Patrick Moore, né le à Port Alice, est un consultant canadien spécialisé dans le conseil en environnement.
D'abord militant pour une écologie antinucléaire, il prend en 1971 la direction de l'antenne canadienne de Greenpeace et en 1979 celle de Greenpeace International. En 1986, il quitte l'organisation. En 1991, il crée Greenspirit, un cabinet de conseil et de communication spécialisé dans le développement durable. Il est depuis cette époque un critique virulent d'une partie des actions de Greenpeace. En 2014, il est nommé président de la division Écologie, énergie et prospérité du . En 2019 et en 2020, il est président de la Coalition, dont il est toujours membre.
Il estime que le changement climatique n'a pas de causes humaines, mais qu'il faut néanmoins réduire les émissions de , pour le climat et par mesure de précaution, pour limiter les rejets polluants (soufre, particules, mercure) des centrales thermiques et pour réduire la pression sur les ressources fossiles dont la réduction sera source de tensions géopolitiques graves. Il présente l'énergie nucléaire comme la meilleure solution ( selon lui) pour réduire ces émissions, en association avec le bois qu'il juge être la première ressource renouvelable disponible dans le monde. Il considère que le solaire et l'éolien sont renouvelables, mais non soutenables, car trop intermittentes et produisant une électricité , pour les pays pauvres notamment.
Ses prises de positions sont parfois controversées, et certains observateurs l'accusent de s'être mis au service d'intérêts, de lobbies et d'entreprises parfois destructeurs de l'environnement.
Biographie
Jeunesse Patrick Albert Moore est né le , à Port Alice en Colombie-Britannique (Canada). Il grandit à Winter Harbour, petit village de pêcheurs sur l'île de Vancouver entouré de forêts, au sein d'une famille de Colombie-Britannique ayant une longue histoire dans l'exploitation forestière et la pêche. Son père (W. D. Moore) était le président de l'« association des Truck Loggers » (bûcherons et chauffeurs de poids lourds associés) de Colombie-Britannique et ancien président du Congrès de l'exploitation forestière du Pacifique. À l'âge de 14 ans, il est envoyé par ses parents dans l'internat de l'école privée Saint-George de Vancouver, son village étant dépourvu de lycée à cette époqueSource : , film promotionnel sur le vinyl réalisé par vinylnewsservice (Patrick Moore s'y présente au début du film). Il obtient un doctorat de l'Université de la Colombie-Britannique pour une thèse de 1974 sur la pollution dans l'industrie minière, thèse de doctorat de l'Université de la Colombie-Britannique..
Greenpeace En 1971, comme de nombreux jeunes de sa génération, il s'inquiète de la guerre du Viêt Nam et de l'existence de la bombe atomique, craignant un conflit nucléaire généralisé. Il dit avoir été encouragé par son père dans sa lutte contre la bombe atomique et avoir été sensibiliséInterview with Patrick Moore, sur le site de King Orchards, consulté le . à l'écologie scientifique par son professeur d'écologie végétale Vladimír Krajina. Dans le même temps, un très grand projet de mine de cuivre est lancé à proximité de sa maison familiale à Winter Harbour. Cette mine est accusée de déverser ses déchets en mer. Cette découverte incite Patrick Moore à (dont il comprend rapidement qu'il est très opaque ). En , alors qu'il prépare sa thèse de doctorat (sur le contrôle des pollutions), il écrit à l'association Don't Make a Wave Committee (association préfiguratrice de Greenpeace) en se proposant de se joindre à l'équipe qui devait se créer pour la première mission en mer de l'association ; cette mission devait se dérouler sur un vieux chalutier (le Phyllis Cormack, qui sera ensuite renommé « Greenpeace »), elle était destinée à alerter et mobiliser l'opinion publique contre les essais nucléaires pratiqués par les États-Unis sur l'île volcanique d'Amchitka (Alaska), un lieu écologiquement très riche. Paul T. Cote (qui travaillait alors à l'Université de Vancouver) lui répond le (sur un courrierCourrier dactylographié signé de T. Cote, destiné à R. Moore, daté du 24 mars 1971, en réponse au Courrier de P. Moore du 16 mars 1971. estampillé du « bouton Greenpeace »L'ONG vendait des boutons (ancêtres des pin's) avec deux petits logos pour financer ses actions) en l'invitant à rejoindre le groupe début mai. La mission n'arrive pas à stopper l'essai prévu, mais le retarde d'un mois grâce à l'intérêt suscité dans le public par le voyage du Phyllis Cormack (qui se fera arraisonner par la Navy). Les essais suivants sont abandonnés et l'île sera finalement déclarée sanctuaire pour les oiseauxAmchitka : the founding voyage In 1971, a small group of activists set sail to the Amchitka island off Alaska to try and stop a US nuclear weapons test. The money for the mission was raised with a concert, their old fishing boat was called “The Greenpeace”. This is where our story begins, Greenpeace, 15 mai 2007, consulté le ..
