Le cimetière parisien de Thiais est un des cimetières parisiens extra-muros. Il est situé sur la commune de Thiais, dans le département du Val-de-Marne.
Description
En tant que cimetière parisien extra-muros, il est administré par la ville de Paris. Il est le deuxième de ce genre en superficie et en activité, derrière le cimetière parisien de Pantin. Il occupe 103 des de la commune de Thiais, soit 16 %. Environ , pour accordées, sont regroupées dans .
Il est distinct du cimetière communal de Thiais, où sont inhumés les défunts de la commune de Thiais.
Accès C'est le cimetière parisien le plus excentré, situé à plus de de la capitale.
Son entrée principale, située 261 route de Fontainebleau à Thiais, fait face à la station Auguste Perret de la du tramway. Une entrée secondaire se trouve avenue du Général-de-Gaulle.
Le cimetière est bordé par l'A86 à l'est et au sud.
Histoire Contexte Le conseil municipal de Paris décide en d'établir une nouvelle nécropole en banlieue sud pour faire face au manque de place dans les cimetières parisiens déjà ouverts intramuros (Père-lachaise, Montparnasse, Montmartre, etc.) comme extramuros (Bagneux, Pantin, Ivry, etc.).
La construction est confiée à Charles Halley en . Halley propose le programme des bâtiments du cimetière dès la fin de l'année ainsi qu'une planification des différentes phases du chantier pour pouvoir ouvrir rapidement le cimetière aux inhumations même si tous les bâtiments ne sont pas achevés. Pour concevoir le programme, il s'appuie sur une « étude sur les nécropoles » qu'il a écrite en BHVP, 8-PLA-2148-(RES), plans et documents divers , « Étude sur les nécropoles », note manuscrite, non signée, attribuable à Charles Halley, non datée.. Pour le gros œuvre, Halley choisit l'entrepreneur Alexandre Lafond, avec qui il a déjà collaboréBHVP, 8-PLA-2131-(RES), Lettre de recommandation pour l'entreprise Lafond, signée Charles Halley, copie non datée... Malgré des tensions et des désaccords avec le conseil municipal de Thiais qui est allé jusqu'à démissionner en en signe de protestation.
Entrée principale Dans une mise en scène théâtrale, Charles Halley propose un portique encadré par deux portes monumentales de de haut et près de de large dans un aspect digne et solennel. Le béton armé utilisé est dissimulé sous un parement en pierre de Villebois, à l'exception de l'entablement à frises d'ondulation en béton brut. Deux vantaux coulissant dans la maçonnerie composent chacune des portes monumentales. Ces vantaux sont des grilles ouvragées en fonte, ornés de motifs géométriques simples qui renvoient aux motifs des grilles du pavillon de la conservation et des clôtures.
vignette|Vue de la porte piétonne centrale du portique depuis l'esplanade Auguste-Perret.
Entre les deux portes monumentales, un vaste portique à colonne se développe, ouvert par une porte piétonne en son milieu. Destiné à abriter le public en cas d'intempéries, le portique est largement ouvert sur l'intérieur de l'enceinte du cimetière. Les colonnes de béton brut, au fût lisse et sans ornements, soutiennent un plafond à caissons. Les parois du mur qui sépare le portique de l'extérieur du cimetière sont également revêtues d'un parement de pierre de Villebois, révélant un subtile jeu de texture qui permet l'animation de l'ensemble. vignette|Un des bancs du portique. Le portique est équipé de bancs en bois dessinés par Tony Selmersheim et son associé Louis MonteilBHVP, 8-PLA-2340-(RES), Acte de soumission, tamponné « Société Selmersheim et Monteil », .BHVP, G1033-189, Ville de Paris. Cimetière parisien de Thiais : bancs du portique, dressé par Charles Halley, .. À chacune des deux extrémités du portique, une salle d'attente est disposée, équipée de bancs et de lambris. Ces deux salles sont aujourd'hui transformées en bureaux.
La séquence d'entrée du cimetière parisien de Thiais est comparable dans sa disposition à la nouvelle entrée du cimetière de Passy (René Berger, ), avec le portique à colonne encadré de deux massifs, l'utilisation du béton armé revêtu de pierre calcaire (comblanchien à Passy) et la relative sobriété d'ensemble.
Bâtiment de la conservation vignette|Vue de la Conservation. Le bâtiment de la conservation se dresse dans la cour d’entrée du cimetière, côté sud, à droite de l’entrée principale. De la sorte, Halley modifie son plan initial qui prévoyait la disposition de ce pavillon dans l’axe principal et le déporte sur un des côtés pour préserver la perspective centrale. Reprenant la sobriété et la solennité qui se dégagent de la façade d’entrée du cimetière, la façade d’entrée du pavillon de la conservation d’un seul niveau d’élévation est constituée d’un corps central flanqué de deux ressauts plus bas. Des corniches saillantes soutenues par un entablement à frises d’ondulations semblables à celles des portes monumentales couronnent l’édifice. Les grilles qui protègent les baies en façade reprennent le même motif de chevrons mis en œuvre pour les panneaux des clôtures.
À l’intérieur de la conservation, la banque d’accueil prend place dans l’espace laissé entre les colonnes pour séparer le public du personnel administratif. Les portes en bois des différents bureaux sont d’origine, pour partie. Celles-ci reprennent dans un panneau central le profil ondulé des frises de l’entablement. Le sol du hall du public est recouvert de mosaïque, visible dans une photographie publiée dans un article de La Construction moderne daté du ., mais aujourd’hui dissimulée sous un revêtement moderne.
