Une femme mariée est un film français réalisé par Jean-Luc Godard, sorti en 1964

Synopsis Le film commence par une série de plans fragmentaires du corps nu d'une femme (jambes, mains, dos), parfois juxtaposé à celui d'un homme sur un drap, sur fond évocateur des Quatuors à cordes , et de Beethoven. Peu à peu, la caméra cadre également le visage de la femme, Charlotte, mariée à un pilote de ligne ; l'homme qui l'accompagne, Robert, est un comédien de théâtre. Pendant la scène, une voix hors champ récite en chuchotant de courtes phrases tirées de publicités sur la beauté féminine.

Après l'amour, Charlotte doit aller chercher à l'école l'enfant issu du précédent mariage de son mari. Elle se fait conduire dans la voiture de Robert, puis prend plusieurs taxis l'un après l'autre, dans l'intention de détourner une éventuelle filature commandée par son mari. Charlotte se rend avec l'enfant à l'aéroport, où Pierre arrive d'Allemagne de l'Ouest avec le réalisateur Roger Leenhardt, qui a assisté le à Francfort-sur-le-Main à l'ouverture du procès des gardiens du camp de concentration d'Auschwitz et est invité à dîner.

Au cours de la soirée chez le couple, Pierre, Charlotte et Leenhardt livrent chacun une sorte de monologue, respectivement sur la mémoire, la vie au présent et l'intelligence.

Le lendemain matin, la femme de ménage Mme Céline livre elle aussi son monologue à Charlotte : une longue citation littéraire tirée du roman Mort à crédit de Louis-Ferdinand Céline. Charlotte, qui travaille pour un magazine féminin, va rencontrer des mannequins au travail, écoute les propos de deux jeunes filles assises à une table voisine, qui parlent de leur « première fois », et se rend enfin chez un gynécologue qui lui donne le résultat d'un test de grossesse : le résultat est positif, Charlotte attend un bébé, mais ne peut déterminer s'il s'agit de celui de son mari Pierre ou de celui de son amant Robert. Ce dernier lui a donné rendez-vous au cinéma de l'aéroport d'Orly (où l'on projette Nuit et Brouillard d'Alain Resnais), car il part jouer Racine. Presque inévitablement, ils se retrouvent au lit dans l'hôtel de l'aéroport, avec des séquences d'images qui reflètent celles du début du film. Charlotte, troublée, cherche à savoir auprès de cet homme quelle est la différence entre la vie et une pièce de théâtre.

Fiche technique Titre : Une femme mariée Sous-titre : Suite de fragments d'un film tourné en 1964 Réalisation : Jean-Luc Godard, assistants : Jean-Pierre Léaud et Claude Othnin-Girard Scénario : Jean-Luc Godard Musique : Claude Nougaro, Ludwig van Beethoven Photographie : Raoul Coutard Cadreur : Georges Liron Scripte : Suzanne Schiffman Montage : Françoise Collin et Andrée Choty Décors : Henri Nogaret Son : Antoine Bonfanti, René Levert, Jacques Maumont Production : Philippe Dussart et Maurice Urbain Sociétés de production : Anouchka Films, Orsay Films Pays de production : Format : Noir et blanc - Mono - 35 mm Genre : Comédie dramatique Durée : 98 minutes Date de sortie : Affiche : Georges Kerfyser (France)

Distribution Macha Méril : Charlotte Bernard Noël : Robert, l'amant Philippe Leroy : Pierre, le mari Roger Leenhardt : l'ami philosophe Rita Maiden : la bonne Georges Liron : le médecin Margaret Le-Van : une fille à la piscine Véronique Duval : une autre fille à la piscine Christophe Bourseiller : Nicolas, le jeune fils de Pierre André Lesourd : Dédé, le mécanicien de l'aérodrome

Production Le tournage est très rapide : il se déroule sur 20 jours du au . Afin d'être être prêt pour la Mostra de Venise an le film est monté au fur et à mesure du tournage.

Réception Initialement titré La Femme mariée lors de sa présentation au festival de Venise, le film doit, après son examen par la commission de censure, être diffusé avec un titre moins explicite et quelques coupures. Jean de Baroncelli, dans Le Monde, salue, malgré ces modifications subies, un film « typiquement godarien » qui en révèle plus sur l'auteur lui-même que sur son sujet affiché : la femme-objetJean de Baroncelli. "Une femme mariée". Le Monde, 8 décembre 1964. Lire en ligne.

Notes et références

Bibliographie Jean-Louis Comolli, « La femme mariée », Cahiers du cinéma, n° 159, , p. 28-30. L’Avant-scène Cinéma, n° 46, . Découpage – après montage définitif – et dialogues in extenso. Michel Mortier, « Une femme mariée », Téléciné, , Fédération des Loisirs et Culture Cinématographique (FLECC), Paris, , . Jean-Luc Godard, Macha Méril, Journal d'une femme mariée, Paris, Denoël, 1965. Samuel Bréan, « Le sous-titre révélateur : inaudibilité et traduction audiovisuelle », , L’Écran traduit, n° 1, printemps 2013, p. 54-74 ; L’Écran traduit, n° 2, hiver 2013, p. 28-41 [article sur le sous-titrage anglais du film].

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