Un journaliste est un professionnel chargé de la collecte, de la vérification, de l'analyse, et de la rédaction d’informations, qu’il diffuse ensuite au public, à travers différents supports médiatiques, tels que la presse écrite, la radio, la télévision ou les plateformes numériques.
Le journaliste enquête sur des faits d’actualité ou des sujets d’intérêt, recoupe les sources pour en assurer la fiabilité, et met les événements en contexte afin de fournir une information précise et compréhensible. Il doit faire preuve de rigueur, d’esprit critique, d’objectivité et de respect de la déontologie professionnelle.
Au-delà de la simple transmission de l’information, le journaliste joue un rôle essentiel dans la société en contribuant à la transparence, à la formation de l’opinion publique et au contrôle des pouvoirs politiques et économiques.
Le métier de journaliste est également reconnu comme l’un des plus exigeants et des plus risqués. Dans l’exercice de leur profession, les journalistes peuvent être confrontés à diverses formes de pression, telles que la censure, les menaces ou l’intimidation, ainsi que, dans certains contextes, à des poursuites judiciaires, des arrestations, des emprisonnements, des violences physiques, et des assassinats. La recherche d’une information exacte et indépendante est susceptible de les placer en conflit avec des intérêts politiques, économiques ou sociaux, ce qui rend l’exercice de ce métier particulièrement complexe et parfois dangereux.
Rôle Un journaliste, s'il a toujours une même mission, à savoir d'informer le public (que ce soit un public ciblé ou le public le plus large), peut travailler sur des sujets généraux ou se spécialiser dans certaines questions. La plupart des journalistes ont tendance à se spécialiser et, en collaborant avec d'autres journalistes, rédigent un article ou mettent en forme un reportage qui couvre l'actualité. Par exemple, un journaliste sportif couvre les nouvelles dans le monde du sport, mais ce journaliste peut aussi faire partie d'un journal qui couvre d'autres sujets.
Le travail du ou de la journaliste consiste principalement à recueillir des informations puis écrire des articles ou publier des reportages (écrits, audio, photo ou vidéo), en consultant les dépêches des agences de presse et la documentation de son entreprise, en interrogeant des spécialistes ou des témoins, à qui il garantit la protection des sources d'information des journalistes.
Un même métier recouvre des productions différentes : article écrit pour le journaliste de presse écrite, reportage sonore ou présentation de journal parlé pour le journaliste de radio, reportage en images ou présentation de journal télévisé pour le journaliste de télévision, photographie pour le photojournaliste, et enfin diverses formes plus récentes (infographie fixe ou animée, article avec animations cliquables, etc.) pour différents types de médias visuels, particulièrement sur internet.
Différentes facettes du métier La profession se décline ainsi sous de nombreuses facettes mais, malgré la diversité de leurs rôles, ces acteurs sont tous journalistes, unis par la même déontologie et la même mission d'information.
La direction de la rédaction Directeur de la publication : C'est le responsable juridique et légal du média (souvent le propriétaire, le président du groupe ou le directeur général). Contrairement aux autres rôles, il s'agit d'une fonction statutaire obligatoire en droit de la presse français. Il ne choisit pas nécessairement les sujets au quotidien, mais il assume la responsabilité pénale de tout ce qui est publié (diffamation, droit de réponse, etc.)
Rédacteur en chef : C'est le patron opérationnel de la rédaction. Il définit la ligne éditoriale, anime les conférences de rédaction (réunions quotidiennes), valide les sujets et encadre les équipes de journalistes. Contrairement au directeur de publication qui gère l'aspect légal et financier, le rédacteur en chef est le chef d'orchestre des contenus. Il décide de la "Une" et de la hiérarchie de l'information.
Le journalisme de terrain et d'actualité Reporter / Grand reporter : Le reporter est un journaliste envoyé sur le terrain pour collecter des informations, interviewer des témoins et raconter un événement. Le grand reporter est un titre distinctif (souvent lié à l'ancienneté ou à la notoriété) qui désigne un journaliste bénéficiant d'une grande autonomie pour couvrir des sujets d'ampleur, souvent à l'international, sur des formats longs .
Journaliste d'investigation (ou d'enquête) : Spécialisé dans les affaires complexes (politiques, financières, environnementales), il mène des recherches approfondies qui durent plusieurs semaines ou mois. Son but est de révéler des informations cachées ou d'intérêt public. Contrairement au reporter qui suit le fil de l'actualité visible, le journaliste d'investigation provoque l'actualité en dévoilant ce qui est secret, en s'appuyant massivement sur le recoupement de documents et de sources confidentielles.
Correspondant / Correspondant de guerre : Le correspondant est un journaliste basé de façon permanente dans une autre région ou un autre pays pour couvrir l'actualité locale pour le compte de son média d'origine. S'il opte pour une zone de conflit armé, il devient correspondant de guerre.
Le reporter est "envoyé spécial" (il part et revient), tandis que le correspondant vit sur place, ce qui lui donne une connaissance pointue du tissu local ou des dynamiques géopolitiques du pays d'accueil.
Le journalisme visuel et audiovisuel Photojournaliste / Reporter-photographe : Journaliste dont le mode d'expression principal est la photographie. Il documente le réel par l'image fixe, souvent dans des conditions difficiles (conflits, manifestations). Il ne cherche pas l'esthétisme pur (comme un photographe d'art), mais la valeur informative et narrative de l'image. Ses photos doivent raconter une histoire de manière autonome ou illustrer un article.
