Judas Priest est un groupe britannique de heavy metal traditionnel, originaire de Birmingham. Formé en 1969 par le guitariste K. K. Downing et le bassiste Ian Hill, Judas Priest est l'un des groupes les plus influents de la scène heavy metal..., notamment grâce à la voix au registre très étendu du chanteur Rob Halford, à son style musical caractérisé par l'utilisation de deux guitaristes solistes, et à ses performances scéniques hautes en pyrotechnie. Il est aussi reconnu comme l'un des inspirateurs de la new wave of British heavy metal .. Le groupe est cité pour avoir popularisé le look , avec ses habits de cuir et ses bracelets métalliques à clous. En 2007, le groupe recense plus de d'albums vendus à travers le monde.
Le bassiste Ian Hill et le guitariste Glenn Tipton sont les deux seuls membres de la formation actuelle à avoir été présents sans interruption depuis le premier album du groupe. Depuis 2018, Glenn Tipton est remplacé par Andy Sneap durant les tournées, en raison de l'avancée de la maladie de Parkinson dont il est atteint depuis des années. Il reste cependant membre à part entière et participe encore à l'écriture et l'enregistrement des albums.
Histoire Débuts (1969–1974) C’est l’amitié liant Kenneth Downing et Ian Hill qui est à l’origine du groupe. Les deux hommes se connaissent presque depuis leur naissance : ils vont dans les mêmes crèche et école à West Bromwich. À l’adolescence, ils manifestent un intérêt commun pour la musique et en particulier Jimi Hendrix, Cream, The Who et The Yardbirds. C’est alors qu’ils décident d’apprendre la musique : Downing choisit la guitare, Hill quant à lui opte pour la basse. En 1970, un groupe local à peine connu nommé Judas Priest (en référence à la chanson de Bob Dylan : ., tirée de l’album ) se sépare. Alan Atkins, le chanteur de cette formation, contacte Hill et Downing dans l’espoir de rejoindre leur groupe. Ces derniers acceptent et adoptent même le nom de Judas Priest. Sous l’influence de Downing, le groupe évolue de ses influences blues originelles vers le hard rock puis vers le heavy metal.
Jusqu’en 1974, cette formation (encore sans batteur attitré) joue à Birmingham et dans les environs, en première partie de Budgie, Thin Lizzy ou encore Trapeze. Des problèmes financiers et des tensions avec leur management (IMA, la compagnie de Tony Iommi) entraînent le départ d'Alan Atkins et d'Alan Moore (assurant alors le poste de batteur). À cette époque, Hill fréquente une jeune fille de la ville voisine (Walsall) qui leur suggère de remplacer Atkins par son frère, alors chanteur du groupe Hiroshima : Robert Halford. Celui-ci est engagé, ainsi que John Hinch, son batteur. Le groupe, désormais plus stable, donne des concerts à un rythme de plus en plus soutenu à travers le Royaume-Uni (souvent en première partie de Budgie), et assure même des concerts en tant que tête d’affiche en Allemagne et en Norvège.
Premiers succès (1974–1979) vignette|gauche|Glenn Tipton, ayant intégré le groupe en 1974.
Avant que le groupe n’entre en studio pour enregistrer son tout premier opus, la maison de disques suggère d’engager un autre musicien. Réticent à faire appel à un organiste ou un trompettiste, Downing choisit un second guitariste nommé Glenn Tipton, d’un groupe de Stafford. Selon les membres de Judas Priest eux-mêmes, il y eut des difficultés techniques durant l’enregistrement, et leur premier album Rocka Rolla souffre d’une qualité sonore horrible. Le management a également contribué à cet échec : selon le groupe, le producteur Rodger Bain (un professionnel dont la réputation n’était plus à faire, ayant déjà produit des albums pour des groupes renommés tels que Black Sabbath) prend trop d’importance dans la conception de l’album. Il évince de futurs classiques tels que , , et , et réduit considérablement un morceau comme , le faisant passer d'une chanson de dix minutes à un morceau instrumental de deux minutes).
