Stephen Gordon Hendry, né le , est un joueur écossais de snooker qui a commencé sa carrière professionnelle à 16 ans et 3 mois après avoir été champion d’Écosse amateur à quinze ans.

Hendry possède l'un des plus beaux palmarès de l'histoire de son sport, qu'il a forgé essentiellement pendant les années 1990. Il a gagné sept fois le championnat du monde (1990, 1992-1996 et 1999), cinq fois le championnat du Royaume-Uni (1990-1991 et 1994-1996) et six fois le Masters (1989-1993 et 1996). Hendry compte au total 36 victoires dans des tournois comptant pour le classement, ainsi que 39 titres dans des tournois sans points de classement. Hendry a occupé la première place mondiale pendant neuf saisons consécutives, une performance qu'il est le seul à avoir réalisé. Il se distingue également comme un spécialiste des constructions de breaks avec ses 777 centuries en carrière. Par ailleurs, il a réussi à onze reprises un break maximal de 147 points dans sa carrière professionnelle, il est donc le troisième joueur qui en a réussi le plus dans une carrière (derrière Ronnie O'Sullivan et John Higgins).

Tous ces chiffres exceptionnels font qu'il est considéré comme étant l'un des meilleurs joueurs de tous les temps. D'ailleurs, il passe pour avoir le jeu le plus complet depuis Steve Davis, actuel chroniqueur à la BBC, et a été élu à 7 reprises par ses pairs comme le meilleur joueur de l'année. Hendry se retire du jeu professionnel en 2012, après une défaite en quarts de finale des championnats du monde contre son compatriote Stephen Maguire. Après sa carrière, il devient consultant pour la BBC Sport et ITV. En 2020, il relance soudainement sa carrière. Après quatre saisons n'étant pas à la hauteur de ses espérances, l'Écossais met définitivement fin à sa carrière.

Il est surnommé le Golden Boy, le Maestro, The Ice Man ou encore la Rolls du Snooker, en référence à son palmarès prodigieux.

Biographie Hendry est né à South Queensferry, West Lothian, a grandi à Gorgie, Edimbourg, puis à Dalgety Bay, Fife, où il a fréquenté le lycée Inverkeithing. Il est ensuite retourné à South Queensferry à l'âge de quatorze ans, et a d'ailleurs vécu dans un appartement de Queensferry au début de sa carrière professionnelle.

Il a rencontré sa future femme Mandy Tart dans un camp de vacances de Pontins à l'âge de 16 ans. Le couple s'est marié en 1995 et s'est installé à Auchterarder. Ils ont deux fils, Blaine (né en 1996) et Carter (né en 2004). En 2014, Hendry a quitté sa femme après 19 ans de mariage et s'est installé en Angleterre pour poursuivre une relation avec l'artiste et actrice Lauren Thundow, âgée de 26 ans, qu'il avait rencontrée l'année précédente lors d'un événement de snooker.

Professionnel dès 1985, il grave son empreinte au snooker à jamais, remportant un total de 36 tournois classés, dont sept titres de champion du monde. Également vainqueur du Masters de snooker à six reprises, il compte 18 victoires sur les tournois de la triple couronne. Cette régularité lui vaut la réputation de « joueur des années 1990 », lui qui a été numéro un mondial pendant neuf saisons, dont huit consécutives (de 1990 à 1998). Il est aussi un grand exemple de longévité ; il passe 23 saisons dans le top 16 du classement mondial, avant de se retirer du jeu en 2012.

Il est passionné de poker et de football.

À son retour en Écosse après l'Open de Thaïlande en , Hendry a cassé sa queue de billard. Cette queue, qu'il possédait depuis l'âge de 14 ans, l'ayant achetée pour 40 livres sterling, était celle qu'il avait utilisée pour remporter ses sept titres mondiaux. Depuis les attentats du 11 septembre 2001, les joueurs de snooker sont tenus de placer leur queue dans les soutes des avions, où elle est susceptible d'être endommagée.

Malgré son retrait du jeu en 2012, Stephen Hendry continue de s'investir dans sa discipline, commentant très régulièrement les matchs sur les antennes de la BBC et de ITV.

Il joue encore au snooker sur la tournée mondiale seniors. En 2020, il explique vouloir peut-être envisager un retour à la compétition sur le circuit de snooker professionnel.

Carrière

Des débuts prometteurs (1983-1989)

Des juniors au circuit professionnel (1983-1986) Chez les jeunes, Hendry remporte le championnat d'Écosse (catégorie des moins de seize ans). Il remporte également ce tournoi chez les séniors à deux reprises, en 1984 et en 1985. Après son deuxième titre, il lance une carrière professionnelle, alors qu'il vient tout juste de fêter son seizième anniversaire.

Sa première saison au niveau professionnel est relativement discrète dans les principaux tournois, même s'il réussit l'exploit de se qualifier au championnat du monde à sa première participation, après s'être difficilement sorti du tournoi de qualification (deux victoires en manche décisive sur trois matchs disputés). Hendry reste le plus jeune joueur à s'être qualifié pour un championnat du monde (17 ans et 3 mois). Il y affronte le joueur mondial, Willie Thorne, et s'incline sur le score serré de 10-8. Par ailleurs, Hendry a remporté au cours de cette saison le premier titre de sa carrière professionnelle ; le championnat d'Écosse.

