La Martre à gorge jaune (Martes flavigula) est une espèce de mammifères carnivores de la famille des Mustélidés. Originaire de l'Himalaya, d'Asie du Sud-Est et d'Asie de l'Est, elle est caractérisée par son pelage d'un jaune doré éclatant, sa tête et son dos étant nettement plus foncés, mêlant le noir, le blanc, le jaune doré et le brun. Après la Martre de Nilgiri (Martes gwatkinsii), elle est la plus grande espèce du genre Martes, les deux espèces partageant le sous-genre Charronia. Elle a un corps robuste et sa queue représentant plus de la moitié de la longueur de son corps.

C'est un omnivore opportuniste dont les sources de nourriture vont des fruits et du nectar aux invertébrés, rongeurs, lagomorphes, reptiles et oiseaux, jusqu'aux petits primates et ongulés. Elle a aussi la réputation de pouvoir aisément s’attaquer aux chats, aussi bien en milieu naturel qu’à proximité des habitations humaines. Elle est classée en préoccupation mineure sur la Liste rouge de l'UICN en raison de sa large répartition, de sa population stable, de sa présence dans plusieurs zones protégées et d'une absence apparente de menaces.

Dénominations Nom scientifique : Martes flavigula (Boddaert, 1785) selon ; Noms vulgaires : Martre à gorge jauneAnnexes au Journal officiel des Communautés européennes du 18 décembre 2000. Lire en ligne.Meyer C., ed. sc., 2009, Dictionnaire des Sciences Animales. consulter en ligne. Montpellier, France, Cirad. Murray Wrobel, 2007. Elsevier's dictionary of mammals: in Latin, English, German, French and Italian. Elsevier, 2007. , 9780444518774. 857 pageRechercher dans le document numérisé, Martre asiatique à gorge jaune ; noms vernaculaires : Martre d'Inde avant la séparation d'avec l'espèce indienne Martes gwatkinsii.

La martre à gorge jaune s'appelle หมาไม้ (litt. chien des branches) en Thaïlande.

Taxonomie vignette|gauche|Illustration de Galidictis chrysogaster par Charles Hamilton Smith, 1837 La première description écrite de la Martre à gorge jaune dans le Monde occidental est due à Thomas Pennant dans son ouvrage History of Quadrupeds en 1781, qu’il désigne sous le nom de White-cheeked « Joues blanches » . Pieter Boddaert l'intègre ensuite dans son Elenchus Animalium sous le nom binomial de Mustela flavigula. Pendant une longue période après la publication de l'Elenchus, l'existence même de la Martre à gorge jaune a été considérée comme douteuse par de nombreux zoologistes, jusqu'à ce qu'une peau soit offerte au musée de la Compagnie des Indes orientales en 1824 par Thomas Hardwicke. Dans les deux premiers cas, ni le spécimen-type, ni la localité-type n’ont été donnés, ce n’est qu’en 1941 que le zoologiste britannique Reginald Innes Pocock définit une localité-type au Népal.

Bien qu’elle soit désignée sous l’appellation de Martre (dans le genre Martes ou Mustela), le zoologiste britannique John Edward Gray constate un certain nombre de particularités la différenciant des martes et des zibellines, comme le crâne renflé et aplati, le museau plus court mais plus large, les incisives supérieures proéminentes, ainsi qu’une queue allongée et assez mince. Ce qui l’incita à créer le sous-genre Charronia.

