Cette page concerne l’année 1651 du calendrier grégorien.
Événements
Janvier : Antoine d’Aumont, marquis de Villequier, nommé maréchal de France le , prête serment. Il prend le commandement de l’armée de Flandres le . Henri de La Ferté est fait le même jour maréchal de France. : remontrance du clergé de France au roi. L’archevêque d’Embrun se montre très insistant à l’Assemblée du clergé pour sévir contre les protestants. 18- : crue de la Seine à Paris. Le , La Gazette décrit l’inondation qui emporte la moitié du pont de la Tournelle et une arche du pont au Change. : remontrances du Parlement de Paris pour la libération des princes. : l’Assemblée du clergé consent à un subside de livres.
traité secret entre Gaston d’Orléans, les frondeurs et les partisans des princes pour obtenir leur libération. Union des Frondes contre la régence à la suite du refus de la reine mère de libérer les princes. Gaston d’Orléans y adhère. Selon Gondi, Chavigny le force , son chapeau sert d’écritoire. traité pour le mariage du prince de Conti et de de Chevreuse, signé par Gaston d’Orléans, de Chevreuse et la princesse Palatine au nom de Condé, de Conti, du duc et de la duchesse de Longueville. : paroles maladroites de Mazarin, comparant les frondeurs aux révolutionnaires anglais Fairfax et Cromwell et le Parlement de Paris au Parlement anglais. Indignation de Gaston d’Orléans, qui, le lendemain, révèle ces propos au Parlement. Février
: Gaston d’Orléans, poussé par Gondi, rompt publiquement avec Mazarin.
le Parlement réclame à la reine l’éloignement de Mazarin. Gaston d’Orléans autorise la noblesse à se réunir à Paris, Gondi ayant obtenu cette exigence du Parlement ; c’est contre le cardinal l’Union des deux Frondes. Omer Talon est dépêché près la reine pour réclamer la libération des princes et écarter Mazarin. Henri de Sévigné est blessé dans le duel qui l’oppose à François Amanjeu, chevalier d’Albret, comte de Miossens, au sujet de madame de Gondran. Il meurt le lendemain des suites de sa blessure. vignette|Nicolas Fouquet : mariage de Nicolas Fouquet et de Marie-Madeleine de Castille à Saint-Nicolas des Champs. À peine sorti de la cérémonie, Fouquet doit aller chez le garde des Sceaux.
début de l’assemblée de la noblesse au couvent des Cordeliers de Paris (fin le ). pendant la nuit du 6 au , Mazarin déguisé quitte Paris et se réfugie à Saint-Germain-en-Laye, après avoir fait rédiger par Le Tellier les ordres pour la libération des princes. Il part ensuite pour Le Havre, où les Princes sont retenus prisonniers. La reine, bloquée au Palais-Royal, ne peut le suivre. Commence un exil de onze mois ( - ). Dubuisson-Aubenay écrit dans son journal : . : le parlement exige de la reine une déclaration excluant du pouvoir « tous étrangers ou autres qui auront fait serment à d’autres princes que le Roi ». Ce qui vise doublement Mazarin : comme Italien et comme cardinal. Mais aussi peut-être Gondi, futur cardinal de Retz, qui ne fait pas mystère de son ambition. : Gaston d’Orléans devant le parlement de Paris : . : le parlement rend un arrêt ordonnant à Mazarin et à sa famille de quitter le royaume dans les quinze jours. On peut penser que Mazarin ne voulait pas exposer la régence à un coup d’État. Il l’avait prévenu en quittant Paris. Nuit du 9 au : Mademoiselle de Chevreuse, qui est à la fois la fille de la duchesse et la maîtresse de Gondi, avertit Gaston d’Orléans et Gondi qu’Anne d’Autriche et Louis XIV vont à leur tour abandonner Paris. Au nom du duc d’Orléans, Gondi ordonne aux colonels de la milice bourgeoise de faire garder les portes de Paris, de bloquer le Palais-Royal et les ponts. La régente et le jeune roi sont prisonniers du coadjuteur et du duc d’Orléans. Ni l’un ni l’autre n’oublieront jamais cet affront. La foule envahit le Palais-Royal. Le