Jean du Mats de Montmartin, (ou encore du Mats de Montmartin), seigneur de Terchant et de Montmartin, militaire français, capitaine huguenot, époux de Marie de Feschal 15px, 1575, mort au château de Terchant le à Ruillé-le-Gravelais et inhumé à Vitré ; chevalier des ordres du roi, gouverneur de Vitré.
Biographie Origine La famille du Mats est une famille d'ancienne chevalerie d'origine angevine portant : d'argent fretté de gueules de 6 pièces, au chef échiqueté d'or et de gueules de 2 traits. On compte parmi les personnalités notables de cette famille : Jean du Mas, évêque de Dol. Jean du Mats de Montmartin est le fils de Gilles du Mats et d'Anne de Guébriac.
Protestantisme Il embrassa la religion réformée aussitôt qu'elle commença à être professée en Bretagne. Il fut un des principaux auxiliaires de Gabriel de Montgommery dans sa campagne de 1574. À ce titre, il signa, avec son chef et plusieurs autres protestants de marque, la lettreDatée de Carentan le ., par laquelle ils sollicitaient, une fois encore, l'intervention du Lord grand trésorier d'Angleterre pour obtenir d'Élisabeth Ire de nouveaux et prompts secoursLa Normandie à l'Etranger, par le comte H. de la Ferrière, p. 228.. Il prit part aux pilleries des fauxbourgs et environs de Domfront ainsi qu'à la mise à sac du domaine du sieur de Boispitard.
Carentan ayant été pris par Gabriel de Montgommery et Colombières en , il a certainement contribué à y organiser les moyens de défense, les travaux de siège lui semblant familiersDavila, p. 1125.. On ne sait s'il a suivi le comte de Ducey dans sa retraite sur Saint-Lô et dans sa fuite vers Domfront, ou s'il demeura à Carentan jusqu'à la reddition de cette place aux RoyauxNi de Boispitard, ni les auteurs de la France protestante ne le citent comme un des défenseurs du château de Domfront..
Forcé de se soustraire aux persécutions exercées contre ceux de sa religion, il se réfugia en Suisse, d'où il ne revint qu'en 1576, avec Guy XIX de Laval, comte de Laval, à la suite de l'édit de BeaulieuPaul, fils puîné de Jean du Matz, fut baptisé suivant le rite protestant au château de Terchant en 1576. .
Abjuration ? Le , J. Huchedé, en l'absence de Pierre Triguel, prêtre, curé de l'église de Ruillé-le-Gravelais, « absent pour ses affaires urgentes, » signait un certificat de catholicité et de résidence délivré par celui-ci et relatif à « noble Jehan du Matz, seigneur de la seigneurie de Torchant située en lad. paroisse et y demeurant, fondateur de lad. paroisse, » et à « noble Marc de la Bachelottière, demeurant en sa seigneurie de la Gimbretière située en lad. paroisse, lequel sieur de la Bachelottière est homme d'armes de la compaignée de monsieur de Vassé. Ce certificat est fort suspectIl figure aux Archives de la Sarthe, a été publié par Charles Pointeau, (Commission historique et archéologique de la Mayenne, T. III, 1882-1883, pp.. 350-351).. En 1581, il fut député par la Bretagne à l'Assemblée politique de Montauban. En 1586, il fut envoyé au duc Jean-Casimir du Palatinat pour le presser d'entrer en campagne.
Gouverneur de Vitré Il avait rendu au roi de Navarre de signalés services comme officier d'artillerie à Rouen, à la bataille d'Arques, au premier siège de Paris, au Mans. Nommé en 1589 gouverneur de Vitré, la seule ville qui tînt alors avec Brest et Rennes pour Henri IV, il rendit de grands services à ce prince jusqu'à l'entière pacification de la Bretagne.
Il est nommé conseiller chambellan du roi et maréchal de camp. La ville de Vitré ayant été investie au mois de juillet 1590 par les ligueursIls avaient fortifié les maisons des gentilshommes des environs., il commença par nettoyer des ligueurs Vitré et les environsIl fit sortir de l'artillerie et, après avoir pris ou rasé ces maisons, il tailla en pièces 200 hommes amenés par deux capitaines ligueurs au secours de ceux qui s'y étaient établis..
