L'élection générale néo-brunswickoise de 2010 eut lieu le . Elle devait élire les députés de l'Assemblée législative de la province du Nouveau-Brunswick (Canada). Plus de se sont inscrites sur la liste électorale.. Le lieutenant-gouverneur pouvait normalement décider de déclencher des élections avant, où aussi tard qu'en 2011 ; toutefois, le premier ministre Shawn Graham a instauré des élections à date fixe. Les élections ont donc désormais lieu tous les quatre ans au quatrième lundi de septembre. Des lois semblables ont déjà été adoptées dans plusieurs provinces, dont l'Ontario, la Colombie-Britannique et Terre-Neuve-et-Labrador.

Le Parti progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick mené par David Alward remporta l'élection avec un mandat majoritaire, confirmant ainsi la victoire obtenue par celui-ci dans les urnes : le Parti libéral mené par le premier ministre Shawn Graham sortant n'obtenant que 34 % des voix contre 49 % aux progressistes-conservateurs.

Enjeux À la dissolution de l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick, le Parti libéral du Nouveau-Brunswick contrôlait 31 sièges et le Parti progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick en détenait 22, tandis que deux étaient vacants..

L'élection du survient six mois après l'échec de la vente d'Énergie NB à Hydro-Québec. Cette vente aurait pu rapporter 4,75 milliards de dollars à la province, ce qui aurait permis de rembourser une grande partie de la dette. Ce projet faisait partie du plan d'autosuffisance de Shawn Graham, dont le but était d'accorder une autonomie financière à la province, mais la proposition a ensuite été annulée. Le parti progressiste-conservateur choisit de faire des questions énergétiques un enjeu majeur de la campagne. Le chef de l'Opposition officielle, David Alward, lance d'ailleurs sa campagne électorale devant le barrage de Mactaquac afin de rappeler la transaction largement impopulaire dans la province. Dans un sondage rendu public par le Telegraph-Journal, la question énergétique figure au premier rang des enjeux électoraux au début de la campagne. Selon le sondage de la firme Corporate Research Associates, mené entre le 16 et le auprès de 404 personnes, 37 % des répondants estiment que les programmes des partis sur ces questions sont d'une « importance critique », alors que 46 % croient qu'il s'agit d'un élément « important mais non critique ».

L'élection survient alors que la province fait face à un déficit de 8,4 milliards de dollars et sort à peine de la pire récession des dernières décennies. Le parti libéral et le parti progressiste-conservateur proposent tous deux une augmentation des dépenses du gouvernement, sans se prononcer clairement sur les moyens de réduire la dette, tandis que le Nouveau Parti démocratique promet de réduire les dépenses gouvernementale en éliminant certains programmes jugés inutiles ou inefficaces, notamment Entreprise Nouveau-Brunswick. Le NPD promet aussi de nommer un agent d'efficacité gouvernementale. Le Parti vert entend aussi mieux gérer les finances publiques.

Aux finances précaires de la province s'ajoute un manque chronique d'emplois dans certaines régions. Les libéraux promettent de créer nouveaux emplois dans le nord de la province et dans la région de Miramichi. Le NPD promet de créer nouveaux emplois avec un crédit d'impôt.

Selon un sondage de Corporate Reseach Associates pour le compte de Radio-Canada/CBC et L'Acadie nouvelle publié le , la santé est en tête des préoccupations des électeurs (25 %), suivi par l'éducation (12 %), l'économie (9 %), la création d'emplois (8 %) et la situation du français (1 %)..

Selon le politologue Roger Ouellette, David Alward, Shawn Graham et Roger Duguay jouent tous leur carrière politique. C'est en effet une tradition pour un chef de démissionner s'il porte le parti à la défaite. Advenant une défaite, Shawn Graham serait le premier premier ministre à démissionner après un seul mandat.

