Les forces armées de la zone sud de l'océan Indien, abrégées en FAZSOI garantissent la protection du territoire national français et animent la coopération régionale depuis la Réunion et Mayotte.

Elles constituent le point d'appui principal du théâtre océan Indien pour lutter contre les menaces régionales, telles que la piraterie ou l'immigration illégale, assurer la surveillance des zones économiques exclusives (ZEE) associées à l'ensemble des îles de la zone de responsabilité et conserver une capacité régionale d'intervention rapide.

Historique Géopolitique de la zone

Le positionnement de l'île de la Réunion lui a conféré un rôle stratégique d'importance variable selon les époques.

La Réunion est déjà à l'époque de la route des Indes une position française située entre Le Cap et les comptoirs d'Inde, bien qu'éloignée du canal du Mozambique. L'île Bourbon (son appellation sous l'Ancien Régime) n'est pourtant pas la position préférée pour le commerce et l'armée. En effet, le gouverneur Bertrand-François Mahé de La Bourdonnais affirme alors que l'Isle de France (l'île Maurice) est une terre d'avenir, grâce à sa topographie peu contraignante et à la présence de deux ports naturels. Il considère que Bourbon a plutôt pour vocation d'être un entrepôt ou une base de secours pour l'Isle de France .

L'ouverture du canal de Suez en 1869 détourne une grande partie du trafic maritime du sud de l'océan Indien et réduit l'importance stratégique de l'île. Ce déclin est confirmé par l'importance accordée à Madagascar, bientôt colonisée .

Depuis les années 2000, un sous-ensemble géopolitique tend à s'esquisser sous l’appellation Sud-Ouest de l'océan Indien.

Création des FAZSOI

Missions accomplies par les forces armées de la zone sud de l'océan Indien : rétablir la légitimité gouvernementale aux Comores, en 1989. : faire respecter le cessez-le-feu entre les troupes djiboutiennes et le FRUD, 1993. : intervention militaire aux Comores pour faire échec à un coup d'état des mercenaires de Bob Denard, en 1995. : une compagnie du intègre la force qui a mission de faire cesser le génocide des Tutsi, en 1994. : aide aux populations de Madagascar à la suite du passage des cyclones Eline et Gloria, en 2000. : détachement de moyens navals pour lutter contre la piraterie dans le golfe d'Aden et l'océan Indien, de 2009 jusqu'à aujourd'hui.

Missions Force de souveraineté et force de présence dans une zone de responsabilité permanente aux élongations importantes, les FAZSOI remplissent un large éventail de missions qui sollicitent les capacités des trois armées : Des missions de souveraineté dans la zone de responsabilité permanente (ZRP) des FAZSOI en maintenant une présence permanente sur les îles Eparses Europa, Juan de Nova et Glorieuses, en assurant des missions de police des pêches, de recherche et de sauvetage en mer, de lutte contre la piraterie et de surveillance des approches maritimes ; Des missions de surveillance et de protection de la navigation commerciale et des intérêts français dans la Zone Economique Exclusive (ZEE) ; Des missions de formation au centre d'aguerrissement tropical de la Réunion (CATR) du et au centre d'instruction et d'aguerrissement nautique (CIAN) du DLEM ; L'organisation d'activités de coopération régionale ; La conduite ou la participation à une opération militaire dans un environnement national ou multinational dans la zone.alt=Transall des Forces Armées de la Zone Sud de l'Océan Indien|vignette|Le Transall des FAZSOI en mission sur l'Île Tromelin en 2013. Exercice Tous les 2 ans, les FAZSOI réalisent un grand exercice interarmées multinational, souvent avec la participation de troupes étrangères de la région. Ces manœuvres sont intitulées « Papangue ». Du au , la mission Jeanne d'Arc a participé à l'exercice Papangue sur l’île de La Réunion. Organisé sous l’égide de la commission pour l'océan Indien (COI) dont la France est membre permanent et mené par les forces armées dans la zone sud de l’océan indien (FAZSOI), l'exercice Papangue a consisté à conduire une évacuation de ressortissants (RESEVAC) par la voie aéromaritime.. Du 07 au s’est déroulé l'exercice Papangue sur l’île de La Réunion. Les forces armées dans la zone Sud de l'océan Indien (FAZSOI) et les forces partenaires de la commission de l'océan Indien (COI) se sont entrainées pendant près d’une semaine sur une opération menée, en mer, sur terre et dans les airs.. En 2026, la mission Jeanne d'Arc participe de nouveau à l'exerciceJeanne d’Arc 2026, Zone militaire.