Moore explique souvent avoir été très proche de la nature depuis son enfance. Il veut aussi lutter contre la pollution des océans et les massacres de phoques. Il s'implique dans les activités de la nouvelle ONG Greenpeace (qui remplace le Don't Make a Wave Committee). Il se présente parfois comme l'un des fondateurs de l'association, mais cette affirmation est démentie par Greenpeace qui rappelle qu'il a rejoint l'association après sa fondation.SourceWatch. Il est président de Greenpeace Canada pendant neuf ans puis directeur de Greenpeace International pendant sept ans. Très bon orateur et contradicteur, il est souvent impliqué dans la communication de l'association et a dirigé plusieurs campagnes de Greenpeace dont des expéditions visant à sauver les baleines, arrêter la chasse au phoque, interdire des mines d'uranium, protester contre l’utilisation de navires de guerre nucléaires, stopper des rejets de déchets toxiques, ou encore limiter le trafic maritime de supertankers.
Après Greenpeace En 1986, Moore quitte l'ONG. Il justifie son départ par le fait que – selon lui – Greenpeace et a Ethical Oil: The Case for Canada's Oil Sands, Ezra Levant Thornhill T, article intitulé Humans are NOT to blame for global warming, says Greenpeace co-founder, as he insists there is 'no scientific proof' climate change is manmade, 2014-02-27.. Il renie alors la plupart des propos et idées qu'il a antérieurement exprimés et soutenus, notamment sur l'énergie nucléaire, les centrales nucléaires et les déchets radioactifs qu'il considérait auparavant comme très dangereuxEx : « Nuclear powerplants are, next to nuclear warheads themselves, the most dangerous devices that man has ever created. Their construction and proliferation is the most irresponsible, in fact the most criminal, act ever to have taken place on the planet », revirement qui intrigue certains observateursWatson P. (2006) « The Strange Transformation of Dr. Patrick Moore », Independence News Scoop, April 2006.
Depuis 1984, selon son autobiographie, il s'est impliqué dans l'entreprise familiale de salmoniculture (« Quatsino Seafarms Ltd. », Quatsino étant le nom d'une tribu amérindienne locale). Selon Moore, c'est lui-même qui a suggéré à son frère (Peter Taylor Moore) d'installer près de son domicile de Winter Harbour cet élevage du saumon, à l'image de ce que commençaient à faire quelques pionniers canadiens de la salmoniculture qui imitaient les systèmes d'écloserie et d'enclos d'élevage en mer déjà développés par les Norvégiens outre Atlantique. L'effondrement des populations de poissons sauvages est devenu évident dans presque tout l'hémisphère nord, et l'aquaculture apparaît comme l'une des solutions à ce problème et Moore dit avoir cherché à faire soutenir par Greenpeace la salmoniculture comme solution durable à la surpêche, mais deux écoles s'opposent déjà à cette époque au Canada, avec, d'une part, les défenseurs d'une aquaculture industrielle qui laisse les excréments et restes de nourriture s'évacuer en mer (défendue par P. Moore) et, d'autre part, des associations qui encouragent une aquaculture en circuit fermé avec traitement des déchets, soutenue par Greenpeace, la « Fondation David Suzuki » et la « Coastal Alliance for Aquaculture ». Les poux du saumon ne posent pas encore de problème et l'on ne parle pas encore de saumons transgéniques, mais des membres de Greenpeace, citant en exemple la destruction des mangroves pour l'élevage de crevettes, estiment que la salmoniculture pourrait aussi poser problème, en raison du besoin de pêche minotière qu'elle suscite pour produire les aliments des saumons, et du fait des rejets de ces piscicultures.
