La brigade des fusiliers marins est une unité de la Marine française qui a combattu aux côtés de l'armée belge en 1914-1915 et qui s'est sacrifiée en à Dixmude pour arrêter l'avancée de l'armée allemande et protéger Dunkerque.
Origine de la brigade Lorsque la guerre est déclarée en , la Marine française dispose de fusiliers marins inemployés à bord de ses bâtiments, car les principaux combats sont terrestres. Pour utiliser ces hommes, il est décidé, le , de créer une brigade forte de organisée en deux régiments qui seront les et de fusiliers marins. Le commandement de la brigade est confié à Pierre Alexis Ronarc'h qui vient d'être nommé contre-amiral. La première mission confiée est la défense de la capitale et de sa banlieue d'où la garnison habituelle est partie.
Organisation de la brigade La brigade est constituée d'un état-major, des deux régiments et d'une compagnie de mitrailleuses de . Chaque régiment est commandé par un capitaine de vaisseau et composé lui-même d'un état-major et de .
L'organisation est calquée sur celle des régiments d'infanterie de 1914, à l'exception des sections de mitrailleuses qui sont indépendantes des régiments.
Le recrutement Sur les inscrits maritimes versés dans la brigade de fusiliers marins commandée par l'amiral Ronarc'h, la plupart étaient bretons. .
Dans les effectifs, on remarque fusiliers marins très jeunes (jeunes engagés ayant à peine seize ans et demi), et des réservistes du dépôt de Lorient, anciens chauffeurs ou mécaniciens de la flotte. L’extrême jeunesse des apprentis surprend les Parisiens qui leur donnent le surnom de « Demoiselles de la Marine » ou de « Demoiselles aux pompons rouges » .
Ils sont rejoints à Paris par des renforts arrivant des autres ports : Rochefort, Brest, Cherbourg et Toulon. Ces renforts comprennent des marins au long cours, des pêcheurs ou caboteurs, qui vont se transformer rapidement en soldats de l'armée de terre en remplaçant la vareuse par la capote.
Envoyés en renfort en Belgique En , les Allemands en surnombre menacent d'anéantir les défenses belges. La brigade reçoit la mission de quitter Paris pour aller en renfort de l'armée belge, cette mission étant également donnée à la d'infanterie territoriale. Il s'agit d'aider l'armée belge à se replier vers la France et de protéger le port stratégique de Dunkerque.
La brigade est transportée en train dans les Flandres, puis elle se dirige vers Anvers où se trouve assiégée l'armée belge. À Gand, la brigade s'arrête, la voie étant coupée au-delà.
Les fusiliers marins se battent à Melle les 9, 10 et pour protéger la retraite des troupes belges ayant évacué Anvers. Ensuite, ils décrochent vers Dixmude qu’ils atteignent le après une marche épuisante. Poursuivis par cinquante mille Allemands, ces hommes habitués à vivre nu-pieds sur le pont de leurs bateaux, fournissent des marches de trente et quarante kilomètres.
Le lendemain, , la ligne de défense des marins est à peine établie que les Allemands déclenchent à leur première attaque par artillerie et infanterie. Les combats pour la possession de Dixmude viennent de commencer, opposant marins de la brigade commandée par l'amiral Ronarc'h et Belges commandés par le colonel Meiser à trois corps de réserve d'armées allemands, sous les ordres du prince de Wurtemberg, environ .
La décision du général Foch
Les états-majors français et belge se rencontrent, et, compte tenu de l'évolution de la situation, pensent qu'il est désormais possible d'arrêter l'invasion allemande le long de la côte.
Le général Foch, commandant en chef adjoint de la zone Nord, raconte ainsi sa stratégie :
Au soir du , Foch adresse à l'amiral Ronarc'h une instruction lui fixant sa mission à Dixmude :
Ronarc'h retransmet l'ordre à ses marins :
Déroulement de la bataille de Dixmude thumb|left|Soldats lors de la Bataille de Dixmude (carte postale, 1914). Le à du soir, le prince de Wurtemberg lance une attaque générale avec comme objectif de percer le front en direction de Furnes. Deux colonnes vont assaillir le front Nieuport-Dixmude tenu par les Belges et deux autres colonnes vont concentrer leurs efforts sur Dixmude, après une formidable préparation d'artillerie.
Le , les marins sont renforcés par le régiment mixte colonial aux ordres du lieutenant-colonel Pelletier. Ce régiment comprend deux bataillons : le bataillon sénégalais d'Algérie (commandant Frèrejean) et le bataillon sénégalais d'Algérie (commandant Brochot).