peuple veut voir le jeune Louis XIV encore endormi. : Anne d’Autriche accorde la libération des princes. Une délégation composée de La Vrillière, secrétaire d’État, de Comminges, de duc de La Rochefoucauld et du président Viole est chargé de porter au Havre les ordres de la reine et du duc d’Orléans ; elle arrive après Mazarin. : au Havre, Mazarin remet les princes en liberté ; il pense profiter de la division entre les chefs de la noblesse. Il prend alors le chemin de l’exil. Il arrive à Brühl, à une lieue de Cologne. Il est l’hôte de l’électeur. : retour triomphal des princes à Paris. Condé prend la tête de la Fronde. Une dizaine de jours plus tard, à la demande de Condé, Bussy cède sa charge de capitaine-lieutenant des chevaux-légers à Guitaut. : arrêt du Parlement interdisant aux étrangers d’entrer dans les Conseils du roi. : lettres du roi pour la déclaration d’innocence des princes de Condé et de Conti, et du duc de Longueville ; ils sont rétablis dans tous leurs biens, gouvernements et charges. Mars : Jean-Baptiste Colbert, commis de Michel Le Tellier, devient secrétaire particulier de Mazarin. Colbert demande une confiance sans réserve et les deux hommes s’accordent définitivement le . Leur collaboration dure dix ans. : arrêt du Parlement excluant les cardinaux des conseils du roi. : Turenne se réconcilie avec la cour. Le roi lui pardonne. : de Longueville, partie de Stenay le , arrive à Paris. : le clergé et la noblesse rappellent au roi la promesse d’une convocation des États généraux. : la régente ordonne à l’assemblée de la noblesse de se séparer et lui promet la convocation des États généraux à Tours pour le . Le clergé et la noblesse craignent que le roi ne révoque la convocation à sa majorité le ; ils obtiennent par les instances des princes que la réunion des États ait lieu le . En fait, elle n’aura pas lieu. : retour à Paris de la Princesse de Condé, venue de Montrond. vignette|Mathieu Molé : le premier président Molé menace les nobles de représailles s’ils ne cessent pas leurs assemblées. Pour contrer les nobles qui considèrent le roi comme privé de sa souveraineté tant qu’il est soumis à sa mère et au cardinal, le Parlement envisage de reculer la majorité du roi de treize à dix-huit ans. : la reine avance au la réunion des États généraux. : Gaston d’Orléans oblige l’assemblée des nobles à se disperser. : Anne d’Autriche, prisonnière au Palais-Royal depuis le , retrouve sa liberté d’action. Avril : remaniement du gouvernement. Mathieu Molé, premier président du Parlement de Paris depuis 1640, remplace Châteauneuf comme garde des Sceaux, jusqu’au . Le comte de Chavigny fait sa réapparition au Conseil. Ces nominations, agréables à Condé, sont un camouflet à Gaston d’Orléans, qui n’a pas même été consulté, pas plus que Gondi, son conseiller du moment. Selon Mademoiselle : . : François de Vendôme, duc de Beaufort, est reçu marguillier de l’église Saint-Nicolas de Montpensier, op. cit, ..
rupture du projet de mariage entre Conti, frère de Condé, et de Chevreuse, fille de l’entreprenante duchesse et maîtresse de Gondi. Conti exulte. Il n’a nulle envie de faire ce mariage qu’il considère comme au-dessous de lui et qui contrarie ses projets. L’événement entraîne la rupture de l’union des Frondes. le Coadjuteur prend congé de la régente, puis du duc d’Orléans sous prétexte de ses devoirs religieux de la semaine sainte. : Olivier Lefèvre d’Ormesson, ironique, tant François de Vendôme était peu fait pour le service religieux : de Montpensier, op. cit, . : Mazarin s’installe au château de Brühl, dans l’électorat de Cologne. : Olivier Lefèvre d’Ormesson revient du château d’Amboille, construit probablement par Androuet du Cerceau, futur Ormesson-sur-Marne, dont la seigneurie reste dans la famille d’Ormesson.