Organisation Les FAZSOI se composent de des trois armées dont près de . ainsi que de de La Défense.

Commandement Les FAZSOI sont placées sous la responsabilité d'un commandant supérieur (COMSUP FAZSOI), qui est lui-même sous le commandement opérationnel du chef d'état-major des armées (CEMA). Ce Commandant supérieur est un officier général de l'Armée de terre qui a le grade de général de brigade ou de général de division. Le poste de commandement des Forces armées de la zone sud de l'océan Indien est situé à la caserne Lambert de Saint-Denis.

Composantes On trouve dans la zone sud de l'océan Indien, les différentes composantes des forces armées françaises (armée de terre, armée de l'air et marine nationale).

Composante terre thumb|Insigne régimentaire du RPIMa

Le régiment de parachutistes d'infanterie de marine () est basé à la Réunion. Il est réparti sur plusieurs emprises (quartier chef de bataillon Dupuis à Saint-Pierre et caserne Lambert à Saint-Denis) et est formé de six compagnies. Le dispose du centre d'aguerrissement tropical de la Réunion (CATR) situé à la Saline-les-Bains.

Le RPIMa est composé de : 3 compagnies de combat ( ProTerre, TAP) 1 compagnie de commandement et de soutien 1 compagnie de maintenance 1 compagnie de réserve (la ) thumb|Séance de tir depuis la lagune au DLEM. La compagnie de commandement et de soutien comprend une section commando d’appui à l’engagement (SCAE) composée du groupe de commandos parachutistes (GCP) et du groupe d’assaut par mer (GAM).

Le arme des détachements à Europa et à Juan de Nova.

Le régiment étranger est basé à Dzaoudzi. Il est stationné au quartier Cabaribère sur l'île de Dzaoudzi. Il comprend deux unités élémentaires. Le dispose du centre d'instruction et d'aguerrissement nautique (CIAN) installé sur la plage du Bouilleur et d'un camp brousse à Kwale.

Le est composé de : 1 compagnie de commandement et de logistique 1 compagnie d'infanterie

Il arme en permanence un poste sur les Îles Glorieuses.

Composante mer vignette|L'ensemble de la flotte militaire basée à Port Réunion photographiée en 2002. De gauche à droite : le patrouilleur austral Albatros P681 (désarmé en 2015), la frégate Floréal (F730) à couple, derrière les patrouilleurs type P400 La Rieuse P690 (transféré au Kenya en 2011) et La Boudeuse P683 (désarmé en 2011) et le patrouilleur de gendarmerie maritime La Jonquille P721 (basé à Toulon depuis 2008), le BATRAL La Grandière à couple du BSM Garonne A617, derrière la citerne CIGH22, et en bas à droite la vedette de sureté maritime et portuaire (VSMP) Vetiver (P790) (à sec). vignette|La vedette Odet (P611) de la Gendarmerie maritime et la poupe du remorqueur Morse (Y770) à Dzaoudzi en 2009.

Les forces navales sont réparties entre la Réunion, où se trouve la base navale du port des Galets, et Mayotte où est implantée la base navale de Dzaoudzi (statut obtenu le , auparavant élément de base navale (ELBN)).. Elles se composent d'éléments de la force d'action navale et de la Gendarmerie maritime.

Pour répondre au besoin résultant de la création en 1982, de la ZEE française de , les forces navales de l'océan indien se sont étoffées avec l'arrivée à La Réunion, des bâtiments de la classe Floréal en 1990 et du patrouilleur L'Audacieuse en 1982, remplacé par La Rieuse de 1988 à 2011, assisté du bâtiment de soutien mobile Rhin de 1982 à 1996 et d'un bâtiment de transport léger, La Grandière en 1987. Jusque là, la flotte n'était composée que d'un ex-dragueurs de mines de la classe Sirius (lAltaïr). Des avisos de la classe Commandant Rivière intervenaient régulièrement.