Le , à la suite d'une décision prise le 25, les Belges ouvrent les vannes et inondent la rive gauche de l'Yser entre ce fleuve et la chaussée de chemin de fer de Dixmude à Nieuport, faisant de Dixmude une presqu'île artificielle. Ces inondations, décidées par Albert de Belgique sur proposition de l'état-major de l'armée belge, sauvèrent la situation sur l'Yser.
Le , les défenseurs de Dixmude sont contraints, après d'âpres combats qui se terminent en corps à corps à la baïonnette ou au couteau, d'abandonner la ville en feu et de repasser sur la rive gauche de l'Yser.
Ils s'étaient engagés à tenir la ville pendant quatre jours, mais ils ont tenu trois semaines, face à environ Allemands qui ont laissé et plus de .
Des pertes très importantes Les pertes des défenseurs sont élevées. Les marins perdent morts ou hors de combat : , mariniers, maîtres et matelots ont été tués ; , mariniers, maîtres et matelots sont blessés ; 698 ont été faits prisonniers ou sont portés disparus.
Concernant les tirailleurs sénégalais, il reste au bataillon Frèrejean et seulement 11, dont un capitaine, au bataillon Brochot : sur .
Le , l'offensive allemande est définitivement stoppée.
Suites de la bataille Le sacrifice de la brigade a eu un grand retentissement en France. On remarqua que cette unité n'avait pas de drapeau. Pour réparer cet oubli, les rescapés de la brigade de fusiliers marins sont rassemblés près de Dunkerque le . Raymond Poincaré, président de la République, accompagné de Victor Augagneur, ministre de la Marine, remet solennellement à l'amiral Ronarc'h le drapeau des fusiliers marins, dont la garde est confiée au deuxième régiment.
Fin , la brigade s'installe dans le secteur de Nieuport.
De janvier à , les fronts dans les Flandres vont progressivement se stabiliser jusqu'à l'offensive alliée de .
Dissolution de la brigade
En , le gouvernement français décide de dissoudre la brigade de fusiliers marins, à la suite de la demande de la Marine nationale qui a besoin de ses personnels pour lutter contre les sous-marins allemands. Il est décidé que le drapeau des fusiliers-marins restera au front des armées avec un bataillon, une compagnie de pontonniers et huit sections de mitrailleuses. Le rôle des deux régiments est clos le .
Pendant les seize mois au front, la brigade de fusiliers marins, a perdu, en tués, blessés ou disparus, , mariniers et environ maîtres et matelots, soit l'équivalent de son effectif initial majoritairement composé de Bretons.
Mascotte La mascotte du régiment est un baudet recueilli en Flandre, . Il transporte les blessés lors de la bataille de Dixmude, se couchant sur les chemins et sous les arbres en cas de danger. Baptisé Dixmude par la brigade, il est décoré de la Légion d'Honneur et de la Croix de guerre. Lorsque l'unité, dissoute, rentre à Lorient, il défile à l'arrière-garde du détachement. . Il poursuit ses au 3° dépôt des équipages de la Flotte où . Il y passe le reste de son existence et y est enterré. L'un de ses fers et ses décorations sont conservés au musée de La contemporaine.
Personnalités ayant servi dans la Brigade de fusiliers marins
Alfred de la Barre de Nanteuil Le Flô (1877-1914), officier de marine, archéologue et écrivain, commandant la 12 compagnie, mortellement blessé à Dixmude le 10 novembre 1914. Son nom est inscrit au Panthéon parmi les 560 écrivains morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale.
L'affaire de la plaque commémorative
En 2006 une plaque commémorative en langue bretonne a été installée à Dixmude en l'honneur des combattants bretons morts au cours, notamment, de la bataille d'octobre et . Elle porte l'inscription (en breton) : « Enor d'ar Vretoned marv e Diksmude évite ar frankiz d'ar 16 a viz Du 1914 » (« Honneur aux Bretons morts à Dixmude pour la liberté le »). Cette plaque commémorative a été retirée en 2008 après avoir été dégradée et non remise en place depuis. L'association bretonne Koun Breizh a demandé en 2025 au bourgmestre de Dixmude de la remettre en place..
Bibliographie
. . . . Texte en ligne disponible sur LillOnum. , . , .
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Notes et références
Voir aussi Articles connexes Fusiliers marins Commando marine Fusilier
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