Mathieu Molé rend les sceaux à la reine. Il veut cumuler les sceaux et les fonctions de premier président or, elles sont incompatibles. Le lendemain, le chancelier Séguier reprend les sceaux de l’État. fin de l’assemblée du clergé. : le président Viole présente officiellement au Parlement la rupture du projet de mariage entre Conti et de Chevreuse. Le refus du prince de Condé de laisser son frère Conti épouser de Chevreuse offense l’amant de celle-ci, Gondi. Le Coadjuteur se retire très momentanément de la politique, vivant en reclus, à l’archevêché jusqu’à la mi-mai. Il prépare en réalité une nouvelle volte-face, car il sait que la reine s’inquiète de plus en plus de la toute-puissance de Condé dans l’État. : Olivier Lefèvre d’Ormesson : . : première visite de Louis XIV à Versailles. : Bossuet défend en latin, au Parlement, la validité de sa thèse qui avait été contestée par la Sorbonne. : à la suite de l’assemblée du clergé de France, plus de soixante évêques adressent une lettre au pape lui demandant de se prononcer sur les cinq propositions sur la grâce de l’Augustinus de Jansénius, formulées le , par Nicolas Cornet, syndic de la faculté de théologie de Paris, et condamnées par l’assemblée de la faculté. Le nonce di Bagno transmet la lettre à la Secrétairerie. Mai : première course de chevaux au bois de Boulogne. 15 ou : Gondi fait distribuer sur le Pont-Neuf son premier pamphlet, Défense de l'ancienne et légitime Fronde, il attaque Condé. : Condé est nommé gouverneur de Guyenne. : première entrevue secrète d’Anne d’Autriche et de Gondi. La régente souhaite utiliser le Coadjuteur contre Condé. Juin : . Séance très orageuse. : deuxième entrevue secrète d’Anne d’Autriche et du Coadjuteur. La Cour et la vieille Fronde (la Fronde parlementaire) se rapprochent dans une commune hostilité à Condé que l’on songe à arrêter de nouveau. Juillet
à 2 heures du matin, averti de ce qui se trame contre lui, Condé, accompagné de Conti, de la princesse de Condé, de de Longueville, François de La Rochefoucauld, le duc de Richelieu, Philippe de La Mothe-Houdancourt se réfugie dans son château de Saint-Maur Barthélemy, Édouard de (1863): Notice historique sur le duc de La Rochefoucauld. In: Oeuvres inédites de La Rochefoucauld, publiées d'après les manuscrits conservés par la famille et précédées de l'histoire de sa vie, p. 89. Parijs: Librairie Hachette via Gallica. venu du Limousin, où il était depuis deux mois, Cosnac est à Paris (rappelé par son ami Langlade qui rejoint le prince de Conti, à la suite de la rupture du mariage avec de Chevreuse. 7- : Condé énumère ses griefs contre la cour dans une série de lettres adressées aux parlements du royaume et à la jurade (municipalité) de Bordeaux. : Chavigny est renvoyé du Conseil par la régente. : mort de René de Voyer d’Argenson, alors ambassadeur de France à Venise. Son fils le remplace. : pour apaiser Condé, Anne d'Autriche accepte de congédier trois membres du gouvernement considérés comme les valets de Mazarin : le ministre Abel Servien, le secrétaire d’État Michel Le Tellier et Hugues de Lionne, secrétaire de ses commandements. : engagement mutuel des Princes et de La Rochefoucauld signé à Saint-Maur-des-Fossés. La reine, s’appuyant sur la première Fronde contre la seconde, des heurts se produisent entre son parti, dirigé par Gondi, et le parti des Princes et de La Rochefoucauld. : Condé brave le jeune roi Louis XIV qu’il rencontre sur le cours la Reine, le saluant sans descendre de son carrosse.
Août : Condé consent, de mauvaise grâce, à rendre visite à la régente. : publication à Paris d’un traité fait en juillet ou entre Mazarin, Châteauneuf, Retz et de Chevreuse. La cour et la vieille Fronde concluent contre une alliance contre Condé. Gondi sera cardinal et Mademoiselle de Chevreuse épousera Paul Jules Mancini, neveu de Mazarin. : M. de Mercœur déclare en plein Parlement son mariage avec mademoiselle de Mancini.
forte de l’appui de Gondi, la régente passe à l’action en faisant lire au Palais-Royal, en présence du duc d’Orléans, des cours souveraines et du corps de ville, une déclaration contre Condé accusé de rébellion.