Acrimed (acronyme d'« Action-Critique-Médias ») est une association française « loi de 1901 » de critique des médias, créée en 1996, à l'initiative d'Henri Maler. Elle est classée , voire . Elle publie en ligne, mais aussi dans la revue imprimée Médiacritiques, des analyses des médias, et mobilise les acteurs de ce secteur.

Création Acrimed est un observatoire des médias fondé en 1996 par Henri Maler et quelques autres universitaires, journalistes et acteurs du secteur des médias dont le sociologue Patrick Champagne Michael Grenfell, Pierre Bourdieu, agent provocateur, Continuum International Publishing Group, 2004, .. Cette création est directement liée au mouvement social de novembre et décembre 1995, en réponse à la façon dont les grands médias auraient pris parti contre ce mouvement et neutralisé l'expression de ses acteursVoir l'« Appel pour une action démocratique sur le terrain des médias » (1996) et « Les médias face au mouvement social de la fin », article paru dans la revue S!lence en juin 1996..

Acrimed réunit des salariés et usagers des médias, des chercheurs et des universitaires, et des acteurs de la vie associative et politique.

Objectifs

L'association résume ses objectifs en quatre points. : . Elle déclare viser à Voir « Acrimed - Qui sommes nous ? ».

Acrimed se donne pour but : Voir « Acrimed se présente » sur le site de l'association..

S'appuyant sur les analyses critiques d'économie et de sociologie des médias et du journalisme — et notamment sur les travaux de Pierre Bourdieu et Noam ChomskyFrédéric Delorca, « Chomsky et Bourdieu : une rencontre manquée » in Jean Bricmont et Julie Franck (dir), Chomsky, L'Herne 88, 2007, . —, l'association se donne pour objectifs d', sur son contenu et sur les conditions de sa production. Elle analyse les effets de ce qu’elle présente comme la subordination des métiers du journalisme aux pouvoirs économiques qui domineraient les médiasVoir l'exemple de Rupert Murdoch sur le site d'Acrimed. et aux pouvoirs politiques qui les maintiendraient sous tutelle.

Selon Acrimed, cette situation explique largement la transgression répétée des règles de la déontologie journalistique. L’association critique en particulier les formes de connivence que pratiqueraient une minorité de journalistes au sommet de la profession. Elle dénonce également les qu’elle juge omniprésents dans les médias, laquelle omniprésence générerait un appauvrissement de la pluralité des points de vueCf. Julien Salingue d'Acrimed dans l'émission Ce soir ou jamais ! du 2 novembre 2013, consacrée aux agressions contre les journalistes..

Acrimed réfute Le pouvoir des médias : entre fantasmes, déni et réalité, Acrimed, mars 2018. posant les médias comme remparts de la démocratie ; et pointe les multiples dépendances que subissent les médias et leurs salariés, pouvant mener à des dérives propagandistes. Acrimed combat en outre les dérives complotistes attribuant aux médias plus de pouvoir qu'ils n'en détiennent réellement. À ces dérives, Acrimed oppose la sociologie critique des médias.

Publications d'Acrimed Site web

Acrimed publie un à deux articles quotidiens sur son site web .

Ce site dispose d'une visibilité importante sur Internet : lors du débat au sujet du Traité établissant une Constitution pour l'Europe, il a été montré par un groupe de recherche de l'Université de Compiègne qu'il était à égalité avec Rezo.net l'un des principaux sites de référence sur le sujet, devancé seulement par Libération.fr..

Revue trimestrielle Médiacritiques

Depuis ., Acrimed publie une revue trimestrielle appelée Médiacritiques, basée sur des dossiers thématiques et vendue en librairie. ou sur la boutique en ligne de l'association. Chaque numéro est tiré à 2 000-2 500 exemplaires.

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Livres L'association a publié six livres : Médias en campagne. Retours sur le référendum de 2005, , Éditions Syllepse, coordonné et mis en forme par Henri Maler et Antoine Schwartz pour Acrimed.. Médias et mobilisations sociales. La morgue et le mépris, , Éditions Syllepse, coordonné et mis en forme par Henri Maler et Mathias Reymond pour Acrimed.. Tous les médias sont-ils de droite ?, , Éditions Syllepse, coordonné et mis en forme par Mathias Reymond et Grégory Rzepski pour Acrimed. « Au nom de la démocratie, votez bien ! » Retour sur le traitement médiatique des élections présidentielles de 2002 et 2017, , co-édition Acrimed/Éditions Agone, Mathias Reymond. Les médias contre la rue. 25 ans de démobilisation sociale, , Éditions Adespote, ouvrage collectif d'Acrimed. Pauline Perrenot, Les médias contre la gauche, , Éditions Agone...

Autres publications et supports

Acrimed diffuse également ses travaux et analyses sur d'autres supports.

Voir Dans « L’Actu des médias » (février 2003)..

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Les rédacteurs d'Acrimed participent aussi à de nombreux débats en France et à l'étrangerLes débats d'Acrimed..

