Balthazar Georges Sage, né à Paris le , où il est mort le , est un chimiste et minéralogiste français.

Biographie

Fils d'apothicaire sans fortune, il suit les cours du collège Mazarin puis de l'abbé Nollet et de Rouelle.

A 19 ans, il donne des cours publics et gratuits de minéralogie et notamment d'art des essais. et à 22 ans, il envoie ses premiers travaux à l'Académie des sciences.

En 1768, le jeune scientifique remplace Rouelle à l'Académie des sciences, il est nommé professeur de minéralogie expérimentale.

Il publie le Mémoire de Chimie en 1773 à des fins éducatives. Il y donne des exemples de fabrication de minéraux artificiels, comme la malachite artificielle. Il décrit ou aide à la description de dizaines d'espèces minérales ou minéraux.

Après avoir été commissaire aux essais à la Monnaie en 1778, il obtient la création à l'Hôtel des Monnaies, suivant lettre patente du , d'une école publique et gratuite de minéralogie et de métallurgie « docimastique ». Par un arrêt du Conseil du Roi du , établissant une « École des Mines, à l'instar de celle qui a été établie avec tant de succès sous le règne du feu roi pour les Ponts et Chaussées », son projet de création, à l'Hôtel des Monnaies, d'une École des mines, dont il devient le premier directeur, se réalise. L'École des mines ne comporte alors, à part Sage, qu'un seul autre professeur, Jean-Pierre-François Guillot-DuhamelGuillot-Duhamel, spécialiste d'exploitation des mines et de métallurgie, était d'un caractère suffisamment doux pour arriver à supporter Sage.

Pour les besoins de son enseignement il réunit une collection de minéraux riche de plus de 3500 échantillons. Cette collection restera à l'Hôtel des monnaies jusqu'à sa mort en 1824 bien que l'École des mines de Paris ait déménagé en 1794. Elle est alors partagée entre le Muséum national d'histoire naturelle et l'École des mines.

Balthazar-Georges s'illustre en scientifique conservateur, adversaire des principes révolutionnaires, autant en sciences que dans la vie civile. Il perd d'ailleurs de ce refus d'adhérer pleinement à la vie civile et à la science officielle ses deux places prépondérantes, à la Monnaie et à l'École des mines. En 1790, la direction de l'École des mines échappe à Sage, pour être confiée à une autorité administrative tricéphale, l'Agence des mines.

Durant le Directoire, il connaît par ses relations un retour en grâce. Il devient membre de l'Institut en 1801.

Malvoyant, et définitivement aveugle à partir de 1805, en grande partie mis à l'écart par la communauté scientifique fatiguée de ses disputes et controverses d'un autre âge, Sage finit dans la misère, surtout après l'effondrement de l'Empire où il ne lui aurait resté que ses émoluments de plumes.

Vie scientifique vignette|Portrait de Balthazar Sage Sage a produit, avec ses élèves, de nombreux mémoires et des articles publiés par le Journal de Physique et le recueil de l'académie des sciences.

Bien qu'il soit reçu à l'Académie des Sciences à 30 ans, à la place du prestigieux maître Rouelle, il ne peut s'imposer véritablement en rassembleur des courants de la chimieLes idées simplistes - il est vrai proposées dans une langue absconse et absurdement dogmatique à base de latin germanisé par du saxon - de Georg Stahl sont adoptées autant par les théoriciens partisans de Newton auxquels se joignent d'autres mécanistes, admises par les pharmaciens chimistes soucieux de taxinomie et de consensus au sein de leur discipline, qu'ils soient vitalistes ou non, tolérées par défaut par les tenants d'une histoire naturelle ancienne (rarement atomistes) ou des chimistes de laboratoire préoccupés de pratique et d'efficacité des recettes (suivant déjà une lignée d'obédience nationale). Ainsi le phlogistique pour expliquer la réduction par le charbon à la forge, la réhabilitation de principes (à des fins de classifications premières).... En effet, dès 1770, une fragmentation irréversible et centrifuge tend progressivement à ruiner toute ancienne autorité sur la chimie française. L'ancien élève de Guettard, Antoine Lavoisier conteste déjà dès 1772 les théories soi-disant unificatrices de Stahl et se lance dans des études précises sur la combustion menant à la modélisation de la simple réaction chimiqueLavoisier a été formé à la minéralogie et Guettard s'accordait avec Rouelle. Le coup est rude, d'autant que le succès des propositions lavoisiennes après 1778 justifie le ralliement des newtoniens et d'une fraction des chimistes. Sage est de plus en plus esseulé..

