L'archidiocèse de Tolède (en latin : ; en espagnol : ) est une Église particulière de l'Église catholique en Espagne. Son siège est la cathédrale Santa María de Tolède.
Territoire L'archidiocèse de Tolède confine : au nord-ouest, avec le diocèse d'Ávila ; au nord-est, avec le diocèse de Getafe et celui d'Alcalá de Henares ; à l'est, avec le diocèse de Cuenca ; au sud, avec le diocèse de Ciudad Real et celui de Cordoue ; et, à l'ouest, avec l'archidiocèse de Mérida-Badajoz et le diocèse de Plasencia (consulté le 6 juin 2013).
En 2024 (consulté le 6 juin 2013), l'archidiocèse de Tolède comprend deux cent soixante-quatorze communes (en espagnol : , au singulier).
Vingt-huit municipalités sont situées en Estrémadure : dix-huit dans la province civile de Badajoz — à savoir, Baterno, Capilla, Casas de Don Pedro, Castilblanco, Fuenlabrada de los Montes, Garbayuela, Garlitos, Helechosa de los Montes, Herrera del Duque, Peñalsordo, Puebla de Alcocer, Risco, Siruela, Talarrubias, Tamurejo, Valdecaballeros, Villarta de los Montes et Zarza-Capilla — et dix dans celle de Cáceres — à savoir, Alía, Bohonal de Ibor, Carrascalejo, Castañar de Ibor, Garvín, Guadalupe, Navalvillar de Ibor, Peraleda de San Román, Valdelacasa de Tajo et Villar del Pedroso.
Les deux cent quatre autres municipalités sont situées dans la province civile de Tolède, en Castille-La Manche.
Subdivisions En 2024, l'archidiocèse de Tolède est divisé en deux cent soixante-douze paroisses (en espagnol : , au singulier) réparties entre trente-six archiprêtrés (, au singulier), eux-mêmes répartis entre quatre vicariats (, au singulier) (consulté le 16 octobre 2024).
La vicariat de Tolède comprend les huit archiprêtés de Camarena-Fuensalida, Escalona, Navahermosa, Los Navalmorales, Sagra Norte, Sagra Sur, Tolède et Torrijos , dans (2013), p. 1-10 (consulté le 6 juin 2013) ; celui de Talavera, les neuf archiprêtés de Belvís de la Jara, Guadalupe, Herrera del Duque, Oropesa, Puebla de Alcocer, La Pueblanueva, El Puente del Arzobispo, El Real de San Vicente et Talavera de la Reina , dans (2013), p. 11-22 (consulté le 6 juin 2013) ; et celui de La Manche, les sept archiprêtés de Consuegra, Madridejos, Mora, Ocaña, Orgaz, Quintanar de la Orden et Villacañas , dans (2013), p. 23-30 (consulté le 6 juin 2013).
Suffragants et province ecclésiastique Siège métropolitain, il a pour suffragants les diocèses de Sigüenza-Guadalajara, Cuenca, Ciudad Real et Albacete. L'ensemble forme la province ecclésiastique de Tolède. Elle couvre approximativement la communauté autonome de Castille-La Manche.
Histoire Origines () Selon la tradition, Tolède aurait été évangélisée au par saint Eugène qui aurait fondé l'église de Tolède. Mais la présence du christianisme à Tolède est plus tardive et les premières notices historiques qui nous ont été conservées datent du . Le premier évêque de Tolède dont l'existence est attestée est Melantius qui signa les actes du concile d'Elvire (300). Lors de la Grande persécution des chrétiens par l'empereur Dioclétien, a lieu, à Tolède, le martyre de Léocadie, sainte patronne de la ville, fêtée le Sainte Léocadie (consulté le 6 juin 2013). En 400, se tient le premier des vingt-huit conciles de Tolède.
Période wisigothe Avec l'arrivée des wisigoths et spécialement après le choix de Tolède comme capitale du royaume, l'archevêché étend son domaine jusqu'à la province de Carthagène.
En 527, se tient le deuxième concile de Tolède, présidé par l'évêque Montanus.
En 587, se tient le troisième concile de Tolède, présidé par Léandre de Séville. Le roi wisigoth, Recarède, son épouse et sa cour, se convertissent au catholicisme, abjurant l'arianisme.
Domination arabe La domination arabe (711-1085) mit fin à la situation ecclésiastique privilégiée de Tolède.
