L’ergomotricité étudie le comportement physique et mental de l'homme au travail et au-delà dans sa vie quotidienne et ses loisirs. Elle désigne l'ensemble des pratiques motrices considérées comme un travail. Elle représente à elle seule 90 % des mouvements de l'Homme qui sont consacrés à une activité physique de travail.

L'ergomotricité est un concept qui tente de s'approprier les compétences de différents corps de métier : psychomotricien, ergothérapeute et kinésithérapeute. Il n'existe pas de formation qualifiante à ce concept.

Concept d'ergomotricité Origines Le mot « ergomotricité » provient du grec ergon signifiant « travail », et de « motricité » qui désigne l'accomplissement d'une série d'actions musculaires visant le mouvement volontaire tout en constituant une action observable et un intérêt éducatif portés aux activités de travail.

Ce néologisme a été employé pour la première fois en public au cours d'une conférence tenue lors du à Helsinki en 1980 par Michel GendrierVoir bibliographie, docteur-chercheur en ergomotricité.

De 1952 à 1956, ouvrier dans une entreprise, et sportif espoir d'athlétisme, Michel Gendrier découvre le peu d'intérêt que l'on porte à la préparation physique des travailleurs par rapport à l'intérêt porté aux sportifs, (prise de pouls, échauffement, analyse des mouvements, apprentissage de gestes justes, rythmes dans l'effort, entraînement cardio-vasculaire, massage, diététique...). Devant ce manquement, en milieu du travail, il intervient en 1960 pour convaincre les entreprises d'enseigner les gestes efficaces et sécurisés, sur les postes de travail à risques. Organisation des premières formations de manutentions manuelles. Création en 1965 de l'"Éducation Physique Utilitaire et Professionnelle" appelée aussi " Éducation Physique Ergomotrice". Création en 1964 avec Paul Chauvel d'un centre de formation le « CAMIRA », mise en place de formation de Comportement physique de l'Homme au travail (CPHT). 1966 : premier stage national au C.R.E.P.S. de Voiron (38) avec Delaubert, Gendrier, Morana du Ministère de la Jeunesse et des Sports et de Charbonnier (sous-directeur de l'INRS qui organise dès 1967-1968 les premiers stages : « Gestes et Postures », qui deviendront bien plus tard « Prévention des risques liés à l'activité physique » (PRAP). Conception en 1968 du film Les dorsolombalgies avec le docteur Gimbert, commandé par le congrès national de la médecine du travail qui a eu lieu à Grenoble. Création d'un groupe de recherche composé de médecins, kinésithérapeutes, enseignants, ingénieurs, ouvriers avec MM. Bellot, Boulard, Brunet, Delplanque, Dupuy, Gendrier, Lefevre, Morana, Parize, Vallet Mise en application des résultats de recherche, (plus de stages) et conférences dans les secteurs les plus variés : fonderies, aciéries, agriculture, hôpitaux, pharmacie, métallurgie, banques, transports, collèges techniques, universités, papeteries...). Création en 1978 du concept et des néologismes « ergomotricité » et « ergomotricien » par Gendrier. Travail de recherche en laboratoire (Laboratoire d'études de systèmes pour la sécurité - Universités Joseph Fourier - Grenoble 1), avec les Professeurs Blanchi et Tanche. Sur les conseils de Michel Gendrier, création en 1979, par le professeur, Roger Bellot, d'un diplôme de d'ergomotricité à l'UFR STAPS de Nancy. Soutenance en 1983 d'une thèse de par Michel Gendrier à l'Université scientifique et médicale de Grenoble. "L'Ergomotricité" - Facteurs de Sécurité. Aujourd'hui l'Ergomotricité s'inscrit dans les « certifications qualités » obtenus à l'issue de la « démarche qualité ». Elle s'applique dans tous les types d'organisations : collectivités territoriales, activités commerciales et privées et plus particulièrement le BTP...

