Chalmazel ou Chalmazel - Pierre-sur-HauteNom officiel, repris par la Régie communale de Chalmazel - Pierre-sur-Haute puis le Syndicat mixte de la station de sports d'hiver et de loisirs de Chalmazel - Pierre-sur-Haute. est une station de sports d'hiver du Massif central située sur le territoire de la commune de Chalmazel-Jeansagnière, dans le département de la Loire, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Son domaine skiable alpin s'étend de à d'altitude sur les pentes de Pierre-sur-Haute, point culminant des monts du Forez (), entre la forêt et les landes sauvages d'altitude (les hautes Chaumes).
Les première pistes ont été tracées dans les années 1930 et la première remontée mécanique construite en 1953 sur lʼinitiative du ski club local. Aujourd'hui, le site possède de pistes de ski alpin desservies par débrayable à bulles, et équipées de . On pratique par ailleurs le ski de fond sur domaine nordique du haut Forez au col de la Loge et le snowkite sur les plateaux nus d'altitude. La station propose aussi des activités estivales (karts et trottinettes de descente, pistes de VTT avec modules acrobatiques, balades pédestres au départ de la station ou depuis l'arrivée du télésiège).
Chalmazel accueille principalement une clientèle journalière issue de la plaine du Forez et des bassins d'agglomération roannais et stéphanois situés à moins de , mais également, dans une moindre mesure, clermontois et lyonnais.
Géographie Situation thumb|left|upright=1.4|Domaine skiable de Chalmazel sur les pentes de Pierre-sur-Haute, point culminant des monts du Forez ().
La station de ski de la commune de Chalmazel-Jeansagnière est située à d'altitudeAltitude sur carte IGN du bâtiment administratif abritant les caisses, la crèche et les appartements., au lieu-dit les Bois, à à vol d'oiseau du village situé en contrebas. La station est reliée au bourg par les de la route départementale et desservie par la ligne L31 du réseau Cars Région Loire (ex-TIL) depuis Montbrison. Elle se situe à et de route des agglomérations de Saint-Étienne, de Clermont-Ferrand, et de Roanne et, depuis l'ouverture de l'autoroute A89, à et de Lyon.
Elle est l'unique station de ski alpin ligérienne des monts du Forez, une chaîne montagneuse du Massif central, située au nord-ouest de la ville de Saint-Étienne. L'ensemble domine la plaine du Forez (située à l'est) et la vallée de la Dore (située à l'ouest) et marque la limite entre les départements de la Loire (ex-Rhône-Alpes), et Puy-de-Dôme (ex-Auvergne), tous deux situés désormais dans la même région Auvergne-Rhône-Alpes.
Pierre-sur-Haute, point culminant du domaine skiable, constitue le sommet du massif et du département de la Loire du haut de ses d'altitude. Sur sa cime sont installés une station hertzienne militaire, un radar de l'aviation civile et des moyens de communications civils visibles depuis les plaines et vallées environnantes. De Pierre-sur-Haute, on peut apercevoir par beau temps, le mont Blanc qui se détache au loin, le plomb du Cantal, les monts Dore et le puy de Dôme.
Le domaine est, par ailleurs, baigné par le Lignon, affluent en rive gauche du fleuve Loire, long de . La rivière prend sa source au niveau du domaine, entre Pierre-sur-Haute et le signal de Procher (), en contrebas du col de la Chamboîte.
Faune et flore thumb|left|Lande des hautes Chaumes. alt=Ruisseau de la Morte à Chalmazel.|vignette|Ruisseau de la Morte à Chalmazel. Les environs de Chalmazel forment un milieu naturel diversifié où l'on peut distinguer un étagement marqué de différents biotopes. L'étage inférieur, de type montagnard est formé par des pinèdes et des forêts de hêtres et de sapins relativement denses, qui laissent place, au-delà de , à de vastes plateaux d'altitude : les hautes Chaumes. Cet étage de type subalpin est composé de landes parsemées de tourbières. Certains de ces plateaux herbacés sont pâturés, permettant le mélange des graminées, canche flexueuse, fétuques et arbrisseaux (callune, myrtille, genêt poilu, lycopodes). Les tourbières offrent une diversité floristique d'un intérêt particulier où les andromèdes à feuille de polium se mêlent aux sphaignes, canneberges et potentilles des marais. Quelques plantes carnivores comme la grassette à grandes fleurs et des laîches sont également présentes.
