Jean-Luc Einaudi, né le à Paris et mort le à Paris Relevé des fichiers de l'Insee...., est un historien amateur et militant politique français d'extrême gauche.

Biographie Militant du Parti communiste marxiste-léniniste de France (PCMLF) de 1968 à 1982Bulletin de presse du PCML / Parti communiste marxiste-léniniste sur le catalogue de la BnF, , dir. publ. Jean-Luc Einaudi., il a été rédacteur du journal du parti, L'Humanité rougeL'Humanité rouge, bulletin de presse, sur le catalogue de la BnF , dir. publ. Jean-Luc Einaudi..

En , Jean-Luc Einaudi publie sous pseudonyme de « André Colère », une brochure intitulée « la fascisation en France », (supplément au de L'Humanité rouge), dans laquelle il écrit notamment : « Partout où le fascisme se manifeste, la riposte de masse doit venir, en n’oubliant pas que le danger vient de l’État, que c’est lui qu’il faut frapper »"Jean-Luc Einaudi, parcours d’un homme de colère", Biographie de Jean-Luc Einaudi sous la forme d'un billet de Christian Beuvain, dans la revue Dissidences . Une seconde édition de cette brochure paraîtra à la mi- (supplément au de L’Humanité rouge).

Jean-Luc Einaudi est alors membre du Collectif de Travail Parisien (CTP), qui supervisait l’action des cellules et sections du PCMLF en région parisienne. Selon lui, le rôle des « maoïstes » a été souvent occulté, mais tous les militants et sympathisants de Paris du PCMLF ont été mobilisés, ainsi que ceux de la Gauche prolétarienne, à qui étaient échus « plus particulièrement la fabrication et l’utilisation de cocktails Molotov ».

Il a également été éducateur de la protection judiciaire de la jeunesse dans la région parisienne.

Il a témoigné en 1997 devant la cour d'assises de Bordeaux, sur le massacre des Algériens du , lors du procès de Maurice Papon pour son action de 1942 à 1944, époque où ce dernier était sous-préfet, secrétaire général de la préfecture de la Gironde.

La question des archives et le massacre de 1961 À la recherche de preuves judiciaires du massacre des Algériens du , Jean-Luc Einaudi dépose le aux Archives de Paris une demande de dérogation pour accéder aux registres d'information du parquet.

Attaqué en diffamation par Papon Le , Jean-Luc Einaudi écrit dans Le MondeOctobre 1961 : pour la vérité, enfin, Le Monde, 20 mai 1998: . En , Papon porte plainte pour diffamation envers un fonctionnaire public, Le Monde du 11 septembre 1998.

Faute de pouvoir produire des documents écrits attestant de la responsabilité de la préfecture de police, dirigée par Maurice Papon en , l'historien sollicite le témoignage des deux conservateurs des Archives de Paris, Brigitte Lainé et Philippe Grand, qui acceptent et témoignent, l'une par écrit et l'autre à la barre, les 4, 5, 11 et . Maurice Papon, présent, est défendu par l'avocat Jean-Marc Varaut et fait témoigner en sa faveur entre autres l'ancien Premier ministre Pierre Messmer, tandis que Jean-Luc Einaudi fait venir à la barre des témoins directs des événements de 1961, dont Henri et Clara Benoits. Le , Maurice Papon est débouté de sa plainte et l'historien relaxé au bénéfice de la bonne foi.

Le témoignage de deux archivistes Dans une note adressée au maire de Paris, Bertrand Delanoë, le , les deux archivistes qui ont témoigné expliquent ainsi la situation :

Ils font ensuite l'objet d'une mise à l'écart complète, se voyant retirer en par le directeur des Archives de Paris, François Gasnault, leurs activités et équipements de bureau et interdire tout contact avec le public. En , le tribunal administratif de Paris annule cette réorganisation du service qu'ils voient comme une sanction déguiséeVoir le dossier documentaire "Philippe Grand et Brigitte Lainé toujours sanctionnés pour avoir témoigné contre Maurice Papon en 1999", compilé par la Ligue des Droits de l'Homme de Toulon en 2004, ainsi que leur entretien avec la revue Vacarme, "On choisit un autre métier si on ne veut pas d'ennuis", paru le 13 septembre 2000. Les notes de service organisant l'interdiction professionnelle de fait des deux archivistes ont été annulées par le tribunal administratif de Paris par jugement du 20 mars 2003. Le passage suivant du jugement du tribunal administratif fournit les raisons de l'annulation de la note de service : .

Critique historique Les thèses et les chiffres avancés par Jean-Luc Einaudi concernant les événements d' ont été sévèrement critiqués par l'historien Jean-Paul Brunet. Einaudi dresse une liste des 393 victimes algériennes qu'il rapporte à la manifestation du (les policiers auraient fait ce soir-là plus de 200 morts) et dont il attribue le décès aux forces de police.

Au lendemain du , la Préfecture de Police communique un bilan se montant à deux morts parmi les manifestants, ( édition : Maspero, 1961).. De fait, les archives de l'Institut médico-légal de Paris n'enregistrent aucune entrée de corps de Nord-Africain à la date du Rapport sur les archives de la Préfecture de police relatives à la manifestation organisée par le FLN le 17 octobre 1961, Paris, Ministère de l'Intérieur, janvier 1998, 54 p. Annexe IV. Institut médico-légal. Graphique des entrées de corps "N.A" par jour. Octobre 1961..

En , la mission dirigée par le préfet Mandelkern, quant à elle, retrouve dans les archives du cabinet du préfet une liste de fin octobre dénombrant sept décès survenus dans le ressort de la Préfecture de PoliceRapport sur les archives de la Préfecture de police relatives à la manifestation organisée par le FLN le 17 octobre 1961, Paris, Ministère de l'Intérieur, janvier 1998, 54 p. Paragraphe 2.3.5. Les victimes des manifestations..

