vignette|redresse=1.2|Banderole faisant référence à « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs » dans une marche pour le climat à Pau (2018).
Lécologie politique en France se manifeste depuis le début des années 1970. Longtemps associée à la gauche alternative, elle obtient des scores faibles aux élections. Elle est divisé en plusieurs courants et partis. À partir des années 2000, l'écologie est un sujet qui intéresse de façon croissante les partis politiques, à gauche comme à droite, et le mouvement écologiste devient une force politique importante.
Historique Années 1970 à 2000 L'écologie politique naît en France au début des années 1970 dans le sillage de Mai 68, marquée par la rencontre de deux milieux : les amoureux de la nature, portant une vision plus apolitique de l'écologie, et une nébuleuse issue du mouvement de Mai 68, dans un contexte d'essoufflement du mouvement et au déclin de l'utopie communiste..
Il commence à se structurer autour du mouvement antinucléaire, avec les premières manifestations contre la centrale nucléaire du Bugey, ainsi que de la lutte du Larzac.
L'élection présidentielle française de 1974 est la première élection nationale où les écologistes décident de présenter un candidat, René Dumont, lequel obtient 1,32 % des voix. Dans la foulée est créé le Mouvement écologique, fédération rassemblant les différentes associations écologistes, dont l'unité est brisée l'année suivante avec le départ des Amis de la terre.
Pendant la décennie suivante, les écologistes restent prudents vis-à-vis de la participation politique et hésitent entre rester indépendants et s'allier à la gauche. Leurs scores restent faibles. Le parti Les Verts est finalement créé en 1984, mais comporte plusieurs textes fondateurs et manque d'une structure fonctionnelle. En 1977, ils obtiennent à certaines élections municipales 10 % des voix, comme à Paris, voire davantageDaniel Boy, « Le mouvement vert », in La politique en France et en Europe, Presses de Sciences Po, 2007 . Lors des élections européennes de 1979 (les premières au suffrage universel direct), la liste « Europe Écologie » rassemble 4,39 % des voix, peu en dessous du seuil de 5 % des voix nécessaire pour obtenir des eurodéputés..
Au début des années 1990, l'écologie est divisée en deux partis : Les Verts et Génération écologie. François Mitterrand encourage discrètement la création du second pour diviser l'électorat écologiste. Pour les élections législatives françaises de 1993 les deux partis parviennent cependant à s'allier, mais n'obtiennent aucun siège..
En 1994, Les Verts à une faible majorité décident de se positionner à « gauche » et de conclure des alliances électorales avec le Parti socialiste, et une bonne partie des fondateurs et des militants opposés à ce positionnement quittent Les Verts et certains fondent le Mouvement écologiste indépendant (MEI) et la Confédération des Ecologistes Indépendants (CEI). 1997 voit la victoire de la gauche plurielle.
À partir du deuxième mandat de Jacques Chirac, l'écologie s'impose comme un concept théorique à droite comme à gauche. Le discours est prononcé en . La Charte de l'environnement est adoptée en 2005..
L'élection présidentielle française de 2007 voit les partis traditionnels s'engager sur la thématique écologique, avec le Pacte écologique proposé par Nicolas Hulot..
Depuis les années 2010 L'élection présidentielle de 2012 est un échec, la candidate du parti Eva Joly n'obtenant que 2,31 % des voix. Le score est certes supérieur à celui de Dominique Voynet à l'élection présidentielle de 2007, mais en deçà des ambitions affichées par le parti. La période allant des primaires du parti en 2011 à l'élection de 2012 est jalonnée de crises : la rivalité entre Eva Joly et le candidat favori Nicolas Hulot crée beaucoup de tensions, et une fois la victoire de la première acquise, le second ne la soutient pas officiellement (il avouera par la suite avoir voté pour le candidat Front de gauche Jean-Luc Mélenchon lors de l'élection présidentielle). D'autre part, la campagne présidentielle d'Eva Joly est critiquée autant par la presse, que par les écologistes eux-mêmes : on lui reproche son image cassante ou des prises de position contestables. Son porte-parole, Yannick Jadot démissionne, et Gabriel Cohn-Bendit appelle même à se désister dès le premier tour en faveur du candidat du PS François Hollande. Après les résultats du premier tour, Eva Joly appelle immédiatement à voter pour ce dernier. Pour sa part, Corinne Lepage, écologiste de centre-droit, n'obtient pas les 500 signatures pour se présenter à l'élection.
Si l'élection présidentielle a pu être vécue par les écologistes comme un « psychodrame », les mois de mai et vont jusqu'à faire dire à la secrétaire nationale d'EELV Cécile Duflot qu'il s'agit d'un . En effet, après les élections législatives, le parti dispose de 18 députés : il possède désormais pour la première fois de son histoire un groupe à l'Assemblée nationale, un au Sénat, en plus des 15 députés européens. Dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, on compte deux ministres écologistes : Cécile Duflot, ministre de l'Égalité des territoires et du Logement et Pascal Canfin, ministre délégué au Développement. Néanmoins, si la progression des écologistes dans la vie politique française est réelle, elle est critiquée de plusieurs parts : certains mettent ainsi en avant son côté artificiel (les scores de la présidentielle et des législatives les plaçant en queue des peloton des partis, EELV ne devant ses élus que par les accords passés avec les socialistes), d'autres soulignent une indépendance en trompe-l'œil (le PS disposant de la majorité absolue à l'Assemblée, le ministre PS Alain Vidalies déclarant notamment que les écologistes ont mais .) alors que d'autres au sein-même du parti critiquent l'« arrivisme » de certains dirigeants du mouvement. et la chute inexorable du nombre d'adhérents..