Peu de temps après, les garnisons de Fougères et de Châtillon formèrent une entreprise sur le château de Vitré, qu'elles essayèrent de surprendre pendant la nuit : Montmartin repoussa les attaques des garnisons de Fougères, de Châtillon40 des ennemis avaient pénétré dans le château ; mais, trahis par celui même qui les avait introduits, ils furent tous tués ou faits prisonniers..
Montmartin était auprès du roi, le duc de Mercœur s'aboucha avec du Breil de Boisjouan, qui commandait en l'absence de ce dernierDu Breil à la suite des propositions du duc de consentir à lui livrer le château pour livrer le château. La tentative échoua grâce à l'intervention d'un officier nommé RatonOu plutôt Ralon ; il a donné son nom à une des rues de la ville de Vitré. Le Châtillon dont il est question dans cet article s'appelle Châtillon-en-Vendelais. Voir l'Histoire de Vitré, qui tua le traître et avec l'aide de trois soldats fit avorter ses projets.
Guerres de religion en Bretagne et en Anjou En 1591, après avoir fait, de concert avec Sébastien de Rosmadec, baron de Molac, le siège de PlimeuPrès de Bécherel., qui fut forcé de capituler. Montmartin était alors maréchal de camp dans l'armée du prince de Dombes, et marcha à la rencontre du duc de Mercœur, qui s'avançait pour reprendre Guingamp et qui dut se retirer devant les excellentes dispositions prises par MontmartinDans un conseil que tint le et qui dut se retirer devant les excellentes dispositions prises par Montmartin le , l'opinion émise par Montmartin fut approuvée et décida du sort de la bataille. Cependant l'artillerie des ligueurs, plus nombreuse et mieux servie que celle des royalistes, fit d'abord lâcher pied à ces derniers. Montmartin, s'en apercevant, disposa aussitôt l'armée de telle sorte, que, dès la première charge, il reprit à la pointe de l'épée le terrain que les ennemis venaient de gagner. Sa seconde charge fut si terrible qu'il contraignit l'infanterie du duc de Mercœur à se replier derrière les Espagnols, ses alliés. Montmartin ne fit sonner la retraite qu'après avoir fait un grand carnage des ennemis et les avoir poursuivis autant qu'il le put..
Le prince de Dombes échoua au siège de LamballeMontmartin s'était auparavant efforcé de le dissuader de ce siège. Ses représentations ne furent pas écoutées, et le siège commença.. Montmartin y reçut une blessure. François de La Noue meurt lors de ce combat. Le prince de Dombes put opérer sa retraite en bon ordre en se repliant sur Rennes. Arrivé à Saint-Méen, le prince de Dombes se trouva bientôt en présence du duc de Mercœur. Ce dernier, profitant de l'inaction du premier, se replia, sur Saint-Jouan. Bénéficiant de l'arrivée d'un renfort de 200 hommes, le prince de Dombes se décida enfin au combat. Montmartin, par ses ordres, fut chargé des dispositions de la batailleIl rangea l'armée dans une lande, plaça ses canons sur une petite hauteur, et divisa sa troupe en quatre corps, dont les Français formèrent les deux premiers, les Anglais le troisième et les lansquenets le dernier.. Le succès obtenu dès la première charge n'a pas été suivi de la victoire, si le prince de Dombes décida de la retraite de ces troupes.
Montmartin est envoyé pour faire capituler après quelques jours de siège et 800 coups de canon Châtillon-en-Vendelais. Pendant qu'on traitait des conditions de la capitulation, presque tous les assiégés furent massacrésÀ l'exception de quelques gardes du duc de Mercœur, qui se trouvaient parmi eux et que Montmartin réussit à renvoyer sains et saufs..
L'année suivante le prince de Dombes et le prince de Conti mirent le siège devant la ville de Craon. Le duc de Mercœur remporta une victoire complète.
Montmartin n'était pas alors en Bretagne. Il avait accompagné Henri IV au siège de Rouen. Il revint en hâte à Vitré, qui n'avait que quatre compagnies comme garnison. Il fortifia les faubourgs, où il logea les Anglais, la plupart blessés ou désarmés à Craon. Il jeta dans la ville. Le couvent des Augustins de VitréLa chapelle Saint-Jean-Baptiste fut seule conservée. ainsi que l'église sont incendiés le par Jean du Mats de Montmartin. Le duc de Mercœur, qui comptait, à la faveur de la consternation produite par la bataille de Craon, sur une reddition immédiate, jugea prudent de s'éloigner et d'aller assiéger Malestroit.
