On (en wallon Yon) est une section de la commune belge de Marche-en-Famenne située en région wallonne dans la province de Luxembourg.

Avant la fusion des communes de 1977, On était une commune à part entière.

On se trouve en Famenne à mi-distance entre Marche (7 km) et Rochefort (6 km), et est traversé par la Wamme.

On est un village étendu le long de la vallée de la Wamme en bordure du fertile plateau du Gerny qui lui a permis un fructueux développement agricole. La population, en forte croissance depuis 1800, est en 2012 d'environ habitants. Le village était principalement agricole jusqu'au début du où il a vu se développer le chemin de fer, l'industrie locale puis le secteur des services.

Étymologie Le nom de On trouve son origine dans le nom germanique Wadjinga qui signifierait « à gué », ou alors de Wado (nom de personne germanique) et Inga (« de », « chez » du germanique Inga) « de chez Wado ».

Le village de On est désigné dans un document de l'an 885 comme suit : « Wadingum super fluvium Wenna » (cité par G. LAMOTTE, Etude historique sur le comté de Rochefort, imprimerie Douxfils Namur, 1893 page 330, n° 298).

Le nom actuel du village proviendrait de la rivière « Wenna » (actuellement la Wamme). En effet, d'après Lamotte et aussi d'après Tandel dans son « Histoire des Communes Luxembourgeoises », le nom de cette localité a été orthographié dans les documents publics des temps passés sous les diverses formes suivantes : Oyn de 1300 à 1317 ; Oyne en 1317 ; Oins en 1408 ; Oms en 1541 ; Ons en 1618 ; On en 1640.

On, anciennement, « oi » et « oy » se prononçaient « ouet » comme dans « roi = rouet », « loi = louet», « foy = fouet» etc. Par conséquent, lorsqu'au ou auparavant, les habitants prononçaient le nom du village écrit sous la forme « Oyn », « Oyne », « Oins », ils disaient « ouenne» comme « Wenne ». C'était le nom de la rivière.

L'ancien nom de « Wenna » ou « Wenne », est d'ailleurs resté à une petite partie de la rivière traversant les prairies à l'extrémité d'Antiémont. C'est la « Venne » par la transformation assez commune du W en VÉcho de la Wamme, mars 1930 . Géographie Topographie On fait partie de la région géographique de la Famenne et plus particulièrement de la bande calcaire de la Calestienne. La Famenne est une dépression étroite située entre la Meuse à l’ouest et l’Ourthe à l’est, limitée au nord par le Condroz, au sud et à l’est par l’Ardenne. La Calestienne en est la bordure sud-est.

Établi dans la vallée de la Wamme sur l’étroit bourrelet du Couvinien, On est un village fort étendu, à la fois le long du cours d’eau et sur le versant sud de la vallée. Il est séparé du plateau du Gerny au nord par une route de crête, la N836, qui longe depuis 1982 la ligne de chemin de fer (la ligne 162 Bruxelles - Luxembourg), mise en service en 1858. La proximité du chemin de fer et du plateau du Gerny permit le développement d’une activité agricole et l’exploitation d’une importante carrière. Le village a une disposition étagée et a tendance à s’étirer parallèlement aux courbes de niveau.

Deux pôles principaux se distinguent à On, l’un centré sur l’église, l’autre étiré le long de la Wamme. Le premier connaît un relief fort accentué, dont l’enchevêtrement des rues escarpées dessine plusieurs quartiers distincts. La dénivellation restreint naturellement l’implantation des maisons et la densité du bâti est plus élevée sur les replats. Largement arboré, le village est dominé par une couronne boisée et sa trame est entrecoupée d’espaces vierges de tout édifice.

Dans la vallée se concentre actuellement l’essentiel de l’activité commerciale. Vers Jemelle, l’habitat est tardif et quasiment ininterrompu jusqu’au tunnel du chemin de fer. À l’opposé vers Hargimont, les maisons sont plus espacées, plus anciennes aussi. Quelques fermes en long se mêlent à des demeures bourgeoises ou plus modestes jusqu’au pont de la Wamme. Autour de la place de la Victoire, ce quartier ancien baigné par le cours d’eau n’est pas dénué de charme.

