thumb|upright=2|Schéma présentant les grands items environnementaux et leurs interactions. Les indicateurs environnementaux peuvent concerner chacun des items de base, ou agréger. plusieurs d'entre eux par exemple pour les 3 sphères représentant ci-dessus : 1) les actions (restaurer, protéger, gérer l'environnement…) ; 2) les ressources concernées (eau, air, sol, hygrométrie, taux d'oxygène zones humides, flore, fonge, faune, microbes, biodiversité, indices biotiques, services écosystémiques…) ; 3) les objectifs visés (« les trois piliers du développement soutenable »).

Un indicateur environnemental est un indicateur qui permet d'évaluer l'état de l'environnement, les pressions sur cet environnement et les réponses apportées (modèle Pression-État-Réponse quand il associe ces trois indicateurs), c'est un outil de connaissance et d'aide à la décision (car résumant de l'information pertinente et complexe) ; il « fournit des renseignements sur d'autres variables plus difficiles d'accès ».

Les indicateurs environnementaux sont un sous-ensemble des indicateurs du développement durable. Le suivi temporel d'indicateurs multidimensionnels environnementaux permet de produire des évaluations à l'instant T, et de dégager des tendances (amélioration, situation stable, dégradation). De tels indicateurs sont exigés par les performentiels ou exigentiels des cahiers des charges de certains écolabels ou d'opérations dites à « haute qualité environnementale » ( HQE appliqué à l'architecture). Ils sont nécessaires pour évaluer la réalité des engagements de diverses entités (entreprises, groupes, collectivités, États…) vers le développement durable ou vers la Responsabilité sociale des entreprises (RSE).

Histoire La réflexion et la production d'outils d'évaluation en termes de performance environnementale et sociétale sont relativement récentes. Elles émergent dans les années 1970, et s'affinent dans les années 1990, avec la notion de RSE.Quairel F. (2004), Responsable mais pas comptable : analyse de la normalisation des rapports environnementaux et sociaux, Comptabilité-Contrôle-Audit, tome 10, vol. 1, pp. 7-36, avec une réflexion spécifique un peu plus ancienne pour l'évaluation de la performance environnementale des entreprisesReynaud E. (1996), Les déterminants du comportement de protection de l'environnement des entreprises, Thèse de doctorat, IAE, Université Aix-MarseilleAntheaume N. (1996), Les enjeux comptables de l'environnement (quelle comptabilité de l'environnement pour les entreprises ?), Colloque de l'Association Française de Comptabilité de Nancy, pp. 1145-1159. selon Luc Janicot (2007). (avec les notions de comptabilité environnementaleChistophe B (1992), La comptabilité environnementale et ses enjeux, Revue Française de Gestion, n°89, juin- juillet-août Paris, pp. 96-104 ou comptabilité verteChistophe B. (1995), La comptabilité verte, De la politique environnementale à l'écobilan, De Boeck, Bruxelles, 186 pages).

C'est le Rapport Brundtland et le Sommet de la Terre de Rio (Juin 1992) qui ont mis en avant le besoin d'indicateurs environnementaux capables de valider la performance de ses politiques socio-économico-environnementales, et de jouer un rôle de pilotage ou de rétro-correction des politiques.

Des indicateurs environnementaux et des indicateurs de développement durable (soutenable) ont alors été activement recherchés par la communauté internationale, dont les ONG (le WWF ayant été particulièrement actif dans ce domaine).

L'OCDE a élaboré un corps central d'indicateurs permettant aux 25 pays membres de quantifier l'état de leur environnement, les pressions qui s'exercent sur lui et les réponses fournies par les gouvernements pour y remédier. Eurostat, le PNUD (Action 21 chapitre 40), Alberti (Indicateurs urbains 93), Kirwan (Indicateurs urbains 93), la ville de Seattle expérimentent des indicateurs de durabilité et de soutenabilité et bien d'autres ont suivi, le PNUD et le PNUE conservant l'objectif de disposer d'indicateurs harmonisés au niveau international, mesurant le développement (durable et non durable), en tenant compte des interactions entre phénomènes économiques, sociaux et environnementaux, et des efforts et impacts des acteurs (collectivités, entreprises, citoyens).

Les écobilans, la responsabilité environnementale et les labellisations environnementales (éco- et socio-labels, tels que le FSC par exemple) exigent leur usage et renforcent leur “ valeur ”. Une notion intégratrice nouvelle émerge dans les années 1990-2000 : l'empreinte écologique. Bien que se reconnaissant incomplète, par exemple en sous-évaluant les impacts de l'électricité, et moins précise, elle se montre intuitive et facile à comprendre pour le grand public.

Ces travaux ont permis la construction progressive de méthodologies de construction de l'information de management environnementalPerrin F (2003), La construction d'un système d'information environnemental, d'une logique de communication à une logique de valorisation, Thèse de doctorat, I.A.E., Université Grenoble 2..

Les indicateurs environnementaux ont des fonctions diverses. Certains ont une vocation scientifique pointue ( utilisation des nannoconidés en écologie rétrospective comme indicateurs environnementaux des océans et mers épicontinentales du Jurassique et du Crétacé)Busson, G., & Noel, D. (1991). Les nannoconidés, indicateurs environnementaux des océans et mers épicontinentales du Jurassique terminal et du Crétacé inférieur. Oceanologica Acta, 14(4), 333-356.|url= https://archimer.ifremer.fr/doc/00101/21263/ et d'autres sont des outils de légitimation (voir de greenwashing quand ils sont trompeurs) auprès de diverses parties prenantes, d'autres sont des outils de pilotage utiles et nécessaires.