En 1986, P. Moore est élu président de l'association des salmoniculteurs de Colombie-BritanniqueBritish Columbia Salmon Farmers Association, depuis renommée BC salmon farmers association. En 1988, en réponse aux affirmations du syndicat United Fishermen and Allied Workers Union à propos de la pollution par l'industrie en général, The Vancouver Sun citera P. Moore qui juge alors fausses ces affirmations et affirme qu'il n'y a pas de pollution générée par la pisciculture, et notamment pas de pollution génétiqueArticle du journal The Vancouver Sun, 23 juin 1988.. En 2011, il juge encore rétrospectivement infondées les plaintes de ceux qu'il qualifie d' anti-salmoniculture, et il maintient que cette activité est , niant qu'une salmoniculture puisse être comparée à non traitées dans l'environnement, arguant que qui, au contraire dans le cas des saumons, .
Concernant les craintes de pollution génétique et de concurrence avec des poissons d'élevage échappés en mer, il oppose aux partisans d'un élevage sécurisé de manière à éviter les fuites de saumons d'élevage, que leurs arguments ne sont pas (selon lui) cohérents : si des poissons d'élevage évadés d'enclos s'accouplent avec des poissons sauvages, leur progéniture sera génétiquement diminuée et incapable de rivaliser dans la nature ; une variante de cette préoccupation est que, si un poisson d'élevage s'échappe, il supplantera le poisson sauvage et le déplacera. Les militants ne peuvent pas jouer sur les deux tableaux : soit le saumon d'élevage est inférieur et ne sera pas en mesure de rivaliser, soit il est supérieur et il les évincera. estime Moore)Argumentaire écrit par Patrick Moore, contre les détracteurs de l'élevage en mer de saumons, dans le National Post du 29 mars 2011 intitulé Reports from the environmental front since 1996; Fish not foul (le poisson n'est pas sale), sur le site ecosense.me.
En 1990, il devient membre (nommé par le gouvernement) de la « Table ronde de l'environnement et de l'économie de Colombie-Britannique »Moore, Patrick. "Resume of Patrick Moore, Ph.D.". Greenspirit. Archives du site original le 2005-09-10. consulté 2007-03-13.[http://www.iisd.org/worldsd/canada/prov/bcrt.htm British Columbia Round Table on the Environment and the Economy [Miscellaneous publications]. Victoria: BC Round Table], International Institute for Sustainable Development. qui contribuera notamment à préparer la position du Canada lors du Sommet de Rio et fonde et préside le B.C. Carbon Project, qui aboutira notamment au B.C. Carbon MarketB.C. Carbon Market. Dans les années 1990 il rejoint également (en 1991), le conseil d'administration de l'« Alliance des forêts de la Colombie-Britannique », groupe créé par des dirigeants de grandes compagnies et de petites entreprises forestières de Colombie-Britannique. Il y préside un « Comité sylviculture durable » avec lequel il passera dix ans à travailler sur ce que ce groupe estime être les principes de la sylviculture durable, qui seront ensuite adoptés par beaucoup d'entreprises de la filière forêt-bois, ou intégrés dans divers écolabels, certificats ou labels de qualitéConférence intitulée Give Public “New Pair of Eyes” to View Landscape, Says Ex-Radical ; sur le site de l'Utah State UniversityBennett, Drake (March 2004). « Eco-Traitor ». Wired.
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