribution comprend des stars du grand écran : Henry Fonda, qui reprend son rôle, James Cagney, William Powell et Jack Lemmon.
Au sujet de son travail d'acteur de théâtre dans , Steven Hill raconte :
Tout en étant activement impliqué dans l', il joue dans plusieurs pièces et accumule de l'expérience notamment dans le rôle de Thaddeus Long, protagoniste de , une production de l', mise en scène par Elia Kazan en septembre 1948. Il prête aussi ses traits au personnage de dans la pièce dramatique en août 1950. Les productions théâtrales de Times Square deviennent une étape importante dans son développement artistique.
À partir de la fin de l'année 1950 jusqu'à la mi-1951, le jeune acteur joue son premier rôle important à Broadway dans . La pièce traite du théâtre et des drames en coulisses d'une star déchue qui tente un retour sur scène. Le journal new-yorkais du 11 novembre 1950 écrit : Grâce à ce premier grand rôle, il devient un acteur établi et acquiert à New York une solide réputation qui l'amène, dès le début de la décennie 1950, vers la télévision et le cinéma.
Son dernier rôle important au théâtre est celui du psychanalyste Sigmund Freud dans la pièce , en 1961. Pendant les huit mois durant lesquels la pièce est jouée, il interprète la vie du découvreur de l'inconscient qui, âgé de trente-cinq ans, se prépare à quitter la ville de Vienne menacée par le danger nazi. La pièce décrit également la complexité des relations avec sa patiente, jouée par Kim Stanley, qu'il tente de soigner en identifiant la peur et le désir qui ont causé la paralysie de ses jambes. À la suite de son interprétation de Freud, il reçoit des critiques élogieuses le décrivant comme capable de jouer des rôles difficiles à dimension psychologique.
Débuts à la télévision et au cinéma vignette|gauche|alt=Bâtiment en brique rouge avec des portes blanches.|Siège de l'Actors Studio, quartier de Manhattan, New York, États-Unis.
À côté de ses activités au théâtre, il fait ses débuts à la télévision dans plusieurs épisodes de la série consacrée à l' en 1949. Produite par télévision, cette série dramatique propose des pièces en direct. Elles sont écrites par Edgar Allan Poe ou James Thurber et interprétées par des membres de l'Actors Studio, tels Julie Harris, Cloris Leachman et de temps en temps, Marlon Brando et Steven Hill.
Après la série télévisée , il participe à de nombreux épisodes des différentes productions dramatiques qui sont jouées en direct à la télévision, dans les conditions du théâtre. En 1949, il joue dans , série dérivée de la série radiophonique à succès diffusée sur les ondes de CBS Radio depuis les années 1940. Il fait partie de la distribution artistique de en 1952, un drame policier psychologique, qui est l'une des premières séries à faire usage de la musique en fond sonore. En 1952, il est présent, entre autres, dans la série , une comédie dramatique diffusée sur NBC télévision.
Hill, se souvenant de cette époque révolue de la télévision, dit :
En 1950, il débute au cinéma, embauché par la Metro-Goldwyn-Mayer pour le second rôle de Jack dans La Dame sans passeport de Joseph H. Lewis, un film noir. Il joue à nouveau un second rôle dans le même genre cinématographique en 1955 dans (Les visiteurs maudits en français). Il décroche son premier rôle majeur en jouant le personnage de John Tower, le fils du personnage joué par Kim Stanley, aux côtés de Lloyd Bridges, dans le film dramatique La Déesse en 1958, un long métrage librement inspiré de la vie de Marilyn Monroe.
Ses premières expériences au cinéma se révèlent artistiquement peu concluantes, il n'est pas satisfait des rôles qu'on lui propose et il repart donc pour New York. En juin 1962, dans les colonnes du quotidien américain , au sujet de ses premiers pas sur grand écran, il déclare :
Âge d'or de la télévision Dans les années 1950 et 1960 il tourne le plus souvent à la télévision qui connaît alors son âge d'or, parfois sous le pseudonyme de Steve Hill. Il joue dans tous les genres, dans un ou plusieurs épisodes. Il apparaît ainsi dans une dizaine de drames tels que en 1950, en 1953 et Studio One en 1957, dans des comédies dramatiques telles que en 1952 et en 1956, et enfin dans des séries policières comme en 1954 (il interprète un jeune danseur) et , en 1965, dans un rôle d'agent de police.
Il tient un autre rôle important pour sa carrière, en incarnant Horace Mann Borden dans la série diffusée en direct à la télévision, , sous la direction d'Arthur Penn, dans l'épisode . Grâce à cette adaptation d'une pièce de Broadway, il remporte le prix du de l'acteur dramatique de l'année le 30 novembre 1954.
Il ajoute à son curriculum vitæ des séries d'aventure comme les Aventures dans les îles pour la en 1961 et Route 66 en février 1962. Route 66, librement inspirée du roman Sur la route de Jack Kerouac, est une série qui raconte les aventures de deux jeunes hommes sur la mythique Route 66 à travers les États-Unis qui tentent, le temps de l'épisode , d'unir deux personnages, un paraplégique aigri et une infirmière, joués par Steven Hill et Bethel Leslie.
vignette|droite|alt=Photo d'un homme à moustache avec un chapeau.|Bartolomeo Vanzetti : Steven Hill interprète le militant anarchiste dans en 1961 pour la télévision .
En plus des séries d'aventure, il évolue dans des séries de science-fiction, dans deux épisodes de en 1952, puis dans une série musicale en tenant le rôle de Nick Adams en 1957.
Steven Hill participe aux importantes productions de la télévision de l'époque et il rencontre le succès dans le . Les metteurs en scène l'appellent généralement pour sa polyvalence dans les rôles les plus difficiles à jouer, pour des personnages présentant une forte complexité et profondeur de caractère, comme dans en 1959, d'après une histoire de l'écrivain Ernest Hemingway, sous la direction de John Frankenheimer, et dans à la fin de la décennie 1950.
Le « maître du suspense » Alfred Hitchcock, producteur exécutif dans Alfred Hitchcock présente en 1957, recrute l'acteur qui enfile le costume de Joe Kedzie. Le personnage de Kedzie est un prisonnier tout juste libéré, détenteur d'un gros butin caché au fond d'un puits de mine dans le désert ; il fait l'objet de toutes les convoitises de ses proches qui vont tenter de l'éliminer. L'acteur apparaît aussi dans les séries appréciées du grand public, ainsi dans Les Incorruptibles en 1960 avec Robert Stack, lequel endosse le costume d'Eliot Ness qui combat un gangster flamboyant et trafiquant de drogues du nom de Jack « » Diamond, interprété par Hill et, en 1964, dans Le Plus Grand Chapiteau du monde où Jack Palance a les traits d'un directeur de cirque et où Hill tient le rôle de Frankie Santene le temps d'un épisode.
En juin 1960 pour l'émission spéciale du sur la , Steven Hill et Martin Balsam interprètent respectivement les deux figures historiques américaines de Bartolomeo Vanzetti et de Nicola Sacco dans The Sacco-Vanzetti Story du metteur en scène Sidney Lumet. , qui vaut une nomination aux 1961 à son metteur en scène, est un téléfilm historique en deux parties sur le parcours et le procès retentissants des deux militants anarchistes Sacco et Vanzetti, reconnus coupables d'un meurtre qu'ils n'ont pas commis et condamnés à mort dans l'état du Massachusetts aux États-Unis en 1927.
En octobre 1963, il tourne dans une série de guerre, , une coproduction anglo-américaine d'.
Hollywood et réputation artistique