Définition L'ergomotricité se définit comme l'ensemble des comportements psychomoteurs à intégrer par l'homme pour agir, dans son travail avec le maximum de confort, de sécurité et de capacité.

Le champ et la nature des pratiques motrices sont considérées comme un « travail ». Elles sont envisagées sous l'angle de leur rapport au milieu social au sein desquels elles se sont développées.

L'ergomotricité porte un intérêt particulier à l'analyse des tâches, à l'étude des apprentissages et des transferts d'habileté, des savoir-faire et elle met en évidence les données informationnelles, l'analyse des contraintes de temps et d'espace, des risques accidentels plus particulièrement les T.M.S. (Troubles Musculosquelettiques). Si d'ordinaire la motricité est envisagée dans l'ensemble des techniques du quotidien du travail, du jeu et des loisirs, l'ergomotricité se limite aux techniques de travail. Elle est soumise aux normes du rationnel, (pratique de gestes et mouvements contrôlés, sécurisés et justes), elle favorise le climat social et renforce les facteurs économiques.

Dans notre monde moderne 10 % de nos gestes et mouvements sont réalisés dans le cadre d'activités physiques « ludomotrices » dites activités de loisir, (sports, activités physiques de détente..) Les 90 % restants de nos mouvements pratiqués souvent dans un temps « contraint » qu'est le travail (manutention d'objets ou de personnes, déplacements de plain pied ou en situation élevée, manipulation....) prennent pour nom "activités ergomotrices".

L'ergomotricité s'inscrit dans la problématique de la science du travail humain, elle comprend, la connaissance de la physiologie, des mouvements et leur apprentissage, elle participe à la lutte : contre la fatigue, des répercussions, et les nocivités du geste mal réalisé, ou inadapté. Elle participe à la mise en adéquation du système Homme-Machine, par la gestion des hauteurs des postes de travail, en participants à l'étude des équipements, en évaluant les risques professionnels et en pratiquant une analyse des conditions de travail.

L'ergomotricité est devenue dans le temps un véritable concept reconnu par les instances médicales, les entreprises, (formation de médecins du travail, de kinésithérapeutes, de membre de C.H.S.C.T. et de chefs d'entreprises). Son intérêt est soulevé par une prise en compte au niveau tant national qu'européen (voir directives du ) et directive de la C.E.E. en date du reprise par le décret du J.O. du qui réglemente les prescriptions minimales de sécurité concernant la manutention manuelle de charges comportant des risques, notamment lombaires pour les travailleurs.

Méthodologie Le concept d'ergomotricité est basé sur l'analyse des gestes et des mouvements trop souvent inadaptés au travail. Il est enseigné aujourd'hui dans des milliers d'entreprises, et dans certains établissements scolaires (Lycées agricoles, Centres d'apprentissages, Entreprises pharmaceutiques, Agroalimentaire, Aérospatiale, Alsthom, Renault, R.A.T.P., Milieu hospitalier, E.D.F., S.N.C.F.......) en Europe, en Amérique du Nord, (Bombardier, Milieu hospitalier), en Russie, (Gaztrom, fonderies), en Tunisie, (Syndicat de l'hostellerie, Aciéries de Bizerte), Algérie Annaba (aciéries, Arcelor Mittal, ) et dans certains pays Asiatiques. Le concept d'Ergomotricité s'applique dans tous les secteurs d'activités (entreprises, administrations, milieux hospitaliers, agricoles et encore trop peu en milieu scolaire).

L'ergomotricité est pensée à partir des problèmes rencontrés sur les lieux de travail et des difficultés à vaincre, et non en fonction de telles ou telles méthodes. Elle apporte une réponse aux difficultés d'adaptabilité physique de l'homme à son milieu de travail, à la gestion de son temps et de son espace. Elle permet une diminution de la fatigue et des accidents du travail plus particulièrement des T.M.S. (Troubles Musculosquelettiques). On enregistre parmi le personnel formé, (suivant la "formule" employée dans toutes les entreprises françaises) une diminution de 55 à 65 % du taux de fréquence. FORMULE : Nombre d'accidents avec arrêt sur d'heures de travail. Ces accidents du travail sont surtout dus à des manutentions, des manipulations ou des déplacements sur les lieux de travail. Bien au-delà de la diminution des accidents du travail, les entreprises reconnaissent à ces formations un facteur de sociabilisation et d'amélioration des conditions de travail.

