Pierre Daix, né le à Ivry-sur-Seine et mort des suites d'un cancer le à Paris Relevé des fichiers de l'Insee, est un journaliste, écrivain et historien de l'art français.
Biographie Résistant et militant communiste Fils d'une directrice d'école, laïque, et d'un gendarme, pacifiste, Pierre Daix adhère au Parti communiste français, à , en 1939. Élève au Lycée Henri IV à Paris, il vient juste d'avoir son baccalauréat et le Parti communiste est interdit pour avoir soutenu le pacte germano-soviétique … En , il crée un club étudiant du Centre laïque des auberges de la jeunesse (Claj) qui sert de paravent légal à l'Union des étudiants communistes clandestine. Résistant, il est un des organisateurs des manifestations étudiantes du début du mois de . Il est arrêté une première fois le . Il fait connaissance avec la prison de la Santé. Libéré en , arrêté de nouveau en , des prisons de Fresnes puis de Clairvaux, il est déporté en Thomas Wieder, « Pierre Daix. Écrivain, historien de l'art », Le Monde, 5 novembre 2014. au camp de concentration de Mauthausen. Connaissant l'allemand, il travaille dans le camp avec l'organisation de résistance internationale clandestine et aide à sauver des résistants français sans distinction d'origine politique.
À la Libération, il est nommé chef de cabinet du ministre communiste Charles Tillon au ministère de l'Air, de l'Armement et de la Reconstruction. Après le départ des ministres communistes du gouvernement, en 1947, il est directeur-adjoint des Éditions sociales, la maison d'édition du PCF Maurice Ulrich, « Pierre Daix : son cœur, de battre, n'avait jamais cessé », L'Humanité, 3 novembre 2014..
Il devient un ami intime du peintre Pablo Picasso, qui vient d'adhérer au Parti communiste, et qu'il rencontre pour la première fois en .
Journaliste Dans son article, « Pierre Daix, matricule à Mauthausen », paru dans Les Lettres françaises le Le siècle des intellectuels, Michel Winock, Seuil, 1997., il nie l'existence d'un univers concentrationnaire en Union soviétique et répond ainsi négativement à la demande du militant trotskiste David Rousset d'une commission d'enquête sur l'existence de camps de concentration en URSSLors d’un procès qui l’opposait au Parti communiste français, en novembre 1950, David Rousset allait prouver que Staline avait livré des résistants à Hitler et mettre en lumière l'étendue de la répression en Union soviétique… Voir à ce sujet l'ouvrage de Tzvetan Todorov, Mémoire du mal, tentation du bien. Enquête sur le siècle, Robert Laffont, 2000.Frédéric Verger, « Les Lumières et le goulag » in la Revue des deux Mondes, n° 1, janvier 2011, ..
Sa carrière de journaliste commencée en au journal France d'abord, se poursuit en mai- comme rédacteur en chef de L'Avant-garde, le journal de l'Union de Jeunesse républicaine de France. Entre 1948 et 1950 il est rédacteur en chef des Lettres françaises, dont le directeur officiel est l'écrivain Claude Morgan (1950), mais que Louis Aragon est chargé de piloter en sous-main. Il est selon ses proposPierre Daix, Tout mon temps, révision de ma mémoire, (Voir en bibliographie), p. 308. (). Il est en fait directeur-adjointNotice "Pierre Daix" (signée par Philippe Olivera), Dictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social de 1940 à mai 1968 (le Maitron), volume 4, éditions de l'Atelier, 2008. de ce quotidien communiste du soir, dont Louis Aragon est le directeur nominal. Dans ses mémoires, il théorisera l'idées d'attaques menées selon lui depuis sur le terrain de l’art par Auguste Lecœur pour opposer le peintre André Fougeron à Picasso et à Léon Moussinac, qui selon lui aurait tenté de suicider, ce que « les éditeurs ne confirment pas »François Albera, "Léon Moussinac, Journal des 60 ans. 19 janvier 1950" – 19 janvier 1951, Paris, École nationale supérieure des Arts décoratifs, 2019 .. Maurice Thorez avait lui-même déclaré lors du XIIe congrès du Parti communiste français tenu à Gennevilliers du 2 au avoir « demandé à nos écrivains, à nos philosophes, à nos peintres, à nos artistes de se battre sur les positions idéologiques et politiques de la classe ouvrière » pour s'opposer « aux œuvres décadentes des esthètes bourgeois partisans de l’art pour l’art, au pessimisme sans issue et à l’obscurantisme rétrograde des “philosophes” existentialistes, au formalisme des peintres pour qui l’art commence là où le tableau n’a pas de contenu »Léon Moussinac, Journal des 60 ans. 19 janvier 1950 – 19 janvier 1951, Paris, École nationale supérieure des Arts décoratifs, 2019, .. En 1951, le début de l’affaire Slansky visa des amis tchèques comme Artur London. En France, l’affaire Marty-Tillon touche au même moment son ancien « patron » Charles Tillon qu'il a accablé devant sa cellule.
