LOffice de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient, (UNRWA), est un programme de l'Organisation des Nations unies pour l'aide aux réfugiés palestiniens dans la bande de Gaza, en Cisjordanie, en Jordanie, au Liban et en Syrie, qui a débuté en .
Près de six millions de réfugiés palestiniens sont sous mandat de l'UNRWA. Elle fait fonctionner plus de 700 écoles qui scolarisent plus de 500 000 enfants palestiniens. Elle emploie aussi des médecins, des infirmières et du personnel administratif.
Son mandat est temporaire et nécessite d’être renouvelé tous les trois ans par l’Assemblée générale de l’ONU. Son fonctionnement est conditionné par les financements accordés par les pays donateurs.
L'effondrement de ces dons menace l'UNRWA de faillite après qu'Israel a accusé des employés de l'agence d'avoir participé aux attaques du 7 octobre 2023, et à la suite de campagnes d'influence liées à la droit israélienne.
Histoire gauche|vignette|École primaire gérée par l'UNRWA dans un camp de réfugiés palestiniens de la bande de Gaza, en 1965. L'organisme - succédant à l’Agence des Nations unies chargée des réfugiés de Palestine (CCNUP), réclamant par la résolution 194 de 1948 le droit au retour des réfugiés palestiniens - fut créé officiellement le à la suite de la première guerre israélo-arabe de 1948/1949 par la résolution 302 (IV) de l'Assemblée générale des Nations unies prise le Résolution 302 (IV) de l’Assemblée générale des Nations unies du 8 décembre 1949, adoptée lors de la réunion plénière.. Les pays communistes d'alors considéraient cette agence comme , et ont été les seuls à ne pas voter en faveur de cette résolution de l'ONU.
À l’origine, l’UNRWA ne doit être opérationnelle que pendant un an mais les États arabes réclament un amendement à la Résolution 302 afin que le mandat de l’UNRWA soit renouvelable mais également un autre amendement pour la mise en œuvre de la résolution 194 de 1948 sur le retour des réfugiés palestiniens. L'organisme éphémère pour les Palestiniens connaît alors une « longévité inattendue » après plus de 70 ans d'existence.
« La portée des services de l’UNRWA a progressivement diminué depuis les années 1970, même si l’organisation continue de prodiguer une éducation à un demi-million d’enfants palestiniens ainsi que des services de santé à 3,1 millions de réfugiés ». vignette|Destruction par l'armée israélienne du centre de santé de l'UNRWA dans le quartier de Sheikh Radwan, à Gaza ville, février 2024. Depuis le début de la guerre de 2023-2024, l'armée israélienne a mené des attaques meurtrières contre les installations de l'UNRWA à Gaza. Plus de membres de l’agence onusienne ont été tués (à la date du )https://www.unrwa.org/newsroom/official-statements/unrwa-commissioner-general-gaza-today-unrwa-staff-death-toll-has-300. Il s'agit du plus grand nombre de morts jamais subi par le personnel de l'ONU au cours d'une guerre. Plus de 140 de ses centres, dont de nombreuses écoles, ont été bombardés en cinq mois.. En , la moitié des bâtiments de l'organisme ont été détruits par les bombardements. Le , les autorités israéliennes indiquent qu'elles n'autorisent plus le passage des convois humanitaires de l'UNRWA vers le nord de Gaza qui abrite encore environ 300 000 personnes, livrant la quasi-totalité des 2,4 millions d'habitants de la bande de Gaza à une possible famine selon l'ONU. Philippe Lazzarini indique en que depuis le début de la guerre plus de 50 employés de l'agence ont été détenus par les autorités israéliennes et traités « de manière inhumaine », dénonçant « des privations de sommeil, des humiliations, des menaces de violence contre eux et leurs familles, ainsi que des attaques de la part de chiens. »
Le , le parlement israélien adopte en première lecture trois projets de loi visant : à interdire l'UNRWA sur le territoire israélien, à enlever le statut particulier l'UNRWA en Israël en tant qu'organisation onusienne et à la catégoriser en tant qu'« organisation terroriste ». Cette dernière décision est vivement critiquée, y compris par des États alliés à Israël. Le , le parlement israélien adopte deux lois, qui sont prévus pour prendre pleinement effet après un délai de 90 jours. La première loi interdit l'activité de l'UNRWA sur le territoire israélien, interdiction incluant Jérusalem-Est. La deuxième loi empêche de délivrer des visas pour le personnel de l'UNRWA, bloque les transferts de fonds pour assurer les salaires et le paiement des fournitures, et interdit le passage de marchandises par l'UNRWA en Israël, en Cisjordanie et à Gaza.. Les écoles de l'agence à Jérusalem-Est sont fermées en 2025. En janvier 2026, le siège de l'UNRWA à Jérusalem-Est est démoli par les autorités israéliennes.