Sous-espèces +Liste des dix sous-espèces de Martes flavigula recensées par et toujours à jour selon : Sous-espèce et auteur Description Aire de répartition Synonymes M. f. flavigulaBoddaert, 1785(Sous-espèce nominale)centre|180px Une grande sous-espèce qui se distingue par l'absence de zone de peau nue au-dessus du coussinet plantaire de la patte arrière, un pelage plus dense entre les coussinets plantaires et carpiens de la patte avant, ainsi que par un pelage d'hiver plus long et plus luxueux. Du Jammu-et-Cachemire vers l'est à travers le Nord de l'Inde, l'Himalaya jusqu'à l'Assam, la haute Birmanie, le Sud-Est du Tibet et le Sud du Kham. chrysogaster (C. E. H. Smith, 1842)hardwickei (Horsfield, 1828)kuatunensis (Bonhote, 1901)leucotis (Bechstein, 1800)melina (Kerr, 1792)melli (Matschie, 1922)quadricolor (Shaw, 1800)szetchuensis (Hilzheimer, 1910)typica (Bonhote, 1901)yuenshanensis (Shih, 1930) M. f. aterrimaPallas, 1811 Non décrite. Le Kraï du Primorié, la Chine et la Mongolie. Viverra aterrima (Pallas, 1811) M. f. borealisRadde, 1862 Se distingue de la sous-espèce flavigula par sa fourrure hivernale plus dense et plus longue, ainsi que par des dimensions générales légèrement supérieures. L'oblast d'Amour, le Kraï du Primorié, l'ancienne Manchourie et la Péninsule de Corée. koreana (Mori, 1922) M. f. chrysospilaSwinhoe, 1866centre|180px Non décrite. Taïwan. xanthospila (Swinhoe, 1870) M. f. hainanaHsu et Wu, 1981 Non décrite. L'île de Hainan. Aucun. M. f. henriciSchinz, 1845 Non décrite. Sumatra. Aucun. M. f. indochinensisKloss, 1916centre|180px Se distingue de flavigula par la présence d'une zone de peau nue au-dessus du coussinet plantaire des pattes arrière et de la zone située entre les coussinets plantaires et carpiens des pattes avant. Le pelage d'hiver est plus court et moins dense, avec une coloration plus claire, plutôt jaunâtre sur les épaules et le haut du dos ; les lombes sont moins pigmentées et la nuque est plus abondamment tachetée de jaune. Le ventre est d'un blanc sale et la gorge est jaune clair. Le nord de la Région de Tanintharyi, la Thaïlande et le Viêt Nam. Aucun. M. f. peninsularisBonhote, 1901 Semblable à indochinensis, mais s'en distingue par sa tête brune plutôt que noire, la nuque étant de la même couleur que les épaules, généralement beige ou brun jaunâtre. Les épaules et le haut du dos sont moins jaunes que chez indochinensis, l'abdomen est systématiquement brun foncé, tandis que la gorge varie du jaune-orange au crème. La fourrure est courte et fine. Le sud de la région de Tanintharyi et la Péninsule Malaise. Aucun. M. f. robinsoniPocock, 1936 Non décrite. L'ouest de Java. Aucun. M. f. sabaChasen et Kloss, 1931centre|180px Non décrite. Bornéo. Aucun.

Phylogénie Le cladogramme suivant présente les relations de parenté au sein du genre Martes. Il montre que la marte à gorge jaune fait partie d’un petit groupe basal du sous-genre Charronia, composé des espèces « jaunes » d’Asie du Sud-Est :

Description vignette|gauche|Illustration d'un crâne dans l'ouvrage Fauna of British India de Blanford. vignette|Un individu dans le Sanctuaire de la vie sauvage de Pangolakha. La Martre à gorge jaune possède une fourrure courte d'un jaune brunâtre brillant. Sa tête, pointue, est d'un brun noirâtre avec des joues rousses, tandis que son menton et sa lèvre inférieure sont brun clair. Sa poitrine et la partie inférieure de sa gorge arborent une teinte orange doré, alors que ses flancs et son ventre sont jaune vif. L'arrière de ses oreilles est noir et leur face interne est gris jaunâtre. Ses pattes avant et la partie inférieure de ses membres antérieurs sont noires. Sa queue est noire sur le dessus, avec une base brun grisâtre et une extrémité plus claire.