Le plafond du hall du public est agrémenté de caissons carrés, au profil comparable aux caissons du portique, dans lesquels venaient se loger des plafonniers et dont la forme se rapproche de la pyramide à gradins inversée du grand hall du palais de la Porte-Dorée d’Albert Laprade, construit à l’occasion de l’Exposition coloniale de .
Luminaires Le décorateur Jean Perzel est l'auteur des luminaires commandés par Halley pour le portique, les salles d'attente et la conservationBHVP, 8-PLA-2171-(RES), Travaux et mémoires soldés, , Certificat pour paiement à Perzel, ; et BHVP, 8-PLA-2345-(RES), Correspondance et devis, , Devis descriptif signé Jean Perzel à Charles Halley, .. Des six luminaires commandés, il ne reste que les plafonniers des salles d'attente et les traces des appliques du portique, de part et d'autre de la porte centrale. Par ailleurs, Jean Perzel a également livré des luminaires pour le cimetière de Passy, qui toutefois se remarquent par leur plus grande complexité.
Cité de logements La construction de pavillons pour le logement des employés constitue l’essentiel de la deuxième étape du chantier du cimetière de ThiaisBHVP, Fonds Halley, Charles (), architecte.. Il s’agit de la construction en béton armé de pavillons de quatre logements, chacun constitués de trois ou quatre pièces. Ils sont alors équipés de tout le conforme moderne : salle de bain et WC à l’intérieur de l’habitation, électricité et chauffage. La cité est conçue selon un modèle de cité-jardin disposée au nord du cimetière et elle bénéficie d’une certaine autonomie par rapport au fonctionnement du cimetière, avec une entrée particulière. Le début de la construction est entrepris par Alexandre Lafond en puis de à par Octave DupuisBHVP, 8-PLA-2119-(RES), travaux et mémoires soldés, .. La cité de logements est aujourd’hui en grande partie laissée à l’état d’abandon, seuls quelques logements sont encore occupés.
Entrée secondaire vignette|Vue du poste de gardien de l'entrée secondaire (avenue du Général-de-Gaulle). Ouverte sur l'avenue du Général-de-Gaulle, aménagée et construite lors de la deuxième étape en même temps que le lancement du chantier de la cité de logements pour les employés, cette entrée secondaire se remarque par sa simplicité. En léger retrait de l’alignement, elle est annoncée par la mise en place de panneaux de clôture de premier type. Elle est équipée d'un accès piéton protégé par un auvent en béton armé et par un poste de gardien circulaire coiffé d'un dôme.
Clôture vignette|Une section de la clôture à claustras. La clôture définitiveBHVP, 8-PLA-2036-(RES) et 8-PLA-2165-(RES), devis, correspondance, actes de soumission, Fonds Halley, Charles (), architecte, . est construite à partir de . La clôture du cimetière témoigne d’un soin attentif porté à la finition du béton par Halley. On distingue trois types de clôture sur tout le périmètre du cimetière. Le premier type constitue les abords immédiats de l’entrée principale et est constitué de panneaux de ciment pleins. Le deuxième type se développe le long des voies sur le périmètre du cimetière. Il est constitué de panneaux de béton moulé ajourés avec pour motif des chevrons en léger relief dont les arêtes sont saillantes. Le troisième type est déployé le long de la limite nord et sépare le cimetière des terrains alors maraîchers à la construction. Il s’agit de simples panneaux de béton préfabriqués disposés horizontalement entre chaque poteau en béton également, sans traitement esthétique particulier. Halley exige un soin particulier sur la qualité et les finitionsBHVP, 8-PLA-2036-(RES), devis descriptif, , ..
Une partie de la clôture a aujourd’hui disparu, d’une part du fait de la construction de l’autoroute A86 en , qui empiète sur une partie des divisions du sud du cimetière, et d’autre part du fait de l’élargissement de la voie d’isolation au sud-ouest pour ménager une voie bus dans le secteur du centre commercial Belle-Épine en . Ces travaux subis par la nécropole ont nécessité la démolition d’une partie de la clôture et son remplacement par une clôture de panneaux horizontaux en béton moulé à décor géométrique.
Esplanade et boutiques Devant l’entrée du cimetière se trouve une vaste esplanade. Formée par l'avenue de Fontainebleau à l’ouest, l’entrée principale à l’est, elle est flanquée au sud par un alignement de boutiques à destination à l’origine des marbriers. Afin de conserver une harmonie d’ensemble, Halley impose le dessin de l’alignement. La constitution de l’ensemble s’est faite progressivement, au gré de l’installation des commerçants, d’abord à l’angle le plus proche du mur de clôture avec les établissements Lecreux et Herbet à partir de , puis progressivement vers l'avenue de Fontainebleau. Il est encore incomplet en d’après une illustration du projet de gare terminus pour une ligne de trolleybusArchives de Paris, AP 1326W 24, Avant-projet pour la gare terminus de la ligne trolleybus porte d'Italie Cimetière Parisien de Thiais, anonyme, , confirmé par une photographie aérienne contemporaine.. La création de cette gare terminus a empêché l’achèvement de l’extrémité ouest à pan coupé de l’alignement d’Halley, qui prévoyait une parfaite symétrie d’ensemble. L’alignement est complet en .. Constitué d’une quinzaine de lots, il comprend une façade continue d’un étage sur boutiques, marquée par une forte horizontalité que la toiture-terrasse et une marquise en béton et verre, continues d’une extrémité à l’autre, soulignent. Un jeu de ressauts, de retraits et d’avant-corps liés par des pans coupés permet toutefois de subtilement animer la façade selon un rythme ternaire complété par un triplet de baies à l’étage marquant chaque lot. Une modification récente en façade au niveau de l’actuel funérarium municipal de la ville de Thiais marque une rupture dans la ligne de l’ensemble, puisqu’un pan coupés d’un des retraits a disparu.