Le château de La Palice est une ancienne place forte du , par la suite remanié à plusieurs époques, notamment lorsqu'il est une possession de la famille de Chabannes. Ce domaine se situe sur le territoire de la commune française de Lapalisse, dans le département de l'Allier, en région Auvergne-Rhône-Alpes. L'édifice est totalement protégé au titre des monuments historiques.
Localisation Situé en Sologne bourbonnaise sur les bords de la Besbre affluent de la Loire, le château de La Palice est bâti au sommet d'une colline sur la commune de Lapalisse dans le département de l'Allier, à environ de la ville de Vichy.
Bien qu'omise par la Table de Peutinger, l'historicité de la petite ville de La Palisse (Palitia ou Palicia) nous apprend pourtant qu'elle était proche à l'époque gallo-romaine d'une importante voie romaine, dont témoigne encore l'existence du pont romain de Droiturier. La ville de la Palisse a été traversée par la grande route royale reliant Paris à Lyon, appelée aussi la Grande Route Royale du Bourbonnais, tout au long de laquelle s'affairaient nombre de postillons et de malle-postes.
En son rôle de place forte défensive, le château de La Palice commandait le passage de la vallée de la Besbre comme tant d'autres châteaux jalonnant son cours : Thoury, Beauvoir, Chavroches, Jaligny-sur-Besbre, Vieux Chambord, Précord, Châtelperron, ou encore Puyfol, places appartenant aux domaines des ducs de Bourbon et de celui du roi de France, et qui étaient aux toutes situées aux frontières de l'ancien duché de Bourgogne, alors ennemi du royaume de France jusqu'en 1477. À cette époque, le cours de la rivière Besbre (parfois appelée Besbria ou Chabre) jouxtait alors les possessions du duc de Bourgogne par les comtes de Nevers et de celui du comté de Charolais.
Historique Origine étymologique gauche|vignette|redresse=0.8|Les armoiries officielles adoptées par la ville de Lapalisse (Allier) : de gueule à cinq pals d'argent palissés (pallis, palis ou pieux) et aiguisés en pointe. Au haut Moyen Âge, très vraisemblablement, la partie primitive et féodale du premier château semble avoir été bâtie d'abord en bois et en pierre, entre les , et uniquement signalée étymologiquement au (en 1681) dans les travaux d'érudition relevés dans la Géographia de Michel Antoine Baudrand : La Palice, Besbria & Palicia Oppidum Galliae in Borbonensi provincia. Si à l'emplacement du premier château fort la présence d'un oppidum romain ne semble être véritablement avéré dans les cartes ou les écrits du temps, en revanche à l'époque romane, le fortin est ceinturé d'une immense palissade composant une lice, clôture faite en pieux de bois servant de remparts ou de fortifications, appelée palitium, au pluriel du latin palitia. L'appellation est reprise plus tard jusqu'au pour désigner cette petite cité du Bourbonnais, figurant dans le Dictionnaire géographique & portatif de l'abbé Vosgien, plus connu sous le nom de Jean-Baptiste Ladvocat, qui mentionnait : « Palice (La) : Palitia petite ville de France au Bourbonnois sur la Besbre ; à 7 lieux S.O de Roanne, remarquable par ses foires et ses marchés. »
Dans une édition du début du du Dictionnaire Universel de la Langue française rédigée d'après le dictionnaire de l'Académie française et publié sous la direction de Charles Nodier, nous trouvons les trois définitions suivantes : Palice (La) : (Palitia) ville de France, département de l'Allier ; Palis, pieu, petit pal pointu dont plusieurs arrangés ensemble font une clôture - Lieu entouré de Palis (Palis ou de Pallis) ; Palissade, (de Palicium) clôture de Palis plantés en terre pour la défense d'un poste ou de quelques dehors d'une place de guerre.
Dans une édition lexicographique plus contemporaine du début du , concernant l'origine romane des noms de lieux en France ; il nous est donné une traduction latine particulièrement éclairante et intéressante, quant aux variantes définitions des termes de Palitium ou Palicium, de Palitia devenu au fil du temps de l'époque gallo-romaine Palicia :
« […] le pluriel de Palus, pieu ou Palis, longue pièce de bois aiguisée par un bout et pouvant être fichée en terre et les mots Palitium et Palitia, Palatium et Palatia, réunion de Palis désignaient une clôture formée de pieux en ordre plus ou moins serré […] ».
Période du Le château des premiers seigneurs de la famille des La Palice, originaires du Forez, appartenait au (en 1230) à Roger de la Palice, damoiseau.
En 1257, le château était possédé par Guillaume de la Palice, époux d'Arembord de Chazeul.
En 1293, le seigneur en était Pierre de la Palice. Sa veuve, Isabeau de Ternant, se remaria avec Philippe de Malleval, chevalier. Il fit hommage, en 1300, du château et de la haute et basse justice sur les paroisses de Lubier, Bussoles, Barrais, Trézelles, Varennes-sur-Tèches, Loddes, Ande-la-Roche, Droiturier, Saint-Prix, Le Breuil et Billezois, à Robert de France, comte de Clermont, seigneur de Bourbon depuis son mariage avec Béatrice, dame de Bourbon.
