François Sublet de Noyers est un administrateur et homme d'État français, né au MansDaniel Alcouffe Un temps d'exubérance: les arts décoratifs sous Louis XIII et Anne d'Autriche, 2002, d'autres auteurs le font naître à Paris Louis Régnier, Fragments inédits des Mémoires et des lettres du P. Caussin : sous Louis XIII, 1915, et Orest Ranum pense qu'il a vu le jour à Blois. le Généalogie manuscrite du conservée à la Bibliothèque nationale de France, Cabinet des titres, dossiers bleus 621, fol. 22, information confirmée par les dossiers bleus (621 Sublet, fol. 38) qui précisent que Sublet de Noyers est mort à l'âge de 56 ans 5 mois et 6 jours voir M.L Régnier, Les Carmélites de Giscors (1631-1792)Mémoires de la Société historique et archéologique de l'arrondissement de Pontoise et du Vexin, , 1900, « La Famille Sublet et les carmélites », n. 4. Cette date s'accorde avec la situation familiale de François Sublet qui est le cinquième enfant de parents mariés en 1583. Elle a été reprise par le site internet de la mairie de Noyers ou par Abbé Louis Lefevre, Société Historique et Archéologique de Pontoise, Revu et annoté par José GILLES, Osny-sur-Viosne Essai historique d'après les archives de la Seigneurie, Prix Comartin de l’arrondissement de Pontoise 1934, . Ignorant ces indications, d'autres études retiennent parfois la date de 1563 (Ranum) de 1578 (Michaud Poujoulat) ou 1588 (Pillorget)., mort le Michaud-Poujoulat . en sa propriété de DanguGazette de France, 1645, , ..

Origines familiales Issu d'une famille blésoise, Sublet est le petit-fils de Mathurin Sublet (mort à Gisors le ), trésorier des cents Suisses de la garde du roi, receveur des tailles en l'élection de Gisors, et de Françoise Allais (morte le ), fille de Henri Allais, sommelier d'armes du roi, bourgeois de Paris et Marguerite d'Orléans, qui dans son testament du porte fondation d'une messe par jour en la chapelle de la Résurrection de l'église des Saints Gervais et Prothais de Gisors autrement dit la chapelle de cuivre qu'elle avait fait bâtirMélanges : documents, Société de l'histoire de Normandie, , 1893, ..

Il est le fils de Jean Sublet de Noyers (né à Paris le , baptisé à Saint-Paul de Paris le , mort en 1635), sieur de La Guichonnière, trésorier des Suisses, engagé dans l'armée royale contre les protestants (1573), participant à l'ambassade de Paul de Foix auprès du pape, anobli (par lettres patentes données à Fontainebleau en et enregistrées à la cour des aides de Normandie le Pierre-François Lebeurier, État des anoblis en Normandie, de 1545 à 1661, avec un Supplément de 1398 à 1687, 1866, .), acquéreur des deux demi-fiefs de Noyers le et le , trésorier de France à Rouen (par lettre patente du Claude Michaud, "François Sublet de Noyers, surintendant des Bâtiments de France », Revue historique, 241, 1969, ., maître à la chambre des comptes de Paris (d'abord au office reçu le , jusqu'en 1588Paul Guérin, Registres des délibérations du bureau de la ville de Paris, 1598-1602, 1909, , , note 1. puis au office, l'un des quatre prenant bourse en chancellerie, reçu le en exercice jusqu'en 1608H. Coustant d'Yanville, Chambre des comptes de Paris Essais historiques et chronologiques, privilèges et attributions nobiliaires et armorial, 1866-1875, .), secrétaire du roi (1605), chartreux (), et de Madeleine Bochart (morte en 1611), son épouse (par contrat du signé devant Laurent de Monthenault et Martin Jamart, notaires à Paris)Claude Michaud, "François Sublet de Noyers, superintendant des Bâtiments de France », Revue historique, , 1969, ..

