Le Pilatus PC-7 Turbo Trainer est un avion d'entraînement à turbopropulseur fabriqué par le constructeur suisse Pilatus Aircraft. L’appareil, capable de toutes les fonctions d’entraînement de base, a été sélectionné par plus de vingt forces aériennes comme avion d'entraînement. Depuis son introduction en 1978, plus de ont été vendus, la majorité étant encore en service. La flotte mondiale de PC-7 a effectué plus d'un million d'heures de vol. Présenté en 2021, le PC-7 MKX a été commandé par les Pays-Bas, la France et la Belgique.
Développement Le PC-7 Turbo-Trainer a été conçu sur la base du Pilatus P-3 comme avion d'entraînement pour la formation initiale (ab initio) et basique (« ») des pilotes militaires, notamment dans les domaines de la voltige aérienne, du vol aux instruments, du vol tactique et du vol nocturne.
Après le développement des avions d’entraînement P-2 (1945) et P-3 (1953), tous deux en service dans les Forces aériennes suisses, Pilatus décide de produire un nouvel avion pour répondre au marché mondial des avions d’entraînement. Afin de répondre au mieux aux besoins de ce créneau, le cahier des charges fut conséquent : un turbomoteur performant engendrant de faibles nuisances sonores, une cellule robuste et un train d’atterrissage supportant de nombreux décollages et atterrissages, des commandes précises et maniables, un cockpit biplace moderne et bien équipé, une faible consommation de kérosène, un entretien facile et de faibles coûts d’exploitation.
Le premier prototype est réalisé à partir du prototype du P3-01 (HB-HON) en remplaçant son moteur à piston -C2-Boxer par un turbopropulseur Pratt & Whitney PT6A-20 de . Il effectua son premier vol sur l’ le avec Rolf Böhm aux commandes sous la désignation P3-06 (P-3B). La désignation PC-7 fut introduite l’année suivante à l’occasion du Salon aéronautique du Bourget. Ce fut la première tentative de Pilatus dans le marché des avions d’entraînement à turbine. vignette|gauche|Le premier PC-7 de série (s/n 101, HB-HAO) effectua son premier vol le (photo du ). En 1974 le programme est relancé avec la construction d'un second prototype à partir d'une cellule de P3-05 (s/n 509-58 / A-871) obtenue de l'armée suisse. Cette version, nettement améliorée et plus performante, était équipée d’une turbine PT6A-25. L'appareil (HB-HOZ) effectua son premier vol le avec le pilote H. Galli aux commandes. Cet avion, aujourd'hui exposé au à Dübendorf, est le premier PC-7 à intégrer pour essais les Troupes d'aviation suisses en 1979 avec le numéro A-901 (s/n 509). D'autres modifications importantes suivirent plus tard dans le programme, avec notamment une nouvelle aile monobloc avec réservoirs de carburant intégrés, un empennage modifié et une verrière en bulle.
Le premier avion de série PC-7 Turbo-Trainer (s/n 101, HB-HAO) vola la première fois le avec à nouveau H. Galli aux commandes. La certification civile de l'OFCA a suivi le de la même année et les premières livraisons débutent immédiatement après. L’appareil est également certifié pour le marché civil en répondant à la réglementation de l'aviation générale en Europe et aux États-Unis (FAA).
Conception Le PC-7 Turbo-Trainer est un avion d’entraînement monoplan à ailes basses cantilever, biplace en tandem, en alliage métallique léger. À l’origine, il est doté d'un turbopropulseur PT6A-25A de logé dans le nez de l'appareil avec hélice découplable. Le train d'atterrissage tricycle est rétractable. La verrière en bulle du poste de pilotage est en deux parties et offre une excellente visibilité. Le PC-7 Mk est équipé de deux sièges éjectables « zéro-zéro » Martin-Baker Mk CH 11A ou Mk.15A.