L'ergomotricité est initiée, depuis plus de 50 ans par Michel Gendrier - Docteur chercheur en Ergomotricité et par un collège de professionnels, qui, dans le cadre de forums, et de réunions participatifs ont mis en relation les verbalisations de l'ensemble des acteurs sociaux, et des opérateurs ; ils ont collecté et analysé les observations des opérateurs sur des centaines postes de travail, pour en traduire un véritable concept. Dans ce collège on retrouve des kinésithérapeutes, médecins du travail, ergonomes, enseignants d'éducation physique, ingénieurs de sécurité, membres des Comités d'Hygiène de Sécurité et des Conditions de travail. Grâce aux observations faites par les différents membres du collège, l'ergomotricité identifie les sources de non-valeur ajoutée de la fabrication, les gestes et les déplacements irrationnels ou inutiles... qui constituent le plus souvent les accidents de travail. Ces observations favorisent l'émergence de modes opératoires nouveaux, de solutions justes, économiques et sécurisées. Par une pédagogie adaptée, l'ergomotricité propose à chaque « formé » de faire une analyse mentale : de la technique gestuelle de travail, des modes opératoires, de l'organisation spatiale de son environnement de travail, et de sa propre motricité. À la suite de cela l'opérateur doit être capable d'apporter une réponse positive ou un correctif à toutes les situations de travail.

Objectifs L'objectif de l'ergomotricité est de donner les moyens à l'homme de maîtriser ses gestes et ses mouvements sur les lieux de travail. Il faut qu'il soit capable de faire une analyse mentale de sa propre motricité, afin qu'il apporte une réponse motrice juste et sécurisée sur son poste de travail. L'opérateur doit être capable par l'analyse des situations de faire une évaluation des risques professionnels afin d'agir sur la maîtrise et la gestion de ces risques. Dans de très nombreux cas, l'opérateur rencontre de nombreuses difficultés, (habitudes, automatismes, stéréotypes moteurs) il devra répondre par une anticipation motrice et de comportement tout en tenant compte de l'évolution potentielle de l'action auquel il est confronté. Depuis 35 ans, les services de sécurité, les comités d'hygiène de sécurité et des conditions de travail des entreprises ont démontré que, sur les lieux de travail, l'accident dû au comportement physique de l'homme intervient souvent dans le cadre d'actions motrices qui auraient pu être supprimées - mouvements et déplacements inutiles, gestes perturbateurs et consommateurs d'énergie et souvent ralentisseurs d'efficacité. Dans de nombreux cas l'homme devra lutter contre des gestes parasites (syncinésies) provoqués par de mauvaises attitudes et de mauvaises coordinations. L'opérateur agira en fonction de plusieurs objectifs : préserver son intégrité physique, et si possible l'améliorer, en laissant intacte la faculté de s'adapter à la nouveauté. Il faut diminuer la pénibilité du travail (la charge physique, la charge mentale). Réduire les contraintes du travail et des activités extra-professionnelles (accidents du travail, inadaptations, attitudes perturbatrices...). Augmenter les facteurs d'adaptabilité et de disponibilité.

Différents paramètres d'observations.

Comment le travailleur se « voit », comment il « exécute » son travail par rapport à son schéma corporel ? Comment le travailleur « voit » son poste de travail, comment il se « situe » par rapport à ce qu'il voit, par rapport à son milieu professionnel, par rapport aux autres ? Comment le travailleur « pense » son travail, comment il « agit » par rapport à ce qu'il pense, comment il se différencie de sa machine ?