Ascension sociale Le , François Sublet de Noyers est reçu conseiller secrétaire du roi, maison, couronne de France et de ses finances par résignation de son pèreAbraham Tessereau, Histoire chronologique de la Grande Chancellerie de France, contenant son origine depuis le commencement de la nouvelle Monarchie jusqu'à présent, 1710, , .. Il s'en démet à son tour en 1613 en faveur de Jacques BaratAbraham Tessereau, Histoire chronologique de la Grande Chancellerie de France, contenant son origine depuis le commencement de la nouvelle Monarchie jusqu'à présent, 1710, , .. La même année, il est pourvu d'un office de conseiller et de trésorier général de France à Rouen par résignation de Claude Bretel+%C3%A0+Rouen+, +par+la+r%C3%A9signation+de%22&hl=fr&sa=X&ei=HtBOVL7bAsroaMvTgbAF&ved=0CBQQ6AEwAA# Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie, 1851, , . et le sont publiés les bans de son mariage avec Isabelle Le Sieur, de Saint-MédéricAuguste Jal, Dictionnaire critique de biographie et d'histoire : errata et supplément pour tous les dictionnaires historiques d'après des documents authentiques inédits, 1867, .. Du au , il est de conseiller notaire et secrétaire du roi du collège des cinquante-quatre par la résignation de Nicolas le PelletierTranscription sur le site internet ranumspanat.com du Ms. Fr. 18236 de la Bibliothèque nationale de France consacré aux secrétaires d'État de 1300 à 1647.. Il est reçu dans cet office le Abraham Tessereau, Histoire chronologique de la Grande Chancellerie de France, contenant son origine depuis le commencement de la nouvelle Monarchie jusqu'à présent, 1710, , ..

Grâce à la protection de son oncle maternel Jean Bochard, contrôleur général et surintendant, il devient de 1623 à 1629 commis du contrôle général des finances[Michel Antoine, Le Cœur de l'État, surintendance, contrôle général et intendances des finances 1552-1791, 2003, ].. Du à 1636, François Sublet de Noyers est intendant des finances. En , il reçoit une commission pour « se rendre dans les diverses places de Champagne » afin « de faire réparer le plus promptement qu'il se pourra les manquements qui s'y trouvent ». Par une nouvelle commission du , il est envoyé comme intendant des finances auprès de l'armée pour le secours de Trèves en Allemagne commandée par le maréchal d'Effiat puis après la mort de ce dernier le , par le maréchal d'EstréesPinard, Chronologie historique-militaire, contenant l'histoire de la création de toutes les charges, dignités et grades militaires supérieurs, de toutes les personnes qui les ont possédés... des troupes de la maison du Roi. Table des rois de France, les secrétaires d'état à la guerre, les sénéchaux, les connétables et les commandans d'armées, 1760, , .. En , il est intendant de l'armée commandée en Lorraine par le maréchal de La Force. Une commission datée de Fontainebleau le le charge de se rendre en Picardie pour « y faire en toute diligence travailler aux fortifications des villes et places, citadelles et châteaux de Doullens, Montreuil, Calais, fort de Lay, Ardres, Abbeville, Rue, Saint-Quentin, Le Castellet, Péronne, La Capelle, Corbie, Amiens et La Fère, suivant les devis et desseins du sieur d'Argencourt notre maréchal de bataille que nous envoyons avec vous en notredite province »Michel Antoine, Le Cœur de l'État, surintendance, contrôle général et intendance des finances 1552-1791, .. Une commission lui est donnée en pour se rendre à Nancy, récemment occupée par les troupes françaises, afin d'y faire travailler à la citadelle. Dans toutes ces missions, il informe régulièrement Richelieu de la situation sur place et ne lui cache pas les fragilités des dispositifsCharles Schmidt, « Le rôle et les attributions d'un intendant des finances aux armées: Sublet de Noyers de 1632 à 1636 » Revue d'histoire moderne et contemporaine, 1900-1901, -175...