Au moment du complot des blouses blanches, Jacques Duclos lui impose la publication dans Ce soir d'articles qui car Article publié par Catherine Nay et Patrice de Néritens, dans Le Figaro Magazine du samedi 24 février 2001 .. Dans ses mémoires publiés en 1976, l'année d'après le décès de Jacques Duclos, Daix avait plutôt accusé Auguste LecœurPierre Daix, J’ai cru au matin, Paris, Laffont, 1976, p. 314., qui a dénoncé , le au meeting organisé chaque annéeMeeting, salle de la mutualité, organisé par le P.C.F., en hommage à la mémoire de Lénine, le 20 janvier 1953 . à la Mutualité pour l'anniversaire de la mort de LénineStalinisme : le « complot des Blouses blanches » par Jean-Michel Krivine Imprecor Numéros 553-554 septembre-octobre 2009 .. L'Humanité n’a pas repris ce propos le , mais il figure intégralement dans les Cahiers du communisme – réservés aux cadres du parti.
Lorsque Ce soir cesse sa parution en , il accompagne Aragon à l'hebdomadaire Les Lettres françaises, dont il redevient rédacteur en chef jusqu'en 1972, date de la fin du journal.
Ainsi il y est le collaborateur de Louis Aragon de 1948 à 1972. Il publie en 1957 une Lettre à Maurice Nadeau dans laquelle il aborde les crimes de Joseph Staline. Il participe à l'« ouverture » des Lettres françaises, et aux prises de position de cet organe en faveur de la littérature soviétique « dissidente ».
Il fait partie du premier comité de rédaction de La Nouvelle Critique lorsque celle-ci est créée en 1949 à destination des intellectuels communistes.
Marié aux lendemains de la Libération avec la résistante Madeleine RiffaudTout mon temps, et suivantes, et notice du Maitron., qui devient par la suite grande reporter à L'Humanité, il épouse dans les années 1950 Anne Villelaur, des Lettres françaises. Ils se séparent treize ans plus tard. Pierre Daix se marie à Ivry en troisièmes noces, le , avec Françoise London, fille des résistants communistes Artur et Lise LondonTout mon temps, révision de ma mémoire, ..
Rupture avec le communisme En 1963 Pierre Daix présente Une journée d'Ivan Denissovitch d'Alexandre Soljenitsyne aux lecteurs français : autorisé en URSS, ce livre est alors la manifestation d'une volonté d'ouverture de certains cercles du pouvoir communiste. En 1968 lors du Printemps de Prague, Daix écrit dans un éditorial que la majorité des étudiants tchécoslovaques sont favorables à cette ouverture, et contribue au débat sur la « nouvelle critique » (dans la revue communiste La Nouvelle Critique) et sur l'histoire de l'art moderne.
Mais la répression du « socialisme à visage humain » de Prague le place en porte-à-faux et en 1974, peut-être pour se « rattraper », il publie à l'occasion de la sortie de L'Archipel du Goulag le livre : Ce que je sais de Soljenitsyne qui, tout en reconnaissant « certaines erreurs » du régime communiste, décrédibilise l'auteur dissident. En vain : après une passe d'armes avec René Andrieu, rédacteur en chef de L'Humanité, la rupture est consommée entre le PCF et Pierre Daix.
En octobre 1978, dans une chronique prémonitoire parue dans Le Point, après l'élection du pape Jean-Paul II, il intitule son article L'espoir a changé de camp et décrit le désarroi idéologique qui commence à ébranler le communisme.
Du début des années 1980 et jusqu'à l'arrêt de la parution du titre en 1994, il collabore au Quotidien de Paris (Groupe Quotidien) dirigé par Philippe Tesson.
Il repose au cimetière parisien d'Ivry ().
Prix et distinctions 1985 : Prix Charles-Blanc de l’Académie française 1987 : Prix Louis Barthou de l’Académie française 1989 : Médaille d'or du mérite des beaux-arts du Ministère de l'Éducation, de la Culture et des Sports espagnol.. 2003 : Prix Georges-Pompidou pour sa contribution à la connaissance de l’art par ses très nombreux ouvrages sur le sujet 2005 : Prix Louis Barthou de l’Académie française : promotion au titre de grand officier de la Légion d'honneur : promotion au titre de grand croix de la Légion d'honneur
Publications Romans La dernière forteresse. Roman, les Éditeurs français réunis, dépôt légal 1er trimestre 1950, n° d'éditeur 234 Les Embarras de Paris. Roman, Les Éditeurs français réunis, 1956 Les Revenantes, Librairie Arthème Fayard, 2008
Sur l'art Avec Thierry Wolton, Natacha Dioudjeva, et al., Culture et pouvoir communiste, L’autre face de Paris-Moscou, Revue Recherches n°39, . L'Ordre et l'Aventure : peinture, modernité et répression totalitaire, Arthaud, Paris, 1984, prix Charles Blanc de l’Académie française en 1985 La Vie quotidienne des surréalistes. 1917-1932, Hachette, Paris, 1993 Pour une histoire culturelle de l’art moderne : tome 1, De David à Cézanne, Odile Jacob, Paris, 1998. . Pour une histoire culturelle de l’art moderne : tome 2, Le Vingtième Siècle, Odile Jacob, Paris, 2000. .
Sur Picasso
Sur d'autres peintres
Sur l'histoire et la littérature
Autre François Pinault. Essai biographique, éd. de Fallois, Paris, 1998
Traductions
Articles
Interviews
Filmographie L'Instinct de Résistance, documentaire réalisé par Jorge Amat (2014)
Notes et références
Voir aussi Filmographie Il témoigne sur son expérience dans le camp de Mauthausen dans le film documentaire L'Instinct de Résistance de Jorge Amat, aux côtés de Stéphane Hessel, Armand Gatti et Serge Silberman.
Articles connexes Littérature de la Shoah Liste de romans sur la Shoah
Liens externes
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