La Ferme des animaux () est un long métrage d'animation britannique du couple John Halas et Joy Batchelor, sorti en 1954.
C'est une adaptation du roman satirique du même nom, La Ferme des animaux (1945) de George Orwell, commandé et financé en grande partie par la Central Intelligence Agency (services de renseignement des États-Unis), à des fins de propagande dans le cadre de l'. Dans le contexte de la guerre froide, la fin de l'histoire a en effet été modifiée afin de focaliser la corruption sur les animaux représentant le communisme (les cochons) alors que celle touchant les représentants du capitalisme (les humains) a été éliminée. Diffusé en France seulement à partir de 1993 en raison de son caractère anticommuniste, le film est ressorti sous une version restaurée en 2017..
L'affiche promotionnelle du film a pour slogan ( en français).
Synopsis Le narrateur dit que « dans ce monde qui n'est pas le meilleur des mondes mais qui est le nôtre », le printemps est revenu. Mais que ses sortilèges ne peuvent voiler la misère qui règne désormais à la Ferme du manoir, une ferme autrefois florissante et prospère, qui est tombée bien bas depuis que son propriétaire, M. Jones, accablé de difficultés à la suite de sa paresse, s'est mis à boire et à fréquenter des personnes peu recommandables.
Un jour, Jones prolonge fort tard ses libations, et dès son retour la nuit, entreprend sa ronde quotidienne de la ferme. Complètement ivre, il insulte quelques-uns des animaux et lance une bouteille sur la chienne, qui s'écartait pourtant de son chemin, avant d'entrer chez lui se coucher. Une fois leur maître violent et stupide endormi, les animaux vont dans la grange où il est convenu à l'unanimité qu'un meeting se tiendrait, réunion secrète présidée par le Vieux Major (Old Major en VO), un cochon de concours plusieurs fois primé, d'une très grande sagesse. Plus malin que les autres et désireux d’être les premiers, les porcs s'y rendent les premiers, ils sont suivis de Hercule (Boxer en VO), un cheval grand et fort, et son fidèle ami, Benjamin, un âne, puis de tous les animaux, des vaches, des poules, des oies, des moutons, des pigeons, une jument et une chèvre (respectivement Douce (Clover en VO) et Edmée (Muriel en VO mais non-nommées).
Sentant sa fin prochaine, Vieux Major souhaite laisser un message aux autres avant qu'il ne soit trop tard, les animaux s'installent comme ils le peuvent, Hercule pose sur une de ses pattes un caneton cherchant une place, les porcs occupant les premières places avec la chienne. Parmi eux se trouve Boule de Suif (Snowball en VO), un cochon blanc vif d'esprit, César (Napoleon en VO), un porc au tempérament dur, et Mouchard (Squealer en VO), un porc aux joues rebondies et bon orateur. Finalement, la réunion commence lorsque arrive le chat. Durant son discours, Vieux Major rappelle aux animaux que le fruit de leur labeur est pris, voire volé au profit de Jones, dont les œufs des poules, que les jeunes sont voués à la misère et que le sort que l'avenir réserve à certains est peu enviable, voire pire, sans jouir des avantages de la vieillesse. Il leur dit qu'ils ne méritent pas ce traitement et que leur ferme est riche mais que Jones ne leur laissera pas leur part, et leur enjoint de renverser ce dernier pour qu'ils deviennent riches et libres, le temps, selon lui, étant maintenant de la révolte. Les animaux approuvent ses dires et Vieux Major rappelle cependant qu'il ne faudra pas renouveler les erreurs de leur maître. Il dit que tous les animaux sont frères, ainsi, petit ou grand, futé ou naïf, et que surtout, « Tous les animaux sont égaux », puis leur fait chanter l’hymne symbolisant leur union. Malheureusement, en voulant chanter, Vieux Major fait une attaque et meurt sur le coup, les animaux pleurent et réveillent Jones qui utilise son fusil pour disperser les animaux.
Le lendemain matin, voyant leur situation qu'ils estiment intolérable et devançant les prédictions du défunt porc, les animaux, menés par Boule de Suif, défoncent la porte de la réserve et entrent manger la nourriture qui s'y trouve. Le bruit réveille Jones qui advint armé d'un fouet, les animaux, prit de rage, lui font face et, devant cette résistance inattendu, Jones s'enfuit de la ferme. Il va à la taverne du village voisin et obtint l'aide des autres fermiers pour remettre les animaux à leur place. Voyant l'attaque prochaine, Boule de Suif coordonne la tactique de défense, les animaux vont se cacher. Dès les assaillants en vue, les oies attaquent avant de se replier, une fois arrivés à la ferme, les animaux assainissent les ennemis, Boule de Suif charge sur Jones, qui lui tire dessus, avant d’être bousculé par Hercule, qui l’empêche de se servir de son fusil, et se fait percuter par Boule de Suif, qui, bien que blessé, le met à terre. Les fermiers sont repoussés et les animaux deviennent les nouveaux maîtres de la ferme, cependant, la chienne a été tuée, laissant orphelins ses chiots. Les animaux brûlent les outils de torture tout en chantant l'hymne avant d'entrer dans la maison de Jones, Boule de Suif en premier. Les animaux visitent les pièces et César goûte à de la confiture et voit les chiots. En sortant, les animaux jugent l'habitation peu convenable pour eux, sauf César qui récupère secrètement les chiots et les place dans une remise. La ferme est renommée Animalville (Animal Farm dans la version originale) et inscrit sur un mur les lois qu'ils ont eux-mêmes choisies : Aucun animal dans un lit ne dormira Aucun animal alcool ne boira Vive les quadrupèdes, à bas les bipèdes (les poules se fâchent mais Mouchard leur dit que les ailes comptent pour des pattes) Jamais animal animal ne tuera Tous les animaux sont égaux
Le temps passe, les animaux vont travailler aux champs, les porcs réglant les problèmes que l'organisation de la ferme impose, grâce à leur intelligence. Sous le commandement de Boule de Suif, les animaux travaillent de façon organisée, et leurs efforts couronnés de succès, cependant à l'insu de tous, César et son acolyte Mouchard en profitent pour boire le lait des vaches. La ferme retrouve ainsi sa prospérité d'antan durant le premier été de liberté. De loin, Jones voit les animaux réussir mieux que lui et retourne à la taverne du village.