Journaliste reporter d'images (JRI) : Professionnel de la télévision ou des médias web, le JRI est un journaliste "trois-en-un" : il cadre (filme), prend le son, mène les interviews sur le terrain, et réalise souvent lui-même le montage de son reportage. Contrairement à une équipe TV classique (journaliste + caméraman + preneur de son), le JRI travaille en autonomie complète sur le plan technique et éditorial.
Présentateur de journal : Visage et voix d'un journal télévisé ou radiophonique, il hiérarchise, lance les sujets, réalise les interviews en direct et assure le fil conducteur de l'antenne. Bien qu'il lise un prompteur, il est pleinement journaliste : il participe à l'écriture des lancements et doit être capable de gérer l'imprévu en direct (flash de dernière minute).
Le journalisme d'opinion, d'analyse et de création Éditorialiste : Journaliste chargé de rédiger l'éditorial, un article court situé généralement au début d'une publication, qui exprime la position officielle du média ou une analyse engagée sur un sujet d'actualité. Contrairement au reporter qui doit respecter une stricte neutralité factuelle, l'éditorialiste a pour mission de donner une opinion, d'analyser et de prendre parti.
Chroniqueur / Billettiste : Le chroniqueur tient une rubrique régulière (humeur, économie, sciences) sur un ton souvent personnel. Le billettiste rédige un "billet", un texte très court, incisif, humoristique ou satirique, qui commente un fait d'actualité.
Critique : Journaliste spécialisé dans l'évaluation et l'analyse d'œuvres culturelles (livres, films, expositions, musique). Il livre un jugement de valeur argumenté.
Dessinateur de presse : Journaliste-artiste qui commente l'actualité à travers un dessin satirique, une caricature ou une bande dessinée courte. Il possède le statut de journaliste (carte de presse) car son dessin est un acte d'information et d'opinion politique, condensé en une seule image humoristique.
Le traitement de l'information Secrétaire de rédaction : C'est le premier lecteur du journal. Il relit les articles des reporters, vérifie l'orthographe, la syntaxe, la cohérence des faits, réécrit si nécessaire pour calibrer le texte, et conçoit la mise en page (titres, intertitres, légendes). Le SR ne va pas sur le terrain. Il garantit la qualité technique, juridique et formelle du média avant l'impression ou la mise en ligne
Les statuts et les collaborateurs Pigiste : Le pigiste n'est pas un métier, mais un statut juridique. C'est un journaliste rémunéré à la tâche (à la ligne, à l'article, ou à la photo), appelée la "pige". Il peut travailler pour plusieurs médias simultanément. Contrairement au journaliste mensualisé (en CDI/CDD dans une rédaction), le pigiste est un travailleur indépendant (bien qu'il ait le statut de salarié en droit français) qui doit proposer ses sujets aux rédacteurs en chef.
Fixeur : Le fixeur n'est pas toujours journaliste lui-même, mais son rôle est crucial : il assiste les journalistes, équipes de tournage ou correspondants étrangers en leur fournissant un accès aux contacts, aux lieux et aux codes culturels d'une région inconnue ou dangereuse
Définition
En France : le statut de journaliste professionnel vignette|droite|upright=0.8|Émile Brachard en 1932.Rédacteur en chef du journal Le Petit Troyen, il est l'auteur du rapport Brachard créant en 1935 le statut de journaliste professionnel en France.
Les articles L7111-3 à L7111-5 du Code du travail précisent qu'est « journaliste professionnel toute personne qui a pour activité principale, régulière et rétribuée, l'exercice de sa profession dans une ou plusieurs entreprises de presse, publications quotidiennes et périodiques ou agences de presse et qui en tire le principal de ses ressources ». Ces publications peuvent être électroniques. Tout journaliste professionnel est couvert par la Convention collective nationale de travail des journalistes. Pour Rémy Rieffel, sociologue spécialiste des médias, cette définition est assez floue, et même tautologique. Il souligne que les limites de cette profession sont floues depuis son origine..
L'exercice du journalisme est libre en France et n'est pas réservé aux journalistes professionnels. Il peut être exercé, par exemple, dans le cadre d'un média associatif ou autre, à but non lucratif et donc non enregistré à la Commission paritaire des publications et des agences de presse. Toutefois, ces journalistes-là ne bénéficient pas de la protection du statut de journaliste professionnel.
La loi Brachard, inspirée du rapport Brachard, a créé dès 1935 un statut de journaliste professionnel, qui accorde au moins un mois de salaire par année d'ancienneté en cas de licenciement et une clause de cession (démission avec les mêmes indemnités) en cas de changement d'actionnaire de l'entreprise de média. La loi Cressard a donné en 1974 les mêmes droits aux journalistes pigistes, rémunérés au prorata de la longueur des articles.
Qu'il soit mensualisé ou pigiste, le journaliste professionnel est salarié en contrat à durée indéterminée, comme le précise la loi Cressard de 1974 : il vote aux élections professionnelles, est couvert par Convention collective nationale de travail des journalistes (CCNTJ) et obtient la carte de presse, si le journalisme lui apporte la majorité de ses revenus. La carte est attribuée, après une année probatoire, par la CCIJP, commission indépendante de professionnels élus par leurs pairs.
Créé en 1934, l'allocation pour frais d'emploi des journalistes, composante marginale des aides à la presse en France, autorise à déduire par an de son revenu imposable.. Ce montant, fixé en 1998 et non relevé depuis, a remplacé la déduction de 30 % supprimée en 1996.
Les correspondants locaux de presse n'ont pas le statut de journaliste professionnel et ne sont pas couverts par la CCNTJ dans la mesure où leur fonction est exercée en complément d'une autre activité professionnelle.