Cependant, le village n’a presque plus rien de rural dans ses activités; il est physiquement relié à Jemelle, en province de Namur, et cette bourgade y attire sans doute davantage les habitants que la ville de Marche.

Hydrographie Avec Jemelle, Rochefort et Han-sur-Lesse, la région de On est une des plus intéressantes de Belgique en matière d’hydrologie souterraine car 3 rivières - la Wamme, la Lesse et la Lhomme - y ont une importante circulation souterraine et creusent de vastes réservoirs complexes.

La Wamme, qui traverse le village, est une rivière qui prend sa source au sommet d’une colline boisée séparant Nassogne de Saint-Hubert, au lieu-dit « La Flache », à plus de 8 kilomètres au sud-ouest du Centre d'Enfouissement Technique de Tenneville. Elle s’écoule sur une longueur de 27 kilomètres vers le nord-ouest selon un itinéraire arqué pour finalement se jeter dans la Lhomme à Jemelle. Elle reçoit les eaux de ruisseaux dévalant les pentes abruptes de sa vallée.

En bordure du plateau du Gerny, une grotte a été découverte en 1853. D’une longueur de 150 mètres, elle est fouillée en 1854 lors des travaux de terrassement de la ligne de chemin de fer. Dénommée « grotte de la Wamme » ou « grotte de On », elle témoigne d’une occupation humaine régulière depuis l’âge du bronze jusqu’aux grandes invasions du . De nombreux vestiges y ont été découverts lors des fouilles réalisées entre 1964 et 1969. Notamment, une fibule en bronze datée de 250 à 100 Malheureusement, cette grotte a souffert de l’exploitation touristique entamée dès l’époque de son exploration. Elle a partiellement disparu aujourd’hui avec l’extension des carrières voisines. Situées à Jemelle, elles exploitent le calcaire givetien (ère paléozoïque) du Gerny en débordant sur le territoire communal.

Démographie

Source: INS recensements population Le graphique suivant reprend la population résidente du village au janvier de chaque année.

Évolution de la population onaise depuis 1801.

Société Le village de On accueillait dès l'après guerre une population essentiellement ouvrière qu'il fallait loger. Le hameau se forme, le long de la N86, d’un habitat ouvrier, alignements de petites maisons en brique, souvent identiques et regroupées en pâtés de maisons, par blocs ou par quartiers.

Depuis 1990, la majeure partie de l’emploi salarié (80 %) se trouve dans le secteur des services (administration et commerce). Le reste se partage entre l’industrie (12 %) et la construction (6 %).

Plusieurs lotissements de logements sociaux ont été récemment créés à On. Le village compte désormais 144 logements sociaux : 46 au quartier des Sept Prés, 64 à l'Oiseau Bleu, 25 à la ferme de la Wamme (ferme Toussaint), ainsi que neuf autres dans un nouvel immeuble sis rue du Chafour (ancien four à chaux).

Histoire

Le village a également subi de nombreuses destructions lors de la Seconde Guerre mondiale.

Les petites histoires de la Grande Guerre Dans l’Écho belge, journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam, un article du mercredi 20 juin 1917 relate ainsi quelques détails sur la vie à On :

Les monuments aux morts des deux guerres Au centre du cimetière local, sis rue des Forgerons, est érigé un monument aux morts de la Première Guerre mondiale dédié « à la mémoire des Combattants et Déportés morts pour la Patrie » comme l’indique l’inscription sur la face avant.

L’élément central de ce monument est un bloc en forme de pyramide tronquée. Le monument mentionne, gravés sur quatre faces, les noms des valeureux soldats onais, de souche ou d’adoption, morts pour la Patrie.

La face de gauche mentionne les noms et renseignements suivants :

Joseph Simon, de ligne, né à On en 1889, tombé à Ermeton le 24-08-1914 Lucien Legrand, maréchal-des-logis au d’artillerie, né à Liège en 1892, mort à Calais le 24-01-1916 Ulysse Noël, , né à Havelange en 1889, tombé à Adinkerke le 12-03-1918 Émile Herman, de ligne, né à On en 1885, tombé à Forthom le 29-05-1918 Alfred Mostenne, capitaine au d’infanterie, né à On en 1891 et tombé à la forêt d’Houthulst le 28-09-1918 Les rues principales et la place du village portent le nom de ces combattants.