Les récoltes faites, les animaux pensent maintenant à l'avenir de leur communauté, au cours d'une réunion, dont l'initiative vint encore naturellement des porcs, Boule de Suif annonce que, en vue de leur réussite, que la nouvelle de leur action soit répandue pour que leurs congénères des autres fermes se rebellent à leur tour. Les pigeons vont apporter le message mais ne rencontrent qu'indifférence et ironie, les autres animaux étant déjà content de leur sort ou ayant tout simplement peur du moindre changement. Mais ceux croulant sous le joug des fermiers comme Jones se laissent aisément convaincre.
Chez les humains, cela s'agite aussi, en effet, la rébellion d'animaux stupides provoque une indignation, les langues vont de bon train mais personnes n'agit, Jones et ses compères ont beau se concerter, ils ne savent pas quoi faire. Pendant ce temps, à la ferme, Boule de Suif rend obligatoire l'instruction mais certains animaux se révèlent être de piètres élèves. En outre, la ferme étant confrontée à un problème d'énergie, Boule de Suif s'y attaque sans délai, surveillé par César, qui, dans l'ombre, élève les chiots à ses propres fins.
L'hiver rigoureux advint et les animaux croulent sous le froid et la disette, Boule de Suif termine ses plans, sans savoir qu'il est espionné par César, et rassemble les animaux et leur fait part de sa solution : pourvoir à la construction d'un moulin, qui fournira ainsi la ferme en électricité, allégeant les difficultés des animaux sur de nombreux point, notamment la chaleur. Bien qu’avouant le fait qu'il faudra travailler dur et restreindre les rations, Boule de Suif obtient l'approbation de tous, sauf de César qui répète que ceci est mensonge avant d’appeler les chiots, devenu d'effrayants molosses, qui se jettent sur Boule de Suif. Ce dernier s'enfuit et bien que quittant la ferme, est tué dans un coin de forêt. Les molosses rentrent, l'un d'eux annonce qu'ils ont fait le travail à César, qui annonce alors aux autres animaux que Boule de Suif était un traître complotant le retour de Jones (ce qui est évidemment faux), s’autoproclame chef et que dorénavant, c'est lui qui prendra les décisions, avant d'ajouter qu'ils construiront le moulin selon les plans qu'il dit être les siens. Les animaux entament ainsi la construction du moulin, avançant notamment grâce à la force d’Hercule, plus fort que tous les autres animaux, les journées sont longues et éreintantes, les animaux étant sous la supervision des porcs, de plus, les travailleurs ont des pitances réduites tandis que les porcs, les intellectuels, ne manquent de rien.
Le printemps revient et les travaux avancent. Prêt à tous les sacrifices, Hercule et Benjamin font des heures de travail supplémentaires lorsque la journée est terminée, durant toute l'année. Un soir cependant, en rentrant tard, ils surprennent les porcs entrer dans l'ancienne maison de Jones et s'y installer, César dormant dans le lit de Jones. Le bruit de cette nouvelle court rapidement et les animaux ont la souvenance que la première lois interdit l'usage des lits, mais cette dernière spécifie désormais en plus « un lit avec des draps ». La législation d'Animalville connait un autre remaniement, en effet, alors que Jones et ses compères se réjouissent des difficultés qui mettent en péril la ferme, un rusé trafiquant nommer Whymper, décide de tirer parti de la situation. Il se rend à la ferme, et, voyant les pots de confiture dont il a épuisé les réserves, César s'entretient avec Whymper et s'associe à lui. Whymper repart la nuit en emportant des œufs et Mouchard explique aux animaux, que soi-disant soucieux de l'avenir de la ferme, César a décidé de renouer avec le monde extérieur et non pour faire profit, ce qui est contraire à leurs principes, il ajoute que c'est aux poules d'avoir l'honneur du premier sacrifice en donnant tous les œufs. Cependant, les poules ne sont pas d'accord, se souvenant des paroles de Vieux Major, les œufs sont de leur propriété. Le soir même, des poules piègent César et les autres porcs en leur tendant une embuscade en leur jetant leurs œufs sur eux, César appelle alors ses molosses pour arrêter les poules, sous les yeux des autres animaux, le chat est tué lors de l'opération. Le lendemain, les poules incriminées passent en jugement, durant lequel César affirme qu’elles sont des traîtres ayant pactisé avec l'ennemi et ordonne que les possibles « autres traîtres » se confessent, un mouton et une oie se dévoilent et César ordonne leur exécution par ses molosses. Après cela, la loi stipulant qu'aucun animal ne tuera un autre animal est modifiée avec le sang des victimes, spécifiant « sans raison valable ». Après cela, César interdit le chant de l'hymne, prétextant que la révolution faite, il n'a plus raison d’être, sous peine de mort.