vignette|300x300px| Caucasoïdes :

Négroïdes :

Incertain :Mongoloïdes :

Caucasien, caucasoïde, ou la race caucasienne, est un terme anthropologique désuetTempleton, A. (2016). EVOLUTION AND NOTIONS OF HUMAN RACE. In Losos J. & Lenski R. (Eds.), How Evolution Shapes Our Lives: Essays on Biology and Society (pp. 346-361). Princeton; Oxford: Princeton University Press. , faisant référence à une et scientifiquement infondée, ayant désigné un groupe humain supposé partager des caractéristiques physiques communes, notamment en termes de morphologie crânienne. Il a été employé à partir du pour regrouper les phénotypes physiques des populations d'Europe, du Moyen-Orient, d'Afrique du Nord, de la Corne de l'Afrique, du sud de l'Asie centrale, et du nord de l'Asie du Sud.

En anthropologie physique, le mot « caucasoïde » a été utilisé comme terme générique incluant les groupes phénotypiquement similaires de ces différentes régions, en mettant l'accent sur l'anatomie du squelette, en particulier la morphologie crânienne.

Ce terme a été inventé par l’anthropologue allemand Johann Friedrich Blumenbach, qui associait les peuples originaires du Caucase (notamment la Géorgie) à un idéal esthétique et racial. Il a classé l’humanité en cinq « races », plaçant la race dite « caucasienne » au sommet d’une hiérarchie raciale pseudo-scientifique. L’usage du terme s’inscrit ainsi dans le contexte du racialisme scientifique du , aujourd’hui discrédité.

Aux États-Unis, le terme « caucasien » a souvent été utilisé comme synonyme de « race blanche ». ou d'Européen, parmi d'autres synonymes utilisés pour désigner les personnes d'ascendance européenne comme « caucasique » ou encore « leucoderme ».Bhopal, R., & Donaldson, L. (1998). White, European, Western, Caucasian, or what? Inappropriate labeling in research on race, ethnicity, and health. American Journal of Public Health, 88(9), 1303-1307. ChicagoBruce Baum. 2008. The Rise and Fall of the Caucasian Race: A Political History of Racial Identity. NYU Press.

La genèse du terme est intrinsèquement liée au courant de l'anthropologie physique des et donc au courant racialiste de cette époque, aujourd'hui largement discrédité. Bien que le terme « caucasien » ou « caucasoïde » ait pu être utilisé dans certains contextes scientifiques anciens, sa validité est aujourd’hui remise en question par la majorité des anthropologues contemporains, en raison de son origine pseudo-scientifique et de son utilisation historiquement raciste. Il reste cependant encore employé au dans quelques domaines spécifiques, notamment en anthropologie judiciaire, bien que cet usage soit de plus en plus controversé

Historique

La division de l'humanité en sous-espèces sur des critères physiques remonterait au . Avant cette époque, les divisions, lorsqu'elles ne sont pas basées sur des critères purement culturels, reposent sur la couleur de peau et postulent que la couleur des humains est adaptée à son environnement : il n'y a donc pas de notion de sous-espèce du fait que l'être humain s'adapte à son milieu. En 1684, François Bernier publie dans le Journal des savants un articleCet article existe en deux versions, la première, et la deuxième, dite varient légèrement dans leurs descriptions des espèces ou races. qui divise pour la première fois l'humanité en espèces sur des critères majoritairement géographiques et physiques. L'idée de classification taxonomique de l'Homme se poursuit avec Carl von Linné qui propose quatre taxons humains. Ses critères en revanche ne sont pas physiques mais culturels, mélioratifs pour l’Homo americanus et l’Homo europaeus, péjoratifs pour l’Homo afer et l’Homo asiaticus.