Comme l'activité pastorale, les pistes de la station et leur entretien participent à maintenir la biodiversité. Il s'est ainsi développé sur les pistes de Couzan une petite population de Lycopode petit Cyprès, une espèce rare protégée au niveau national et inscrite au Livre rouge de la flore menacée de France Fiche station de Lycopode petit cyprès. L’entretien des pistes de ski est adapté (évitant le broyage au ras du sol) et participe à la préservation de l'habitat d'accueil, en particulier en stoppant la dynamique de progression de la callune.
Les bois de Couzan et Chapouilloux hébergent le pic noir, le plus grand pic d’Europe avec ses de longueur. On y trouve également le grand corbeau et, dans une moindre mesure, la bécasse des bois.
De par cette diversité, les espaces entourant la station sont classés comme zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique, et les hautes Chaumes, comme site Natura 2000, ce qui limite la taille du domaine skiable.
Climat Le climat de monts du Forez se caractérise par la présence de la burle, vent du nord formant d'importants amas neigeux et expliquant l'absence de végétation sur les plateaux sommitaux, ainsi que de brouillards fréquents (132 jours par an) occasionnant du givre. La station de Chalmazel a composé avec ces données en développant son domaine essentiellement dans la forêt, qui forme une protection naturelle contre les agressions météorologiques, et par la mise en place de barrières à neige sur les sommets à nu. Les véhicules du télésiège des Jasseries sont par ailleurs équipés d'un système d'amortisseur liquide qui limite les effets du vent.
La pluviométrie annuelle sur Pierre-sur-Haute est supérieure à , et reste stable sur l'année, contrairement aux points bas du massif où l'hiver est plus sec. Au sommet, le nombre moyen de jours par an où la température est négative est proche de 200, avec plus de sans dégel et une période annuelle d'enneigement naturel permettant la pratique du ski oscillant entre 70 et . L'automne reste doux et l'hiver empiète généralement sur le printemps : avril est plus rigoureux que novembre. Les épisodes pluvieux peuvent être intenses, mais conservent un caractère aléatoire, en particulier en vallée. Aussi, la date de la première neige reste assez fluctuante. En contrepartie, le climat froid et la présence de la rivière du Lignon permettent à la station de produire de la neige de culture pour assurer l'ouverture du domaine en décembre.
Évolution de la hauteur moyenne de neige naturelle
Histoire Toponymie La station tient son nom de celui de l'ancienne commune de Chalmazel sur laquelle elle est implantée. Celui-ci découle directement de l'ancien nom du point culminant du massif aujourd'hui appelé Pierre-sur-Haute, connu avant le sous le nom de Chal, dérivé du prélatin « calma », signifiant chaume, plateau dénudé d'altitude. S'y adjoint mazel, à savoir du latin « man(s)um » (mazet, mas, manse, maison), participe passé substantivé du verbe « manere » (demeurer).
Origines du ski à Chalmazel thumb|right|Gare de départ du téléski de Chapouilloux. La pratique d’un ski organisé à Chalmazel remonte à la saison d'hiver 1934-1935 avec l'aménagement par le Ski club roannais de la première piste de descente, dite piste « A », sur les pentes des bois de Chapouilloux. En 1936, l'école de Chalmazel lance les premières journées scolaires de ski. En 1939, est organisée par la Fédération de ski Forez-Velay-Vivarais une grande compétition régionale, avec épreuves de descente, slalom, combiné et saut, attirant plus de spectateurs.
