Bajina Bašta (en serbe cyrillique : ) est une ville et une municipalité situées dans l’ouest de la Serbie dans la vallée de la Drina. Elles font partie du district de Zlatibor. Au recensement de 2011, la ville comptait et la municipalité dont elle est le centre .

Bajina Bašta est située tout près du parc national de Tara, réputé pour la richesse de sa faune et de sa flore.

Géographie Bajina Bašta est située à l'ouest de la Serbie, sur la rive droite de la Drina, entre les rivières Rača et Pilica, sur les pentes orientales des monts Tara qui fait partie du groupe de montagnes de Stari Vlah, dans l'une des franges orientales des Alpes dinariques .. Le territoire municipal, qui couvre une superficie de est essentiellement montagneux. Le point culminant de la Tara est le mont , qui s'élève à . ; à Bajina Bašta, le massif comprend les sommets suivants : le Smiljevac (), la Carevića Vis (), la Bukova Glava (), la Vis ), la Velika Glavica (), le Crni Vrh (), le Borjak (), la Visoka Glavica () et le Golubac ().

La Drina est la rivière principale du secteur. Près de Bajina Bašta, elle forme une série de gorges. D'autres rivières parcourent également la région, comme la Brusnica ou la Derventa, qui, elles aussi, coulent dans des vallées encaissées .. On y trouve également d'autres petites rivières comme la Rača, la Pilica, le Crveni potok, le Bilo ou la Crvena stena .. Le Vrelo, qui coule à Tara, est le plus petit cours d'eau de Serbie ; il est surnommé « la rivière d'un an » parce qu'il mesure . En raison du relief accidenté, les rivières forment de nombreuses chutes d'eau, comme celle Veliki Skakavac (en serbe cyrillique : ), la plus importante du secteur. Elle est située sur le cours du Beli Rzav, le « Rzav blanc », un des bras du Rzav de Zlatibor, qui, lui-même, est un affluent droit de la Drina ; elle tombe sur une hauteur de . Le massif comporte aussi de nombreuses sources. Celle de Perućac donne naissance au Vrelo ; celle de Lađevac, dans les gorges de la Rača, est célèbre pour ses eaux aux vertus thérapeutiques.

Le massif possède également deux lacs importants. Le lac de Perućac, à l'extrême nord de Tara, a été créé par la construction d'un barrage sur la Drina ; situé à une altitude de , il s'étend sur et ses eaux atteignent une profondeur de . Le lac de Zaovine est lui aussi un lac artificiel, formé à la suite de la construction d'un barrage sur le Beli Rzav ; célèbre pour ses eaux couleur émeraude, il est situé à d'altitude et couvre une superficie de , avec une profondeur qui peut atteindre .

La municipalité de Bajina Bašta est entourée par celle de Ljubovija et par le territoire de la Ville de Valjevo au nord, par la municipalité de Kosjerić à l'est, par le territoire de la Ville d'Užice à l'est et sud ; elle est bordée par la frontière entre la Bosnie-Herzégovine et la Serbie à l'ouest et au nord-ouest .. De l'autre côté de la frontière se trouvent les municipalités de Bratunac, Srebrenica et Višegrad, qui font toutes partie de la république serbe de Bosnie.

Climat Le massif de Tara sert de zone de contact entre des vents chauds venus du sud et des vents froids venus du nord. Bajina Bašta et sa région se caractérisent ainsi par un climat continental tempéré, avec des étés modérément chauds, des hivers marqués et des automnes aux températures plus clémentes que celles du printemps. Les étés y sont ensoleillés et la neige est abondante en hiver. La température moyenne annuelle, relevée à la station météorologique de Mitrovac, située à d'altitude, est de ; tandis que la moyenne annuelle des précipitations est de .. L'humidité augmente avec l'altitude : les environs de Bajina Bašta sont subhumides, les environs de Perućac classés entre subhumides et humides ; Kaluđerske Bare est une zone humide et le secteur de Mitrovac se caractérise par un climat humide, avec une tendance perhumide.