Meiners Le terme « race caucasienne » a été inventé par le naturaliste allemand Christoph Meiners dans son ouvrage c'est-à-dire Tableau de l'histoire de l'humanité (1785) et repris plus largement dans les années 1790 en particulier par Blumenbach, considéré comme l'un des fondateurs de l'anthropologie physiqueLuigi Marino, I Maestri della Germania (1975) ; translated into German as Praeceptores Germaniae: Göttingen 1770–1820 . Voir aussi B. Isaac, The invention of racism in classical antiquity, Princeton University Press, 2004, p. 105 ; The Anatomy of Difference: Race and Sex in Eighteenth-Century Science, Londa Schiebinger, Eighteenth-Century Studies, Vol. 23, No. 4, Special Issue: The Politics of Difference, Summer, 1990, pp. 387–405; B. Rupp-Eisenreich, "Des Choses Occultes en Histoire des Sciences Humaines: le Destin de la ‘Science Nouvelle’ de Christoph Meiners", L'Ethnographie v.2 (1983), p. 151; F. Dougherty, "Christoph Meiners und Johann Friedrich Blumenbach im Streit um den Begriff der Menschenrasse," in G. Mann and F. Dumont, eds., Die Natur des Menschen , pp. 103–04. An article published online gives a synopsis of Meiners' life and theories: N. Painter, "Why White People are Called Caucasian?", Yale University, September 27, 2007. Another online document reviews the early history of race theory.18th and 19th Century Views of Human Variation The treatises of Blumenbach can be found online here..

La race caucasienne englobait, selon Meiners, les populations autochtones de l'Europe, de l'Asie de l'Ouest (les Phéniciens, les Hébreux et les Arabes), de l'Afrique du Nord (Berbères, Égyptiens), de la Corne de l'Afrique (Habeshas, Somalis), les Indiens et les anciens GuanchesBaum, Bruce David. The Rise and Fall of the Caucasian Race: A Political History of Racial Identity. New York University: 2006..

Blumenbach vignette|300x300px|Variétés de l'humanité, carte basée sur les théories de l'anthropologue Johann Friedrich Blumenbach ; Iconographic Encyclopedia of Science, Literature and Art - 1851.|gauche

C'est Johann Friedrich Blumenbach, professeur à l’Université de Göttingen, qui a donné au terme un public plus large, en le diffusant par ses études de craniologie. En étudiant un crâne féminin retrouvé en Géorgie dans la région du Caucase, il le juge archétypal de ce qu'il appelle la race caucasienneL'ouvrage, en latin, de Blumenbach, qualifie le crâne de cette femme géorgienne de , et sert d'exemple de ses cinq races en introduction de . ou blanche de l'humanité. Ses subdivisions physiques reposent alors majoritairement sur la couleur de peau, séparant toutefois de la « race caucasienne » les samis et finnois tout en y englobant la partie Nord de l'Afrique et l'Asie de l'Ouest jusqu'au Gange. Dans diverses éditions de The Natural Variety of Mankind, Blumenbach commença par définir cinq races humaines basées sur la couleur de peau : la race caucasienne comme « race blanche », mongoloïde comme « race jaune », malaise comme « race brune », éthiopienne comme « race noire » et américaine comme « race rouge »RACE – History – Early Classification of Nature.

vignette|upright=1.12|Dessin de Johann Friedrich Blumenbach d'un crâne de femme géorgienne, utilisé comme spécimen caractéristique de la « race caucasienne » dans publié en 1795.

Cependant, à partir de la édition de On the Natural Variety of Mankind, Blumenbach a commencé à faire passer la couleur de peau au second plan, après avoir remarqué que les personnes plus pauvres (comme les paysans) qui travaillaient à l'extérieur voyaient leur peau devenir plus foncée avec l'exposition au soleilOn the Natural Variety of Mankind, 3rd ed. (1795) in Bendyshe: 227, 214.. Il remarqua également que la peau plus foncée était une caractéristique naturelle de certaines populations européennes plus proches de la mer MéditerranéeOn the Natural Variety of Mankind, 3rd ed. (1795) in Bendyshe: 209, 210.. Bien que selon lui la variété caucasienne idéalisée se distingue par un teint blanc et des joues roses ; des cheveux bruns ou châtains ; une tête subglobulaire ; un visage ovale et droit, avec des parties modérément définies ; un front lisse ; un nez étroit, souvent légèrement accroché ; et une petite bouche, Blumenbach reconnut de manière pragmatique que le teint des populations de race caucasienne pouvait varier naturellement du blanc au brun foncé. Il regroupa au sein de la race caucasienne les populations indigènes d'Europe, d'Asie occidentale, de la péninsule indienne; de l'Afrique du Nord, et vers le sud, les Maures et les habitants indigènes de la Corne de l'Afrique (Abyssins et groupes apparentés).

