Sylvie Goulard, née Grassi le à Marseille, est une haute fonctionnaire et femme politique française, spécialiste de l'Union européenne.
Elle est conseillère du président de la Commission européenne Romano Prodi puis députée européenne de 2009 à 2017 au sein du groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ALDE).
Élue du Mouvement démocrate (MoDem) en 2009, puis sous l'étiquette de L'Alternative (MoDem-UDI) en 2014, elle rejoint La République en marche (LREM) en 2017 et devient ministre des Armées au sein du premier gouvernement Philippe. Un mois plus tard, citée dans l'affaire des assistants parlementaires du MoDem, Sylvie Goulard quitte volontairement le gouvernement, en invoquant le respect dû aux armées.
Elle est mise en examen pour détournement de fonds publics et emplois fictifs en . La mise en examen aboutit à un non-lieu en , à l'issue de l'instruction. Le Parlement européen, après enquête administrative, a conclu à des « irrégularités mineures notées, non systématiques et non intentionnelles ». Elle remboursera les sommes que le Parlement européen lui réclamait dans le cadre du règlement administratif de ce dossier à hauteur de euros.
Sylvie Goulard est nommée seconde sous-gouverneure de la Banque de France en . L'année suivante, elle est proposée par le gouvernement français pour devenir commissaire européenne au sein de la commission von der Leyen, mais le Parlement européen rejette sa candidature, dans un contexte de controverse autour de l'emploi des assistants parlementaires du MoDem.
En , elle quitte la Banque de France et réintègre le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères.
En , pendant le sommet pour un Nouveau Pacte financier mondial, Sylvie Goulard est désignée co-présidente d’un groupe international de haut niveau sur les crédits biodiversité (International Advisory Panel on Biodiversity credits - IAPB).
Depuis 2023, elle enseigne aussi à l’université Bocconi (SDA) comme « professor of Practice in Global affairs (sustainability, green finance and geopolitics) ». À ce titre, elle participe notamment à des projets de recherche sur la finance verte et les liens entre économie et nature / biodiversité.
En , Sylvie Goulard est entrée dans le conseil de la fondation de la Conférence de Munich sur la sécurité, la principale rencontre européenne de géopolitique et défense.
Biographie Famille et formation Sylvie Anne Corinne Grassi naît à Marseille d'une famille d'origine italienne. Elle obtient le baccalauréat à l'âge de . Elle obtient une licence de droit de l'université d'Aix-Marseille en 1984. Elle est diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris en 1986 et de l'École nationale d'administration (ENA), promotion Liberté-Égalité-Fraternité, en 1989..
Elle parle couramment l'allemand, l'anglais et l'italien..
Elle épouse Guillaume Goulard, conseiller d'État, frère de François Goulard, président du conseil départemental du Morbihan. Le couple a trois enfants...
1989-2001 : fonction publique et recherche Sylvie Goulard travaille au ministère des Affaires étrangères, à la direction des affaires juridiques, de 1989 à 1999. Elle fait notamment partie de l'équipe française chargée de négocier la réunification de l'Allemagne.
De 1993 à 1996, elle travaille au Conseil d'État, avant de retourner au service de prospective du ministère des Affaires étrangères où elle est alors chargée des questions européennes en liaison avec le service homologue allemand.
De 1999 à 2001, elle est chercheuse associée au Centre de recherches internationalesArrêté du 6 janvier 2000 portant mise à disposition (agents diplomatiques et consulaires)..
2001-2004 : conseillère de Romano Prodi Entre 2001 et 2004, elle est conseillère politique du président de la Commission européenne, Romano Prodi. Elle est notamment chargée du suivi de la Convention sur l'avenir de l'Europe présidée par Valéry Giscard d'Estaing visant à rédiger alors un projet de traité constitutionnel.
2005-2009 : enseignante Elle enseigne au Collège d'Europe, à Bruges, de 2005 à 2009..
2006-2010 : présidente du Mouvement européen-France En 2006, elle est élue présidente du Mouvement européen - France (ME-F), succédant à Pierre Moscovici qui avait été candidat à sa propre succession. Elle quitte la présidence du ME-F en 2010. afin de se consacrer à son mandat de députée européenne.
2009-2017 : députée européenne vignette|Romano Prodi et Sylvie Goulard lors de la conférence de presse pour le lancement du groupe Spinelli, le 15 septembre 2010.
Sylvie Goulard est élue députée européenne sur la liste du Mouvement démocrate (MoDem) dans la circonscription Ouest de la France lors des élections européennes de 2009. La même année, elle est nommée par François Bayrou au bureau exécutif du MoDem.
Elle effectue un premier mandat de 2009 à 2014, puis est réélue en 2014. Elle occupe cette fonction jusqu'à l'élection d'Emmanuel Macron à la Présidence de la République et sa nomination en tant que Ministre des Armées en 2017.
Premier mandat (2009-2014) Sylvie Goulard devient rapidement visible au Parlement européen en devenant membre de la commission des affaires économiques et monétaires, en tant que coordinatrice de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE). Elle est amenée à gérer la réforme du Pacte de stabilité et le renforcement de la gouvernance de la zone euro lors de la crise des dettes souveraines.
Elle s’engage dans les questions financières, en devenant notamment rapporteur sur la supervision bancaire et les eurobonds. Elle est également membre de la délégation pour les relations avec le Japon et membre suppléant de la commission de l'agriculture et du développement rural.
Le , Sylvie Goulard co-fonde le groupe Spinelli avec Daniel Cohn-Bendit, Isabelle Durant et Guy Verhofstadt, une association de députés européens, d'universitaires et d'autres personnalités politiques qui a pour objectif de promouvoir le fédéralisme européen..