Positionnements politiques Ayant pour objectif de transformer radicalement les médias, Acrimed revendique sa proximité avec une : Quelle critique des médias ?, Acrimed, février 2018..

Le Monde qualifie l'association de . Sarah Lecœuvre du Figaro estime l'association Éric Brunet, remplaçant d'Aymeric Caron ? «Hors de question» pour Laurent Ruquier, lefigaro.fr, 9 mars 2015. Pour Libération, l'association assume une et ces membres, qui travaillent sont Acrimed, site vedette de la traque aux «dérives» journalistiques, liberation.fr, 13 novembre 2003. En 2012, pour la blogueuse Aliocha associée au journal Marianne.net, le site Acrimed ne .

En , Acrimed comme 90 médias français appelle à faire contre l’extrême droite, qui selon eux menace la liberté de la presse en France. Il appelle à soutenir la coalition de gauche du Nouveau Front populaire dans le cadre des élections législatives anticipées, afin ..

L'intersection des journalistes d'Acrimed et de ceux du Monde diplomatique n'est pas vide (Pauline Perrenot, David Garcia, Julien Salingue…).

Obtention du droit à la déduction fiscale En 2010, Acrimed sollicite un rescrit fiscal, c'est-à-dire la confirmation par l'administration fiscale que l'association est bien éligible au régime de réduction d’impôt prévu pour les associations reconnues d'intérêt général par les articles 200 et 238 bis du Code général des impôts. Après trois refus (en 2011, en 2012 puis en 2013) de la part de l'administration fiscale, l'association dépose un recours auprès du tribunal administratif de Montreuil, qui lui donne raison en annulant les décisions précédentes), .

Le ministère des Finances et des Comptes publics ayant interjeté appel au motif que l'association mènerait des actions à caractère « militant » et politiquement engagé, la Cour administrative d’appel de Versailles (CAA Versailles, 6e chambre, , n°14VE01966) se prononce le , rejetant le recours du ministère. Le site Associathèque qualifie cet arrêt de ayant pour type d'activité la . Par ailleurs, le site estime que la cour écarte par sa décision la prise en compte de la notion d'engagement politique ou militant d'une association dans l'analyse de son éligibilité au régime du mécénat, qui permet aux associations reconnues d'intérêt général de recevoir des dons dont les auteurs bénéficient d'une réduction d'impôt de 66 %.

Cet arrêt a été commenté dans de nombreuses publications juridiques telles que Mémento Associations 2018 (éditions Francis Lefebvre), le site Actu-Juridique.fr édité par Lextenso, le site Associations mode d'emploi, la revue Communes et Associations ou encore le blog Droit administratif.

Critiques Les critiques d'Acrimed donnent lieu à de nombreux débats. Par exemple, dès les années 2000, les journalistes Jean QuatremerVoir par exemple la passe d'armes sur les modifications apportées par le Parlement européen à la directive Services (ex-directive Bolkestein) entre Acrimed et Jean Quatremer de Libération. Le Monde et Libération : désinformation active sur la directive Bolkestein (Acrimed) et réponse de Jean Quatremer ainsi que re-réponse d'Acrimed et Olivia Dufour (écrivant alors sous le pseudonyme d'AliochaBibliographie : Olivia Dufour Notice de O.Dufour sur le site de son éditeur Eyrolles« En finir avec Acrimed » En finir avec Acrimed « La Plume d'Aliocha, La plume d'Aliocha, en réaction à l'article Le Monde et le mouvement universitaire d'Acrimed) se demandent où s'arrête l'étude critique des médias proprement dite et où commence l'expression de points de vue politiques sous couvert de démontage d'argumentation de journalistes et d'éditorialistes exprimant l'avis opposé.

Le sociologue Philippe Corcuff estime que certaines analyses d'Acrimed recourent à des explications à tonalité conspirationnisteVoir l'ensemble des pièces du dossier (textes de Patrick Champagne, Philippe Corcuff et Henri Maler sur Bellaciao : Controverse Champagne-Corcuff-Maler 2004). Pour le sociologue et cofondateur Patrick Champagne, membre d'Acrimed, Acrimed, « Philippe Corcuff, critique « intelligent » de la critique des médias », Patrick Champagne, le 29 avril 2004. . Philippe Corcuff, pointé lui-même à plusieurs reprises par l'association Acrimed, a réagi en parlant de « bon sens stalinien » et Henri Maler, cofondateur et membre d'Acrimed, a parlé de cette réaction comme d'une .

Concernant les avis de la presse féminine sur la question du voile à l'école, en 2008, le maître de conférence Vincent Soulier décrit Acrimed comme une illustration du .

Notes et références Notes

Références

Références site officiel

Voir aussi Articles connexes Critique des médias Critiques du libéralisme économique Économie des médias Journalisme de préfecture  Pensée unique Vérification par les faits

Liens externes

« Où en est la critique des médias ? », entretien avec Henri Maler de l’association Acrimed par la revue Mouvements, .

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