À Mayotte un patrouilleur rapide de la classe Trident, lÉpée intervient de 1976 à 1986, remplacé par La Boudeuse de 1988 à 2010.

En 2025, la composition de la flotte est la suivante :

À La Réunion, base navale du port des Galets

Bâtiments de souveraineté : 2 frégates de surveillance de la classe Floréal armée chacune par équipage de (, et et matelots) et mettant en œuvre un unique hélicoptère Panther : Le Floréal (F730) lancé en 1990 et admise au service actif en 1992. Le Nivôse (F732) lancé en 1991 et admise au service actif en 1992. 1 patrouilleur et navire logistique polaire : L'Astrolabe (P800) admis en service actif en 2017, propriété des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF). Il remplace le patrouilleur océanique Albatros (P681), désarmé à Brest en 2015, et L'Astrolabe des TAAF vendu en 2017. 2 patrouilleurs outre-mer : L'''Auguste Techer, mis en service le ; Le Félix Eboué, prévu pour 2026. 1 patrouilleur : Le Malin (P701) lancé en 1997 et admis au service actif en 2008.. 1 Bâtiments multi-missions (BSAOM) de classe d'Entrecasteaux : Le Champlain (A623) admis en service actif en 2017. Il remplace le bâtiment de transport léger La Grandière (L9034) rentré à Brest en 2016 pour son désarmement. Bâtiments de soutien : 2 remorqueurs-pousseurs de type RP 10, Le Tournepierre et Le Paille-en-Queue admis au service actif en 2024. Ils remplacent les pousseurs de port de type PS4 B, le admis au service actif en 1996 et le admis au service actif en 1997.

À Mayotte, base navale de Dzaoudzi ( en 2016) 2 vedettes côtières de surveillance maritime (VCSM) de la Gendarmerie maritime : LOdet (P611), lancé et admis au service actif en 2005 et armé par un équipage de huit gendarmes maritimes. Détruite lors du cyclone Chido le . Le Verdon (P602), lancé et admis au service actif en 2003, transféré de La Réunion durant l'été 2017La vedette côtière de surveillance maritime «Verdon» est arrivée à Mayotte, lejournaldemayotte.yt, .. Détruite lors du cyclone Chido le .. 1 semi-rigide Zeppelin Le Vetiver (P700) admis au service en 2010, de long (avec ) et armé par un équipage de deux hommes. Il remplace la vedette de servitude côtière (VSC) Vetiver (P790), une ancienne vedette de la gendarmerie maritime de La Réunion.. 1 chaland de transport de matériel : Le CTM 13, lancé et admis au service actif en 1983 et armé par un équipage de six hommes. Utilisé notamment pour le DLEM. Il remplace le CTM 18 depuis 2017 ou 2018. Bâtiment de soutien : 1 remorqueur portuaire et pousseurs type RT 10 T, le Morse (Y770), admis au service actif en 2004 et armé par un équipage de quatre hommes. Il remplace le remorqueur portuaire de type Aigrette Martinet (Y636) désarmé en 2007.

À partir du poste de commandement de l'action de l'État en mer (PC AEM), la marine exploite notamment quatre radars de veille répartis sur le département.

Composante air L'armée de l'air est représentée par la base aérienne 181 Saint-Denis-La Réunion (BA 181) installée sur le site de l'aéroport de La Réunion Roland-Garros à Sainte-Marie. 2 avions de transport Airbus CN-235 (CASA) de l'escadron de transport ET 00.050 Réunion y sont basés.

Soutien La base de défense La Réunion - Mayotte et le groupement de soutien de la base de défense de La Réunion - Mayotte (GSBdD) ont été créés le . Ils assurent les missions de soutien au profit des Forces armées de la zone sud de l'océan Indien. Le soutien commun et l’administration générale sont assurés par le GSBdD.

La direction d'infrastructure de la Défense de Saint-Denis assure l’ensemble des missions de soutien spécialisé dans le domaine infrastructure.

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