Cependant, au des persécutions violentes obligèrent les chrétiens autochtones qui vivaient sur les terres musulmanes –les mozarabes– à fuir vers les royaumes chrétiens du nord.
La Reconquista Le roi Alphonse VI et les chrétiens ont conquis la cité de Tolède en 1085, en restituant son antique pouvoir à l'archevêque. Le premier archevêque de cette nouvelle ère est Bernard d'Agen, encore appelé Bernard de La Sauvetat, moine appartenant à l'Ordre de Cluny, qui à cette époque s'étendait en Espagne. Le siège épiscopal participa activement à la Reconquête, prenant en charge les territoires qui étaient conquis, et encourageant l'expansion des ordres militaires : Santiago, Calatrava et Alcantara. Durant cette période commence la construction de l'actuelle cathédrale Santa María de Tolède, dont les travaux dureront deux siècles.
Après la conquête, durant le règne des Rois catholiques, fut titulaire du siège de Tolède, le cardinal Francisco Jiménez de Cisneros, qui inaugura l'université d'Alcalá, dont le territoire appartenait alors à l'archevêque de Tolède. L'archevêque participa activement à la politique du royaume. Durant le règne de Philippe II, la cour s'installa à Madrid, bien que du point de vue ecclésiastique, Madrid continua d'être dépendante de Tolède. Durant le reste de l'Époque moderne, la cité subit un lent déclin. Même si le diocèse se maintient durant ce temps, peu à peu il perd de son poids face à d'autres plus puissants.
Époque contemporaine Durant les deux derniers siècles, l'archevêché a dû faire face à divers épisodes difficiles. Pendant l'invasion de Napoléon, le diocèse fut saccagé ; l'archevêque dut se réfugier dans la cité de Séville. Lors de la suppression de la mainmorte ecclésiastique décidée par Mendizábal et Madoz, commence un conflit entre le gouvernement d'Espagne et la Papauté ; pendant un certain temps, le siège de l'archevêché est resté vacant. Enfin, la Guerre civile espagnole entrainera la destruction d'une bonne partie du patrimoine artistique de l'archevêché et la mort de 281 prêtres. Après elle, on a procédé à la reconstruction matérielle et a été configuré l'aspect de l'actuel archidiocèse de Tolède.
Madrid, capitale de l'Espagne, se trouvait dans l'archidiocèse de Tolède. C'est seulement en 1885 que l'évêché de Madrid est créé, devenu archevêché en 1964.
Primatie L'archevêque de Tolède et . porte le titre de . D'abord (531 et surtout concile de Tolède III, 589), puis de la province de Carthaginoise (concile de Carthagène, 610), l'évêque de Tolède reçoit le pouvoir de consacrer tous les évêques espagnols (concile de Tolède XII, 681): il ne porte pas le titre de primat mais en assume le rôle... L’écroulement conjoint de la monarchie et de l’Église wisigothiques (711) amena de longs siècles d’effacement pour la chrétienté ibérique et il ne fut plus question ni de primats ni de conciles nationaux. Par la bulle du Bulle (consulté le 27 octobre 2013), Urbain II reconnaît à l'archevêque de Tolède, Bernard, et à ses successeurs, le titre de primat, avec juridiction sur l'Hispanie. Cette concession rencontrera tout au long des siècles suivants l'opposition farouche des métropoles de Tarragone, Compostelle, Braga, Narbonne et Séville., qui rendit la primatie de Tolède ineffective malgré la confirmation de ses droits par une multitude de bulles papales (1101, 1118, 1121, 1125, 1139, 1144, 1153, 1156, 1161, 1163, 1166, 1187, 1210, 1218, 1422, 1489...).
Cathédrale et basiliques mineures thumb|230px|La cathédrale Sainte-Marie de Tolède. La primatiale de Tolède (en espagnol : ), dédiée à l'Assomption de sainte Marie, est la cathédrale de l'archidiocèse.
Les deux basiliques mineures de l'archidiocèse sont : la basilique du monastère royal Notre-Dame de Guadalupe (), église abbatiale, basilique mineure le ; la basilique Notre-Dame du Prato () à Talavera de La Reína, basilique mineure depuis le ..
Ordinaires Évêques de Tolède
Le premier évêque de Tolède supposé est saint Eugène (San Eugenio I, ), sans doute disciple de Denys l'Aréopagite.
Archevêques de Tolède
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Diocèses et archidiocèses d'Espagne Église catholique en Espagne
Liens externes
.
tolede Catégorie:Religion en Castille-La Manche