Chronologie : les organisateurs du Parti vert du Canada au Nouveau-Brunswick annoncent leur intention de former un Parti vert provincial et présenter une liste complète de candidats lors de cette élection. : Allison Brewer démissionne comme chef du Nouveau Parti démocratique. Elle sera remplacée sur une base intérimaire par Pat Hanratty jusqu'à l'élection d'un nouveau chef en 2007. : Bernard Lord démissionne comme chef du Parti progressiste-conservateur et annonce qu'il quittera son siège à l'Assemblée législative le . : Roger Duguay est élu chef du Nouveau Parti démocratique. : David Alward est élu chef du Parti progressiste-conservateur. : Jack MacDougall est élu chef du Parti vert. : Kris Austin est élu premier chef de l'AGNB.

Campagne électorale Parti progressiste-conservateur Le , David Alward est élu chef du Parti progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick.

Le parti progressiste-conservateur lance une page sur Twitter, NBLiberalParty, parodiant le parti libéral mais celle-ci est fermée le car elle contrevient aux conditions d'utilisation. Le parti progressiste-conservateur dévoile son programme le , qui prévoit une augmentation annuelle des dépenses de 142 millions $. Le chef promet de tenir un sommet afin de définir sa politique forestière une fois élu et de faire pression, avec les autres provinces de l'Atlantique, afin que le Nouveau-Brunswick reçoive plus de fonds fédéraux pour la recherche et le développement.

Le 22, les conservateurs et les libéraux s'accusent mutuellement d'avoir un plan secret de compressions budgétaires et de coupures de programmes. Le 25, les conservateurs publient un plan postélectoral, ce qui pousse Shawn Graham à le traiter de présomptueux. De plus, Shawn Graham attaque plusieurs fois David Alward sur son mutisme par rapport à des enjeux importants, comme le programme d'immersion française ou les régies régionales de santé.

Le chef David Alward termine sa campagne à Moncton et Fredericton.

Parti libéral thumb|Le chef du Parti libéral, Shawn Graham. Shawn Graham, déjà député du Parti libéral du Nouveau-Brunswick depuis le , devient chef le . Lors de l'élection du , les libéraux l'emportent contre les progressistes-conservateurs de Bernard Lord; Shawn Graham devient le nouveau premier ministre, à la tête d'un gouvernement majoritaire.

Le Réseau environnemental du Nouveau-Brunswick (RENB) dévoile son classement des programmes environnementaux des partis en course le . Seul le parti libéral ne passe pas le test, pour la première fois de son histoire, parce qu'il ne remet pas le formulaire.

Le Parti libéral dévoile sa plateforme électorale le . Shawn Graham promet d'étendre l'enseignement du micmac et du malécite-passamaquoddy à l'école secondaire. De plus, ces cours pourraient être optionnels pour les non-autochtones. Le parti libéral s'engage à créer nouvelles places en garderie. Le parti promet aussi de créer un nouveau congé férié le troisième lundi de février, le Jour de la Famille, dans le but d'attirer de nouvelles familles dans la province. Le parti se dit prêt à travailler de concert avec l'industrie forestière afin de faire croître ce domaine..

Le 22, les conservateurs et les libéraux s'accusent mutuellement d'avoir un plan secret de compressions budgétaires et de coupures de programmes.

Le chef Shawn Graham termine sa campagne dans la Péninsule acadienne.

Nouveau Parti démocratique

Lors des trois premières semaines de la campagne, le parti fait surtout des promesses liées à la gestion fiscale de la province. Interrogé sur les intentions de vote se stabilisant à 10 %, le chef Roger Duguay affirme pourtant que son parti est sur une lancée. Le programme du parti est lancé le . Celui-ci prévoit un budget austère, avec des promesses s'élevant à 78 millions de dollars mais des compressions de 382 millions de dollars, le tout sans changer le taux d'imposition..

Le Nouveau Parti démocratique promet de réduire le salaire et la pension de retraite des députés.

Le chef Roger Duguay termine sa campagne dans la circonscription de Tracadie-Sheila, où il est candidat.