C'est un animal robuste et musclé qui présente un thorax allongé, un long cou et une longue queue qui mesure environ les deux tiers de la longueur de son corps. Ses membres sont relativement courts et puissant, terminés par des pattes larges. Ses oreilles sont grandes, larges et dotées d'une extrémité arrondie. La plante de ses pieds est recouverte de poils rudes et souples, bien que les coussinets digitaux et plantaires soient nus et que les pattes soient globalement peu velues. Son os pénien (baculum) est en forme de S et présente quatre processus émoussés à son extrémité.

La martre a gorge jaune est l’une des plus grande espèces du genre Martes. Les mâles mesurent entre et de long (corps et tête), contre à pour les femelles. Les mâles pèsent de 2.5 à 5,7 kg, tandis que les femelles affichent un poids oscillant entre 1.6 à 3,8 kg. Ses glandes anales possèdent deux protubérances inhabituelles qui sécrètent un liquide à l'odeur forte utilisé à des fins défensives.

Écologie et comportement La Martre à gorge jaune occupe des domaines vitaux étendus mais non permanents. Elle patrouille activement son territoire et est capable de parcourir entre en une seule journée. Elle chasse principalement au sol, mais grimpe aux arbres avec une grande agilité, se montrant capable d'effectuer des sauts mesurant jusqu'à entre les branches. Après les chutes de neige du mois de mars, elle restreint l'essentiel de ses activités à la cime des arbres.

Régime alimentaire vignette|Une Martre à gorge jaune avec un Coq sauvage capturé dans le parc national de Corbett. La Martre à gorge jaune est un prédateur diurne qui chasse habituellement en couple, bien qu'elle puisse également s'organiser en bandes de trois individus ou plus. Elle se nourrit de rats, de souris, de lièvres, de serpents, de lézards, d'œufs et d'oiseaux nichant au sol comme les faisans et les francolins. Des captures de chats et de volailles sont également rapportées. Elle a parfois été observée se nourrissant de cadavres humains, et on pensait autrefois qu'elle était capable d'attaquer un homme désarmé lorsqu'elle agissait en groupes de trois ou quatre individus. Elle s'attaque également à de petits ongulés ainsi qu'à d'autres espèces de martres plus petites, telles que la Zibeline.

Dans l'Himalaya et au Myanmar, elle tue fréquemment des faons de muntjac, tandis que dans la région de l'Oussouri, la base de son régime alimentaire hivernal est constituée par le porte-musc. Deux ou trois martres à gorge jaune peuvent consommer entièrement la carcasse de cet ongulé en l'espace de 2 à 3 jours. Elle tue également les jeunes d'espèces d'ongulés plus grandes dont le poids se situe dans une fourchette de , y compris les jeunes axis, les chevreuils et les gorals. Des marcassins sont aussi capturés occasionnellement. On rapporte par ailleurs qu'elle est capable de suivre les tigres à la trace pour se nourrir des restes de leurs proies. En Chine, des cas de prédation sur des petits du Panda géant ont été documentés.

Elle complète son alimentation with du nectar et des fruits, ce qui en fait un agent important pour la dissémination des graines.

Reproduction L'œstrus se produit deux fois par an : une première fois de la mi-février à la fin mars, et une seconde fois de la fin juin au début août. Durant ces périodes, les mâles s'affrontent violemment pour obtenir l'accès aux femelles. Les portées se composent généralement de deux ou trois petits, et plus rarement de quatre.

Prédateurs La Martre à gorge jaune compte peu de prédateurs naturels, mais elle peut occasionnellement être la victime de grands carnivores. Des restes d'individus ont été sporadiquement découverts dans les excréments ou l'estomac de tigres de Sibérie et d'ours noirs d'Asie. Un cas de prédation par un Aigle montagnard sur une martre adulte a également été documenté.

Statut de conservation La Martre à gorge jaune est inscrite dans la catégorie « préoccupation mineure » (LC) sur la Liste rouge de l'UICN en raison de sa vaste aire de répartition et de sa présence au sein de nombreuses zones protégées. La population mondiale est considérée comme stable et l'espèce ne semble pas faire face à des menaces majeures immédiates.

Notes et références

Bibliographie

Voir aussi

Liens externes

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