Comment évaluer la performance environnementale ? La performance environnementale est plus facile à atteindre et prouver quand on peut la mesurer. est ici définie comme le résultat obtenu dans l'exécution d'un objectif environnemental. Cette notion implique l'existence : d'une action dont l'efficacité est à évaluer ( recyclage des déchets, bon état écologique) ; d'une valeur quantitative de référence (échelle de valeur ou de notation, référencée dans l'espace (global/local) et le temps permettant de juger un résultat. ( Moyenne sur les résultats d'un ensemble d'hommes, de région ou de nation (valable dans le cas où les situations comparées présentent suffisamment de similitude en terme géographique, climatique, culturel, de niveau de vie ou d'industrialisation) ; d'une valeur zéro, qui peut par exemple être une valeur historique estimée de l'état pré-industriel, ou “ valeur originelle ”, correspondant à un lieu considéré comme peu affecté par les activités humaines.

L'économiste A. Turki (2009) propose 3 composantes à la performante environnementale : 1) stratégique, 2) opérationnelle et 3) composante relationnelle.

Objet de l'indicateur Un indicateur environnemental de développement (durable ou non) est un outil d'analyse et de diagnostic, d'information, de communication et d'alerte ou d'incitation (Ces indicateurs, quand ils sont connus, stimulent l'application de mesures plus efficaces, lorsqu'une situation tarde à s'améliorer) Il simplifie l'information pour mettre en lumière des phénomènes écologiques ou socioécologiques souvent complexes.. Il quantifie l'information, sous la forme d'une mesure simple ou d'une mesure agrégée (de données multiples et plus ou moins disparates) dont on suit l'évolution ou que l'on compare à des valeurs de références (objectif politique, valeur limite, valeur-guide)Global Reporting Initiative, Lignes directrices pour la production de rapports Développement Durable 2000 et 2002 ; www.globalreporting.org.. Ce suivi (monitoring), selon les besoins et possibilités peut tendre vers le temps réel, et éventuellement être géo-référencé sur Système d'information géographique (SIG).

Il a pour but de : comparer des objets différents (dans l'espace et le temps), déceler les grandes tendances, (aspect prospectif, pour notamment préventivement gérer les risques environnementaux)Boiral O (1998) Vers une gestion préventive des questions environnementales, Gérer et comprendre, Annales des Mines, n°51, mars, pp. 27-37. déterminer des modèles, des réponses, des axes et des priorités politiques (aide à la décision), coordonner et de mettre en pratique les plans proposés (planification), mesurer le niveau de performance des réponses (évaluation des actions et des politiques).

Ce qu'on cherche à mesurer les impacts d'un produit, d'une activité ou du développement, les dérives ou progrès par rapport à des valeurs précédemment enregistrées ou à des objectifs (amélioration ou dégradation par rapport à des valeurs-cibles qui peuvent éventuellement changer dans le temps ou l'espace), les pressions exercées par l'ensemble ou une partie de la société sur l'environnement ou sur des groupes socio-économiques particuliers, l'impact et la détermination de la responsabilité effective de groupes socio-économiques dans les divers phénomènes étudiés.

On cherche parfois à mesurer globalement et localement, dans l'espace et dans le temps, c'est-à-dire que l'on veut aussi apprécier des impacts différés dans l'espace, sur la biosphère et sur les générations futures.

Deux grands groupes

Les indicateurs simples, Avantage : ils mesurent ce que l'on cherche Inconvénient : ils ne mesurent que ce que l'on cherche

Les indicateurs liés répondant au modèle P-E-R Pression-État-Réponse ( indicateurs environnementaux OCDE) qui produisent des indices de performance, qui sont eux-mêmes fonction…

d'indicateurs de pression (activité humaine, divisés en indicateurs de flux qui mesurent quantitativement des émissions ou des prélèvements dans le milieu et indicateurs d'impacts qui mesurent les impacts sur la qualité des écosystèmes), d'indicateurs d'état caractérisant au moment de l'étude le degré d'artificialisation, d'eutrophisation, perte en biodiversité, degré de morcellement des continuums biologiques, la capacité de l'environnement à cicatriser, à absorber ces pressions. Ces indicateurs se définissent en fonction d'une cible ou d'un état-référence (à définir), afin d'aider à la décision, et se référant à des valeurs réglementaires… d'indicateurs de réponse socio-économique qui caractérisent les actions mises en œuvre par la société pour rendre la pression sur le milieu acceptable par ce dernier ( mesures de gestion restauratoire des habitats et infrastructures naturelles). Ils se définissent par rapport à des valeurs-objectifs ou règlementaires pour valider la pertinence des mesures prises et par rétroaction éventuellement réorienter les actions.

Avantage du système P-E-R : C'est un système simple, qui structure et classe les indicateurs, et permet de planifier et modéliser en mettant en lumière certains impacts indirects. Ils permettent de tester l'effet rétroactif de l'action sur différents paramètres, Inconvénient : Ce sont ceux de la simplification (si on n'utilise pas les bioindicateurs par exemple) d'où naît le risque de manquer les effets cachés, les phénomènes induits par les synergies, ou de ne pas prévoir certains effets freinés par l'inertie des systèmes géo-biologiques.

Le Vivant ou des réalités biologiques sont mieux suivis par des bioindicateurs, dont l'homme peut éventuellement faire partie.

Il existe différentes sortes de modèles apparentés au modèle originel P-E-R de l'OCDE, voir Pression-État-Réponse. Ces modèles peuvent rendre compte des phénomènes économiques, sociaux, et institutionnels.

La mesure L'indicateur est un rapport (exprimé en %) de la donnée actuellement mesurée à sa valeur cible (ou guide). La somme des rapports des indicateurs thématiques à leurs valeurs-cibles correspondantes (en %) produit un indice de performance globale de la politique de développement et en l'occurrence de sa soutenabilité. Les objectifs sont :