Dans la mythologie grecque, Tyché (en grec ancien , ) est la divinité de la Fortune, de la Prospérité et de la Destinée d'une cité ou d'un État.
Son équivalent romain est Fortuna.
Généalogie et famille Il existe plusieurs versions de la généalogie de Tychée : Hésiode dans sa Théogonie, la donne comme l'une des Océanides, vers 360.. L’Hymne homérique à Déméter la donne aussi comme l'une des Océanideshttps://fr.wikisource.org/wiki/Hymnes_hom%C3%A9riques/%C3%80_D%C3%A8m%C3%A8t%C3%A8r_2 page 454.http://remacle.org/bloodwolf/poetes/falc/homere/hymnes.htm#IV Hymne 4. (vers 420). Pindare, (Olympiques, XII, 1, 2). l'appelle . D'autres la disent . Une tradition isolée la fait naître du Titan ProméthéeAlcman frag 3..
Ésope la désigne comme la mère de PloutosÉsope, Fables 413, le dieu de la richesse ; cependant, il est généralement écrit comme étant le fils de Déméter et de Iasion..
Tyché Agatha est l'épouse de Agathodémon ou Agathodaïmon ().
Fonctions Tyché décide du destin des mortels, comme jouant avec une balle, rebondissant, de bas en haut, symbolisant l'insécurité de leurs décisions. Nul ne doit donc se vanter de sa bonne fortune ou négliger d'en remercier les dieux, sous peine d'attirer l'intervention de Némésis.
Mythes Selon Pausanias dans sa Description de la Grèce, Palamède, après avoir créé la première paire de dés, les donna en offrande à TychéPausanias, Description de la Grèce 2.20.3.
Philosophie Au , Tyché symbolise le désordre et l'irrationnel, et son culte marque la faillite du panthéon olympien, les hommes doutant de l'efficacité des autres dieuxÉdouard Will, Claude Mossé, Paul Goukowsky, Le Monde grec et l'Orient, Le et l’époque hellénistique, PUF., 1975, page 226..
Théophraste (ca. 371 à ca. 288 avant notre ère), élève d'Aristote, dit que la fortune est aveugle, prompte à nous ôter le fruit de notre peine et à bouleverser ce qui nous semble être la prospérité sans aucune opportunité déterminée. Sa phrase , dans son ouvrage sur le deuil (Callisthène), fait également référence au principe métaphysique de la tyché, nécessité transcendantale qui oriente les événements dans le sens d’une finalité prédéterminéeÉdouard Will, Claude Mossé, Paul Goukowsky, Le Monde grec et l'Orient, Le et l'époque hellénistique, PUF., 1975, page 606..
Pour Polybe (208 à 126 avant notre ère), les dieux et le surnaturel n'existent pas mais il existe un principe métaphysique sous la forme de la tyché, équivalent de la « fortune ». Elle joue chez cet historien le rôle d'une nécessité transcendantale qui oriente les événements dans le sens d’une finalité prédéterminée. Chez Hérodote, la tyché était encore une puissance entre les mains des dieux mais chez Polybe, ce n'est plus qu'une notion abstraiteÉdouard Will, Claude Mossé, Paul Goukowsky, Le Monde grec et l'Orient, Le et l'époque hellénistique, PUF., 1975, pages 605-606..
Cultes et représentations À l'époque hellénistique, son culte connait une grande diffusion. Tyché devient la « Fortune de la cité », en grec ancien, , divinité féminine porteuse de la corne d'abondance, le front ceint d'une couronne murale. Elle est associée aux anciennes divinités poliades ou se substitue à ces dernièresÉdouard Will, Claude Mossé, Paul Goukowsky, Le Monde grec et l'Orient, Le et l'époque hellénistique, PUF., 1975, ..
Plusieurs villes grecques antiques ont leur propre version de Tyché À Antioche et Alexandrie en particulier, elle est vénérée comme déesse protectrice de la ville.. À Antioche (fondée vers 300 avant notre ère) par Séleucos Ier Nicator, le sculpteur Eutychidès de Sicyone en réalise une représentation en bronze doré, considérée comme le chef-d'œuvre de cet artiste.. vignette|Fragment de fresque représentant la déesse grecque Tyche, découverte dans le péristyle d'une maison byzantine dans la ville de Decapolis Hippos-Sussita (Musée d'Israël) Tyché fait partie des divinités dont les statues colossales ornaient le tombeau du roi Antiochos Ier de Commagène (règne de ca. 69 à ca. 40 avant notre ère) sur le Nemrut Dağı.
Une campagne de fouilles à Sussita, sur la rive orientale du lac de Tibériade en Israël, conduite par des archéologues de l'Université israélienne de Haïfa et de l'Université américaine Concordia, révèle plusieurs œuvres dont une fresque de Tyché, datant du IIIe ou IVe siècle de notre ère, près de la fontaine d'une cour intérieure d'un notable.
Par la suite, Tyché sera représentée avec une corne d'abondance, la barre emblématique d'un bateau et la Roue de Fortune.
Art gréco-bouddhique de Gandhâra Dans l'art gréco-bouddhique de Gandhâra, elle est associée à l'ogresse ou déesse Hārītī (ou Kishimojin).
Sur le site archéologique de Hadda, le Bouddha avec Héraclès/Vajrapani (détail de gauche) et Tyché/Hārītī (détail de droite) pourrait être « une sculpture bouddhiste naissante en style indo-grec » (Boardman The Diffusion of Classical Art in Antiquity de John Boardman ). Héraclès a encore sa peau de lion sur l’épaule gauche mais sa massue a été remplacée par le vajra (foudre) de Vajrapani. Tyché tient une corne d'abondance classique.
Numismatique Tyché apparaît au revers des drachmes ou pièces de monnaie de différents royaumes antiques, surtout dans la région de l'Égée. On la rencontre également dans le royaume parthe (partie de l'Iran actuel jusqu'en Mésopotamie) et les régions influencées par l'hellénisme.
Notes et références Notes
Références
Annexes
Bibliographie
Fernand Allègre : Étude sur la déesse grecque Tyché : sa signification religieuse et morale, son culte et ses représentations figurées. Paris, 1889, Ernest Leroux 243 p.
Articles connexes Tyche de Constantinople Religion nabatéenne
Liens externes
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