Il explique malgré cela que les « variétés » d'humains ne sont pas des groupes clairement divisés mais présentent une gradation.. Ses descriptions, quoique généralement factuelles à propos des crânes étudiés, montrent un biais clair envers le crâne géorgien dont il loue l'élégance, ce qui pourrait être approximativement traduit par « Le crâne de ce spécimen de femme géorgienne est le plus élégant. ».

De la race , il dit ainsi :

La position de Blumenbach est celle d'un monogénisme plaçant les humains à peau blanche comme l'origine de l'humanité, à partir de l'hypothèse qu'il est possible à la peau de se foncer avec le climat, mais qu'une peau noire à l'origine ne pourrait blanchir. En outre, ses découvertes sont pour lui l'occasion de prouver que les humains sont une seule et même espèce et que les races sont égales dès lors qu'elles sont égales en opportunités.

Le mot caucasien entre dès lors progressivement dans le vocabulaire français commun, et finit par faire son apparition en littérature dans les années 1850 à 1860. puis dans le Littré dès 1863.. Le terme « Europoïde » est inventé par l'anthropologue physique George Montandon, qui propose la division de l'humanité en huit , dont la grand'race europoïde, puis une subdivision en vingt races..

Coon

L'anthropologue américain Carleton Coon, professeur d'anthropologie aux universités de Pennsylvanie et de Harvard, cherche à analyser les caractéristiques des races humaines. Il publie en 1939 The Races of Europe, sous le même titre qu'un ouvrage antérieur de William Z. Ripley (1899). Il y tire les conclusions suivantes : La race caucasoïde est de double origine : des peuples du paléolithique supérieur (mélange d'Homo sapiens et de Néandertal) et des méditerranéens (purement Homo sapiens). Les peuples du paléolithique supérieur sont les peuples autochtones de l'Europe. Les Méditerranéens ont envahi l'Europe en grand nombre pendant le Néolithique et s'y sont installés. La composition raciale de l'Europe actuelle peut s'expliquer par un mélange de survivants du paléolithique supérieur et de méditerranéens. La race Caucasoïde s'étend bien au-delà de l'Europe vers le Moyen-Orient, l'Asie centrale, l'Asie du Sud, l'Afrique du Nord et la Corne de l'AfriqueCarleton S. Coon, , Chapter XI, section 1.. +Distribution des cinq races (ou sous-espèces) humaines

d'après Carleton Coon Caucasoïde Congoïde Capoïde Mongoloïde Australoïde Fichier:Carleton Coon races after Pleistocene.PNG

En 1965, il publie avec Edward Hunt The Living Races of Man.

Sous-groupes caucasiens

Considérés comme une des grandes races au côté de la race négroïde et de la race mongoloïde, les caucasiens ont été longtemps divisés en trois groupes pour des raisons linguistiques : Les aryens : peuples de langues indo-européennes Les sémites : peuples de langues sémitiques Les hamites : peuples de langues berbères et couchitiques, ainsi que les peuples parlant des variantes de l'égyptien ancienMeyers Konversations-Lexikon, , 1885-90, Volume 11, 1888, ..

La classification des sous-races dépend fortement de l'auteur mais les caucasiens étaient généralement divisés en : Sous-race alpine : Français, Suisses et autres descendants des celtes Sous-race nordique : peuples scandinaves, germaniques et slaves Sous-race arménoïde : Turcs d'Anatolie, Arabes du Levant, Iraniens de l'Ouest, Arméniens, Azéris, Kurdes, Juifs mizrahim Sous-race dinarique : Autrichiens, peuples des Balkans, Bulgares, et certains Turcs, considérés comme intermédiaires entre les nordiques et les arménoïdes Sous-race atlantide intermédiaire entre les méditerranéens et les nordiques