Jean-Bernardin Jauréguiberry, dit Bernard Jauréguiberry, né rue Mayou à Bayonne (Basses-Pyrénées) le et mort à Paris (16e) le Son acte de décès () dans les registres de décès du 16e arrondissement de Paris pour l'année 1887., est un officier de marine et homme politique français. Vice-amiral, il entame une carrière politique et est sénateur et plusieurs fois ministre.
Carrière dans la Marine Fils de Bernard Jauréguiberry, corsaire, capitaine de navire et capitaine du port de Bayonne, il est admis à l'École navale de Brest en . Embarqué en 1832 sur une frégate de 60 canons, la Melpomène, il participa au blocus d'Anvers. Après être passé aspirant en 1832, il servit en Afrique Occidentale de 1834 à 1836 sur l’Inconstant, la Bordelaise puis la corvette le Créole, et de 1837 à 1840 au Brésil, où il prit part, sur la Sapho, aux opérations sur le Paraña et l'Uruguay et au blocus de Buenos Aires, et commanda pendant plusieurs mois le cotre la Louise. Il fut promu enseigne de vaisseau en , et servit alors au Levant de 1840 à 1841 sur l’Embuscade, et dans l'océan Indien de 1841 à 1842 sur l’Andromède. Il passa lieutenant de vaisseau en . Il servit ensuite sur l’Alger et l’Océan de 1846 à 1848, puis sur le Caton en 1849 et le Valmy en 1852. Il commanda, de 1852 à 1854, l'aviso la Chimère au Sénégal et aux Antilles, et, en 1855, la canonnière la Grenade pendant la guerre de Crimée. Sa conduite lors des combats d'Eupatoria et de Kinbourn lui valut d'être nommé capitaine de frégate en . En 1857, il est nommé major de la division des équipages à ToulonÉtienne Taillemite, Dictionnaire des marins français ; .
Pendant l'expédition de Chine, il reçut le commandement de la Gironde, puis de la corvette Primauguet dans l'escadre de Rigault de Genouilly. Pendant la campagne de Cochinchine, il participa à l'attaque des forts de Tourane en 1858, puis à la prise de la citadelle de Saïgon, en , où il s'illustra lors de la prise des forts de Ki-Hoa avec le lieutenant de vaisseau Henri Rieunier. Passé en au commandement de la Meurthe dans l'escadre de Chine, capitaine de vaisseau en juillet, il commanda le corps de débarquement et mérita trois citations pour sa conduite lors de la prise du camp de Tang-Kou, des forts de Peï-ho et de Pékin (août-). Le protestant austère qu'était Jauréguiberry fut vivement choqué par les scènes de pillage auxquelles il assista à Pékin aussi consigna-t-il tous ses hommes pour les empêcher d'y participerSource : Dictionnaire des marins français - Etienne Taillemite, Ed. maritimes et d'outre-mer, cité sur le site netmrine. net, consulté le 10/1/2016. Quand Rigault de Genouilly repartit vers Da Nang avec le gros de ses forces en , il resta commander la citadelle avec une garnison franco-espagnole d'un millier d'hommes. Après une attaque surprise d'une fortification vietnamienne le , au cours de laquelle il perdit de nombreux hommes, il resta assiégé dans le fort Sud jusqu'à ce que les assaillants soient défaits à la bataille de Kỳ Hòa le . Commandant la Meurthe dans l'escadre de Chine, il prit le camp de Tanggu, les forts de Bai He et Pékin, ce qui lui valut trois citations. Il passa capitaine de vaisseau en ..
En , il est nommé gouverneur du Sénégal, où il poursuivit la politique d'expansion de Faidherbe, laissant dans le Fouta (nord du Sénégal), le souvenir sinistre de plus de 50 villages brûlés, épisode retenu dans la mémoire collective locale par l'appellation "Douppal borom ndar" ou l'incendie du gouverneur et signant des accords avec des chefs de tribus de Casamance au sud du pays. Émile Pinet-Laprade lui succéda le et il rentra en France pour prendre successivement le commandement des frégates cuirassées la (1863 à 1865), et la (1867). Nommé major de la FlotteMajor général de la Flotte : officier général qui dirige les services militaires d'un arsenal. à Toulon en 1869, puis contre-amiral le , il commanda en second l'escadre d'évolutionEscadre d'évolution : groupe de bâtiments servant à l'époque à l'instruction des équipages de la Flotte. en mer du Nord à bord de la frégate cuirassée l'Héroïne.