Les archives de l'agence ont été secrètement déplacées en Jordanie lors de l'offensive israélienne à Gaza et avant la saisie du siège de Jérusalem-Est afin de préserver la mémoire des réfugiés, notamment dans l'optique du droit au retour garanti par la résolution 194 des Nations Unies
Activité But vignette|Un des accès de l'UNRWA à Jérusalem en 2007. À l'origine, le but de l'UNRWA était principalement d'« assimiler les réfugiés dans leur pays d’accueil ». Actuellement, il est de répondre aux besoins essentiels de ces réfugiés palestiniens en matière de santé, d'éducation, d'aide humanitaire et de services sociaux.
Opérations et programmes vignette|upright=0.8|Dispensaire UNRWA à Naplouse.
Éducation Plus de 70 % du personnel travaille dans le domaine éducatif. L'UNRWA gère 706 écoles dans ses cinq zones d'opération, offrant une éducation de base gratuite à quelque 543 075 enfants réfugiés palestiniens.
Les élèves des écoles de l’UNRWA suivent les programmes et les manuels scolaires des autorités hôtes. L'UNRWA les complète avec ses propres documents sur les droits de l'homme. Les programmes éducatifs de l'organisme se donnent pour objectif d'enseigner des valeurs de paix et de tolérance.
Programme sociaux En s'appuyant sur une base de données mise à jour régulièrement, l'UNRWA fournit un filet de sécurité sociale aux réfugiés palestiniens les plus pauvres. Sur les quelque 5,9 millions de réfugiés palestiniens enregistrés, l'UNRWA estime que 1,2 million vivent dans une pauvreté absolue et 700 000 dans une pauvreté abjecte, incapables de satisfaire leurs besoins alimentaires les plus élémentaires.
Santé Le programme Santé de l'UNRWA fournit des services complets de soins de santé primaires à la fois préventifs et curatifs. Face à l'évolution des besoins de la population palestinienne qui vit désormais plus longtemps et voit l'émergence des maladies non transmissibles tels que le diabète et le cancer, l'UNRWA introduit dès 2011 une approche centrée sur la santé de la famille. La structure offre des services des soins holistiques à toute la famille, favorisant une relation soignants-patient long terme et garantissant une continuité de soins.
Microentreprise et micro-crédit Le Département de microfinance de l'UNRWA offre des opportunités de génération de revenus durables aux réfugiés palestiniens, ainsi qu'à d'autres groupes pauvres ou marginalisés qui vivent et travaillent à proximité d'eux. Il étend le crédit et les services financiers complémentaires aux familles, aux entrepreneurs et aux propriétaires de petites entreprises. Ces investissements créent et maintiennent des emplois, réduisent la pauvreté et autonomisent ses clients, en particulier les femmes. De nombreux clients du programme de microfinance exploitent de petites entreprises, souvent informelles, en marge de l’économie. Parmi eux, des pêcheurs, des garagistes, des couturières à domicile et des maraîchers.
Documentation de la Nakba Depuis les années 1970, la portée de la panoplie des services sociaux de l’UNRWA diminue progressivement auprès de la population. Depuis, l'UNRWA procède de surcroît à la documentation sur les exilés de la Nakba de 1948 et à leurs descendants.
