vignette|redresse=1.3|La représentation la plus ancienne de la ceinture de chasteté est un croquis dans le Bellifortis (vers 1405). La matérialité de la ceinture dessinée dans cet ouvrage reste douteuse, ce livre d'ingénierie militaire étant truffé d'objets imaginaires tels qu'un propulseur de pets et des dispositifs d'invisibilité. vignette|redresse=1.3|Dans son best-seller de 1969, , le docteur décrit l'objet comme « un bikini blindé… verrouillé par un grand cadenas », comportant « une ouverture à l’avant pour uriner et une barre de métal pour séparer le vagin de la tentation » (modèle du musée de Cluny discrètement retiré de sa vitrine, depuis qu'une expertise a montré qu'il s'agissait d'un faux fabriqué au ). vignette|Cet autre modèle du musée de Cluny est doté de deux orifices pour la satisfaction des besoins naturels.
Une ceinture de chasteté est un dispositif conçu pour empêcher les relations sexuelles et la masturbation. Cet objet serait apparu à la fin du Moyen Âge, mais son origine médiévale est remise en question par le médiéviste et professeur Albrecht Classen. Ces dispositifs sont devenus des objets de curiosité à partir du . Désormais, ils sont également utilisés dans le cadre de pratiques BDSM.
Histoire Les premières références à des « ceintures de chasteté » remontent avant l’an mille, toujours exprimées en termes théologiques, métaphores qui traduisent l'idée de fidélité et de pureté. À partir du , en lien avec l'essor urbain et le déséquilibre qu'y introduit l'exode rural de jeunes célibataires, certains récitsDans son histoire du Moyen-âge, Georges Duby donne l'exemple de l'essor de ces objets en Provence et notamment en Cannes , jeune artisan local. Par exemple le lai de Guigemar de la poétesse Marie de France au . et anecdotes rapportent que ce type de dispositifs aurait été utilisé par quelques maris riches et jaloux craignant l'infidélité de leurs épouses, souvent beaucoup plus jeunes qu'eux. La première description d'une ceinture de chasteté se trouve dans le Bellifortis de Konrad Kyeser, un ouvrage de la fin du Eric John Dingwal, The girdle of chastity: A history of the chastity belt, 1931. mais l'examen des sources consacrées à ce sujet montre qu'elles sont faibles et très peu nombreuses ; par ailleurs, les quelques travaux significatifs sur le sujet citent tous un corpus identique d’exemples et s’appuient en outre largement les uns sur les autres. Les écrivains des siècles suivants, de Rabelais et Brantôme à Voltaire, ne se privent pas de railler cet ustensile et .
Ces récits donnent lieu à toute une imagerie populaire dans lesquelles les artistes hommes représentent la peur des maris révélant selon Albrecht Classen.. Vers la fin du , époque de l'historicisme romantique et de l'engouement pour le Moyen Âge, a été inventé le concept du seigneur jaloux, affublant son épouse d'une ceinture de chasteté durant ses absences, ce qui a forgé l'image tenace selon laquelle les croisés auraient inventé ce dispositif pour s'assurer de la fidélité ou sauver la vertu de leurs épouses ou de leurs maîtresses, tandis qu'ils partaient guerroyer en Terre sainte. Des forgerons ont profité de cette mode historiciste en créant pour des musées et des spectacles de curiosité ce type d'instrument de torture censé évoquer l'Âge sombre médiéval, en particulier dans l'Angleterre victorienne qui a un goût prononcé pour les objets gothiques salaces.
L'origine médiévale de l'utilisation de telles « ceintures » est remise en question par Albrecht Classen, professeur au département d’études allemandes de l’Université d’Arizona qui a analysé ce qui a pu être écrit sur le sujet afin de . Ainsi, les ceintures de chasteté, faites en métal et utilisées pour garantir la fidélité féminine, n’auraient jamais existé au Moyen Âge. Si leur origine semble italienne vers le et assez bien documentée (appelées « ceintures de Vénus », ou « ceintures florentines »), elles sont vraisemblablement créées, de manière très anecdotiques, dans les cités telles que Florence, Milan, Rome ou Venise, leurs fonctions restent mystérieuses : protection contre le viol ? Jeu érotique ? Instrument de torture. ? Les exemplaires parfois présentés dans des musées ne seraient que des objets fantaisistes qui se réfèrent à un passé imaginaire, fabriqués au comme objets de curiosité ou de plaisanterie. Ces dispositifs sont désormais utilisés lors des pratiques de BDSM.
Dans la culture
La littérature et les arts visuels se sont emparés de cet engin pour nourrir leurs récits et leurs représentations d’un Moyen Âge quelque peu fantasmé. Ainsi, cet objet est régulièrement représenté dans les registres comique et érotique au cinéma et à la télévision, comme dans les cas suivants : Les films italiens La ceinture de chasteté (1950) de Camillio Mastrocinque et La ceinture de chasteté (1967) de Pasquale Festa Campanile. La Ceinture de chasteté (1989), film pornographique français de Michel Ricaud. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais oser le demander (1972) de Woody Allen, dans une séquence se déroulant au Moyen Âge, où le fou du roi cherche à ouvrir la ceinture de chasteté de la reine. Sacré Robin des Bois (1993) de Mel Brooks, quand Marianne porte une ceinture de chasteté et ne peut être déflorée ni par le shérif de Rottengham, ni par Robin.. La série Kaamelott (2005-2009), dans livre 1, tome 2, épisode 3 Le Secret de Lancelot, dont l’intrigue principale tourne autour du fait qu’Arthur souhaite imposer une ceinture de chasteté à Genièvre pendant son absence.
Galerie
Annexes
Bibliographie
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Articles connexes Cage de chasteté Déni d'orgasme
Liens externes Les Cadenas et ceintures de chasteté, par Alcide Bonneau, sur le site de la Bibliothèque électronique de Lisieux. , dont la première ceinture de chasteté masculine contre la masturbation, brevetée aux États-Unis par Daniel P. Cook en 1870
Notes et références
Catégorie:Vie quotidienne à la Renaissance Catégorie:Accessoire BDSM