Histoire Préhistoire et Antiquité thumb|upright=0.7|Colonne romaine dans le parc de Bajina Bašta Les vestiges les plus anciens de la région remontent au Néolithique 5 000 av. J.-C.) et sont caractéristiques de la culture de Starčevo. On a notamment retrouvé les traces d'un village et des poteries sur le site de Kremenilo, sur le territoire de l'actuel village de Višesava, à du centre de Bajina Bašta ; les habitants du lieu se livraient alors à l'agriculture et à l'élevage. Le travail du métal est attesté sur le site de Jovin breg ; ce village était alors en relation avec d'autres communautés situées en Pannonie. Plus tard, les Illyriens, probablement des Autariates, ont habité la région, ainsi qu'en témoignent une hache de cuivre retrouvée à Zarožje et un poignard en bronze retrouvé à Crvica, ainsi que les bijoux, les armes et les nécropoles mis au jour à Obajgora et Pilica. Les Celtes se sont installés au sud-ouest de l'actuelle Serbie au mais aucun témoignage de leur présence n'a encore été mis au jour dans la municipalité ..

Pendant la période romaine, la région fit partie de la province d'Illyrie puis de celle de Dalmatie. Située en marge des centres de développement de l'Empire, elle était néanmoins traversée par une voie reliant la région de Požega à la colonie minière de Domavium, aujourd'hui Srebrenica. De nombreuses localités conservent des vestiges de cette époques, pierres tombales, autels, ruines de monuments, même si les pierres des bâtiments romains ont souvent servi à des constructions ultérieures. Dans le parc de Bajina Bašta, on peut encore voir deux autels romains dédicacés à Jupiter, dont l'un a été retrouvé en 1939 à Skelani (municipalité de Srebrenica), ainsi que les fragments des colonnes d'un temple à Jupiter mis au jour à Crkvina ; on a également retrouvé des vestiges datant des et s Pilica, Perućac, Rastište et Dub.

Moyen Âge thumb|left|Les ruines de la forteresse de Solotnik Pendant le Moyen Âge, la région était située à la périphérie de l'État serbe de Rascie, à la frontière de la Bosnie. De cette époque date la forteresse de Solotnik, située sur le territoire du village de Solotuša. Après l'abdication du roi Stefan Dragutin Nemanjić, en 1282, la région resta sous son contrôle ; de l'époque de ce roi, la région conserve le monastère de Rača, réputé pour le travail de transcription et d’enluminure de ses moines. Après la mort de l'empereur Dušan, en 1355, la région fit pour un temps partie des possessions de Nikola Altomanović ; mais ce féodal eut à affronter une armée conduite par le prince serbe Lazar Hrebeljanović et par le roi de Bosnie Tvrtko et, fait prisonnier à Užice, il fut condamné à être aveuglé ; la région de Bajina Bašta entra dans les possessions du prince.

Période ottomane thumb|right|Le monastère de Rača Après la conquête ottomane, la région fit partie de la nahija de Soko () qui, en 1480, fut intégrée dans le sandjak de Zvornik, une subdivision de l'empire turc. Au cours du , le monastère de Rača joua un rôle important en tant que centre culturel de la région. Mais après la grande migration de 1690, conduite par le patriarche Arsenije III Čarnojević, les moines se réfugièrent en Autriche avec une grande partie de la population locale et le monastère fut déserté. Après la guerre austro-turque de 1716-1718 et à la suite du traité de Passarowitz (Požarevac), les Autrichiens obtinrent pour un temps le nord de la Serbie mais la région de Bajina Bašta resta sous domination ottomane. Au moment de la révolte de la Krajina de Koča, entre 1788 et 1791, la nahija de Soko fut entièrement libérée par les rebelles serbes mais, par le traité de Sistova de 1791, la frontière entre l'Autriche et l'Empire ottoman fut de nouveau établie sur la Save et les Turcs reprirent le contrôle de la région.