Variantes PC-7 Turbo Trainer : avion d’entraînement militaire biplace motorisé avec un moteur turbopropulseur PT6A-25A (). PC-7OE : version avec points d'attache pour l'Autriche PC-7U : PC-7 développé pour l'Uruguay NCPC-7 : désignation provisoire () entre 2006 et 2009 pour différencier les appareils des Forces aériennes suisses modernisés des autres. Ces avions reprirent la désignation PC-7 à la fin du programme de modernisationPilatus NCPC-7, sur Forces aériennes suisses.. PC-7 WE : programme de modernisation des 27 PC-7 des Forces aériennes suisses débuté en 2024 garantissant leur utilisation jusqu'en 2040 et qui comprend : modification des systèmes de communication, ajout d'un TAS (système d'alerte anticollision), systèmes (radiogoniomètre automatique) étendus, démontage et remontage de l'avionique, des antennes et des faisceaux de câbles. PC-7 Mk : cellule et avionique du PC-9, ailes du PC-7, motorisé avec un moteur turbopropulseur Pratt & Whitney PT6A-25C moins puissant et plus économique que le PT6A-62 du PC-9Basic Trainer PC-7 MkII, sur Pilatus Aircraft.. Il effectua son premier vol le . Pilatus Astra : PC-7 Mk montés en Afrique du Sud à partir de prêts-à-monter livrés par Pilatus et dotée d'une avionique développée localement. vignette|PC-7MKX (HB-HHH) en phase d'approche à RAF Fairford en 2024 PC-7MKX : version améliorée et modernisée du Mk avec planche de bord tout écran à trois écrans multifonctions tactiles, sièges éjectables zéro zéro Martin Baker Z11A, système de climatisation nouvelle génération, train d’atterrissage renforcé, cône de nez un peu plus pointu et aérodynamique, ailettes de bout d'aile. Le système de formation au sol (, GBTS) comprend également de nouvelles approches telles que la « réalité artificielle » (AR), la « réalité virtuelle » (VR) et la « réalité mixte » (MR). Pilatus a présenté le PC-7 MKX au Dubai Airshow en .
NCPC-7 La désignation NCPC-7 a été provisoirement utilisée dans les Forces aériennes suisses pour différencier les PC-7 modernisés (NC pour ) de ceux qui ne l'étaient pas encore. Elle fut supprimée après l’amélioration du dernier des en 2009. Dès lors, tous les reprirent la désignation PC-7.
Le prototype vola pour la première fois le avec Armasuisse. La modification de dix-huit appareils, décidée dans le cadre du programme d’armement 2005, débuta dès 2006. Les appareils sont équipés d'une planche de bord tout écran, d'un GPS, d'un pilote automatique à trois axes, ainsi que d'un second appareil radio VHF. Il reçurent également une nouvelle livrée rouge et blanche à la place de l'emblématique orange. La cabine biplace est équipée à l’avant comme à l’arrière d’un et d’un . Une avionique identique ou similaire à celle du NCPC-7 a été intégrée sur le PC-9M et le PC-21. Ces améliorations élargissent significativement les possibilités d'engagement du PC-7. Il peut désormais être engagé au moyen de la procédure civile de vol aux instruments (IFR), et l’instruction selon les directives de l’AESA.
Les Forces aériennes reçurent les deux premiers PC-7 transformés en . Le , les 18 NCPC-7 avaient officiellement été remis aux Forces aériennes et les contrats pour la transformation de dix autres PC-7 ont été signés. Le dernier appareil est livré en 2009.