L'ascension (1987-1989) Lors de la saison suivante, Hendry réalise sa première demi-finale d'un tournoi comptant pour le classement, à l'occasion du Classique, mais s'incline sèchement contre Steve Davis (9-3). Il fait à nouveau parler de lui au championnat du monde, atteignant pour la première fois les quarts de finale. Comme l'année passée, il doit passer par les qualifications, étant encore classé en dehors du top 16 mondial. Il prend ensuite sa revanche sur Willie Thorne, étant le plus jeune joueur de l'histoire à gagner un match dans le tableau final, puis se défait de Steve Longworth, lui aussi issu des qualifications. En quart de finale, il est battu par un ancien vainqueur, Joe Johnson, au terme de la manche décisive. Johnson échouera ensuite en finale. Ces résultats convaincants lui permettent de terminer la saison à la place mondiale. Par ailleurs, il renouvelle son titre au championnat d'Écosse.

En 1987-1988, Hendry poursuit son ascension et remporte ses premiers titres en tournoi classé ; le Grand Prix et l'Open de Grande-Bretagne. En finale du premier tournoi, il domine Dennis Taylor, alors que dans le second, il étrille Mike Hallett, 13-2. Hendry se montre aussi performant dans les tournois moins importants, remportant le Masters d'Australie à nouveau contre Hallett et un troisième championnat d'Écosse. Il échoue également en finale du Masters de Hong Kong de la ligue, à chaque fois contre Steve Davis. Au classement de fin de saison, le joueur écossais progresse au rang mondial.

La saison suivante est un peu plus décevante dans les tournois principaux, puisqu'il ne dispute qu'une seule finale d'un tournoi comptant pour le classement, au championnat du Royaume-Uni, mais la perd contre un joueur alors en déclin, Doug Mountjoy, avec le score de 16 manches à 12. Hendry connait également une déception au championnat du monde puisqu'il concède une lourde défaite contre Steve Davis aux portes de la finale (16-9). D'ailleurs, sa progression au classement mondial est moins fulgurante que lors des deux précédentes saisons, puisqu'il termine à la position, n'ayant gagné qu'une seule place par rapport à son classement de début d'année. Toutefois, Hendry s'illustre à nouveau dans les tournois de second ordre, décrochant son premier titre au Masters de snooker, où il bat John Parrott en finale. Il s'impose également lors du Masters de Nouvelle-Zélande (victoire contre Mike Hallett) et de celui de Londres (cette fois face à Parrott). Il perd aussi deux autres fois en finale ; au tournoi Fosters, (battu contre Hallett) et au Masters d'Irlande (défaite contre Alex Higgins).

Un règne sans partage (1990-1999)

Premier titre de champion du monde, première place mondiale et triple couronne saisonnière (1990-1991) Pendant la saison 1989-1990, Hendry remporte pas moins de quatre tournois classés. Il commence par s'imposer au Classique de Dubaï et à l'Open d'Asie. En novembre, il gagne pour la première fois de sa carrière le championnat du Royaume-Uni ; il y domine en finale Steve Davis (16-12). Son dernier titre de la saison a lieu lors du rendez-vous le plus important, le championnat du monde, lors duquel il triomphe pour la première fois et devient le plus jeune vainqueur du tournoi (21 ans et 106 jours). Il y bat successivement Alain Robidoux, Tony Meo, Darren Morgan, John Parrott et Jimmy White en finale, sans jamais être inquiété. Ayant disputé deux autres finales dans des tournois comptant pour le classement (à l'Open international et à celui d'Europe), Hendry atteint pour la première fois de sa carrière la première place mondiale et s'y maintiendra pendant neuf saisons (jusqu'en 1998). Toutefois, il perd ces deux finales, contre Davis et Parrott respectivement. Hendry brille aussi dans les tournois sur invitation, triomphant notamment au Masters pour la deuxième année de suite. D'ailleurs, Hendry est le premier joueur ayant gagné les trois tournois de la triple couronne lors d'une seule et même saison. Comme l'année passée, il remporte la finale du tournoi aux dépens de Parrott. Hendry conserve aussi son titre acquis l'an passé au Masters de Londres, et gagne le Masters d'Écosse ainsi que le tournoi Pontins professionnel. Par ailleurs, il s'incline en finale du Grand Prix Norwich Union et de la ligue.

La saison d'après, Hendry est encore plus dominateur puisqu'il remporte cinq des huit tournois classés disputés. Il commence par gagner difficilement l'Open de Grande-Bretagne contre Gary Wilkinson dans la manche décisive (10-9). Il conserve ensuite son titre au championnat du Royaume-Uni, en battant comme lors de la dernière édition Steve Davis, mais la finale est beaucoup plus serrée que l'an dernier puisqu'elle se termine dans la manche décisive (16-15). Hendry renouvelle aussi ses titres acquis à Dubaï et en Asie, corrigeant en finale Davis et Dennis Taylor, ne perdant pas plus de quatre manches à chaque fois. Enfin, il gagne le Grand Prix contre Nigel Bond (10-5). Hendry aurait pu gagner un sixième tournoi majeur pendant cette saison mais il a échoué en finale du Classique, défait par Jimmy White. Malgré cette grande saison dans les principaux tournois, l'Écossais subit la malédiction du Crucible et ne conserve donc pas son titre de champion du monde, étant battu au stade des quarts de finale contre Steve James. Dans les tournois ne comptant pas pour le classement, il sort victorieux au Masters pour la troisième année consécutive après avoir battu difficilement Mike Hallett en finale ; Hallett a largement mené au score tout au long de la finale et a fini par perdre dans la dernière manche. De plus, il réussit enfin à s'imposer à la ligue après deux échecs en finale, conserve son titre au Masters d'Écosse et gagne le Centenary Challenge. Par ailleurs, alors qu'il est en lice pour une troisième victoire en trois ans au Masters de Londres, il s'incline en finale contre Davis. Il s'incline aussi en finale au World Matchplay contre White.

Champion du monde pendant cinq éditions d'affilée et deuxième triple couronne saisonnière (1992-1996)