Lors du premier soulèvement serbe contre les Ottomans (1804-1813), des chefs originaires de la région de Rača jouèrent un rôle de premier plan, comme Jakov Nenadović et son frère le prêtre Mateja Nenadović, ainsi que Hadži Melentije Stefanović, qui était l'archimandrite du monastère de Rača, reconstruit sous son impulsion en 1795. Ce dernier devint voïvode de la nahija de Soko et il dirigea l'armée de Rača lors du siège d'Užice en 1805. Après la prise d'Užiče en 1807, le front de la Drina fut stabilisé mais après l'échec de ce premier soulèvement, la région fut l'objet de représailles de la part des Turcs et les insurgés durent se réfugier en Bosnie. Lors du second soulèvement serbe de 1815, les Račani (soldats de la région de Rača) prirent part aux batailles de Dublje et Ljubić. L'autonomie de la principauté de Serbie fut officiellement reconnue par la Sublime Porte en 1830.

thumb|right|Le monument au soldat inconnu de la Seconde Guerre mondiale à Bajina Bašta En 1834, Bajina Bašta fut édifiée sur les ruines de l’ancienne communauté turque de Pljeskovo qui était située sur la rive droite de la Drina, au pied du mont Tara. Vers la fin du , selon un accord passé entre les Serbes et les Turcs, les musulmans de la région durent s’installer en Bosnie ; ils y construisirent les localités de Skelani et Dobrak. Le nom de Bajina Bašta provient des vergers et des potagers qui étaient situés sur la rive gauche de la rivière Pilica et qui appartenaient à un seigneur turc, Baja Osam. Bajina Bašta signifie « le jardin de Baja ». En 1858, la ville devint le centre administratif du district de Rača et, le , le prince Milan IV Obrenović promulgua un décret qui lui accorda officiellement le statut de municipalité. Sur le plan économique, la localité connut un essor lié à l'élevage bovin, à l'industrie du bois et au tabac ; l'artisanat y connut aussi un premier développement. En 1866, Bajina Bašta comptait et et, à la fin des années 1860, la localité obtint officiellement le statut de ville. Après l'obtention de ce statut, Bajina Bašta connut un essor supplémentaire et prit l'allure d'une čaršija moderne. En 1878, la ville fut reliée par télégraphe à Užice ; un bureau de douane y ouvrit ses portes en 1880 et un bureau de poste en 1881. L'église Saint-Élie y fut construite en 1893.

Après la Première Guerre mondiale, la Drina cessa de jouer le rôle d'une frontière ; Bajina Bašta fit alors partie du royaume des Serbes, Croates et Slovènes, qui, en 1929, devint le royaume de Yougoslavie ; en 1929, la cité fut intégrée dans la Banovine de la Drina nouvellement créée. La ville connut alors un essor important, notamment dans le domaine du tourisme, et son aspect se modernisa. En 1939, Bajina Bašta comptait 27 restaurants et kafanas, ainsi que les deux hôtels Evropa et Bosna. En 1928, la centrale Perućac, sur la Drina, entra en service et la ville fut alors dotée de l'éclairage électrique.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les nazis envahirent la Serbie en avril 1941. Mais dès le , la ville fut libérée par les Partisans communistes de Tito ; elle fit alors partie de l’éphémère république d'Užice, un État affranchi pendant quelques mois de l’occupation par les forces de l’Axe. Bajina Bašta fut définitivement libérée le .

Après la guerre, la ville connut un important développement économique, notamment grâce à la centrale hydroélectrique Bajina Bašta à Perućac, la seconde en importance après celle de Đerdap sur le Danube.

Localités de la municipalité de Bajina Bašta thumb|upright=0.8|Localisation de la municipalité de Bajina Bašta en Serbie

La municipalité de Bajina Bašta compte 36 localités :

Bajina Bašta Bačevci Beserovina Višesava Gvozdac Dobrotin Draksin Dub Zaglavak Zaovine Zarožje Zaugline Zlodol Jagoštica Jakalj Jelovik Konjska Reka Kostojevići Lug Lještansko Mala Reka Obajgora Ovčinja Okletac Pepelj Perućac Pilica Pridoli Rastište Rača Rogačica Sijerač Solotuša Strmovo Cerje Crvica

Bajina Bašta est officiellement classée comme une « localité urbaine » (en serbe : et ) ; toutes les autres localités sont considérées comme des « villages » (/).

Démographie Ville Évolution historique de la population dans la ville

Pyramide des âges (2002)

Répartition de la population par nationalités dans la ville (2002)