La guerre de 1870
En , il est chargé d'organiser la défense du Cotentin. Puis, lors de l'invasion prussienne et après le siège de Paris, il reçoit le commandement de la du d'armée de la Loire, avec lequel il combat, à la fin , au nord d'Orléans : à Poupry, à Loigny et à Villepion. Sa conduite lui vaut d'être cité à l'ordre de l'armée. Il appartient à la délégation de ToursTours est la ville où siège le gouvernement provisoire du 12 septembre au 9 décembre 1870., où était venu se réfugier le gouvernement. Il se conduit si brillamment à Coulmiers, et à Patay, les et que le gouvernement de la Défense le met à la tête du 16ème corps d'armée (sous les ordres du général Chanzy) le , et le nomme vice-amiral le 9. Pendant la retraite de cette armée vers Laval, il se distingua par sa vigueur et sa ténacité, notamment à la bataille du Mans le .
Après la guerre, le , il est élu, le sur 9, représentant des Basses-Pyrénéespar sur et à l'Assemblée nationale, où il siégea au centre droit, et où il vota les préliminaires de paix et les prières publiques demandées par Cazenove de Pradines. Ayant été nommé préfet maritime à Toulon le suivant, il se rend à son poste, où il s'occupe de réorganiser la Flotte. Lors de la promulgation de la loi sur l'incompatibilité des fonctions, il démissionne de l'Assemblée le , plutôt que d'abandonner la carrière militaire. Il est remplacé par Pierre-Charles Chesnelong.
Carrière politique Nommé membre du conseil d'amirauté le , il se porte candidat aux élections sénatoriales dans les Basses-Pyrénées, mais il échoue avec 254 voix sur 540 votants. Nommé commandant l'escadre de la Méditerranée le , puis président du conseil des travaux de la marine, il est élu sénateur inamovible par le Sénat le , en remplacement de Léon de Maleville, décédé, avec 168 voix sur 249 votants.
Il est nommé par deux fois ministre de la Marine et des Colonies : du au , sous le gouvernement Waddington et sous le premier gouvernement Freycinet du au , sous le second gouvernement Freycinet et sous celui de Duclerc. Il démissionne de sa fonction ministérielle le à cause de la position du gouvernement à propos de l'expédition du Tonkin et de la discussion Ballue sur l'expulsion des princes. Redevenu sénateur, il parle contre la loi d'expulsion, fait retrancher le lors de la discussion d'un crédit de 5,5 millions de francs pour le Tonkin, l'article relatif au commissaire civil obligatoire. En décembre, il est rapporteur d'une nouvelle demande de crédit de 20 millions pour le Tonkin. Bien que siégeant à la gauche du sénat, il vote le contre l'expulsion des princes. Étant depuis 1885 le vice-président des forges et chantiers de Méditerranée, c'est lui qui représente la France le à l'inauguration de la statue de la Liberté.
thumb|La tombe de Jean Bernard Jauréguiberry au cimetière du Montparnasse (division 6).
Il meurt à Paris en 1887 à l'âge de 72 ans, son culte d'enterrement est célébré au temple réformé de l'Oratoire du Louvre.
Distinctions et hommages
reçu le 21 janvier 1869 des mains du Vice-amiral Chopart. reçu le 21 aout 1871 du Vice-Amiral Clavaud
Deux bâtiments de la Marine nationale ont porté le nom de Jauréguiberry : le , un cuirassé d'escadre (1893-1934) ; le , un escorteur d'escadre (1955-1977) qui servit de cadre principal au film Le Crabe-Tambour, avec Jacques Perrin, Jean Rochefort et Claude Rich.
L'un des 32 bustes de la galerie des bustes du Sénat, réalisé par Aristide Croisy, le représente.
Le palais omnisports de Toulon, inauguré en 2006, porte le nom de palais des sports Jauréguiberry. Jusqu'en 1954, un boulevard de Hanoï portait son nom. À Toulon encore, une troupe marine d'éclaireurs unionistes de France porta son nom des années 1940 aux années 1970.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . .
Étienne Taillemite, Dictionnaire des marins français, Tallandier, Éditions maritimes et d’outre-mer, 1982, 360 p., Nouvelle édition revue et augmentée, , 573 p. Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du , 15 volumes, (1863-1890).
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