L'église Saint-Martin de Vomécourt-sur-Madon est un édifice religieux vosgien de style roman qui date du . C'est l’une des plus belles églises romanes du département, et de la Lorraine, avec celles de Relanges et Champ-le-Duc, ce qui explique son classement au titre des Monuments Historiques dès 1908.

Histoire

L'église Saint-Martin a été construite durant la première moitié du XIIe siècle. Des travaux importants ont eu lieu entre 1737 et 1740 : dans la nef, un pilier sur deux a été supprimé et les deux arcs réunis en un, les angles des piliers restant ont été abattus pour leur donner une géométrie hexagonale, les fenêtres des bas-côtés ont été élargies, des baies en cintre brisé ont été percées aux extrémités du transept, et surtout la toiture à deux pans de la nef et celles à un pan des bas-côtés ont été remplacées par une toiture unique (l'église de Relanges a conservé ses trois toitures). De ce fait, les baies de la nef, devenues inutiles, ont été bouchées. Des travaux de restauration ont été entrepris en 1911, 1925, puis 2015. L'absidiole nord et sa travée de chœur ont été détruites à une date indéterminée.  On ne connait rien d’autre sur la construction.

Elle fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le Architecture

L’église Saint-Martin est orientée sensiblement est-ouest avec le chœur à l’est. Elle est construite en calcaire de qualité moyenne. Le gros œuvre est en dolomie-moellon, dont un large gisement du Keuper moyen existe dans la région de Mirecourt et se prolonge largement à l’est vers Vomécourt.

L’église mesure 27 m de long, avec une nef centrale de 14 × 5 m, deux bas-côtés larges de 2,30 m, pour une largeur totale hors œuvre de 12,70 m, un transept de 18 m de largeur. Les murs mesurent 0,90 m d’épaisseur.  Elle est bâtie selon un plan basilical identique à ceux des églises de Relanges et Champ-le-Duc. Elle comporte initialement une nef avec cinq travées,  des bas-côtés, une croisée du transept avec de chaque côté un croisillon de même surface, trois travées de cœur terminées par l’abside au milieu et deux absidioles. La nef compte maintenant trois travées irrégulières, les deux premières travées, plus larges et de plan carré, la travée proche du transept ayant gardé sa disposition d’origine. La nef et les bas-côtés sont couverts d'un plafond en lambris. La croisée du transept et le croisillon sud sont voûtés d'ogives. Abside et absidiole sud sont voûtées en cul de four.

L'abside est éclairée par trois baies en plein cintre ornées de vitraux (saint Martin, saint Joseph, saint Vincent de Paul). Un escalier à vis situé entre l'absidiole (désaxée par rapport au bas-côté) et le choeur permet d'accéder au comble et au clocher.

La façade (ouest) est percée d'un oculus (0,9 m de diamètre) au-dessus d'une niche abritant un groupe sculpté de saint Martin. En-dessous le portail a conservé son tympan roman.

Le clocher, bien que d’apparence romane, a été certainement refait à une époque ultérieure. Un étage a été aussi ajouté. La maçonnerie du clocher s’élève à 16,5 m.

Décoration

Les éléments de décoration remarquables sont nombreux. À l’intérieur, des décors sculptés sur les impostes des piliers de la nef et de la croisée du transept, d'une grande richesse, composés de motifs végétaux (vigne, feuillage) ou géométriques, de palmettes, de représentations humaines et animales ; à l’extérieur, le chevet est orné de deux ordres superposés de colonnes avec bases et chapiteaux encadrant les baies au cintre orné de billettes. Une corniche est également décorée de billettes. Les chapiteaux de l'abside (intérieurs et extérieurs) sont tous sculptés : feuilles plates, palmettes, bouquets, bandes tressées…Sur la façade de l’église, on trouve un groupe sculpté de saint Martin de 1 m de hauteur datant du XVIe siècle  : le saint est à cheval, il porte un manteau sur l'épaule droite. Il coupe son manteau avec l'épée qu'il tient dans la main droite. On trouve également deux demi-reliefs évoquant l'Annonciation (1 m x 1 m) datant aussi du XVIe siècle et surtout le portail marqué par trois ressauts  : le premier en cintre brisé, le second en torsades et le troisième en tore sculpté. À droite, un serpent se cache dans les feuillages, rappel du péché originel. Le tympan roman datant de la construction de l’église est beaucoup plus complexe à appréhender.

Selon Georges Durand, quatre éléments s'y côtoient:

Les Saintes Femmes au tombeau est l'illustration la plus claire. Au matin de Pâques, elles reçoivent la bonne nouvelle de la bouche de l'ange . Le combat des chevaliers est le rappel de la lutte entre la vie et la mort et l’évocation des croisades. Le lion est l'animal de David et il était chanté comme tel dans les célébrations médiévales du matin de Pâques Les trois cercles sont une évocation possible de la Trinité

Datation

Des datations ont été effectuées par Cédric Moulis. Lors des travaux de 2015, quatre pièces de chêne ont été découvertes restant de la charpente romane de la nef, de 2 à 9 m de longueur pour une section d’environ 25 x 30 cm. L’abattage des chênes a été daté par dendrochronologie sur des prélèvements de 5 mm de diamètre à l’an 1126 et leur âge à l’abattage a été daté de 93, 87, 67, 43 ans. Cela confirme l’avis des archéologues qui estimaient la construction de l’église dans le second quart du XIIe siècle. La datation de la nouvelle toiture a donné une date d’abattage des arbres de 1728, ce qui est en accord avec les documents sur les travaux que l’on possède.

Mobilier

Quatre objets de mobilier classés:

Cuve (vasque) et fût de fonts baptismaux: vers 1704; hauteur  : 85 cm

Autel (maître-autel): mesurant 2,12 m de longueur, il est en bois et fer forgé, peints et dorés. Exécuté vers 1760-1770

Statue Vierge à l'Enfant: bois polychrome. XVIe siècle

Statue Saint Sébastien: sculpture sur pierre; hauteur  : 105 cm. XVIe siècle

Notes et références

Annexes

Bibliographie Suzanne Braun, Art roman en Lorraine, éditions Serpenoise, 2005 Articles connexes Liste des monuments historiques des Vosges Liens externes

Vomecourt-Madon Vosges Catégorie:Monument historique classé en 1908 Catégorie:Patrimoine du XIIe siècle Vomecourt-sur-Madon Vomecourt-sur-Madon