Période du Au , le château de La Palice qui figurait dans l'apanage des ducs de la maison de Bourbon, famille vassale du roi de France, se trouvait en pays frontalier des États bourguignons, prêtant allégeance à Charles le Téméraire, de la maison de Valois-Bourgogne. vignette|La mort de John Talbot , de Shrewsbury en 1453, à la bataille de Castillon en Libournais (tableau présenté dans la Galerie des Batailles). Vers la fin du (vers 1380), la seigneurie passa à Jeanne de Chastillon, dame de La Palice issue des sires de Châtillon-en-Bazois, veuve en premières noces de Gaucher de Passac, qui épousa Louis de Culant, compagnon d'armes de Jeanne d'Arc et amiral de France. Selon les statuts régissant la Coutume de Bourbonnais, le juriste et historien Matthieu Auroux des Pommiers fait mention de l'existence de grands conflits survenus en 1418, avec lesCoutumes générales et locales du Paîs et duché de Bourbonnois.par Mathieu Auroux des Pommiers. page vj - Librairie Quai des Augustins. Paris 1732. (Publié de par le Privilège du Roy). justiciables de La Palisse refusant de s'acquitter de leurs devoirs, à propos du droit de Corvée prétendument appartenir à Louis de Culan et à sa femme Jeanne de Chatillon. En 1429, Louis de Culant permit à son épouse de vendre la seigneurie et châtellenie de La Palice au duc ; administrateur du duché en l'absence de son père, fait prisonnier à la bataille d'Azincourt, qui la céda à son tour le pour le prix de d'or à , Sénéchal de Toulouse, baron du château de Curton, conseiller et chambellan du roi . D'après la Chronique de Mathieu d'Escouchy, le seigneur de Chabannes eut l'honneur de recevoir le Chroniques de Mathieu d'Escouchy. Volume - Chapître LXXV, ( page 424, arrêt du roi à La Palisse) Édition Renouard. Paris 1863. le roi , en son chastel de La Palisse, forteresse encore hérissée de plusieurs tours et d'un donjon coiffé en poivrière et muni de hourds (actuelle tour du Maréchal) d'un pont-levis, laquelle était dotée de défenses encore toutes médiévales. gauche|vignette|Chevet de la Chapelle Saint-Léger du château de La Palice (). C'est probablement Geoffroy de Chabannes, dit « le seigneur de Charluz », fils aîné de de Chabannes, grand maître de France qui entreprit la construction de la chapelle (précédemment romane), vers la fin du , peu de temps avant la mort du Grand Maître survenue quelques mois après avoir été mortellement blessé en 1453 à la bataille de Castillon en Guyenne. Selon l'archiviste Henri Stein la construction de la chapelle Saint-Léger du château de La Palisse, serait due aux travaux de Jehan Poncelet, maître maçon du duc , qui fut maître d’œuvre de la Sainte-Chapelle du château de Bourbon-l'Archambault ainsi que de la chapelle neuve du prieuré Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Souvigny.
Fort riche à sa mort, le chroniqueur Jean Chartier, historiographe officiel du roi , nous apprend que le Grand-Maître de Chabannes, qui s'en réfère aux écrits du mémorialiste Sébastien Mamerot, que celui-ci Histoire de , Roy de France par Jean Chartier d'après les manuscrits de Denis Godefroy, Mathieu de Coucy, Jacques Le Bouvier, etc., page 879 : Seigneurs de Chabannes - Imprimerie Royale. Paris 1661..
Peu de temps après la mort du chevalier, une bulleHenri de Chabannes, Preuves pour servir à l'Histoire de la Maison de Chabannes. (page 250, bulle du pape : Rome, février 1456, La Palice, février 1458) Imprimerie E. Jobard - Dijon 1892. du pape de autorisa la fondation de six chapellenies, dans la chapelle du château de La Palisse. Sa veuve Anne de Lavieu, dame de Feugerolles, fondaPièces curieuses ou inédites. Acte de Fondation de Six Chapelains en la chapelle du château de La Palice, tiré des archives de M. le marquis de Chabannes-La-Palice. Bulletin de la Société d’Émulation du Bourbonnais, Lettres, Sciences et Arts. Volume 8 - page 442 - Ed. Les Imprimeries Réunies . A. Desrosiers - Moulins 1861. six prébendes vers l'an 1456, mais dont l'acte ne fut signé que le au château de La Palice par son fils Geoffroy de Chabannes, seigneur de La Palice, par Antoine de Chabannes, son frère, et Anthoine de Balsac, abbé de l'abbaye de Savigny. Selon le célèbre feudiste Edme de La Poix de FréminvilleLa Pratique Universelle pour la Rénovation des Terriers et des droits seigneuriaux, par Edme de La Poix de Freminville, page 426. Édition Gissey 1752. qui fut notaire royal à La Palisse, celui-ci avance comme date de cette pieuse fondation, l'année 1450. vignette|Ancienne courtine crénelée (fin ) et tour défensive de la chapelle Saint-Léger du château de La Palice.gauche|vignetteLe mausolée et les gisants, représentant le grand maître de Chabannes et son épouse, Anne de Lavieu, ont été élevés vers 1470 par son fils Geoffroy de Chabannes, dit « le seigneur de Charluz », sculptures qui furent saccagées sous la Terreur lors de la Révolution française. La chapelle Saint-Léger succédant probablement à un premier édifice roman, a été reconstruite vers la fin du dans le style gothique, prenant appui contre la courtine sud d'origine qui lui servait de mur gouttereau, restructuration annonçant l'abandon définitif de la fonction défensive du château primitif, qui va s'affirmer au cours de la Renaissance, entre 1516 et 1521 sous l'impulsion de . Dans cette chapelle, on peut aussi remarquer sur le côté gauche de la nef, un étonnant et gracieux petit oratoire muni d'une cheminée gothique, qui devait servir en réalité aux usages privés et au cérémonial des prêtres et desdits chapelains rattachés au service de la maison de Chabannes, officiant dans ladite chapelle seigneuriale.
Période du vignette|Relevé du parement en briques boutisses du château, d'après Eugène Viollet-le-Duc.