En 2010, elle est rapporteuse du Parlement européen sur la création d'un Comité européen du risque systémique (CERS). Elle demande des règles et des contrôles plus stricts des marchés financiers, notamment sur les entités de dimension européenne..
En 2011, elle est rapporteuse d’un des textes composant le paquet « gouvernance économique » (« Six-Pack ») ; son travail porte en particulier sur les sanctions à appliquer aux États de la zone euro violant leurs obligations européennes. Elle introduit dans le débat la question des euro-obligations, incitations qu'elle considère comme nécessaires pour compléter les dispositifs de sanctions. Elle défend l’idée de créer un « dialogue économique » entre les États et la Commission, qui aurait lieu en public au Parlement européen afin que tous les gouvernements puissent faire valoir publiquement leurs vues..
Fin 2012, Sylvie Goulard et Mario Monti, Premier ministre italien, publient De la Démocratie en Europe.. Les auteurs disent partir d'un constat (.
Second mandat (2014-2017) Elle est réélue en 2014 sur les listes UDI-MoDem.
Au cours de ce second mandat, elle préside l'intergroupe du Parlement européen « Extrême pauvreté et droits de l'homme - Comité Quart Monde »., en lien avec ATD Quart monde. Elle devient également membre suppléant de la commission des affaires constitutionnelles.
En 2014, elle s'oppose à la nomination de Pierre Moscovici comme commissaire européen au motif qu’..
En 2016, Sylvie Goulard est également rapporteur sur le rôle de l'Union dans le cadre des institutions et organes internationaux dans le domaine financier, monétaire et réglementaire.
Fin 2016, elle se présente face à Guy Verhofstadt pour être la candidate du groupe ADLE à la prochaine élection du président du Parlement européenAline Robert, « Sylvie Goulard candidate à la présidence du Parlement européen », euractiv.fr, 25 novembre 2016.. Étant la seule femme à se porter candidate, elle dénonce à cette occasion « le fait qu'aucune institution européenne ne soit dirigée par une femme »..
Son activité au Parlement européen (1184 amendements déposés entre 2014 et 2017) fait l'objet de commentaires divers. Contexte relève qu’elle , alors que le groupe de l'ALDE auquel elle appartient : .. Mais au cours de la réforme bancaire discutée au Parlement européen en 2016, d'après le magazine Marianne, elle présente des amendements « quasi entièrement recopiés d'un argumentaire du lobby des banques allemandes ».
2016-2017 : soutien au candidat Macron, puis éphémère ministre des Armées Elle apporte son soutien à Emmanuel Macron, candidat d'En marche, pour l'élection présidentielle de 2017, en , plusieurs mois avant que François Bayrou ne le fasse à son tour.. Elle contribue à la rédaction du programme européen du candidat à la présidentielle et à organiser sa rencontre avec la chancelière allemande Angela Merkel..
Le , elle est nommée ministre des Armées au sein du premier gouvernement Philippe. Elle est la deuxième femme à exercer cette fonction, après Michèle Alliot-Marie de 2002 à 2007. Après les élections législatives de juin 2017, elle demande à ne pas être reconduite au gouvernement, si l'enquête sur l'affaire des assistants parlementaires du MoDem au Parlement européen conduisait à vérifier les conditions d'emploi de ses assistants parlementaires.« Remaniement : Sylvie Goulard va quitter le gouvernement », Arthur Berdah et Marcelo Wesfreid, Le Figaro.fr, 20 juin 2017.. Cette décision est prise sans en informer au préalable François Bayrou, qui n'est pas non plus reconduit dans le second gouvernement Philippe..
2018-2022 : sous-gouverneure de la Banque de France
Le , elle succède à Denis Beau en tant que seconde sous-gouverneure de la Banque de France., avec une rémunération de brut par an.
Elle est chargée des questions européennes et internationales, avec notamment les préparations des G7 et G20. Son champ de responsabilités couvre notamment la parité, la finance verte au niveau de la Banque de France mais aussi de la Banque centrale européenne, la stabilité financière, les risques financiers (elle coordonne le rapport sur l’évaluation des risques du système financier).
Elle prend des positions sur le réchauffement climatique et appelle à orienter le secteur financier de façon massive « vers les investissements verts ».
Elle s'exprime en faveur de l'euro et soutient l’initiative des grandes banques pour une solution de paiement paneuropéenne (ou EPI).
Sylvie Goulard est par ailleurs membre du One Planet Lab.
Depuis l’été 2020 elle fait partie de la commission pan-européenne pour la santé et le développement durable, mise en place par l’OMS Europe sur les suites de la pandémie de Covid-19.
2019 : candidature en tant que commissaire européenne
Le , Emmanuel Macron propose Sylvie Goulard en tant que candidate pour la France au poste de commissaire européen. Ursula von der Leyen lui attribue le portefeuille du Marché unique, dont l'objet est de faire fonctionner le marché intérieur et de développer une politique industrielle. Sa lettre de mission prévoit qu'elle soit responsable ou associée à plusieurs dossiers numériques (intelligence artificielle, cybersécurité et souveraineté numérique), et chargée de créer une direction générale de l’Industrie de défense et de l’Espace..
Réactions à la proposition Cette proposition fait l'objet de nombreux commentaires et analyses. L'Élysée met notamment en avant son expérience européenne, sa réputation à la Commission européenne, son polyglottisme et sa connaissance de l'Allemagne. Sa nomination est soutenue par Mario Monti et Guy Verhofstadt.