À l'issue de la Seconde Guerre mondiale en 1946, trois locaux férus de ski, Emile Doitrand, René Morel et Fernand Bost, créent le Ski-club Chalmazellois. C’est sur l’impulsion de cette association qu'est construite en 1953 la première remontée : le téléski à enrouleurs de Chapouilloux, d'une longueur de . En 1959, le téléski Chalmazel 1500 est réalisé à son tour à l'initiative de trois membres du ski-club de Thiers sur les chaumes d'altitude en contrebas du signal de Procher, accessible depuis le col du Béal. Un téléski-école, La Parre (ou La PartLa Parre ou La Part, selon que l'on se réfère aux cartes IGN de l'époque ou au cadastre.), est ensuite installé en 1964 non loin du téléski de Chapouilloux. Toutes ces remontées pionnières du ski dans les monts du Forez sont aujourd'hui démontées. C'est également en cette année 1964 que se concrétise un projet plus ambitieux, sous l’impulsion d'Eloi Marcoux, président du ski-club : l’aménagement de nouvelles pistes de ski alpin sur les pentes de Pierre-sur-Haute, avec l’implantation par la commune du téléski des Granges, qui reste à ce jour le plus long remonte-pente du Massif central.
Structuration et développement right|thumb|upright=0.7|La télécabine de Pierre-sur-Haute. La station poursuit son développement en 1967, toujours porté par Eloi Marcoux, qui, outre sa casquette de président du Ski-club, est désormais également régisseur des installations, mais aussi Henri Essertel, secrétaire général de la commune de Montbrison et de la Régie de Chalmazel. Ils bénéficient du soutien du Conseil général et de son président, Antoine Pinay, qui souhaite doter le département d’un centre de ski moderne. Le parc de remontées mécaniques est développé, des pistes sont tracées et un front de neige avec accueil, magasins de locations, et appartements est implanté. La télécabine quadriplace de Pierre-sur-Haute est construite, constituant avec ses l'épine dorsale du domaine. Cette remontée compte parmi les premières lignes d’« œufs » du constructeur français Poma. Le téléski-école de 1964 est installé en 1967 au niveau du plat des Granges, accessible par les débutants depuis la gare intermédiaire de la télécabine. L'appareil est déplacé après quelques saisons et trouve sa place définitive au pied des pistes, au niveau de la gare de départ de la télécabine. Il est alors renommé téléski du Bosquet. Il est remplacé en 1993 par le téléski de la Forestière, plus long de , aujourd'hui démonté également.
En 1980, la piste noire de Couzan est aménagée. Une percée est par ailleurs réalisée dans la forêt, sur les pentes du signal de Procher, aboutissant au bas du secteur de Couzan, ce, dans la perspective d'ouvrir une nouvelle piste. Mais le projet ne sera jamais finalisé. Bien que reboisée naturellement au fil des années, on peut toujours distinguer cette trouée sur le flanc du signal de Procher.
En 1983, la station se dote d'enneigeurs sur la piste des Granges et crée, derrière le restaurant Les Épilobes, un petit espace destiné aux débutants également équipé de canons à neige. Ce secteur est desservi par le téléski du Camping et est complété quelques saisons plus tard par un fil-neige.
En 2026, dans le contexte des réflexions engagées sur l'avenir de la station, le collectif Tout Schuss avec Chalmazel est créé à l'initiative de Pierre Labrosse, Muriel Vercherand, Roman Vercherand, Romain Cottier, Carole Chazal Barbaret et Adèle Tarit. Cette initiative locale réunit plusieurs acteurs souhaitant contribuer à la réflexion sur l'avenir de la station et de son territoire. Le collectif entend notamment travailler sur les enjeux liés à l'activité touristique et sportive, à l'économie locale et aux perspectives de développement de Chalmazel. Sa création intervient après l'annonce de la fermeture temporaire de la station pour la saison 2025-2026 et dans un contexte de débat local sur l'avenir du domaine skiable.
Politique de modernisation thumb|left|Le télésiège à bulles des Jasseries. thumb|right|Le logo adopté par le Département de la Loire en 2015.