Ses opposants affirment que Sage brillait plus par ses qualités administratives que scientifiques. Il cherche à prouver en 1778 que les végétaux contenaient une part significative d'or. L'or est ici interprété en principe vitaliste de luminosité naturelle, un "or vert" en quelque sorte.

Sage était connu par ses pairs comme un savant querelleur attaché à des théories anciennes souvent perçues comme fausses ou erronées par la jeune génération, mais auxquelles il s'accrochait contre toute évidence, ce qui lui mit à dos la quasi-totalité de ses collègues de l'Académie des sciences à partir des années 1780. Il attaque de front des scientifiques confirmés comme Antoine Lavoisier ou l'abbé Haüy, dont il n'acceptait nullement les théories nouvelles. Il s'insurgeait surtout de la prééminence de la nomenclature chimique, selon lui ridicule, vague et encore imprécise sur un grand nombre d'espèces minérales, voire du couple chimie et physique hégémonique, essentialiste et généralisatrice à souhait sous une néo-influence newtonienne porté par les mathématiques, et en partie destructrices et méprisantes des disciplines d'observations et des pratiques de laboratoire de l'ancienne histoire naturelle.

Son dédain pour nombre de théories nouvelles et son grand nombre d'adeptes-suiveurs l'éloigne de l'enseignement. Il prend la plume pour écrire des livres de vulgarisation, avec un certain succès. Se considérant comme un continuateur des encyclopédistes, l'auteur y développe une conception du progrès.

Publications Ordre chronologique de parution Outre de nombreux articles dans le Journal de physique et dans les Recueils de l'Académie des sciences : Académie royale des sciences [Observations chimiques ; Histoire et analyse d'une terre noire trouvée à Beaurains près de Noyon ; Sur le foie de soufre formé avec l'alkali volatil ; Sur le charbon de terre ; Sur le sel provenant du cuivre uni à l'alkali volatil], 1766 Académie royale des sciences [Sur la Malaquite ; Sur une mine de plomb verte], 1767 Académie royale des sciences [Sur l'analyse des différentes espèces de tourbes], 1768. Examens chimiques des différentes substances minérales, in-12, Paris, 1769. Académie des sciences [Analyse de la pierre caliminaire du comté de Sommerset et de celle du comté de Nottingham], 1770 Mémoires de chimie, 1773 Analyse des blés, et expériences propres à faire connoître la qualité du froment, & principalement celle du son de ce grain . Avec des observations sur les substances végétales, dont les différentes nations font usage au lieu de pain, 1776 Recueil de mémoires et d'observations sur la formation & sur la fabrication du salpêtre . Par les commissaires nommés par l'Académie pour le jugement du prix du salpêtre, 1776 Élément de minéralogie docimastique, deux volumes in octo, 1772 et 1777. Instruction sur l'établissement des nitrières et sur la fabrication du salpêtre, 1777 Expériences propres à faire connaître que l'alcali volatil fluor est le remède le plus efficace dans les asphyxies, , 1778Il s'agit de NH sortant de NHOH (sic).. L'art d'essayer l'or et l'argent. Tableau comparé de la Coupellation des Substances métalliques, par le moyen du Plomb ou du Bismuth. Procédés pour obtenir l'Or plus pur que par la voie du Départ, à Paris à l'imprimerie de Monsieur, 1780, , xij et 112 p., 4 planches hors-texte, approbation et privilège du roi. Description méthodique du Cabinet de l'École Royal des Mines, Paris : Imprimerie Royale, 1784 Cours de docimasie et de métallurgie, 1784 Analyse Chimique Et Concordance Des Trois Règnes, Paris : Imprimerie Royale, 1786 Supplément à la Description méthodique du Cabinet de l'École royale des mines, 1787 Extrait d'un mémoire sur le Département des mines remis au Comité des finances de l'Assemblée nationale, 1789 Observations sur un écrit qui a pour titre : "Vues sur le Jardin royal des plantes et le Cabinet d'histoire naturelle", 1790 L'art de fabriquer le salin et la potasse ; suivi des Expériences sur les moyens de multiplier la fabrication de la potasse, 1794 Théorie de l'origine des montagnes, et de l'accrétion quotidienne de la masse solide du globe, avec des conjectures sur la cause des subversions qu'il a éprouvées, 1809. Expériences qui font connaître que, suivant la manière dont la même chaux vive a été éteinte, elle est plus ou moins propre à former des bétons ou mortiers solides : procédés pour obtenir un stuc ou marbre artificiel préférable aux autres, ainsi qu'un badigeon inaltérable, etc, 1809 Exposé des effets de la contagion nomenclative, et la réfutation de paradoxes qui dénaturent la physique, 1810 Moyens de remédier aux poisons végétaux, à ceux qui sont produits par les substances métalliques et au venin des animaux, 1811 Institutions de physique, 1811 Supplément aux Institutions de physique, 1812 Exposé sommaire des principales découvertes faites dans l'espace de 50 ans, in octo, Paris, 1813.

