Le conflit Fatah–Hamas (en arabe : , ), la guerre civile palestinienne (en arabe : , ), ou le conflit des Frères (en arabe : , , signifiant littéralement « guerre fratricide ») a débuté en 2006, après la victoire du Hamas aux élections législatives, et se conclut en 2011. Le résultat de ces élections pourtant appuyées par les États-Unis et Israël dans le but d'aider à l'élection de Mahmoud Abbas, plus favorable à la collaboration avec Israël, poussa les États-Unis à organiser et appuyer l'offensive armée du Fatah pour reprendre par la force le pouvoir.

Depuis, le Fatah dirige l’Autorité palestinienne en Cisjordanie et le Hamas la bande de Gaza.

L'accord de Doha en 2008 et les accords du Caire (2011) sont censés réconcilier les deux parties. Mahmoud Abbas (président de l'Autorité palestinienne), Amr Moussa (secrétaire général de la Ligue arabe), Nabil el-Arabi (ministre des Affaires étrangères égyptienne), Khaled Mechaal (Hamas) ont participé aux accords du Caire. Le , une réunion entre le Hamas et le Fatah à Gaza se termine en respectant les accords du Caire et de Doha, de former le gouvernement palestinien d'union nationale de 2014 et d'organiser des élections générales six mois après la fondation du gouvernement.

Contexte Après la mort de Yasser Arafat en 2004, la « vieille garde » du Fatah était accusée de népotisme et de corruption, et se montrait incapable d'enrayer la criminalité et la dégradation des services publics. Cette situation fut propice à la victoire du Hamas aux élections législatives palestiniennes de janvier 2006. Le Hamas obtenant 48,3 % des suffrages, le Fatah 43,8 %.

Avant les élections, des analystes craignaient que ces tensions donnent lieu à des affrontements, particulièrement lorsque le Fatah a menacé d'annuler le scrutin si Israël empêchait les Palestiniens de Jérusalem-Est de voter.. Ces affrontements n'ont pas eu lieu et le calme relatif a même laissé penser qu'un gouvernement d'union nationale pourrait se former entre les deux mouvements.

La période de mars à a été marquée par des tensions lorsque les commandants du Fatah ont refusé d’obéir aux ordres du gouvernement démocratiquement élu du Hamas tandis que l'Autorité palestinienne lançait une campagne d'assassinats et d'enlèvements contre des dirigeants du Hamas. Le Hamas entreprit des représailles du même ordre. Le conflit prit de l'ampleur après l’échec de tentatives des deux factions palestiniennes à parvenir à un accord de partage du pouvoir. Le , Mahmoud Abbas décrète une élection générale anticipée dont la légalité et la tenue est contestée par le Hamas qui considère cette décision comme une tentative de coup d’État

En raison des victoires du Hamas aux élections municipales de 2005 puis aux élections législatives de 2006, des membres du Hamas s'emparèrent du Parlement palestinien à Gaza en signe de protestation et installèrent des barrages dans plusieurs endroits contrôlés par l'Autorité palestinienne. Des tirs en l'air furent entendus et des pneus ont été brûlés. Certains réclamèrent la démission du dirigeant du Fatah, Mahmoud Abbas..

Le magazine Vanity Fair dévoile en 2008 que l'administration Bush a mené en 2007 une opération clandestine pour permettre au Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas de reprendre par les armes le pouvoir après la victoire électorale du Hamas. Le plan visait à permettre à Mohamed Dahlan, le chef de la sécurité palestinienne, équipé par des armes fournies par les États-Unis, d’écarter du pouvoir le Hamas par un coup d’État. La secrétaire d’État américaine Condoleezza Rice a elle-même téléphoné aux dirigeants de l’Égypte, de la Jordanie, de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis pour leur demander de participer au programme d’armement du Fatah, et notamment de fournir le financement nécessaire à verser directement sur des comptes liés au président palestinien. En réponse à ce plan, les forces armées du Hamas ont pris le contrôle des bureaux de l’ensemble des forces de sécurité liées à la Présidence et à Fatah dans la bande de Gaza.