Ministère Protégé du Père Joseph, l'éminence grise du cardinal de Richelieu, il succède à Abel Servien comme secrétaire d'État de la Guerre du au . La France étant alors engagée dans la guerre de Trente Ans, le ministre doit organiser l'administration d'une armée aux effectifs démesurément accrus. Aux côtés de Louis XIII et du cardinal de Richelieu, il inspecte les différents fronts. Devant Hesdin en 1639, il concerte avec le chevalier de La Ville la conduite des attaquesPierre A. Allent? Histoire du corps impérial du génie, 1805, .. Il fait fortifier un grand nombre de places. Il construit des hôpitaux militairesAugustin Cabanès, Chirurgiens et blessés à travers l'histoire. Des origines à la Croix-Rouge, s.d., . qu'il confie souvent aux Jésuites, pour soigner les corps et les âmes des soldats. Il réglemente les enrôlements, la discipline, les subsistances, le transport. Il développe le pouvoir des intendants d'armée afin d'assurer le contrôle du pouvoir civil sur les militaires.

Il cumule cette charge avec d'autres fonctions. Le 1911, Bibliothèques nationale de France, Dossiers bleus, 621 cote 16494 cités par Henry de Castries, Les sources inédites de l'histoire du Maroc. Archives et bibliothèques de France, . il est nommé capitaine, concierge et surintendant du château de Fontainebleau, charge vacante par la mort de Sébastien Zamet (survenue le ). Après la mort du président Henri de Fourcy en , il est surintendant des Bâtiments de France, du au . En cette qualité, il entreprend des travaux de rénovation et d'embellissement de plusieurs maisons royales, notamment le Louvre et Fontainebleau, il crée l'Imprimerie royale, installée au Louvre en 1639, et apporte son soutien aux "Intelligents", intellectuels promoteurs du classicisme dans les arts. En 1640, il envoie en mission artistique à Rome son cousin Paul Fréart de Chantelou pour décider Nicolas Poussin et Duquesnoy à venir à Paris. Le premier accepte et se voit chargé d'ordonner la Galerie des Antiques du LouvreLucien Hoche, Paris occidental, - : ses rues, leur passé, leurs passants, 1, 1, 1912, ..

Par brevet royal du , il est autorisé à recevoir par an sur les gabelles du Dauphiné, du Lyonnais, du Forez et du Beaujolais. Le , il reçoit une gratification de la part des états de ProvenceClaude Chablat-Beylot, « François Sublet de Noyers, baron de Dangu », Les Ministres de la Guerre 1570-1792, éd. Thierry Sarmant, 2007, .. Le M.L Régnier, Les Carmélites de Giscors (1631-1792)Mémoires de la Société historique et archéologique de l'arrondissement de Pontoise et du Vexin, , 1900, « La Famille Sublet et les carmélites », ., il échange la petite principauté de Mortagne en Saintonge, que son collègue du cabinet Henri-Auguste de Loménie venait de lui céder tout exprès moyennant contre DanguClaude Michaud, "François Sublet de Noyers, superintendant des Bâtiments de France », Revue historique, 241, 1969, ., dans le Vexin normand. Il reçoit l'office de capitaine des chasses de Dangu. Il fait jeter un pont en pierres sur l'Epte, fait paver la rue qui sépare les deux anciennes paroisses de Saint-Aubin et de Saint-JeanGisors et son canton (Eure) statistiques - histoire, Louis-Étienne Charpillon, 1867, .. Il fait étudier par l'ingénieur hollandais l'asséchement du marais s'étendant des deux côtés du village vers Château-sur-Epte et GisorsLa Normandie monumentale et pittoresque, édifices publics, châteaux, manoirs etc., Eure première partie, 1894, ..

Disgrâce À la mort de Richelieu, le , Sublet de Noyers semble au faîte de son influence. Le roi l'associe à toutes les décisions politiques, fait ses dévotions, avec lui, l'appelle affectueusement « le petit bonhomme ». Mais Louis XIII est malade et le ministre songe à ménager l'avenir en se rapprochant d'Anne d'Autriche qui devrait obtenir la régence. Le souverain en est froissé, et demande un jour à Sublet de Noyers de rendre compte des trente millions de livres attribuées chaque année au département de la guerre. Se sentant mis en cause dans son honnêteté, ce dernier demande sa démission à Saint-Germain-en-Laye, le , vendredi saint, et se retire dans ses appartements. Contre toute attente, Louis XIII lui fait répondre par M. de Guénégaud, le ministre de sa Maison « de se retirer à Dangu et de laisser ses deux commis avec la cassette de ses papiers » et nomme à sa place par commission Michel Le Tellier, le .