Avec son deuxième album, le groupe acquiert expérience et confiance. Ses membres participent désormais à la production, et choisissent eux-mêmes leurs producteurs. Le résultat est , sorti en 1976. Sur cet album figurent surtout des morceaux anciens, y compris le fameux , une chanson combinant – un des morceaux emblématiques sur scène du premier Judas Priest (le groupe d'Al Atkins) depuis ses débuts – et – un morceau de Hiroshima, le premier groupe de Halford. Ces premiers succès et un concert de légende donné au festival de Reading en 1975 leur amènent leurs premiers fans. Les trois albums suivants, en 1977, et (aussi connu sous le titre de ) en 1978, explorent le genre heavy metal, faisant intervenir de musiciens de session tels que le batteur Simon Phillips ou encore Les (James Leslie) Binks. marque un tournant dans la carrière du groupe : les chansons sont désormais plus courtes et plus accessibles. Néanmoins, les rythmes implacables et puissants qui doivent être joués sur scène avec la même puissance que sur l'album amènent Les Binks (qui a composé ), un batteur au genre plutôt jazzy, à quitter le groupe, laissant sa place à Dave Holland (ex-Trapeze).
Avec ce line-up, Judas Priest enregistre douze albums et deux lives, avec des succès variables. Au total, le groupe recense plus de 50 millions d'albums vendus à l'international..
Pic de popularité (1979–1991) vignette|K.K Downing et Glenn Tipton en concert à Saint-Sébastien (Espagne), en 1984.
Après la sortie de , la tournée de cet album fait l'objet d'un album live : , enregistré en 1979. L'album est certifié disque de platine. en (le premier du groupe), et il est considéré comme l'un des meilleurs albums live de heavy metal des années 1970. Toutefois, à cette période, un grand nombre de fans surnomment l'album , l'album étant suspecté d'avoir été fortement retouché en post-production, par la pratique de l'overdubbing, voire d'être en fait un album studio auquel auraient été ajoutés des samples de bruits de foule pour faire croire à un live. À la fin des années 1990, Rob Halford, qui avait alors quitté le groupe, a affirmé que les parties instrumentales avaient été effectivement enregistrées en live, mais que sa partie vocale avait été mal captée, l'obligeant à la réenregistrer ; ce nouvel enregistrement aurait été réalisé en une seule prise, dans les conditions d'un concert.. Quoi qu'il en soit, de nombreux classiques de Judas Priest sont présents sur cet album comme et .
Au printemps 1980 sort un des albums de heavy metal les plus importants de l'époque : . Tirant parti des capacités du nouveau batteur, Dave Holland, les chansons deviennent plus courtes, ce qui contribue à leur popularité : des chansons telles que , et passent régulièrement à la radio, et connaissent un succès immédiat. L'album suivant, , sorti en 1981, est conçu dans la même veine, mais la critique ne l'accueille pas aussi bien que son prédécesseur. Cependant, la tournée suivant cet album est un grand succès, auquel contribuent de nouvelles chansons comme et . est commercialisé en 1982 ; l'une de leurs chansons les plus populaires You've Got Another Thing Coming, est alors régulièrement diffusée sur les radios nord-américaines, acquérant ainsi un énorme succès aux États-Unis. Des compositions comme et sont désormais des grands classiques de scène. De plus, cet album devient double disque de platine.. , sorti en 1984, est appelé sarcastiquement par les fans, du fait de ses fortes ressemblances avec l'album précédent. ; néanmoins, l'accueil est globalement favorable. La tournée qui suit est un succès, et, malgré l’absence notoire de single, l'album est quand même certifié disque de platine.
vignette|Rob Halford en 1988. La scénographie du groupe comprenait fréquemment des arrivées du chanteur à moto.