Historique du conflit Le , des combats éclatent en Cisjordanie après que les forces de sécurité palestiniennes sous les ordres de Mahmoud Abbas ont tiré sur un rassemblement du Hamas à Ramallah. Au moins 20 personnes ont été blessées durant ces affrontements survenus peu après que le Hamas a accusé le Fatah d'avoir tenté d'assassiner le Premier ministre palestinienhttp://classic-web.archive.org/web/20080314202950/http://english.aljazeera.net/NR/exeres/793DD747-A1B7-4BE3-B120-0CF171612495.htm.

thumb|Miliciens d'une branche dissidente du Fatah à Gaza en 2005.

Les affrontements sont intenses et quasi quotidiens de à . Toutefois, des incidents mineurs continuent sporadiquement en mars et .

Le , les responsables palestiniens rivaux se rencontrent à La Mecque et signent l'accord de La Mecque sous l’égide de l'Arabie saoudite qui finalise un cessez-le-feu puis la constitution d'un gouvernement d'union nationale avec Ismaël Haniyeh à sa tête. Cependant, les combats ont continué de mars et . Plus de 90 personnes ont été tuées durant cette période.

En , des affrontements éclatent de nouveau dans les rues de Gaza, faisant six morts. Les dirigeants des deux parties tentent d'arrêter les combats instituant des dizaines de trêves sans effet. Le Premier ministre palestinien Ismaïl Haniyeh a accepté le la démission du ministre de l'Intérieur Hani Al-Qawasmeh en raison de la poursuite des violences.

Le le Hamas prend le contrôle des principaux axes routiers de la bande de Gaza. Des responsables du Fatah sont enlevés. Le CICR estime qu'au moins 118 personnes ont été tuées et plus de 550 blessées lors de cette nouvelle série de combats qui dure jusqu'au Human Rights Watch a accusé les deux parties de violations du droit international humanitaire, comme l'assassinat de civils et l’exécution de prisonniers, dont certains jetés d'immeubles, des combats dans les hôpitaux, et des tirs à partir de véhicules portant le sigle « TV » utilisé par la presse. Le Comité international de la Croix-Rouge a dénoncé les attaques dans et autour de deux hôpitaux dans le nord de la bande de Gazahttp://www.abc.net.au/pm/content/2007/s1950580.htm.

Le , le président palestinien Mahmoud Abbas annonce la dissolution du gouvernement d'union avec le Hamas et déclare l'état d'urgencehttp://www.foxnews.com/story/0,2933,282195,00.html. Ismail Haniyeh est destitué de sa fonction de Premier ministre tandis qu'Abbas s'arroge la gouvernance de Gaza et de la Cisjordanie par décret présidentiel. Ce décret est qualifié de « sans valeur » par le Hamas qui considère toujours Haniyeh comme « chef du gouvernement, même s'il a été dissous par le président ».

Le , Abbas nomme Salam Fayyad comme Premier ministre et le charge de former un nouveau gouvernement sans qu'aient été tenues des élections.

Le , un groupe lié au Fatah, les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, prend d'assaut le parlement palestinien basé à Ramallah qui est contrôlé par le Hamas. Cette action ainsi que le saccage du ministère de l'Éducation, a été perçue comme une réaction aux pillages similaires par des militants du Hamas intervenus à Gazahttp://www.hindu.com/thehindu/holnus/003200706161550.htm.

Le , l'un des chefs du Hamas Mahmoud Zahar, menace le Fatah de le destituer par la force de son contrôle en Cisjordanie s'il continue à essayer de déraciner le Hamas de ce territoire entrainant ainsi sa chute. elle pourrait conduire à la chute du Fatah là aussi. Dans un entretien au New York Times il laisse entendre que le Hamas pourrait mener des attentats-suicides contre leurs opposants. Dans une allocution télévisée Mahmoud Abbas déclare qu'il « ne négociera pas avec des assassins et des terroristes ».