En 2006, les historiens britanniques Jim House et Neil MacMaster Jim House et Neil MacMaster, Paris 1961: Algerians, State Terror, and Memory. Oxford University Press, Oxford and New York 2006 précisent que dans la liste d'Einaudi des 246 victimes pour lesquelles la date du décès est connue, 141 décès ont été enregistrés avant le . Dans la liste de Jean-Luc Einaudi se trouvent plusieurs corps non identifiés; des Algériens morts des suites d'un suicide ou d'un accident ; au moins 8 victimes mentionnées deux fois ; Jean-Paul Brunet y découvre aussi un harki. Jean-Paul Brunet relève que dans la liste des 393 victimes de Jean-Luc Einaudi, 57 seulement sont décédées les 17 et , . Ces historiens soutiennent cependant que la plupart des morts Nord-Africains sur la période devrait être attribuée à la Police et que l'estimation de J.-P. Brunet est minimaliste.

D'une manière générale, Jean-Paul Brunet dénonce dans l'exploitation de cette affaire un car en attribuant . Jean-Paul Brunet rappelle l'engagement de Jean-Luc Einaudi au Parti communiste marxiste-léniniste de France (PCMLF) de 1967 à 1982 et son rôle de rédacteur en chef de L'Humanité rouge qui , signalant aussi son attitude de dénégation des crimes contre l'humanité commis par les communistes cambodgiens sous la direction de Pol Pot et ceux commis par les communistes chinois menés par Mao-Tse-Toung. Et il conclut : , par son manque de professionnalisme.

Paul Thibaud estime qu'« Einaudi entasse les pièces d'un réquisitoire alors que Brunet essaie d'écrire une histoire ». ; ainsi, « beaucoup des résumés d'enquête qu' Einaudi nous livre ne permettent pas de savoir qui a tué », suivant un « choix global et politique », Einaudi met les décès au compte de la police afin d'exonérer le FLN de ses « visées totalitaires ».

Le dossier Younsi En 2013, Einaudi publie un autre livre intitulé Le Dossier Younsi, dans lequel il s'intéresse au parcours et aux circonstances de la mort de l'indépendantiste Abdallah Younsi, l'un des cadres de la Fédération de France du FLN. Son enquête apporte des lumières sur le fonctionnement du FLN dans les mois qui suivent l'indépendance algérienneUn triste « héros » de l’Algérie nouvelle, Catherine Simon, lemonde.fr, 5 février 2014Jean-Luc Einaudi, « Pourquoi ? », Anne Guérin-Castell, mediapart.fr, 19 janvier 2014.

Publications 1986 : Pour l'exemple, l'affaire Fernand Iveton, L'Harmattan 1991 : La Ferme Améziane : Enquête sur un centre de torture pendant la guerre d'Algérie, L'Harmattan 1991 : La Bataille de Paris – (réédition en poche en 2001, postface inédite de l'auteur), Le Seuil 1994 : Un Rêve algérien – Histoire de Lisette Vincent, une femme d'Algérie, Dagorno, réédité par les PUF, 2001 1995 : Les Mineurs délinquants, Fayard 1999 : Un Algérien, Maurice Laban, Le Cherche midi 2001 : Viet Nâm ! La guerre d'Indochine, 1945-1954, Le Cherche midi 2001 : Les Silences de la police, avec Maurice Rajsfus, sur la rafle du Vel d'Hiv et le massacre du , L'Esprit frappeur 2001 : Octobre 1961. Un massacre à Paris, Librairie Arthème Fayard, réédité par les Éditions Pluriel en 2011 2004 : Franc-tireur, Georges Mattéi de la guerre d'Algérie à la guérilla, Éditions du Sextant, coll. « Danger public » 2006 : Traces, des adolescents en maison de redressement sous l'Occupation, Éditions du Sextant 2007 : Un témoin - Georges Arnold, prêtre du Prado 2009 : Scènes de la guerre d'Algérie en France : Automne 1961, Le Cherche midi, coll. « Documents » 2013 : Le dossier Younsi : 1962, procès secret et aveux d'un chef FLN en France, Tirésias 2013 : Franc-tireur, Georges Mattéi, de la guerre d'Algérie à la guérilla, Digital Index, coll. « Révoltes » Version numérique de l'ouvrage de 2004 avec toutes les sources: documents, photos, interviews audio, vidéos, etc. Cette œuvre est dans le domaine public, librement téléchargeable.

Bibliographie Fabrice Riceputi, La bataille d’Einaudi. Comment la mémoire du revint à la République, Clermont-Ferrand, Le Passager clandestin, 2015. Fabrice Riceputi, Ici on noya les Algériens. La bataille de Jean-Luc Einaudi pour la reconnaissance du massacre policier et raciste du 17 octobre 1961, Le Passager clandestin, 2021 . .

Notes et références Notes

Références

Annexes

Articles connexes Ferme Ameziane Liens externes

Interview de Jean-Luc Einaudi dans L'Humanité du Le 17 octobre 1961 : tabou de l’histoire, émission de Là-bas si j’y suis avec Jean-Luc Einaudi, Benjamin Stora, Mehdi Lalaoui (association Au nom de la mémoire) et Didier Daeninckx, diffusée le

Catégorie:Naissance en septembre 1951 Catégorie:Naissance dans le 17e arrondissement de Paris Catégorie:Historien français du XXIe siècle Catégorie:Personnalité du Parti communiste marxiste-léniniste de France Catégorie:Décès en mars 2014 Catégorie:Décès dans le 15e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 62 ans