Opérations d'urgences
Rayon d'action vignette|Champs d'opération de l'UNRWA en 2017. vignette|Carte et noms des différents camps de réfugiés palestiniens en 1988. Cette agence de l'O.N.U. dispense ses services dans 59 camps situés dans les zones de Cisjordanie et de Jérusalem-Est, de la bande de Gaza, en Jordanie, au Liban et en Syrie, se répartissant ainsi en 2017 :
PaysCampsofficielsRéfugiésenregistrés 10 8 19 9 12 Total 58
Bénéficiaires Selon la définition de cette agence, un « réfugié de Palestine » est une personne dont le lieu de résidence habituelle était la Palestine entre et et qui a perdu à la fois son domicile et ses moyens de subsistance en raison de la guerre israélo-arabe de 1948/1949. S'y ajoutent dans une moindre proportion, ceux qui ont fui ou ont été expulsés en , pendant et après la guerre des Six jours.
Cette définition de réfugié couvre également les descendants en ligne masculine des Palestiniens qui sont devenus des réfugiés en 1948 et en 1967, contrairement à la notion de réfugié adoptée par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés qui considère que le statut de réfugié ne peut s'appliquer aux descendants.
En conséquence, le nombre de réfugiés palestiniens enregistrés est passé de plus de environ en 1950 à plus de en 2005 ; en 2017, il s'élevait à d'individus.
En 2014, 75 % des habitants de Gaza, soit d’individus, ont le statut de réfugiés.
L'organisme est de loin la plus grande agence des Nations unies, avec un personnel de près de , dont 99 % sont des descendants des réfugiés palestiniens de la guerre de 1948 ou de celle de 1967, recrutés localement et œuvrant comme enseignants, médecins, pharmaciens, infirmiers, aides-soignants, travailleurs sociaux et personnels administratifs et techniques de soutien.
Du fait de l'existence de cet organisme, les réfugiés palestiniens sont les seuls réfugiés au monde à ne pas dépendre du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), créé en , soit un an après l'UNRWA.
Organisation Cette agence est un organe subsidiaire de l’Assemblée générale des Nations unies. Le mandat de cet organisme, qui devait être d'une année, a été constamment renouvelé par l'Assemblée générale des Nations unies et prolongé en 2023 jusqu'à 2026palestinian-territory..
Son siège est divisé entre la bande de Gaza et Amman (Jordanie). L'organisme possède des quartiers généraux internationaux à Tel-Aviv et en Europe.
Elle emploie, en 2007, 113 personnels internationaux et personnels locaux dont à Gaza.
En 2018, l'UNRWA consacre 70 % de son budget aux salaires de ses employés (enseignants, médecins, etc). Financement et soutien Les fonds annuels de cet organisme sont de l’ordre de plusieurs centaines de millions de dollars (USD), dont la majorité provient de pays donateurs avec les États-Unis en tête jusqu'en 2018. Une petite partie des fonds vient directement des Nations unies.
Cependant, l’Unrwa est confrontée à un sous-financement chronique..
Certains réfugiés — notamment le Mouvement des jeunes réfugiés — se manifestent pour appeler les États membres de la Ligue arabe à soumettre une demande à l’Assemblée générale des Nations unies afin que l’UNRWA soit financée par des contributions obligatoires.
Pays donateurs vignette|upright=0.8|Graffiti ("Nous n'avons pas besoin de votre aide") sur une affiche de l'USAid, l'aide américaine internationale, Ramallah Al-Bireh en 2007. En 2003, les contributions et les promesses de dons atteignent presque de dollars. Les principaux contributeurs sont les Occidentaux avec les États-Unis ( de USD), l’Union européenne ( de USD), le Royaume-Uni et la Suède.
vignette|Inauguration d'une école primaire financée par le Royaume-Uni (UK-fund), en présence d'Alan Duncan (ministre d'État pour le développement international) à Gaza en 2013.