Le , les affrontements reprennent dans l'est la bande de Gaza entre un clan affilié au Fatah et des membres du Hamas, faisant deux morts des deux côtés. Les responsables du Fatah et du Hamas s'accusent mutuellement de la responsabilité des combats. Une autre fusillade éclate le tuant un garçon de 13 ans membre du clan proche du Fatah.. Dans la même journée, à Rafah, une femme est tuée et huit personnes sont blessées dans des échanges de tirs entre des militants du Hamas et du Jihad islamique palestinien. Deux jours plus tard, 7 autres Palestiniens sont tués dans des combats entre miliceshttp://www.alertnet.org/thenews/newsdesk/L21678672.htm.

Le , une manifestation à la mémoire de Yasser Arafat organisée par le Fatah dans la ville de Gaza est dispersée de force par des hommes armés du Hamas qui tirent dans la foule. Au moins six civils sont tués et plus de 80 autres manifestants sont blessés, certains piétinés dans la panique https://www.reuters.com/article/homepageCrisis/idUSL12626820._CH_.2400. Selon le porte-parole de la « force exécutive » du Hamas, 200 personnes ont été arrêtées pour les besoins d'une « enquête » sur les « émeutes ». Le Fatah estime leur nombre à 400 dont les organisateurs du rassemblement. Depuis sa prise du pouvoir le Hamas a interdit pratiquement toutes les activités du Fatah, fait fermer ses médias et réprimer ses rassemblements. Cette répression est considérée comme « relevant de la vengeance politique » par le directeur du centre des droits de l'homme « Damir », basé à Gaza..

Reprise des violences Le de nouveaux combats font huit morts..

Le Hamas profite de l'opération Plomb durci pour reprendre ses attaques contre le Fatah : des dizaines de membres du Fatah ou des Palestiniens accusés de « collaboration » ont été assassinés, des dizaines d'autres mutilées par balles, torturées, ou ont eu les membres cassés ; d'autres encore ont été arrêtés arbitrairement.

Le , la police du Hamas réprime le groupuscule extrémiste , qui appartient à la mouvance Al-Qaïda. et venait de proclamer un « émirat islamique » à Gaza, en prenant d'assaut la mosquée dans laquelle se trouvaient les membres de ce groupe. 24 militants sont tués, dont le chef du groupe, Abdelatif Moussa, et 130 blessés.

Emprisonnements et tortures Les membres sympathisants du Fatah se trouvant à Gaza sont arrêtés et emprisonnés par le Hamas, tandis qu'en Cisjordanie, le Fatah traque, arrête et emprisonne les membres du Hamas. À Gaza, le gouvernement du Hamas a créé le délit de « coopération avec Ramallah et l'Autorité palestinienne ». Dans les prisons qu'elles contrôlent, les deux factions (Hamas et Fatah) se livrent à des tortures sur les membres de la faction rivale. Pour le directeur d'Al-Haq, la plus ancienne organisation des droits de l'homme palestinienne, . Il souligne également que sont en 2009 incarcérés illégalement dans les prisons de l'Autorité palestinienne. Cette dernière justifie sa politique répressive en affirmant que le Hamas prépare un coup de force en Cisjordanie..

Tentatives et échecs des accords de réconciliations

Chronologie des affrontements

: la police et les services de sécurité palestiniens ont été placés jeudi soir en état d'alerte dans la bande de Gaza en raison de « la tension sur le terrain », selon un porte-parole du ministère palestinien de l'Intérieur. Plusieurs affrontements entre les forces de sécurité palestinienne et des activistes du Hamas ont eu lieu dans la nuit de jeudi à vendredi, faisant cinq blessés dans les rangs du Hamas ainsi que deux civils. Elles ont pour origine la volonté du gouvernement palestinien de stopper les attaques au mortier et à la roquette conte Israël depuis Gaza. : des combattants Hamas et Fatah se sont entendus pour une trêve alors que leurs affrontements, pour faire cesser les tirs de roquettes contre Israël par le Hamas, ont tué deux personnes.. : à quelques heures de l'expiration de la trêve des attaques contre Israël négociée en au Caire, le Jihad islamique palestinien, le Hamas et plusieurs factions armées liées au Fatah, comme les brigades des martyrs d'Al-Aqsa, déclarent qu'ils ne la reconduiraient pas.