sort en 1986, durant la vogue du glam metal, et afin de rester dans l’air du temps, Judas Priest adopte un style vestimentaire plus « coloré » — mais reviendra à ses habituels clous et cuirs noirs dès l'album suivant. Les sonorités changent aussi, avec notamment l'utilisation de guitares-synthétiseurs. L’album est aussi disque de platine, et la tournée suivante se fait à guichets fermés. Cette tournée fait l’objet d’un nouvel album live : . En 1988 sort l'album , avec des chansons ré-enregistrées datant de la période Turbo et un retour au son heavy metal des trois albums précédents, , et . Mais pour certains commentateurs, montre surtout l'incapacité du groupe à rester éloigné du thrash metal. Cet album marque aussi la fin de la collaboration avec Dave Holland.
En 1990, tout change avec la sortie de , album sur lequel œuvre un nouveau batteur, Scott Travis (précédemment membre de Racer X). Bien que n’ayant pas eu autant de succès que les précédents albums du groupe, celui-ci est très bien accueilli par les fans et la critique, et considéré comme le retour du groupe. Les synthétiseurs sont abandonnés (sauf pour la chanson ). Une fois encore, la tournée suivant la sortie de l’album remporte un franc succès, avec des groupes prestigieux tels que Pantera, Megadeth et Sepultura en première partie ; le point d’orgue de la tournée est le concert au festival Rock in Rio de .
Durant un concert donné à Toronto, au Canada, en 1991, Rob Halford est assez gravement blessé : tandis qu’il arrive sur scène à moto, celle-ci heurte une marche cachée par des nuages de glace carbonique ; le chanteur tombe alors de la scène et se fracture le nez. Après avoir repris connaissance, il remonte sur scène et termine le concert, jouant toutes les chansons qui étaient prévues (Hill dira plus tard ), puis est amené à l'hôpital seulement après. Par la suite, il déclare que l'accident est l'un des facteurs décisifs de son départÉmission de télévision - Judas Priest par la chaîne VH1...
Pendant presque cinq années, le groupe reste dans l’ombre, ne sortant aucun album depuis le grand succès .
Procès des messages subliminaux Durant l'été 1990, le groupe est inquiété dans l’affaire des conduites suicidaires de deux jeunes américains de Reno James Vance () et Raymond Belknap (), survenues en 1985 et ayant entraîné la mort de ce dernier.. Le , Vance et Belknap sont allés dans la cour d’une église de Reno. Belknap s’est tiré un coup de fusil sous le menton et est mort sur le coup ; Vance a fait de même mais a survécu au coup de feu avec un visage mutilé. Il est mort trois ans plus tard, visiblement à cause des trop fortes doses d’analgésiques qu’il prenait depuis la survenue du drame.. Les parents des deux garçons accusent le groupe d’avoir inséré des messages subliminaux inversés (des paroles cachées audibles en écoutant les chansons à l'envers) dans le morceau figurant sur l'album (et qui est une reprise d'un morceau de Spooky Tooth). Ils prétendent que l’on peut y entendre les mots (« fais-le ! »), qui auraient incité les jeunes hommes à se suicider. Le groupe est relaxé. Un des témoins de la défense, le docteur Timothy E. Moore, a écrit un article sur le procès dans le . Rétrospectivement Halford remarquait :
Le procès fait l’objet d’un documentaire sorti en 1991. Halford y dit que si lui et son groupe avaient voulu inciter leurs fans à se suicider, cela aurait été contre-productif, et ils auraient préféré insérer l’ordre : . Halford a également soulevé un problème d’importance : en admettant qu'on entend bien (« fais-le ») dans la chanson passée à l'envers, ce n’est pas un message en soi. Halford dit : Il est aussi fait mention de ce procès dans un documentaire sur la censure aux États-Unis sorti en 1990 (traduit en français sous le titre de Danse avec le diable). Downing et Tipton sont interrogés, et Tipton déclare :