Tableau comparé de la conduite qu'ont tenue envers moi les ministres de l'ancien régime avec celle des ministres du nouveau régime, 1814 Opuscules de physique, 1815 À M. Héron de Villefosse, 1816 Description des objets d'art de la collection de B.-G. Sage, 1816 De la formation de la terre végétale nommée humus, et de l'effet des engrais, 1816 Expériences qui font connaître qu'on ne peut admettre l'innocuité de l'eau de mer distillée parce qu'elle contient toujours du gaz alcalin oléaginé neptunien produit par la putréfaction des êtres organisés marins, 1817 Phénomènes que présente la destruction des corps des animaux après leur mort, Paris : Impr. de P. Didot l’aîné, 1817, , VIII-34 p. Formation des monts ignivomes, nommés volcans, par allusion à Vulcain dont on a supposé que c'étaient les forges, 1817 Analyse de l'eau de mer, 1817 Notice biographique, 1818 Pétition à S. E. le Ministre de l'Intérieur, 1818 But de la nature dans la formation quotidienne du sel dans l'eau des mers, 1818 Énumération des découvertes minérales faites dans l'espace de 60 ans, in 9°, Paris, 1819. Analyse du lait de vache, suivie de la liste chronologique des ouvrages publiés dans l’espace de cinquante-un ans par B.-G. Sage, Paris : Impr. de P. Didot l’aîné, 1820, , 21 p. Lettre à son ami M. Robert Fergusson écuyer, 1820 Supplément à la Notice biographique, 1820 Propriétés du tabac . Analyse de la poudrette. Théorie de la vitrification, 1821 Annotations de B.-G. Sage, fondateur et directeur de la première Ecole des mines, sur les personnages qui l'ont dépouillé de sa fortune, 1822 Probabilité physique sur la cause des contagions pestilentielles, 1822 Époque de la fondation de l'École royale des mines obtenue par B.-G. Sage, 1822 Théorie de la vitalité . Décomposition de la dépouille mortelle de l'homme. Itératives annotations, 1823 Lettre à S. E. Mgr. le Cte de Corbière, ministre de l'Intérieur, 1823 Notice biographique, 1824 Pétition adressée à sa Majesté, 1824

Description d'espèces minérales

améthiste basaltine (synonyme d'apatite) beril feuilleté (synonyme de disthène) chrysolite du cap (synonyme de prehnite) Mine de Cobalt verte (synonyme d'annabergite) soufre doré natif ou kermès minéral natif (synonyme de kermésite) décrit comme une mine d'antimoine en plumes talc bleu (synonyme de disthène)

Galerie

Sources Page de la Bibliothèque nationale de France sur Balthazar Georges Sage