Appelé trop tard par le duc de Montpensier pour secourir cette place, Montmartin se dirigea vers Dinan, où se trouvaient 300 Lorrains nouvellement entrés en Bretagne. Il les chargea et leur enleva leurs quartiers après leur avoir fait essuyer quelques pertes.
Le maréchal d'Aumont, nommé en 1592 commandant en Bretagne, ne fut pas plutôt arrivé dans cette province queCédant aux instances de la ville d'Angers et touché des cruautés commises tous les jours par deux chefs de bandes qui désolaient le pays, qu'il résolut d'assiéger deux chefs de bandes, la famille Saint-Offange, partisan de la Ligue dans leur repaire situé à Rochefort, sur le bord de la Loire, au-dessous d'Angers. Montmartin fut chargé de cette expédition. Il obtint d'abord quelques succès, et les assiégésResserrés de toutes parts et réduits à une grande disette. auraient été forcés de capituler si Montmartin eût été exclusivement chargé des opérations du siège. À l'approche de l'hiver, et à défaut d'accord entre le prince de Conti et le maréchal d'Aumont, qui étaient venus le rejoindre, le siège fut levé.
Secours d'hommes et d'argent En 1593, il assista aux États de Bretagne tenus à Rennes, et participa aux délibérations, dont une des plus importantes eut pour résultat d'envoyer des députés à la reine Élisabeth et aux états généraux de Hollande, afin d'en obtenir des secours d'hommes et d'argent. Montmartin, désigné comme l'un d'eux, se rendit auprès du roi pour lui faire part de cette délibération.
Henri IV ayant donné son adhésion aux négociations que les députés devaient poursuivre en Angleterre et en Hollande, ils partirent au mois de février. Ils obtinrent d'Élisabeth la révocation du rappel de ses troupes, et réussirent à faire échouer toutes les tentatives de cette princesse et de ses ministres pour que la ville de BrestDont ils prétendaient faussement que le gouverneur Sourdéac leur était dévoué. reçût un nombre d'Anglais égal à celui des Français formant la garnison. Tout ce qu'ils accordèrent en échange d'un nouveau secours de , ce fut d'ajouter l'île de Bréhat à la ville de Paimpol, qu'occupaient déjà les Anglais. De Londres, les députés se rendirent en Hollande, alors en guerre avec l'Espagne, ce qui les empêcha d'obtenir des États généraux des Provinces-Unies des secours immédiats. Il retournait en Documents inédits pour l'histoire de France. Lettres de Henri IV. - Lettre aux députés de Bretagne du 28 mai 1594. vers Élisabeth pour « avancer et arrester le secours » promis.
Carrière militaire La députationDont Montmartin fut le membre le plus actif et le plus influent. était de retour en Bretagne au mois de juin 1594. Il rentrait en France à la fin du mois de juin pour prendre part au siège de Laon. Il y construit une des cinq redoutes destinées à battre la ville et est pris, le , dans les tranchées par les Ligueurs.
Vers la fin de 1594, le roi ayant envoyé en Bretagne trois régiments, trois compagnies suisses et trois compagnies de dragons, Montmartin fut chargé de prendre le commandement de ces troupes et de les cantonner à Rennes ou dans les environs.
Au commencement de 1595, il reçut ordre de les conduire au maréchal d'AumontQui était resté à Quimper depuis le siège du fort Crozon.. Dès que Montmartin fut à Châtelaudren, il donna avis de sa marche au maréchal, qui lui enjoignit d'investir Corlay, ville au pouvoir de la ligue ou plutôt du brigand FontenelleQui évoqua par ruse l'idée de sa soumission au roi de façon à être secouru par les Espagnols. Pas de succès auprès de Montmartin, qui rejeta ses offres. Montmartin cerna la ville et renferma Fontenelle dans le château. Montmartin employa un stratagème après l'arrivée du maréchal ayant déterminé Fontenelle à capituler.