Caractéristiques PC-7 Turbo Trainer vignette|upright=1.8|Plan trois vues du Pilatus PC-7 Turbo-Trainer. Envergure : Longueur du fuselage : Hauteur : Surface alaire : Structure : Avion à ailes basses cantilever, construction métallique Groupe motopropulseur : turbopropulseur Pratt & Whitney Canada PT6A-25A de (ou 25A2 de ?) Hélice : hélice tripale réglable Équipement : double commande, radio, équipement pour vol sans visibilité, train d'atterrissage escamotable Masses Masse à vide en ordre de marche : Masse maximale en vol sans charges externes: Masse maximale en vol avec charges externes: Masse maximale au décollage : Masse maximale à l'atterrissage : Performances Vitesse de croisière maximale : Vitesse maximale (VNE) : (, ) Plafond maximum : () Plafond pratique : () Taux de montée maximum : () Charge alaire : () Autonomie de vol maximum : Rayon d'action : () Distance franchissable maximale : (), à () avec de réserve. Distance de décollage avec obstacle de : Distance d'atterrissage avec obstacle de : Limitations Accélération positive maximale : Accélération négative maximale : Vitesse de décrochage : (, ), volets et train d’atterrissage sorti, moteur éteint
PC-7 Mk vignette|upright=1.5|Simulateur des Forces aériennes royales néerlandaises comportant une planche de bord tout écran de même type que celle équipant les PC-7 néerlandais depuis leur modernisation. Envergure : Longueur du fuselage : Hauteur : Moteur : turbopropulseur Pratt & Whitney Canada PT6A-25C de Masse à vide (selon la configuration) : Masse maximale au décollage (voltige) : Masse maximale au décollage maximum (utilitaire) : Sièges éjectables : Martin Baker Mk CH 15A Performances Vitesse de croisière maximale (niveau de la mer) : Vitesse de croisière maximale () : Taux de montée maximum : () Rayon d'action : Distance décollage obstacle de () : Distance d'atterrissage obstacle de () : Limitations Accélération positive maximale : Accélération négative maximale : Vitesse maximale : Vitesse de décrochage (volet et train d’atterrissage rentré) : Vitesse de décrochage (volet et train d'atterrissage sorti) :
Galerie
Production Plus de 450 Pilatus PC-7 Turbo Trainer ont été vendus dans , dont 163 PC-7 Mk. En 2015, après la livraison de PC-7 Mk à l'Inde, le nombre total d'appareils produits est de plus de 600.
Engagements Le PC-7 est actuellement en service dans une vingtaine de pays. Au cours des années 1980, une polémique a fait rage en Suisse concernant un éventuel classement de cet avion en tant que « matériel de guerre », ce qui aurait empêché son exportation vers des pays en guerre ou considérés comme tels. Les partisans d'une limitation de son exportation argumentaient que bien que livré sans armement, il pouvait facilement être modifié en avion d'attaque au sol par les pays acquéreurs pour embarquer des mitrailleuses en nacelles (FN Herstal a été évoqué comme fournisseur), des roquettes voire des bombes. Il a été engagé notamment en Irak, en Iran, en Birmanie, au Mexique et au Guatemala.
Utilisateurs vignette|upright=1.5|Utilisateurs militaires du PC-7 Militaires
vignette|PC-7 Mk des forces aériennes sud-africainesForce aérienne sud-africaine : 60 x Pilatus PC-7 Mk Astra (s/n 101 à 160 / immatriculation 2001 à 2060), cinq appareils ont été détruits dans des accidents (avec éjections), deux endommagés, PC-7 Mk en service au sein du et du . Commandés en 1993, ces avions furent montés localement à partir de prêts-à-monter livrés par Pilatus. Ils reçurent un ensemble avionique développé en Afrique du Sud et furent par conséquent nommés localement Pilatus Astra. Entre 2010 et 2013, furent modernisés par Pilatus. Ils reçurent notamment l'avionique standard Mk et un cockpit moderne, ils furent donc renommés Pilatus PC-7 Mk. Avant la modernisation, en raison du nombre réduit d'élèves pilote, la moitié de la flotte avait été stockée. La flotte active et stockée était échangée à intervalles réguliers pour équilibrer les heures de vol par cellule. La vingtaine d'autres PC-7 Astra ont été proposés à la vente.
Force aérienne nationale angolaise : 20 x PC-7 (s/n 300 à 311 et 568 à 575 / immatriculation R-401 à R-412 et R-418 à R-423, s/n 574 et 575 ont repris les immatriculations R-405 et R-407). Première série de (s/n 300 à 311) commandée en 1981 et livrée en 1982 et deuxième série de livrée en 1990. Cinq appareils ont été détruits dont un abattu le à LuandaDavid Learmoun, 1994 World military aircraft incidents, sur Flight International, 16-22 août 1995.. Seize PC-7 sont en service en 1994 1994 World's Air Forces, sur Flight International, 24-30 août 1994., neuf en 2003 2003 Military aircraft census, sur Flight International, 3-9 février 2004, cinq en 2016. Le R-417 (s/n 567) est exposé à la base de Luanda, le R-419 (s/n 569) à l'entrée de la base de Lobito.
vignette|PC-7OE des forces aériennes autrichiennes