La face arrière mentionne également les noms et renseignements suivants :

Joseph Lecoq, né à Arlon en 1896, déporté le 14-12-1916, mort à Chambley (Alsace) le 31-04-1917 Maurice Godefroid, né à Jemelle en 1898, déporté le 14-12-1916, mort à Busendorf (Lorraine) le 21-07-1917 Désiré Hardenne, né à On en 1885, déporté le 14-12-1916, mort à On le 01-08-1917 La face de droite mentionne l’O.J.A. du 28-01-1919 (Ordre du Jour de l'Armée) :

Le cimetière abrite également la tombe de guerre d’un soldat ressortissant du Commonwealth tombé lors de la Seconde Guerre mondiale.

Le corps du sergent britannique George Oliver Sanford (matricule 5336178) du du régiment parachutiste de l’Army Air Corps, décédé le 5 janvier 1945 à l’âge de 23 ans, y est inhumé. Il était originaire d’Abingdon dans l'Oxfordshire (Royaume-Uni).

En 1949, eut lieu l’inauguration du monument aux victimes des deux guerres situé en bordure de la place Capitaine Mostenne.

Administration Les anciens bourgmestres de la commune indépendante de On Les derniers bourgmestres de la commune de On furent : 1848-1857 : Jean-Baptiste Jadot (1803-1857), entrepreneur, négociant ; 1858-1876 : Jean-Joseph Cousin (1802-1877), exploitant d’une ferme d'une quarantaine d'hectares ; 1876-1877 : Auguste Joseph Frippiat (1825-1914), cultivateur ; 1877-1879 : Jean-Baptiste Jadot (1839-1887), négociant ; 1879-1882 : Hubert-Joseph Paquot (1839-18??) ; 1882-1883 : Jules Joseph Cousin (1832-1886), fils de Jean-Joseph Cousin (ci-dessus) ; 1883-1894 : Hubert Wuilot (1820-1894) ; 1894-1895 : Hubert Joseph Paquot (1839-18??) ; 1895-1919 : Alfred Joseph Frippiat (1859-1954), agriculteur, fils de Auguste Joseph Frippiat (ci-dessus) ; 1919-1932 : Jules Robert (1871-1933), cabaretier ; 1933-1944 : Gustave Jadot (1868-1946), maréchal-ferrant ; 1944-1964 : Victor Orianne (1882-1968), négociant ; 1965-1976 : Maurice Maldague (1903-1994), exploitant d’une ferme.

Le dernier conseil communal de On eut lieu le 3 janvier 1977.

Patrimoine et culture

Patrimoine architectural

On, un des sites les plus pittoresques de la vallée de la Wamme, compte plusieurs bâtiments remarquables des , parmi lesquels la ferme de la Wamme (ancienne ferme Toussaint), demeure en pierre bleue bâtie en U en bord de rivière et reconvertie en logements sociaux en 2009, l’ancienne maison communale, l’église paroissiale Saint-Laurent, l’ancienne école communale sur la place Capitaine Mostenne ou encore l’une ou l’autre demeure bourgeoise bordant la rue Antiémont. Ces imposantes demeures bourgeoises, communément appelées châteaux, sont connues sous le nom de château Cousin (rue Antiémont, 30), château Coupez (rue Antiémont, 32) et château Siméon (rue Antiémont, 43), hommage discret des villageois au dernier occupant notoire des lieux. C’est à l’évidence ce noyau établi sur le versant de la vallée qui a conservé le caractère plus authentique d’un village rural, avec ses différents quartiers. Les constructions parallèles sont la plupart du temps en retrait de la chaussée, étageant deux niveaux sous bâtière.

Au , les constructions à On sont souvent érigées en moellons de grès et de calcaire, alors que les briques sont utilisées pour les bâtiments plus récents. De nombreuses fermes en long parsèment la grand-route et les rues du village, en parallèle à de petites habitations bicellulaires composées d’un logis flanqué d’une dépendance, aux portes jumelles.

Située sur une hauteur, l’église paroissiale Saint-Laurent de style néo-gothique, en grès et en calcaire, a été construite en 1874-1875 au lieu-dit La Motte, à deux pas de la place du village baptisée bien plus tard place Capitaine Mostenne. L'architecte était Charles Bouvrie qui conçut également les églises de Grimbiémont et de Roy.