En 2013, plusieurs personnalités écologistes, appartenant à l'UDI ou au MoDem ou issues d'EELV, appellent à « un rassemblement écologique au centre »Chantal Jouanno, Laurence Vichnievsky, Yann Wehrling et Franck Laval, « Pour un rassemblement écologique au centre », lejdd.fr, 12 octobre 2013. au moment où se constitue « l'Alternative », une alliance conclue entre le MoDem et l'UDI. Cette dernière fédération de parti, dirigée par Jean-Louis Borloo, ministre qui a organisé le Grenelle de l'environnement, est notamment rejointe par d'anciens membres de Cap21 qui ont fondé la Nouvelle écologie démocrate« La responsable départementale de Cap 21 rejoint l'UDI », leparisien.fr, 10 juin 2013..
L'intensité des batailles concernant les projets d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes et de barrage à Sivens relatives à l'incidence environnementale de ces travaux amène certains auteurs à déplorer une évolution de l'écologie politique en France du macro vers le micro. Ainsi, Éric Le Boucher dénonce-t-il une restriction du domaine de la lutte qu'il résume par cette sentence : « Avant, les écologistes défendaient la planète, maintenant, ils s’occupent des batraciensÉric Le Boucher, Le zadisme ou la restriction du domaine de la lutte, slate.fr, 6 novembre 2014.. ». De la même façon, Xavier Théry reproche aux responsables écologistes de sacrifier les grandes questions planétaires de long terme à des combats locaux..
Sur l'échiquier politique, tandis que l'écologie est dans l'esprit commun l'apanage des mouvements de gauche depuis les années 1960, la droite manifeste à partir des années 2010 une volonté de s'approprier les thèmes de la protection de l'environnement sous un angle libéral-conservateur, tourné vers la ruralité, la confiance dans le progrès technologique et le protectionnisme en matière économique et agricole. Plusieurs initiatives politiquement orientées à droite ou au centre-droit émergent ainsi, notamment autour de cercles de réflexion plus ou moins proches des Républicains : Jean Leonetti, président par intérim du principal parti de droite en 2019, exprime la nécessité pour la droite de bâtir un véritable programme écologique et souhaite que la France soit « à la pointe de ce combat ».. Fin 2019, un think tank intitulé Ecologie Responsable est lancé par une équipe de jeunes entrepreneurs et militants, parrainé par plus d'une vingtaine d'élus et de responsables de droite dont l'ancien président de l'Assemblée Nationale Bernard Accoyer et le président de la région PACA Renaud Muselierhttps://www.ouest-france.fr/reflexion/point-de-vue/point-de-vue-pour-une-ecologie-positive-enracinee-et-moderne-6541153.
À la fin des années 2010 et au début des années 2020, l'écologie est un thème partagé par de nombreux partis politiques. L'articulation avec différentes thématiques comme la justice sociale ou la lutte contre les discriminations est alors ce qui sépare Europe Écologie Les Verts et, plus largement les partis de gauche, des principaux partis de droite évoquant l'écologie. La décroissance, autre sujet de discorde entre écologistes est plus ou moins revendiquée selon les courants écologistes : sujet porté, chez les Verts, par Delphine Batho, le concept est au contraire repoussé par Eric Piolle. À l'extrême droite, on retrouve un discours identitaire revendiquant plus nettement la décroissance et la lutte contre le "productivisme" autour d'une interprétation spécifique du concept d'écologie intégrale.
Synthèse des résultats électoraux Aux élections présidentielles +ElectionPremier tourCandidat(s)CommentairesVoix%19741,32René Dumont19813,88Brice Lalonde (MEP)19883,78Antoine Waechter (LV)19953,32Dominique Voynet (LV)20027,13Noël Mamère (LV), Corinne Lepage (Cap21)20071,57Dominique Voynet (LV)20122,31Eva Joly (EELV)2017 - - -EELV soutient Benoît Hamon et ne présente pas de candidat20224,63Yannick Jadot (EELV)
Aux élections législatives Partis et courants écologistes en France Liste
Sont listés ici les partis ayant ou ayant eu des élus ou la capacité de présenter des candidats aux élections de manière régulière.
Les Écologistes (appelés Europe Écologie Les Verts - EELV ou EELV - jusqu'en 2023), principal parti écologiste français lancé en 2010 pour renouveler le parti Les Verts. Sa secrétaire nationale est depuis 2022 Marine Tondelier. La formation fait partie du Pôle écologiste en vue de la présidentielle de 2022. Ensemble !, dont plusieurs organisations fondatrices et leurs membres avaient pour ligne politique de faire passerelle entre la gauche de la fin du et l'écologie politique (comme la FASE ou Les Alternatifs), créé en 2013 et dont la porte parole la plus connue est Clémentine Autain ; en lien étroit avec La France insoumise. Génération écologie (GE ou GE), créé en 1990 et présidé depuis 2018 par Delphine Batho. La formation fait partie du Pôle écologiste. Cap écologie (CE ou CÉ), fondé en 2021 et présidé par Corinne Lepage et Jean-Marc Governatori. Issue d'une fusion de Cap21 et de l'Alliance écologiste indépendante, la formation fait partie du Pôle écologiste. Mouvement écologiste indépendant (MEI), fondé en 1994 par Antoine Waechter. Mouvement hommes animaux nature (MHAN), créé en 1996 présidé par Jacques Leboucher. Parti animaliste (PA), créé en 2016.