vignette|Amílcar Cabral et Fidel Castro durant l'évènement. Aussi appelée Conférence de la solidarité des peuples d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine, la Conférence tricontinentale (ou la « Tricontinentale ») eut lieu du 3 au à La Havane, à Cuba. ., et regroupa 82 pays du tiers monde. Cette conférence émane de l' (OSPAA) et elle a notamment été proposée d'abord par Mehdi Ben Barka et Che Guevara. L'Organisation de la solidarité des peuples d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine (, OSPAAAL) y a été fondée à cette occasion, le . Les participants provenaient de mouvements sociaux d'horizons politiques diverses : « nationalistes », « maoïstes », « trotskistes », etc. prônant ou non le droit à la résistance armée.

Un espoir né de la décolonisation Il s'agit d'un mouvement tiers-mondiste aux nombreux objectifs : Relier tous les mouvements de luttes pour l'indépendance stimulé par la conférence de Bandung (1955) et les partis communistes chinois et soviétiques, et stimuler la solidarité des pays du tiers monde. Établir une révolution mondiale. L'abolition des dettes considérées comme illégitimes. Lutter contre l'apartheid (principalement en Afrique du Sud). Lutter contre l'utilisation de technologies nucléaires à des fins militaires, dirigées contre le tiers monde. Lutter contre la globalisation, l'impérialisme, le colonialisme, le néocolonialisme et le néolibéralisme.

Une définition géopolitique a été donnée dès 1966 du « tricontinentalisme », à une époque où la Terre comptait plus de 3 milliards d'habitants : un premier bloc au Nord et en Océanie, avec 700 millions d'habitants vivants en Amérique du Nord, en Europe (moins les pays sous tutelle soviétique), au Japon, en Australie et en Nouvelle-Zélande et qui représentent 60 % des richesses mondiales ; un deuxième bloc comprend l'URSS et ses alliés (à l'époque, Chine et Inde incluses) ; un troisième bloc comprend des pays d'Amérique latine et du Sud, d'Afrique et d'AsieAlbert-Paul Lentin, La Lutte tricontinentale : impérialisme et révolution après la conférence de La Havane, Paris, Maspero, 1966, — lire sur Gallica.

Malgré des tensions sino-soviétiques et sino-cubaines, la « Tricontinentale » établit de nombreuses décisions : Soutien à Cuba pendant le blocus américain. Soutien au Viêt Nam. Désignation des États-Unis comme principal ennemi. Dénonciation du pillage du tiers monde. Création de l'OSPAAAL (Organisation de la solidarité des peuples d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latineOrganización de Solidaridad con los Pueblos de Asia, Africa y América Latina en espagnol.), et donc acceptation de l'Amérique latine dans l'OSPAA (Organisation de la solidarité des peuples d'Asie et d'Afrique). Création de l'Organisation latino-américaine de solidarité (OLAS). .

Un échec programmé La Conférence tricontinentale échoua pour plusieurs raisons : La concurrence du mouvement des non-alignés, lancé depuis la Conférence de Belgrade, en 1961, qui voulait se placer entre l'Occident et le camp socialiste, alors que Fidel Castro et Mehdi Ben Barka se plaçaient résolument en alliés de l'Union soviétique et de la Chine populaire. L'absence de Mehdi Ben Barka, organisateur de cette conférence, très soutenu par des médias de gauche, enlevé peu avant à Paris en , avec la complicité des services français, limita la portée de cette conférence, qui sombra vite dans l'oubli. La deuxième conférence prévue pour 1968 au Caire n'eut pas lieu, à cause de la guerre des Six Jours perdue par l'Égypte, alors que la gauche sud-américaine s'estimait étrangère au conflit israélo-arabe. La rupture sino-soviétique, totale à partir de 1964, qui mena l'URSS et la Chine au bord de la guerre, puis le rapprochement sino-américain à partir de 1972, L'échec et la mort de Che Guevara en Bolivie en 1967 , abandonné par ses alliés soviétique et cubain, les coups d'État militaires au Brésil, en 1964, et au Chili, en 1973, puis, l'assassinat politique de nombreux autres leaders tiers-mondistes dans les années qui suivirent. Enfin, la chute des régimes communistes en Europe puis la dissolution de l'URSS, de 1989 à 1991, affaiblirent très fortement le tiers monde.

Par la suite, l'OSPAAAL déclina rapidement. En effet, la puissance des États-Unis devint quasi-absolue à partir de 1990, l'idéologie capitaliste totalement dominante et les pays du tiers monde ne pouvant plus jouer de la rivalité entre l'Occident et le camp socialiste, désormais disparu.

Postérité L'OSPAAAL publie depuis 1966 la revue Tricontinental.

Notes et références

Liens externes Site officiel de l'OSPAAAL (en espagnol) sur monde-diplomatique.fr Les posters de l'OSPAAAL Le livre sur l'affiche révolutionnaire de l'OSPAAAL ; un reflet des luttes pour la libération en Afrique, en Asie et en Amérique latine Inventaire en ligne des fonds d'archives et d'affiches relatifs à l'OSPAAAL et conservés à La contemporaine (Nanterre)

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