Parti vert thumb|Le chef du Parti vert, Jack MacDougall. Le Parti vert du Nouveau-Brunswick est fondé en mai 2008, soit deux ans et demi avant le début de la campagne électorale. Jack MacDougall devient le premier chef élu le .. Le parti parvient à recruter 51 candidats, dont 25 femmes, le meilleur ratio de tous les partis. Sa plateforme électorale est dévoilée le . Celle-ci promet la création d'une économie verte, une plus grande autonomie aux régions et une meilleure gestion des finances publiques. Après deux semaines de campagne, le chef affirme que le parti réussira à remporter plusieurs sièges à l'Assemblée législative. Jack MacDougall termine sa campagne dans la circonscription de Fredericton-Nashwaaksis, où il est candidat.

Alliance des gens du Nouveau-Brunswick L'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick est fondée en , soit cinq mois avant la campagne électorale; Kris Austin devient son premier chef le .. Le chef termine sa campagne dans la circonscription de Grand Lake-Gagetown, où il est candidat.

Débats des chefs

Un débat des chefs a lieu à la Télévision de Radio-Canada et à la Première Chaîne le à 19h. Il est rediffusé à 20h à RDI. Un second débat en anglais est diffusé à 22h à CBC. Ces débats incluent les chefs des quatre plus anciens partis, soit David Alward, Shawn Graham, Roger Duguay et Jack MacDougall. Kris Austin sera quant à lui en entrevue au Téléjournal-Acadie.

La Télévision Rogers et le journal hebdomadaire L'Étoile organisent quant à eux un débat en français le . Selon L'Étoile, David Alward a été la cible la plus fréquente bien qu'il ait été plus en contrôle que lors du premier débat; la question du système de santé a provoqué les échanges les plus houleux mais Shawn Graham a été particulièrement attaqué sur sa politique énergétique. De plus, les chefs ont surtout discuté de leur propre programme, alors que Jack MacDougall et Kris Austin ont peu participé.

Le à 18h, le Réseau CTV diffuse un débat en anglais avec les chefs des trois principaux partis, soit Roger Duguay, Shawn Graham et David Alward. Les chefs Kris Austin et Jack MacDougall sont quant à eux en entrevue juste avant.

Implication de la société civile Le , la Fédération des étudiantes et des étudiants de l'Université de Moncton (FÉÉCUM) lance six recommandations aux partis.

Le 22, l'Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick (AAAPNB) et ArtslinkNB critiquent le manque de vision des différents partis en matière de culture et d'art.

À la fin de la campagne, Radio-Canada rapporte que de nombreux responsables de l'industrie forestière considère que les partis ne se préoccupent pas assez de cette industrie.

Résultats PartiChef# decandidatsSiègesVoix 2006 Dissolution Élus % Diff. # % Diff. Progressiste-Conservateur David Alward55262142 +21181,61648,92 % +1,4 % Libéral Shawn Graham55293213 -19127,67934,39 % -12,8 % NPDNB Roger Duguay55000038,43010,35 % +5,3 % Vert Jack MacDougall49N/A00016,8234,53 % +4,5 % AGNB Kris Austin14N/A0004,3891,18 % Indépendant700002,2860,62 % Vacant200Total23555555588371,223100 %

Résultats par régions PartiCentreNord-estNord-ouestSud-estSud-ouestTotalLibéral Sièges0606113 Vote populaire28,0 %40,7 %28,9 %37,9 %31,7 %34,4 %Progressiste-Conservateur Sièges97781142 Vote populaire51,8 %43,8 %59,8 %45,3 %48,4 %48,9 %Néo-démocrate Sièges000000 Vote populaire10,6 %12,8 %4,4 %9,4 %13,4 %10,3 %Vert Sièges000000 Vote populaire6,6 %1,8 %2,6 %6,8 %4,4 %4,5 %Alliance des gens Sièges000000 Vote populaire5,7 %0,9 %0,4 %0,4 %1,4 %1,1 %Total sièges9137141255

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